‹ Dictionnaire d'ascétisme (volume 5)Chapitre 99 sur 370 · CUEUIN DE L\ CHOIX, UU · texte numérisé non relu

CUEUIN DE L\ CHOIX, UU

Chetuin qu'a parcouru Jésus chargé de la croix.

Première station, — Le gouverneur, voulant enfin dcmner satisfaction à ce peiij)lo,.. ordonna qu'on fit droit à sa demande. 11 mit en liberté Thomme sanguinaire et séditieux uu^ils réclamaient; etcrimme Jésus avait déj.i subi la flagellatioTi, il le leur livra pour le douer à la croix. Los Juifs s'en saisirent sur-le-champ. Après Tavoir accablé de railleries piquantes, ils lui ôtèrent le manteau de pourpre, et lui tirent reprendre ses vùleroents.

2*, 3', H V stations, — Ensuite ils le conduisirent au supplice, chargé de sa croix; tt Jésus s'avança, en la portant sur ses épaules, vers le lieu quViu appelle Calvaire, et en hébreu Gol^^otha.

o*. 6' et V stations, — Pendant que les Juifs ly conduisaient, ils rencontrèrent un habitant de Cyrène, appelé Simon, qui venait des cami)agnes voisines : ils le chargèrent aussi de la croix et le contraignirent à la porter, h la suite de Jésus.

8* et 9* statiofis. — Cependant Jésus-Christ était suivi d'un peu;>le immense. On entendait uue foule de femmes pleureretgémir sur sou sort. Jésus leur dit, en fixant ses regards sur elles : Filles de Jérusalem! ne pleurez (K>int sur moi ; mais pleurez sur vous-mêmes et sur vos enfants, car des jours s*ap- / rochent, oii Ton dira : Heureuses les fernuirs stériles 1 heureusf'S les entrailles qui i]ui n'ont point porté d'enfanls ! heureuses i.*s luaiuelIi'S qui n'en ont point allaité ! Les iioinmes diront alors aux montagnes : Tom- Uf-L sur nous; et aux collines: £crase/iiii.isl Car si l'on traite ainsi le bois vert, <piel traitement r. serve-t-on au bois sec?

10' station. — Les soldats eo iduisaient, avi.-c Jésus, deuxmaltaileurs ausupplice.On a* ri va ainsi au Got^otha. Lh on présefita à Jévu^-Christ du vin inixtionné avec de la myrr»:o, où l'on avait détrempé du tiel. Lorsqtril Tout goûté, il refusa d'en boire.

iV station. — On Tattacha ensuite à la vr\}.\ ; et Ton crucitia les deux voleurs avec lui, l'un à sa droite et fautre à sa gauche;

Jésus était au milieu. Ainsi s*aceoiuplissait ce passage de^ l'Ëcriture: Il a été mis au nombre des crfminels. Mou Père, disait Jésus, pardonnez-leur ; car ils ne savent pas ce qu'ils font.

Piliite voulut écrire lui-même le texte de la sentence; il y avait indi<pié le motif de a condamnation. Cet écrit, placé au haut de la croix, au-dessus de la tête de Jésus, était ainsi conçu : cblli-ci est jésus de Nazareth, ROI DES JUIFS.

Une foule de Juifs en prirent lecture , parce que le lieu du crucifiement n'était pas éloigné de la ville ; (faillours, on avait transcrit ces mots e i trois langues; en caractèiH)s grecs, en caractères latins, et en caractères hébraïques. Les prêtres des Juifs se hâièrentde venir dire 5 Pilate : N'érri vez donc pas : Hoi des Juifs, mais écrivez qu*il a dit : Je suis le roi des Juifs. Mais ils ne reçurent du gouverneur que celte réponse : Ce que j'ai écrit, j'ai voulu l'écrire.

12" Station. — Lorsque les soldats eurent crucifié Jésus Christ, ils prirent ses vêtements, en firent quatre lots, un pour chaque soldait et le sort en décida entre eux. lis avaient aussi pris sa tunique; mais comme elle était sans couture et d'un seul tissu, ils dirent : Ne la partageons point, mais lirons au sort à qui elle appartiendra. El voici ce que dit un passage de l'Ecriture : Ils se sont partagé mes vêtements, et ils ont jeté ma robe au sort. Les soldats accomplirent cet oracle à la lettre, et ne s'occupèrent plus ensuite qu'à veiller auprès de la croix.

Les Juifs qui passaient par là proféraient des blasphèmes contre Jésus, en branlant la tête; ils disaient: Le voilà donc celui qui détruit le temple de Dieu, et qui le reconstruit en trois jours ! Sauve-toi donc toimême, et si tu es le Fils de Dieu, descends de la croix. Le peuple s'arrêtait aussi à le considérer et se motiuait de lui. Les docteurs et les anciens se joignaient aux princes des prêtres, pour faire entendre des railleries plus amères : Il a sauvé les autres, et il ne peut pas se sauver lui-même ! S'il est le roi d'Israël, qu'il descende en ce moment de la croix, et nous croirons en lui; s'il est leChiist envoyé de Dieu,* qu'il se délivre lui-même ; il mel sa confiance en Dieu : que Dieu le délivre donc maintenant s'il le veut; car ne disdit-il pas? Je suis le Fils de Dieu. Les soldats s'a})prochaient à leur tour, et faisaient ente'idre leurs sarcasmes grossiers ; ils lui présentaient du vinaigre. Si tu es le roi des Juifs, ajoutaient-ils, détache-toi de la croix.

Un des voleurs crucifi/s avec lui, proférait les mêmes blasphèmes : Si tu es le Christ, disait-il, sauve-toi donc toi-même et sauvenous aussi; mais l'autre voleur reprenait ce scélérat avec indignation : Comment 1 lui disait-il, ni toi non plus, qui subis le même supplice, tu ne crains pas les jugements de Dieu I pour nous, c'est avec justice que nous avons été condamnés, nous n'avons que ce que méritent nos crimes; mais lui, il n'a

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fhil aucun mal. Seigneur, disait-il à Jésus, souvenez-vous de moi lorsoue vous serez arrivé dans votre royaume. Oui, je vous lassure, répondit Jésus, vous serez aujourd'hui avec moi dans le Paradis.

Cependant, prèsde la croix de Jésus se trouvaient sa mère, Marie de Cléophas et Marie Hagdeleine. Jésus, apercevant a ses pieds le disciple quMi aimait, dit à sa mère : Femme 1 voua votre fils; ensuite il dit au disciple : Voilà votre mère. Dès ce moment le disciple la regarda comme sa mère.

Vers la sixième heure, des ténèbres se répandirent sur toute la surface de la terre; le soleil demeura obscurci jusqu'à la neuvième. Alors, Jésus-Christ cria d'une voix forte : Eli ! Eli 1 lamma sabachtani? c'est-àdire. Mon Dieu! Mon Dieu 1 pourquoi m'avcz-vous abandonné ? Il appelle Elie, dirent ceux qui entendirent cette exclamation.

Mais Jésus, sachant que son sacrifice était consommé, dit encore pour accomplir parfaitement les Ecritures : J'ai soif. Il y avait auprès de la croix un vase plein de vinaigre. Un des soldats accourut aussitôt; il prit une éponge, l'imbiba de vinaigre, Tentoura d'hjssope, la mit au bout d'un roseau, et la présenta à Jésus : Attendons, disait-il, voyons si Elie viendra le délivrer ; examinons bien, disaient les autres, si Elie viendra l'arracher de la croix. Jésus prit le vinaigre, et dit : Tout est consommé. Mon Père ! s'écria-t-il encore à haute voix, je remets mon flme entre vos mains. Puis, inclinant la tête, il expira.

Tout à coup , le voile du temple se déchira par le milieu, depuis le haut jusqu'au bas ; la terre trembla ; les rochers se brisèrent ; les tombeaux s'ouvrirent, et les corps d'un grand nombre de saints personnages plongés dans le sommeil de la mort se ranimèrent.

A la vue de ces prodiges, le centurion de

(;arde auprès de la croix, qui avait entendu a voix éclatante de Jésus expirant , ne put s'empêcher de rendre gloire à Dieu : C'était certainement un homme juste, dit-il; oui, c'était véritablement le Fils de Dieu. Ceux

?ui étaieiift préposés avec lui à la garde de ésus furent aussi saisis d'une grande crainte ; ils avouaient également que Jésus-Christ était le Fils de Dieu. Les peuples, que ces événements merveilleux avaient remplis de stupeur, s'éloignaient en frappant leur poitrine. Mais quelques-uns de ceux qui avaient été admis dans i intimité de Jésus demeurèrent un pou à l'écart, ainsi que les femmes qui le servaient eu Galilée, et qui l'avaient suivi à Jérusalem. Il y en avait un bien grand nombre, parmi lesquelles on distinguait Mari e-Magdeleine, Marie, mère de Jacques le klineur, la mère de Joseph, et Salomé, mère des enfants de Zébédée.

Comme le jour où il fallait préparer la Pftque approchait, les Juifs craignirent que les trois corps ne demeurassent exposés sur la croix pendant le jour du sabbat, et c'était J<* sabbat le plus solennel de toute l'année ; ils se rendirent aui>rès de Pilate pour le prier

de faire rompre les jambes à ceux qui avaient été crucifiés, et do faire enlever leurs corps. Les soldats, en exécution de cet ordre, ruuinirent les jambes des deux voleurs ; mais, lorsqu'ils se furent approchés de Jésus, ils s'aperçurent qu'il était déjà mort, ils ne brisèrent donc point sesjambes ; mais l'un d'entre eux lui perça le flanc d'un coup de lance, et aussitôt on vit jaillir par cette ouverture du sang et de Teau. Toutes ces circonstances accomplissaient les oracles des prophètes : Vous ne briserez pas un seul de ses os : ils verront quel est celui qu'ils ont percé.

Vers le soir, on vit arriver au Calvaire un homme riche appelé Joseph : c'était un illustre sénateur, fdein de probité et de droiture; il était dArimathie, ville de Judée, et n'avait nris aucune part aux complots et aux crimes aes ennemis de Jésus ; mais il élevait ses espérances jusqu'au royaume de Dieu« paixe qu'il était un des disciples de Jésus- Christ, disciple secret, toutefois, parla crainte des Juifs. Comme il était déjà tard, il se (»réseiita au prétoire avec une noble assurance, et demanda au gouverneur le corps de Jésus. Pilate, surpris que Jésus eût déjà rendu le dernier soupir, manda le ceniurion, et sur l'assurance qu'il en reçut que la mon était bien réelle, il donna ordre de délivrer le corps à Joseph d'Arimathie, qui retourna sur-le-champ au Calvaire, après avoir achettï un linceul , dont personne ne s'était eocorf servi. Nicodème, qui était venu trouver Jôsus pendant la nuit, dès ses premières prédications, s'était déjà rendu au même endroit, avec un mélange de myrrhe et d V loès, du poids d'environ cent livres.

13* station, — Ces deux princes Juifs descendirent de la croix le corps de Jésus-Christ, l'enveloppèrent dans le linceul et le couvrirent entièrement d'aromates, au moyeu de plusieurs linges et bandelettes, coiiune font les Juifs, quand ils ensevelissent Its morts.

IV station, — Près du lieu où Jésus fut crucifié, il y avait un jardin à l'extrémité duquel on avait pratiqué tout récemment un sépulcre; aucun corps n'v avait encore étc déposé : c'était Joseph d Arimathie qui l'avait fait creuser pour lui dans le roc. La proximité du lieu, la solennité du jour qui s*a^>frochait, l'heure avancée, les déterminèrent y placer le corps de Jésus, il fit rouler à l'ouverture un énorme bloc do pierre; puis il se retira au moment précis où le sabUii commençait. Les femmes qui étaient venut*» de la Galilée, à la suite de Jésus-Chrl^t , avaient suivi ceux qui transportaient le corpN et elles étaient demeurées constamment auprès du sépulcre, jusquà ce qu'on l'y eût dt^ posé; elles examinèrent avec soin la sittMtion des lieux, et elles allère;)t préi>arer d**s aromates et des parfums ; mais, d'après U loi, elles se tinrent en repos durant tout le le jour du sabb.it.

Cependant le jour même du sabltat, le^ princes des prêtres et les pharisiens se pré sentèrenl au prétoire de Pilate. Seignt^ur • lui dirent- ils, nous nous sommes raj^peic

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