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mCTIÔNNAIRE
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peine est légère à celui qui porte dans son cœur ce divin Fils et cette sainte mère. Ainious-Ies dont, consolons Marie en accueillant son cher Fils dans nos cœurs ; il est encore aujourd'hui persécuté par les péchés des hommes.
PBifeRE.
Faut-il donc, 6 Marie 1 que votre fils persécuté par les hommes, jusqu'à mourir de lenr main, soit encore persécuté par les péchés de ces ingrats qui continuent à vous affliger, 6 mère de douleur 1 Et moi, ô mon Dieu 1 ne suis-je pas aussi un de ces misérables? Ah 1 tendre Mère, obtenez-moi des larmes pour pleurer une si grande ingratitude. Par les souffrances de votre voyage en Egypte, assistez-moi dans le voyage que je fais vers Télernité, afm que je puisse venir aimer avec vous mon Sauveur persécuté, dans le s^our des bienheureux. Ainsi solt-il.
m* DOIJLEUH.
Joseph et Marie perdent Jésus dans le temple.
L'apôtre sAint Jacques dit que la perPectiofk consiste dans la patience : La patience rend les œuvres parfaites^ afin que vous soyez intègres^ sans reproches et sans faillir en rie>i Ûac, I, k). Le Seigneur nous ayant donné Marie comme un exemple de perfection, il fallait qu*il l'accablât de peines, atin que nous puissions admirer et imiter sa patience héroïque. Parmi les plus grandes douleurs qu'éprouva la divine Mère, on peut compter celle d'avoir perdu son Fils dans le temple. L'aveugle-né sent peu la privation de la lumière du jour: mais pour celui qui en a joui, qu'il est dur de perdre la vue! De même ces âmes aveuglées par la fabge de cette vie, ces âmes qui ont à peine connu Dieu, ne sentent pas le malheur de l'avoir perdu; mais pour celui qui, éclairé de la lumière céleste, a été rendu digne de goûter, par l'amour, la douce présence du souverain bien, quelle douleur d'en ôtre privé I Et pour Marie, accoutumée à jouir continuellement de la douce présence de son Jésusv combien dut-il élre douloureux ce troisième glaive qui la perça, lorsque l'ayant perdu dans Jérusalem, elle en fut séparée pendant trois jours!
Saint Luc rapporte (ch. ii) que la bienheureuse Vierge ayant coutume d'aller tous le^ ans au temple lors de la fête de Pâques , avçc Jésus et Joseph son époux , y ayant été comme à l'ordinaire lorsque Jésus fut âgé de douze ans, il demeura dans Jérusalem. Elle ne s'en apergut pas d'abard, croyant qu'il était avec quelqu'un de sa connaissance. Arrivée à Nazareth, elle demanda s'il y était; mais ne l'ayant point trouvé, elle retourna aussitôt à Jérusalem pour le chercher^ et ne le trouva qu'après trois jours. Considérez maintenant quelle dut être l'inquiétude de cette mère affligée pendant trois jours qu'elle passa à le chercher, disant avec Tépousedes Cantiques : Ifavez-vous pas vu celui que mon cmur aime? Et elle ne pouvait en avoir
aucune nouvelle. Oh ! avec combien plus de tehdress^ nué Ruben cherchent Josoph dutelle dire : L enfant n'y est pas^ H moi oA irai-jtl je ne sais plus que faire pour le troUvei-; mais où irai-je sans mon trésor? Pleurant conlinn^ltëtnent pendant ces trois jours, elle répétait avec David : Mes larrhesnCorà serti ie pain ie jour et la nuit torsbwe Von me disait chaque jour: Où est Votrie Dieu? Pfelbarl dît avec raisoi) que Mafie ne dôtmit point prfi* danï ces nuits-là, qutlle les passait à pleurer et à prier Dieu de lui faire trbuver son cher Fils. Souvent elle invoquait Jésus, lui adressant ces paroles de l'épouse, que saint Ber-* nard appliqué h Marie : Indita miM ti6t, etc., etc. [Çant. 1^6]! « Mort fils, fais-moi savoir où tu es, à&fi quie je n'erre plus çb et là to cherchant vainement. »
Il y en a qui disent que cette douleur de Marie fut la plus grande de toutes les peines ■qu'elle éprouva pendant sa vie, et ce n'e^l pas sans raisori. l'*Dâh8 ses autres peines Marie avait Jésvis auprès d'elle ; elle souflHt lors de la prophétie de Siméon dans le lem* pie ; elle souffrit datis la fuite en Egypte, mails tobjburs avec Jésus. Cette fois elle souffre loin dé Jésus, sans savoir où il e$l (Psài. xtvii); Bélàs I disait-elle ert.plewrant, la lumière ab mes yeux , mon cher lésas n'est plus àvee moi; il vit loin de moi, etjo né sais en qliel lieu. Origène dit que cette douleur de la perte de Jésus fut plus sensible à Marie^ à cause de son amour pour lui, qu^ tout ce qu'elle eut à souffrir lors de sa mort et sa passion. <« Elle souffrit grandement, paire qu'elle aimait grandement : elle ressenlit plus fie douleur de la nertô de Jésus que jamais aucun rhartyr dé sa propre mort. ^ \Hom. inf. oct. Ep). Ahl que ces trois jours furent lohgs pour Marie! ils lui parurent trois siècles, jours amers dénués de toute consolation. Et qui pourrait me consoler, dit-elle avec Jérémic ; mon consoiateu^r est loin de moi ! c'est pour cela que mes yeux ne cessent de pleurer. (Thren. i, 16.) Kt elle ré|>élnil avec Tobié : Quelle fait pourrais-je recevoir, inaintenani que je suis aans l^s ténèbres, H que je ne vois plus la lumière d* ciel ? (Tob* VI, 11.)
2* Dans ses 'autres douleuhs, Ifarie en voyait la cause et la On^ c'est-à-dire le rédeiot)tion du mondo et la volonté d« Dieu ; mai^ dans celle-ci elle ignorait la cause de réloignement de son Fils : elle s'affligeait de voir Jésus loin d'elle; son humilité lui taisait croire qu'elle était indigne de l'avoir aupK*s d'elle, aeTassister suir la terre et de soigner un si grand trésor, t Elle était contristée par son humilité; pensant être entièrement iih digne de posséder un si précieux trésor. • Hélas 1 disait-elle en élle-mêitic» peut-être ne l'ai-je pas servi comme je le devais ? Ne serais-je pas coupable de quelque négligence pour laquelle il m'aurait cfuittée ? « ils le cherchaient , craignant qu'il ne les eM quittés, écrit Origene. » (Ap. Com. i l^P* tn Luc), il est certain qu'il n*y a pas de plus
{;rande peine pour l'âme qui aime Dieu que a crainte de l'avoir offensé. Ce fut la seule
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fois que Marie se plaignit à Jésus ; Tayant tmuvé, elle lui ait amoureusement : Màfn Fils^ pourquoi avez-vous agi ainsi avec nous? Votre père et moi nous vous cherchions tout désolés. {Luc. ii). Ce ne fut poirtl pour reprendre Jésus qu'elle lui dit ces paroles (blasphème horrible proféré par les hérétiques), mais pour lui découvrir la douleur que son éloignement avait causée à leur cœur. « Ce n'était point un reproche, mais une plainte amoureuse , dit Denis le Chartreux. » En un mot, cette douleur fut si grande que la bienheureuse fienvenuta désirant un jour que Marie le lui fît éprouver avec elle, la sainte Vierge lui apparut tenant Tenfant Jésus dans ses bras, et tandis que Benvenutâ Jouissait de la présence du divin enfant , elle disparut tout d*un coup. La peine qu'elle en éprouva fut si vive qu'elle recourut à Marie, la priant d'avoir pitié d'elle, et de ne point la faire mourir de douleur. Aa bout de trois jours, Marie lui apparut de nouveau, et lui dit : « Sache que ta douleur n'a été qu'une bien petite pârti'e de celle quej'éprouvai lorsque j'eus perdu mon Fils. » l^arch. diar. Si, ott.).
Cette douleur de Marie doit ranimer le courage de ces âmes désolées qui ont goûté la présence du Seigneur et en sont privées poar un temps. Elles pleurent, mais elles
pleurent avec tranquillité, comme Marie pleurait l'éloignement de son Fils. Qu'elles prennent courage et ne craignent point d'avoir perdu la erâce de Dieu. Le Seigneur dit à 5dîu(e Thérèse : Nul ne se perd sans le savoir, et nul ne se tronipe sans le vouloir. Si le Stiigneurse cache aux yeux de cette âme qui Taime, il ne quitte pas son cœur pour cela ; souvent jl se cache pour être cherché avec plus d'ardeur et plus d'amour. Pour trouver Jésus, ce n'est pas dans les délices et les plaisirs du monde qu'il faut le chercher, mais comme Marie, parmi les croix et les mortifications : Nous vous cherchons tout désolés^ dit-elle à Jésus. Apprenez de Marie à chercher Jésus , dit Origèue.
Nous ne devons rechercher d'autre bien en ce monde que Jésus. Job ne fut point malheureux lorsqu'il perdit ses dnfants , sa santé, sa fortune, lorsqu'il descendit du trône Sur un fumier, parce que Dieu était avec lut. c 11 avait perdu ce que Dieu lui avait donné; mais il possédait Dieu lui-même f2Mint Augustin}. » lln'jr a de vraiment malheureuses que les Ames qui ont perdu Dieu. Si Marie pleura l'éloignement de son Fils pendant trois jours, combien devraient-ils pleurer ces pécneurs qui ont perdu la grâce, c(*s pécheurs à qui le Seigneur dit : Vous nétes point mon peuple^ et je ne serai point totrt Dieu (Ose. i, 9). C'est le péché qui sépare l'Ame de Dieu : Vos péchés ont élevé un mur de séparation entre voustt votre Dieu {Isa. Li^t 2). Il s'ensuit que quand on posséderait tous les biens de là terre, si l'on a fierdn Dieu, il n'est plus sur la terre que vanité et affliction d esprit^ comme l'avoue Saloniou {Eccl. i, i^). Ce qu'il y a de plus cialheureux pour ces pauvres âmes, dit saint
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Augustin, c'est de voir qu'elles mettent plus d'intérêt à recouvrer lès biens terrestres que le souverain bien. « Onl-ollos perdu uli bœufîelles courent après : une brebis? elles n'ont pas de repos qu'elles ne l'aient retrouvée : une bête de somme? elles en perdent le sommeil. Mais si elles perdent Dieil, elles boivent, mangent et reposent comme si de rien n'était ! » (S. Augustin.)