CHAPITRE III
Les illusionê de la douceur dani la tonter-
sation.
On ne doute pas qu'une pej'sonne qui porte partout avec elle la douceur dans Itss conversations, n'ait quelque chose de bien aimable, ol Ton pensera encore assez facile
StPeLF.MENT AC DICTION.NAIRE OUSCETISaE.
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ment qu'elle est douce, par un beau privilège
de celle vertu. Tout le monde y donnera sa
vois et .'on approbation, qu'on ne j eut pas
reruser il ce qui est naturellement agréable à
ce sont CCS personnes qui font
e et la joie ries enireliens; i:e
li ont un lalent particulier pour
il le calme et la pais ; et ce sont
ni une inclination ualurellc à
tout le monde.
i, Théonée, que cette vérité ne nlcsiée, et des âmes douces ont quelque chose qui fait le charme des cœurs et les délices des conversations; mais vous seriez oien Irompé, si vous pensiez que celte douceur fût une véritable vertu en tous ceui dans qui elle parait avoir tant d'alirails; j'en ai dit quelques mois dans la Maxime de la vtr[u conforme au tempérament, lome II ; mais j'en mels ici l'illusion dans tout son jour.
Taniût ce sera un pur elTel de tempérament qui sera fort bien fait; les qualités n'auront rien de Irop altéré pour donner il l'esprit de l'aigreur ou de la pesanteur; ce seront de belles Ames à qui rien ne fait peine pour les irriter ni les abattre ; tout y est si ton et si aimable, qu'à les voir seulement, en né peut leurvcfu^er son inclination. Cela se doit appeler une belle nature, dont elles ont élé favorisées, et non pas une vertu; car, quoique la vertu soit fondée en partie .sur le tempérament, elle n'est pourtant rien moins que le tempérament qui se remarque uniquement dans CCS personnes, lesquelles sont prévenues de si beanx avantages.
Taniût celte douceur viendra, savez bien
de quoi? De ce que telle personne se veut
rendre agréable a tout le monde. C'est qu'il
y a des esprits qui ont une uassion d'être
bien venus de tous ceux qu'ils hsnteni; ils
veulent pour cela tout ce qu'on veut, et ils
;s si douces et si ac-
le se peut défendre de
n, Théonée, n'est pas
st qu'une douceur étu-
;nnent pas là fiar une
re ft dompter leur bu-
faire sentir aux autres
élanl gens de belle compagnie. Ce serait bien se tromper, de croire qu'il y eût en celp plus que la seule ombi-o de la vertu de dnuceurl
La nature y est encore si adroite, que telle personne vous semblera être vertueusement douce, qui n'est pourtant rien moins que ce qu'elle parait. Ce ne sera justement qu'une belle humeur où elle se trouvera ; n'en cherchez pas davantage. II se pourra faire ou ((ue la sanlé en sera belle, ou que quelque joie lui tiendra nu cœur, ou que les choses qui In regardent iront selon ses désirs ; et voilà mon humeur agréable, voUi où se réduit toute cette vertu qu'on appelle douceur.
Celle manière de converser toute douce, procède encore quelquefois d'un esprit tout a fait intéressé; car il y en a qui, voulant
Burprendre ceux avec qui ils or.t affaire, donnent tant de douceur à leurs paroles, î leur extérieur, à leur conduite, que se faisant passer pour ce qu'ils ne sont pas, ifi imposent ainsi à des personnes qui ne voient pas si clair. Il ,v en a d'antres qui, pour par venir oh ils prétendent, coulent en tout si doucement et savent si bien ramper, que personne ne se défiant de leur douceur politique et affectée, ils ne manquent jaoïai! guère d'y arriver.
Ne m'avouerez-vous donc | s*; qu'une doucenr vertueuse dans les conversations c<t assez rare, autant que l'illusion y est facile el ordinaire? Cela vous oblige bien, en vt^rite, de ne pas croire aussitôt qu'il y a de la vertu où il y a de la douceur.