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DIGTlONNAfRE

étaient grandes ses angoisses : contradiction et persécution dans son corps et dans sa vie ; tous ses membres sacrés, ses mains, ses pieds, sa face, sa tète, et tout son corps souffrit jusqu*è mourir de douleur sur un infâme bois, et d'une mort honteuse, après avoir versé tout son sang.

Lorsque le prophète Nathan eut annoncé à David, au milieu des dc^lices et des gran* deurs royales, que son fH$ mourrait (II Reg. xii), il ne prit aucun repos, il pleura, jeûna, dormit sur la terre. Marie reçut avec la plus parfaite tranquillité la prophétie de Siméon, et la supporta pendant trente-trois ans. Mais quelle ne devait pas être sa douleur en voyant cet aimable Fils, en écoutant ses pa* roies de vie, et en admirant toutes ses actions si pleines de sainteté! Abraham soutfrit cruellement pendant les trois jours qu*ii passa avec son cher Isaac, sachant qu'il allait 16 perdre. O Dieul ce ne fut pas pendant trois jours, mais pendant trente-trois ans,

3ue Marie souffrit une peine semblable, ue dis-je, une peine semblable? une peine d*autant plus grande qKie le Fils de Marie était plus aimable que le fils d^Abraham. La très-sainte Vierge révéla à sainte Brigitte (Lib. VI Aev., c. 9) que dans tout le temps qu'elle a passé sur la terre, elle n*a pas été uue heure sans avoir le cœur percé de cette douleur. Chaque fois^ lui disait-elle, que je regardais mon Fils, que je V enveloppais de ses langes^ que je voyais ses mains et ses pieds^ mon âme était abîmée comme d'une nouvelle douleur t parce que je pensais à son crucifiement (Lib. VI, c. 57). L'abbé Rupert conlemrte Marie disant h son Fils pendant qu'elle allaitait : Mon bien-aimé^ comme un faisceau de myrrhe t reposera sur mon cœur (Cant. i, 12). Ah ! mon Fils, je te serre dans mes bras, tu m'es si cher; mais plus tu m'es cher, plus tu es pour moi un bouquet de myrrhe et de douleur, lorsque je pense aux peines qui t'attendent! Marie voyait, dit saint Bernard, que la Force des saints devait être affaiblie» la Beauté du ciel obscurcie, le Maître du monde lié comme un criminel, le Créateur tout livide de meurtrissures, le souverain Juge mis en jugement, la Gloire du ciel méprisée, le Roi des rois couronné d'épines et traité comme un roi de théâtre.

Le P. Engelgrave dit (t. I, Ev. Luc. Dom. infr. oct. Nat.) qu'il fut révélé à sainte Brigitte que cette mère affligée, sachant tout ce que son Fils devait souffrir, pensait, en l'allaitant, au fiel et au vinaigre; en Tenvelopfiant de langes, aui cordes dont il devait être ié; en le portant, à la croii où il devait être attaché; et lorsqu*il dormait, à sa mort cruelle. Toutes les fois qu'elle le revêtait de sa tunique, elle pensait qu'un jour elle lui serait arrachée pour l'attacher h la croix ; quand elle voyait ses pieds et ses mains, elle pensait aux clous oui devaient les percer. Mes yeux, disait Marie à cette sainte, mes yeux se remplissaient de larmes, et mon cOsur était brisé de douleur (Lib. vi, c. 57, et L VII, C.7).

L'Évangile nous apprend que Jésus crois-

sait en grâce devant Dieu et devant ks hom' nies^ à mesure j/u'tï croissait en âge [Luc» ii, 52). 11 croissait en grflce et en sagpsse devant les hommes, c'est-à-dire qu'il h paraissait à leurs yeux; et devant Dieu, parce que toutes ses œuvres auraient pu accroître ses mérites, si, dès le principe, il n'eût reçu la plénitude des grâces en raison de l'union bypostatique. Mais si Jésus croissait dans l'estime et l'amour des autres, combien ne devait-il pas croître dans l'amour de Marie. Hélas ! avec cet amour croissait aussi la douleur de le perdre par la mort In plus cruelle; plus le temps de la passion de ce cher Fils approchait, plus le cœur de sa mère était percé de ce glaive prédit par Siméon. Comme range le révéla è sainte Brigitte en ces termes : Plus son divin Fils approchait de ta passion^ plus à chaoue instant le glaive de douleur approchait au cœur de cette Vierge (Fer. VI, lect. 2, cap. 16).

Ne nous niaiguons donc point si nous souffrons quelque peu, puisque Jésus notre roi et sa très-sainte Mère n'ont pas refusé de souffrir pour l'amour de nous des peines si atroces. Jésus crucifié apparut une fois à sœur Magdeleine Orsi , dominicaine, qui depuis long-temps souffrait uue grande tribulation, et l'engagea à se mettre sur la croix avec lui, avec cette peine qui l'aftligeait; Magdeleine répondit: «Seigneur, vous n'ayez souffert que trois heures sur la crois, mais voilà bien des années que je souffre cette croix.— Ah I malheureuse, que dis-tu, reprit le Sauveur, dès aue je fus conçu, je souffris sur la croix. i> Lors donc que nous avons quelque peine et que nous oousaflligeons, imaginohs-nous que Jésus et Marie nous disent de même.

PRIÈBE.

O ma mère ! j'ai donc ajouté autant de glaives à ceux qui ont percé votre cœur, que j'ai commis de péchés. O ma souveraine ! non ce n'est point vous qui devex porter la peine de tant de péchés ; vous êtes l'innocence même, je suis le coupable» c'est moi qui dois être puni. Mais puisque vous avez tant voulu souffrir pour moi, obtenez* moi par vos mérites une grande douleur de mes fautes, et la patience pour supporter les peines de la vie ^ui seront toujours bien légères en comparaison de celles quej'ai tant de fois méritées, en comparaison de l'enfer. Ainsi soit-il.

ir DOULEUR.

La fuite en Egypte.

Comme le cerf blessé d'une flèche porte

f>artout où il va le trait qui l'a blessé, ainsi a Mère de Dieu portait toujours avec elle la terrible prophétie de Siméon et l'idée de la passion douloureuse de son Fils bienaimé, comme nous l'avons vu dans la réflexion précédente. Hailgrino expliquant ce passage : Les cheveux dtvotre tête Moni comme la poupre d'un roi qui est ornée de palmes (Cap. f, V. 5 }, dit que cette chevelure pur-

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DES INDULGENCES

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purine était In pensée conlinuellc de la passion du Sauveur qui lui faisait voir continuel lement comme présent le sang qui devait sortir de ses plaies: « Votre cœur, 6 Marie ! et vos pensées comme arrosées du sang de la passion du Seigneur, furent toujours affligées de môme que si vous eussiez vu couler son sang de ses blessures (In Cani. loc. cit.). Le Fils était donc celte flèche au cœur cie Marie ; plus il montrait d'à* mabilité, plus la plaie devenait sensible par ridée qu'il lui serait un jour enlevé par une mort si cruelle. — Venons maintenant à la deuxième douleur qui la perça lorsqu'elle fuit en Egypte avec Tentant Jésus, pour éviter la persécution d'Hérode.

Hérode ayant appris la naissance du Mes* sie, craignit sottement qu'il lui enlevât sa couronne. Aussi saint Fulgence dit-il en le lui reprochani : « Pourauoi vous troublezvous ainsi, 6 Hérode ! Ce roi qui nous est Dé, ne fient point subjuguer les rois en les combattant, mais plutôt les vaincre d'une manière tout admirable « par sa mort. » {Strm. 5, de Epiph.) Ce roi impie attendait le retour des mages pour savoir le lieu où leS&aveur était né, aQndelui ôler la vie; mais voyant qu'il avait été trompé par les mages, il ordonna de mettre à mort tous les eofants aux environs de Bethléem. Alors range apparut à Joseph pendant qu'il dormait, et lui dit : Prenez Venfant et sa mire^ H fuyez en Egypte [Matth. ii). Selon Gerson, saint Joseph se leva aussitôt, le dit à Marie» et prenant l'enfaut ils se mirent eçi chemin» comme il parait clairement d'après rÊvangile : Joseph se levant^ prit l'enfant et sa mère^ et se retira en Egypte. « 0 ciel ! dut dire alors Marie, il faut donc qu'il fuie les hommes, celui qui est venu pour les sauver (d.t Albert le Grand) I » Cette mère afdigée connut que la prophétie de Siméon commençait a s'accomplir : Cet enfant est un signe de contradiction, voyant qu'à peine né Ton cherchait h le faire mourir. Quelle («ine ne fut-ce pas pour son cœur de s'entendre intimer I ordre de partir avec son Fils pour un eiil si pénible :« « Fuyez de rotre patrie chez les étrangers ; du temple de Dieu au temple du démon? Quelle plus

teurs . tf O Dieu I quelle compassion de voir cette tendre Vierge fuir parle monde, ayant entre ses bras un enfant nouveau-né. Saint Bonaventure demande : « Comment faisaient-Ils pour vivre ? Où prenaicnt-ils leur repos? Comment se logeaient-ils? » {De vit. Christ.) Et quelle nourriture pouvaient-ils avoir, qu'un morceau de pain bien dur porté par s.iint Joseph ou reçu en aumône? Où, pouvaient-ils dormir? dans le chemin (spécialement pendant ces vingt milles de désert où il n'y avait ni maison ni auberge), sinon sur le sable ou sous quelaue arbre, exposés au serein, au péril des voleurs et des oôtes dont l'Egypte est remplie. Qui aurait pu rencontrer ces trois personnages les plus illustres du monde, sans les prendre pour trois mendiants, ou même pour des vagabonds ?

Selon BrocardetJansénius ils habitèrent en Egypte la terre de Maturce. Saint Anselme dit qu'ils ont habité la ville d'Hélionolis, autrefois Memphis, aujourd'hui le Caire.

Considérons ici combien leur pauvreté fut grande pendant sept ans qu'ils y demeurèrent , comme rafiirmeiit saint Antoine et saint Thomas. Ils étaient étrangers, inconnus, sans revenus, sans argent, sans parents ; à peine pouvaient-ils vivre de leur pauvre travail. « Pauvres comme ils étaient, dit saint Basile, il est sûr qu'ils durent travailler à la sueur de leur front, gagnant ainsi leur nécessaire. )> Landolphe de Saxe dit de plus (ceci soit dit pour la consolation des pauvres) que Marie était là dans une si *iNjxde pauvreté, que quelquefois elle nV vait pas un morceau de pain à donnera son Fils, lorsque, pressé par la faim, il venait lui en demander. (In Vita Christi, cap. 13.)

Saint Matthieu rapporte qu'après la mort d'Mérode, l'ange apparut de nouveau à saint Joseph et lui ordonna de retourner en Judée. Saint Bonaventure dit que ce retour d'Egypte dut ôtre encore plus pénible h la sainte Viergepnr la vue de ce que souffrait l'enfant Jésu^, âgé de sept ans environ, /rop grand pour être porté, trop petit pour marcher tout seul.

La vue de Jésus et de Marie voyageurs et fugitifs en ce monde, doit nous apprendre

grande tribulation que de voir un nouveau- à vivre en voyageurs sur la terre, sans nous

n»!' attaché au cou de sa pauvre mère forcée de fuir?»

OhacuD peut sentircombien Marie dut souffrir dans ce voyage ; le chemin était long. 1^5 auteurs qui en ont parlé disent avec Bdrrada (lib.x, c. 8), qu'il était de quarante oui les, de sorte que le voyage dut être de trente jours. De plus le cAemin était rude, plein de l>oi8, peu fréquenté, et ils ne le connaissaient pas. C'est ainsi que saint Bonaventure le décrit : C'était Thiver , il fallut marcher dans la boue, dans des chemins coupés, par le vent, la neige, la pluie. Marie n*avait alors que quinze ans, elle était délicate et nullement accoutumée à de pareils vovages. « Josph et Marie, ditsaintPierreChry- ««Jo^ue n'ont ni serviteur ni servante ; ils nj'.ïi tout à la fuis les maîtres et les servi-

attacher aui biens que le mt)ode nous offre, comme ceux qui sont sur le point de le quitter et d'aller dans l'étet niié : Nous n'avons point de demeure permanente, nous cherchons ta cité future [Hebr. xiii, 1^). Saint Augustin ajoute : Vous êtes voyageurs, vous voyez H voiapa^sfjs. Elle nous enseigne de plus à embrasser Ii*s croix, puisqu'on ne peut vivre sans croix' dans ce monde. La l>ienheureuse Véronique de Binasco, Augusline, fut transportée en esprit auprès de Marie dans ce voyage d'Egypte. Elle lui dit è la Qn du voyage : «< Tu vois, ma tille, avec combien de peines nous sommes arrivés ici ; sache donc <)u'on n'obtient jamais les grâces sans souffrir. » Pour moins sentir les peines de celte vie, il faut prendre avec soi Jésus et Marie : Prenez Venfant et sa mère* Toute

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