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8. Indulgence plénièrc pour ceux qui nuroiil récité une fois la couronne de Nolrc- Seigneur dans le cours de leur dernière maladie.
CANTIQUES. — Remplissez-vous du Saint- Esprit^ instruisez-vous^ et vous animez les uns les autres par des psaumes y des hymnes et des cantiques spirituels^ chantant du fond de vos cœurs les louanges de Dieu avec un esprit de reconnaissance et d action de grâces (Eph. y, 19; Coloss, m, 16). — Quelque affligé que puisse être le juste à la vue des péchés qui se commettent dans le monde, et de Texil où il se voit réduit au milieu des pécheurs, il ne laisse pas d*avoir des moments d'innocents plaisirs, et d'une joie très-véritable , où, donnant Tessor à ses sentiments, il manifeste au dehors ce que la grâce opère dans son cœur. Il ne convient point aux amis de Dieu de partager avec les mondains les joies profanes et criminelles auxquelles ils s*abanilonnent, et de prostituer leurs sens aux plaisirs dangereux dont ils s'enivrent. Il ne leur en coûte même pas beaucou() pour faire ce sacritice au Seigneur, qu'ils ont pris pour leur partage ; accoutumés à converser avec les habitants du ciel, ils s'y plaisent beaucoup plus qu'avec ceux de la terre ; ils prennent les inclinations de ces bienheureux élus, brûlent des mêmes feux, se rendent propres leurs sentiments pour la beauté éternelle» et imitent iusqu'à leurs concerts.
La poésie sacrée étant d'un grand secours pour élever l'âme à Dieu, parce qu'on y emploie des expressions plus vives, plus tendres, p'us sublimes, et que l'harmonie des vers flatte plus agréablement l'oreille, elle cause aussi dans l'âme des mouvements plus vifs, plus ardents, plus dignes de celui dont on chante les merveilles et les grandeurs. Une expérience journalière apprend, d'ailleurs , quels avantages on retire des concerts spirituels et de l'usage des canti^ ques. Que de conversions opérées par ce moven I Que de pieuses affections excitées dans la volonté ! que de larmes pleines de douceur ne fait pas couler des yeux le chant des hymnes et des psaumes, ainsi que i'é- {trouvait saint Augustin ! que de personnes {Jongées dans la tristesse ont passé tout d'un coup à la joie la plus tranquille, en écoutant quelque air sacré I maisquel bien encore plus considérable ne porte pas partout le chant des cantiques, en bannissant les chansons profanes, si capables de souiller l'imagination, de pervertir l'esprit et de corrompre le cœur! N'cst-il donc pas bien juste que, l'ennemi du genre humain ayant détourné ce bel art de sa céleste origine, et s'en étant servi pour perdre les hommes en les amusant, les amis de Dieu se servent d*ua moyen à peu près semblable pour les sau* ver en les récréant. Combien ces chants sacrés ajoutent à la solennité des fêles chrétiennes! Quoi de plus propre à attirer les fidèles aux oflices divins, à intéresser pieusement leur attention, et à élever leurs âmes vers Dieu ? Mais surtout, quel exercice plus proGlable è la jeunesse, que celui qui lui
inspire le goût et lamour de la religion, et lui apprend à se réjouir dans le Seigneur, en célébrant ses perfections et ses bienfaits dans un saint concert avec les anges !
Cette pratiaue produira tous ses fruits d'édiGcation» si l'on a soin de D*y admettre que des personnes vertueuses, et de séparer les fidèles de l'un et de l'autre sexe, de manière' à ce qu'ils forment toujours deux chœurs distincts.
Le souverain pontife Pie VU a accorda.
en faveur du chant des cantiques (1), les indulgences oui suivent :
1" Une indulgence plénière perpétuelle, une fois par mois, au jour de la commuoion, pour ceux qui, dans le cours de ce mois auront encouragé le chant des cantiques, ou qui y auront assisté.
2"* Une indulgence partielle d*un an, pour tous ceux qui auront encourazé ce pieui exercice, et pour chaque fois qu ils TauroDl fait.
3* Une indulgence partielle de cent jours, chaque fois, à quiconque chantera des cantiques avec un cœur contrit.
(1) Les cantiques auxquels sont attachées ces indiilgences ont été déterminés par le S. P. Pie VU, et sont recueillis dans une édition de Rome, mef 1817, imprimerie BourKè. En quelque langue qv ce soit que Ton chante ces Cantiques, on peut ppn les susdites indul£;ences. — Mais, comme ils Dont pas encore été traduits en français, Mgr ^arclK\^ que de Cambrai, voulant entrer dans Tmleotloo «le TËglisc touchant cette dévotion, a, par conoessioo du 6 juillet i84i, attaché, pour son diocèse, av chant des Cantiques français et flamands, poono
ÎuMs soient approuvés, les indulgences suivante) ; « Indulgence de 30 jours, chaque fois, pour le» instituteurs qui enseignent à leurs élèves, et les inslitutiîces aux jeunes personnes, le chant des cantiques, les jours de dimanche et de fête; — 2* indulgence de (|uarante jours, chaque fois que Ton chinu avec piéie des Cantiques soit dans les réunions (iV socialions, soit à Téglise ou aux processious, avec Tagrément de Messieurs les curés.
(Èlanuel de Cambrai.)
Mais voici ce que dit à cet égard le traducteur àa RaccoUa^ dans ses Observations préliminair<« : 1^ traducteur de Tédition de Besançon rapporte les indulgences accordées par Pie Vil à ceux qui propa* f;ent le chant des Cantiques spirituels, dans qoelipie angue que ce soit, pourvu, dit-tl, qulU soient raut et ajfprouvés, et réunis dans un recueil iemblabU â celut que la pieuu Union a fait imprimer à Ram,
c Ces paroles doivent faire croire que tout TfOiti\ de Cantiques approuves jouit du privilège des initni* gences ; et cependant le texte italien dit po^ii^<^nient qu'elles ne sont accordées qiraux Cantiqno revus et approuvés, dont le recueil a été publie > Rome, en 1817, par le sieur Bouriiè : Ritedute t'i approvate, e riunite in una nuova edisions romsua 1817, fatla dall RouHiè.
< Ces cantiques peuvent, il est vrai, se chanter en quelque langue que ce soit, in qualunque iéimà este sieno, mais il faut toigours qu*ils soient b traduction exacte de ceux du sieur Bouriiè.
c C*est celte circonstance qui nous a dëlermiiiè a supprimer dans notre travail cette indulgence, ini»tile en France, puîs<iue ces Cantiques ne sont pa» traduits en français. On nous a même assore«a Rome, qu*lt raison du génie diflerent des deoi Uogués, ils en étaient peu susceptibles. Sans doute, li serait à souhaiter qu*une faveur du méine gcoiv fût