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s'estimait qu'un enfant, et comparait saint I^ace à un géant. Mais, pour revenir à iiutre sujet, l'établissement de notre Compagnie lui donna autant de joie que si Jui- ':t été l'instituteur, parcfl qu'il t en cela que la gloire de Dieu îsâmes. Voilà de fidèles rainis- I, qiii ne songent point h leurs lis Q ceux de Jésus-Christ; et ue ceux qui le servent doivent ec un si grand détachement î, que, quand la Providence vou- SB gloire et le salut des Soies par 'le moyen de quelque autre, ils en soient aussi' contents que si elle employait leur ministère. C'est pourquoi c'est une Irès-louabie pratique que celle de quelques serviteurs de Dieu, très-zélés pour la conversion des Ames, qui observent de prier en cette forme : Seigneur, que ce pécheur se corrige, que cette âme se convertisse, que ce bien arrive, qui^ ce progrès se fasse, et tout cela par telle entremise qu'il vous plaira; car, pour moi, je ne demande pas que rien m'en soit attribué^ Cest là avoir etTertivement une intention pure et droite d'agir avec cet entier désintéressement de tout ce qui nous regarde , tl de n'envisager
Îue l'honneur et la plus grande gloire de ieu.
Nous pouvons dire la même chose touchant notre avancement spirituel^ et celui Je nos frères. Quiconque se chagrine et se décourage, parce qu'il voit que son' frère le devance dans le chemin de la vertu, ne cherche pas purement la plus grande gloire de Dieu ; car, quoiqu'il soit vrai qu'un véritable serviteur de Dieu doive avoir le cœur pénétré de voir qu'il ne sert pas un si grand maître aussi bien qu'il le devrait et qu'il le pourrait, il ne s'ensuit pas de ïh qu'il doive se chagriner et s'abattre, parce qu'un autre fait de plus grands progrès que lui. Au contraire, dans la douleur qu'il doit ressentir de ne pas mieux servir Dieu, ce doit être une grande consolation pour lui de voir que s'il ne satisfait pas entièrement à son devoir, il y a du moins d'autres fidèles qui s'acquittent du leur comme il voudrait s'acquitter du sien, et qui servent le Seigneur et le glorifient romme ils doivent. Ainsi le chagrin et l'abattement dans lesquels cette v.ue jette quelques personnes, ne partent que de l'amour-propre et de quelque mouvement secret d'orgueit et d'envie. Car si on désire véritablement l'honneur et la gloire de Dieu, et si c'est dans cette vue seule qu'on souhaite de le servir, il est certain qu'on aura une eitrfime joie de voir les autres augmenter en vertus et en perfection, quoique, d'ailleurs, la pensée qu'on ne le sert pas si bien qu'eux donne beaucoup de confusien et de douleur.
Une seconde marque que l'on fait les choses purement pour Dieu, c'est lorsqu'un religieux embrasse de telle sorte l'emploi (|u'on lui dfinne, et se porte de telle manière aux choses qu'on lui rj)iQnvinde , qu'il lui est indilï6r«nl qu'on lui prescrive une chose
fNAlRE rL'It «U
ou une autre ; qu on l'occupe ou a one fonction ou h une autre; et, de quelque façon ■que ce soit, il est toujours également content de tout; car la souroe de cette indifférence et de cette égalité d'esprit ne procède 3ue de ce qu'il ne songe qu'à faire la volonli e Dieu, sans se mettre en peine du reste. Que s'il ne s'acouîtle pas d'aussi bon coeur d'une fonction nasse et pénible que d'un emploi facile et honorable, c'est un témoignage qu'il n'agit pas purement pour Dieu, mais qu'il s'envisage lui-même, et qu'il cherche sa propre satisfaction et son avantage particulier; c'est pourquoi un saint homme a eu grande raison de dire que, de quelque manière qu'il plût à Dieu de disposer les choses, nous aurions toujours une égale joie de tout ce qui arriverait, s'il était véritablement la cause de nos désirs.
Mais quand un religieux veut que ses supérieurs lui sachent gré de ce qu'il fait, et us la peine qu'il se donne, qii il souhaite d'être loué d'eux, ou de recevoir du moins quelque démonstration extérieure de leur satisfartion, et que lorsque cela lui manque, il se décourage, c'est un signe évident que l'amour de Dieu n'est jias Te seul motif de SOS actions, mais qu'il y a beaucoup do respect humain qui s'y mêle. Si vous agissiez fmrement pour Dieu, les louanges ne vons eraient rien. Au contraire, persuadé que la satisfaction que votre supérieur vnus ferait paraître ne viendrait <:)iic de ce qu'il compatirait à votre iniiierfectinn et à votre faiblesse, vous en auriez (le la confusion et de la honte, et en vous plaignant de vous-mfime, vou.5 diriez: Eh quoi, faut-il queje sois eneori' assez infirme pour obliger mes supérieurs à ma ménager de la sorte? Faut-il que je sois assez nouveau et assez peu avance dans le vertu,
Eour avoir besoin d'y être excité par de scinlables motifs?
' Nous lisons dans le Pré tpiriluel, que l'abbé Jean, qui fvit disciple de saint Aoion, servit pendant douze ans un des anciens Pères du désert, qui était extrêmement infirme, et que pendant tout ce temps-là, où il s.'atlacha à le servir avec tout le soin et toute l'affection imaginables, il n'en eut jamais aucune parole de douceur, et en reçut au contraire des traitements fort fâcheux. Enlin, le vieillard se sentant proche de la mort, et voyant autour de lui plusieurs solitaires qui étaient venus le visiter, appela celui qui rivait servi si longtemps avec tant de patience et d'humilité , et lui serrant la main , i^ lui répéta par trois fois qu'il demeurât à la garde de Dieu, ensuite il le recommanda aux plus anciens, les priant de le chérir comme leur tils, R et vous pouvez compter, leur ajoutât-il, que ce nest pas un homme, mais un ange, puisqu'en douze ans qu'il m'a servi dans mes infirmités, il n'a jamais entendu une bonne parole de ma part, et que cependant il n'a pas laissé de me servir toujours avec toute sorte de soin et d'affection. ■
Saint Ignare expliquant ses constitutions, do quelle manière il faut que nous augmentions tous les jours en droiture et en pur&tA
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d'intention : « Que tous, dit-il, s'étudient à avoir une intention droite, non-seulement en ce qui concerae l'état de leur vie en général , mais aussi dans toutes leurs actions en particulier, ne se proposant en toutes choses que de servir Dieu et de lui plaire, et se portant à cela plutôt pour Tamour de lui-même, et en reconnaissance des bienfaits qu'on a reçus, que par la crainte du châtiment ou par l'espoir de la récompense, quoique cependant ces deux motifs ne laissent pas d'être bons, et de pouvoir être employés utilement.» Il y a plusieurs manières de chercher Dieu et de le servir. Le servir par la crainte des peines, c'est toujours le chercher et faire une bonne action, parce que la crainte, quoique servile , ne laisse pas d'être bonne et d'être un don de Dieu. C est pourquoi le Prophète royal la demandait en s'écriant : Seigneur, pénétrez ma chair de votre crainte. Que si véritablement on se disait à soi-même, et qu'en effet on eût ce sentiment dans le cœur : S'il n'y avait point d'enfer, et que je n'eusse
{)oint peur du châtiment, j'offenserais Dieu; es théologiens tiennent que ce serait pécher, parce que ce serait avoir actuellement wne volonté mal disposée. Mais de nous servir de la crainte des peines , de l'appréhension de la mort , et de la frayeur des jugements de Dieu pour nous exciter à servir Dieu, et pour nous abstenir de l'offenser, cela ne peut être que louable, puisque c'est pour ce sujet que la sainte Ecriture nous représente si souvent ces mêmes choses, et nous en fait des menaces si terribles.
C'est encore chercher Dieu que le servir pour la récompense que nous en espérons dans la gloire, et c'est même le chercher d'une manière plus parfaite que la première, l)arce qu'il y a plus de perfection à faire les choses dans la vue de la récompense, qu'à les faire par le motif de la crainte. Moïse agissait aans cette vue, et saint Paul nous l'apprend lorsqu'il dit : Ce fut par la loi que Moïse, dès ciu il fut devenu çrand, renonça au titre de fiis de la fille de Pharaon, aimant mieux d'être affligé avec le peuple de Dieu, que de jouir des avantages passagers du péché, et préférant l'ignominie de Jésus-Christ à toutes les richesses des Egyptiens, car il envisageait la récompense a venir. C'est aussi dans cette même vue et dans ce même esprit que le Psalmiste disait : J'ai disposé mon cœur à observer toujours vos commandements , à cause de la recompense que j'ett espère.
Ces deux motifs de la crainte et de l'espérance sont donc bons, et nous pouvons nous en servir pour nous exciter au bien, et pour nous détourner du mal. Mais saint Ignace Teut que Ton passe outre, que l'on s'élève davantage le cœur, et que l'on ait de plus hautes pensées. Aspirez h de plus grands dons . et je vais vous montrer une voie plus excellente. 11 ne se contente pas que l'on cherche et que l'on serve Dieu de quelque façon que ce soit, mais il enseigne un chemin encore plus oarfait : il veut au on le cherche ft qu'on le serve purement d cause de lui-
même, à cause de sa bonté infinie, enfin, à cause que Dieu est Dieu ; et en cela est compris tout ce que l'on peut s'en figurer de plus grand et dé plus sublime.
Les Pères de l'Eglise, saint Basile, saint Chrysostome et saint Grégoire, traitent parfaitement bien cette matière. Ils font une comparaison de ceux «jui servçnt Dieu pour la récompense qu'ils en attendent, et disent
2ue ces gens-là sont semblables à Simon le yrénéen, qui portait la croix de Jésus-Christ f^our un certain prix dont il était convenu. Is ne veulent pas que ce soit là ce qui nous fasse agir, et il ne raut pas , disent-ils , que, comme des serviteurs peu affectionnés, nous regardions quelle récompense on doit nous donner, car c'est plutôt le fait d'un mercenaire, qui ne songe qu'à son intérêt, que d'un serviteur qui aime bien son maître. Ils veulent gue nous soyons portés par un plus noble motif^, que nous servions Dieu comme ses enfants, et purement pour l'amour de lui. Il y a beaucoup de différence, ajoutent-ils, entre le service d'an esclave, celui d'un mercenaire et celui d'un fils. L'esclave ne sert son maître que par la crainte du châtiment ; le mercenaire se propose la récompense, et s'il est soigneux de bien servir, c'est qu'il croit qu'en servant bien il en sera mieux récompensé ; mais le fils en use autrement : c'est par pur amour qu'il sert sçn père, et lorsqu'il a un extrême soin de ne rien faire qui puisse Toffenser, ce. n'est point qu'il en appréhende aucun châtiment, ou qu'il en es.père aucune récompense, mais c'est que l'amour lui donne naturellement cette délicatesse et cette attention. Ainsi , quoique son f)ère soit pauvre, et qu'il ne puisse rien lui aisser, il le sert et l'honore, parce que la qualité de père Yy oblige , et pourvu qu'il le contente, il se croit assez paye de son service et de sa peine. Nous devons servir Dieu de la même sorte, disent ces grands saints, non pas comme des esclaves , par l'appréhension a'en être châtiés, ni comme des mercenaires qui n'envisagent que la récompense et le gain, mais comme ses véritables enfants, puisqu'il nous a fait la grâce de vouloir que nous le fussions. Regardez quel amour le Père a eu pour nous, dit saint Jean, de vouloir qu'on nous appelle enfants de Dieu, et que nous le soyons en effet. Puisque nous le semmes donc véritablement, puisque c'est avec raison que nous appelons Dieu notre Père et Jésus-Christ notre frère, aimons et servons Dieu comme ses enfants, honoronsle et respecton%-le comme un père, et comme un frère si digne de notre obéissance et de nos respects. Que ce soit purement pour l'amour de lui que nous agissions; que ce soit pour lui plaire, que ce soit parce qu'il le mérite, étant ce qu il est, et parce que sa bonté infinie mériterait encore mille fois davantage quand nous aurions mille cœurs et mille vies pour les employer à l'aimer et à le servir.
« Si vous avez été digne de faire ouelque chose qui plaise à Dieu, dit saint Chrysostome, et que vous cherchiez quelque autre récompense que celle d'avoir mérité fi» liii
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sa récompense à ce qu'il aime. Enfin , cet amour de l'épouse et de Tépoux est tel, que, se renfermant entièrement dans l'objet aimé, Tun ne cherche rien au delà, et l'autre n'a T'en d'ailleurs à souhaiter; c'est là toute leur affaire, et c'est ainsi, dit saint Bernard, que tonte la nôtre doit être d'aimer Dieu, qui est l'époux de nos âmes. Aimons-le pour lui-même, et faisons de cet amour toute notre satisfaction et notre joie, car l'amour se suflit à lui-môme ; il plaît par lui-même et pour lui-même ; il est lui-même son mérite et sa récompense ; et comme au delà de luimême il ne cherche aucune raison pour aimer, il ne prétend aussi au delà de lui-même aucun avantage en aimant : le fruit et l'usage de cet amour est : J'aime parce que j'aime ; j'aime pour aimer.
« Mais ne pensez pas , dit saint Chrysostome , que pour n'avoir pas la récompense en vue, votre récompense en puisse être moindre ; au contraire , elle en sera plus
f;rande , et moins vous envisagerez votre utiitô , plus votre avantage en sera considérable. Car il est certain que plus une action est dépouillée de toute sorte d'intérêt, plus elle est pure et parfaite , et qu'elle n'est jamais si méritoire que lorsçju'il n'y a aucun mélange d'amoiir-nropre. Si vous détournez donc entièrement les yeux de vous-même , si dans tout ce que vous faites vous ne vous proposez que de plaire à Dieu , et que ce ne soit point l'espoir de la récompense qui vous fasse agir, croyez que votre récompense en sera plus grande et plus précieuse. Comme vous n'aurez jîoint travaillé comme un mercenaire , à qui on ne donne rien au delà du salaire qu'on lui a promis , vous serez traité comme un fils qui est héritier de tous les trésors de son père ; car si nous sommes enfants de Dieu, nous sommes par conséquent héritiers; héritiers de Dieu, et cohéritiers de Jésus-Christ , avec lequel nous entrerons en partage dans la jouissance des biens de notre Père céleste. La fille de Pharaon donnait de l'argent à la mère de Moïse pour la nourriture de son propre fils ; ce n'était pas cependant à cause de la récompense que cette mère nourrissait son fils , mais à cause de l'amour qu'elle avait pour lui. »
Nous pouvons recueillir de la doctrine des saints Pères , et principalement de celle de saint Bernard , qu'il y a trois degrés de perfection , par lesquels nous pouvons nous élever à une extrême pureté d'intention , et à un très-parfait amour de Dieu. Le premier est de ne chercher que la gloire de Dieu , de manière qu'en tout ce qu'on fait on ait l'esprit absolument dégagé de toutes les choses du monde, et que, mettant tout son contentement en Dieu seul , on se borne à songer aue Ton accomplit sa volonté. «Voulez-vous, it saint Bernard, avoir une bonne marque pour connaître, autant qu'on le peut , si vous aimez extrêmement Dieu? Regardez s'il y a quelque chose hors de Dieu qui puisse vous donner de la satisfaction et de la joie ; et par ]h vous verrez quels progrès vous aurez faits uans l'amour de Dieu. Certes , tant que je
suis capable de recevoir quelque consolation et quelque contentement d'ailleurs , je n'ose pas dire que ce soit Dieu qui occupe entièrement toute la tendresse de mon cœur. » Saint Augustin est du même sentiment , quand il dit: « Seigneur, on vous aime moins, lorsqu'on aime encore avec vous quelque chose aue l'on n'aime pas pour vous.» Cette manière 'aimer est bien éloignée de l'excellence et de la pureté de l'amour de cette grande reine qui , au milieu de la pompe et du faste de la majesté royale , disait à Dieu : Vous savez , Seigneur j que^ depuis que fai été amenée ici jusqu'à présent j votre servante ne s'est jamais réjouie qu*en vous , Seigneur^ qui êtes te Dieu d Abraham. Voilà , sans doute , une façon d'aimer bien parfaite et bien épurée.
Saint Grégoire , sur ces paroles de Job : Qui se bâtissent des solitudes , demande ce que c'est que bâtir une solitude , et dit que celui qui est tellement détaché de toutes les créatures, et qui s'est si absolument dépouillé de l'affection de toutes les choses de la terre , qu'au milieu de la foule et des divertissements , il ne laisse pas de se trouver seul , celui-là s'est bâti une solitude , parce que rien de tout cela ne le touche, et qu'ayant mis tout son contentement en Dieu , il ne peut trouver ni entretien ni consolation ailleurs. Nous éprouvons même tous les jours que, quand on s'est attaché d'affection à quelqu'un et qu'on vient à le perdre ou par l'absence , OM par la mort , on est alors clans une solitude eflfroyable au milieu des meilleures compagnies , parce qu'on n'y est point avec celui avec qui on se plaisait d'être. La mémo chose arrive à quiconque a banni entièrement de son cœur toutes les créatures , pour ne le remplir que de Dieu : au milieu des
Elaisirs, et dans les plus grandes &ssemlées , il se trouve seul , parce qu'il ne prend nul plaisir aux choses du monde, et qu il n'y a que l'objet de son amour qui puisse l'occuper agréablement. « Ceux, dit saint Grégoire , qui sont parvenus a ce point, jouissent d'une très-grande tranquillité d'âme ; rien ne les inquiète et rien ne leur fait peine, et ni l'adversité ne les trouble ni les abat, ni la prospérité ne les enorgueillit et ne les enfle. Comme ils n'ont aucun attachement aux choses du monde, tous les changements qui y arrivent ne produisent en eux aucune altération : et se faisant aipsi un bonheur qui ne peut dépendre des événements, ils en méprisent la vicissitude. Savez-vous , ajoute-t-il , qui s'était élevé
i'usqu'à ce degré de perfection, et qui s'était >âti une solitude? Celui qui dirait:* J'ai « demandé une chose au Seigneur , je ne « cesserai point qu'il ne me l'accorde : c'est « de demeurer toute ma vie dans la maison « du Seigneur; car , après tout , quelle au- « tre chose y a-t-il à chercher et a désirer « dans le ciel et sur la terre ? Et quelle est maintenant mon attente, si ce n'est Dieu? » Le saint abbé Silvain était encore parvenu à ce même état ; car on raconte de lui que, lorsqu'il sortait de l'oraision , toutes les choses de la terre lui semblaient 3i méprisiy)les.
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regardez foiat ««s dwMts <te j^.w^« ^«. d ft'r ca a jocvoe ^fn nér.te
Jo tieUei le «tsar a ^4». À s'ésrujt : « Jaalme la terre ae^iaft, lorsque je iemfie le dd ! »
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trait^deTaiaoar deMempjeve'is «i.re, teulemeM é^onkÀJtr ternes les e^>t<s àa. xooode , Mais 4:e s'<jrïbc>er aa^n soi-oéxe, et <le ne i'èîater ^o^^aéraÊtfgà'tJi D.ev et >jar I^ieo: car h iboos touîoi» Hrt {;«Ha.t5, il iaitf qoe ocfos fto jottft tel>meitt abiorté^ dass cei ooUi de fKjo.«HDièaK^ , et ôe tooi ce qui peoi regarder iK4re araniaze et notre intérêt ; il £i^ qoe Doas aimions Dieu d*w:e manière « pvure ei si élerée , que dans tous let b.eft» qoe noos reterocàs de sa flaain , soi t dans eem de la frire « soit dans cens de la gloire , ee ne sott point le profit que nous en retirons , maïs qoe ee v^it i actomplissement de fê roUmié sur nous qoi tese ootre eoolentement et wAityAe. Cest ce qne pratiquent les bf enbeorenx d^ns le eiel ; ils se réjouissent daraotage de la Tolonté de Dieu
a ai s'accomplît en enx qne de rélératioa e la gloire où ils sont , et ils aiment Dieu d*one (açon si »abiime, ilv sont tellemect transformer en lai , et tellement onis à sa Tolonlé, qa'aa milieu des contentements ineffables où ils sont plongés, c'est moin> à cause d*eax - mêmes qa à cause de Dieu
Zuils aiment la félicité qu ils pos>è>ient. 'est de cette sorte que noas derons aimer Diea, dit saint Bernard; et c*est ainsi que faisait ce saint prophète ^ui disait: Bénis-
e loue point |>ar rapport à son propre i.;tér6t « comme celai de qai il dit en un autre endroit : Il roas bénira, lorsque tous lai aarez fait du bien ; mais il l'aime et le loae,
Birce qu'il est bon en lui-même , parce que ieu est Dieu , et que sa bonté est infinie. Le troisième et dernier degré de perfection est 9 dit saint Bernard , de faire les choses 9 non pas pour plaire à Dieu , mais parce !|ue Dieu nous plaît , ou que ce que nous aisons plaît à Dieu. De cette sorte, sans songer aucunement à soi , non plus que si Ton n'était pas au monde , on n'envisage que le seul consentement de Dieu , et voilà une manière de l'aimer très-parfaite et très-épurée. Cet amour, continue-t-il , est véritablement la montagne du Seigneur , une montagne Irès-élevée , une montagne grosse et fertile; car ce terme de montagne de Dieu ne veut dire autre chose dans l'Ecriture , que le combla de l'excellence et de la perfection : Mali qui montera iur la montagne du Seigneur , et qui me donnera deê ailei comme à une eolomoej afin guefy vole et que je m'y Ttpùiê 7 c Hélas I s'écrie ce grana saint , le
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Im pmismm€t ém Sfifmtmr ^ €i \j€ me m€ tmmMtwmmrm pms de riem f«« de ftre jusiiee^ Lorsqa'qvès Bons être comportés comme des serriieiirs fidèles , nous enUei<m» dans la jote éa Seicnenr, et que noos serons enarrés de Tabondance de son amour, alors nous serons tellement absorbés et transfonnés en loi, que cous ne cous sooTÎendrons plus de nous* mêoies; alors nous lui serons semUabies, par:e que nous le rerrons tel qu'il est. Alors la créature se conformera à son Créateur, et coLiiDe il a fait toutes choses p^ur Iniméme, selon le témoignage de ITcritnre, aussi n'aimerons-nous rien que lui , et nousmêmes nous ne nous aimerons qu'en lui et pour lui. Ce qui fera que notre joie ne sera pas tant la considération de la misère dont nous serons dégagés , ou de la félicité qoe noos aurons obtenue, que de voir que sa volonté sur nous aura été accomplie en nous. El c'est ainsi qu'on entre dans la joie du Seigneur. « O amour saint et chaste ! s'écrie BÎemard en cet endroit, 6 douce et tendre affection I 6 droite et pure intention, d'autant pi us droite et plus pure, qu'il n'y reste plus aucun mélange a intérêt pro^*re I Affèttion d'antant plus tendre et plus douce, que l'on ne sera touché de rien qui ne soit divin l Être épris de cette sorte, c est être déifié. » Pour expliquer comment nous serons alors déifiés et transformés en Diep, le même saint se sert de trois comp^raisoas, et dit : « Que de même qu'une goutte d*eau jetée dans une grande quantité de vin, perd toutes ses propriétés, et prend la couleur et le goût du vin; de même qu'un fer rougi dans la fournaise ne parait plus du fer, mais du feu; enfin, de même que, quand l'air est éclairé des rayons du soleil, il devient si lumineux, qu*il semble qu'il soit la lumière même : de même, ouand nous serons dans la gloire, nous pérorons entièrement nos premières qualités; nous serons déifiés et transformés en Dieu, et nous n'aimerons rien que lui, et en lui. Autrement comment est-ce que Dieu sera.t
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