‹ Dictionnaire d'ascétismeChapitre 95 sur 315 · EL · texte numérisé non relu

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tomniiss dont on les chargera, les perséculions qui s'élèveront contre eux. Est*-ce pour plaire aux hommes, ou pour leur être utiles, qu'ils sont envoyés? Espèrent-ils être agréables aux méchants en combattant leurs vices ? Ces haines , ces ménris , ces reproches des pécheurs, loin de ralentir leur ardeur, doi- \ent au contraire la ranimer. C'est à ces prétendus maux que Jésus-Christ a attaché leur bonheur. C'est quand ils les auront; supportés pour son nom qu'ils doivent se ré- Jouiri parce que c'est alors qu'une grande récompense leur est réservée dans le ciel. D'autres ministres, intimidés par l'aspect des riches, taisent ou affaiblissent les vérités qu'ils sont chargés de leur présenter. Ils craignent de les aigrir par leur fermeté; ils tie craignent pas de les perdre par leur mollesse. Plus occupés de plaire aux ouissanls qu'à Dieu, ils bornent leur ministère à les ménager, ils ne l'emploient pas à les convertir. Ne sont-ils donc pas déjà assez corrompus, ces opulents de la terre, par les adulations des enfants du siècle , sans que la vile «t lâche connivence des ministres du Seigneur vienne consommer leur dépravation, et y imprimer le sceau de la religion? Que le prêtre soit le prophète célébré par YEcclésicLstique, qui, dans aucun de ses jours, n'a redouté les princes, et dont aucune puissance n'a pu surmonter la parole. Qu'il parle aux personnes élevées, avec les égards dus à leur dignité, mais en même temps avec la noble fermeté qu'il doit à son propre caractère. Qu'il respecte leur personne, mais non leurs vices. Qu il ose dire comme un Nathan à David : Vous êtes cet homme que votre bouche vient de condamner III Reg. xii, 7) ; comme un Jean-Baptiste à Herode : // ne vous est pas permis de retenir la femme de vctre frère (Marc, vi, 18) ; comme un Ambroise à Théodose : Celui que vous avez suivi dans son péché f suivez-le dans sa pénitence.

En même temps que le zèle est ardent , actif et vigoureux, il est aussi plein de douceur. Il n est même puissant et efficace que Î>arce qu'il est doux. C'est à sa douceur que ésus-Christ a attaché sa force. Apprenez de moi, dit>il à ses disciples, que je suis doux et humble de cœur. Tous ses discours sont des leçons de cette admirable vertu, toutes ses actions en sont des modèles. Si deux disciples, emportés par une ardeur louable sans doute dans son motif, mais contraire à ses principes, lui demandent de faire des*cenore le leu du ciel sur des villes quh refusaient de le recevoir, il réprime leur impétueuse vivacité, en leur disant qu'ils ignorent de quel esprit ils sont. Et le plus doux, le plus tendre, le plus charitable des saints a été celui qui a reçu cette grande leçon. Fidèles à cet esprit qu'ils avaient reçu de leur divin maître, ses apôtres, en recommandant aux fidèles les plus parfaits le zèle de l'instructiOD fraternelle, leur prescrivent de ne l'exercer qu'avec une entière douceur; en co»sidérant ce qu'ils sent eux-mêmes, et combien ils sont sujets à la tentation. En les exhortant à reprendre les esprits inquiets, ils ajoutent

aussitôt l'obligation de consoler les pusilla* nimes,. de soutenir les faibles, et d'être patients envers tous. Us leur déclarent que, si leur zèle est amer, s'ils ont dans le cœur Vesprit do contention, ils ne sont nullement revêtus de la sagesse qui descend d'en haut. £t, si nous remontons à la loi ancienne, quels personnages plus zélés, plus ardents pour la gloire de Dieu et le salut de leur

f)euple que Moïse, à qui l'Esprit-Saint rend e témoignage qu'il était le plus doux des hommes ^ et que.David, oui, pour obtenir le pardon de son péché, supplie le Seigneur de se souvenir de toute sa douceur? La douceur, cette vertu si aimable, si précieuse, à laquelle Jésus-Christ a promis même le domaine de la terre, est l'arme la plus puissante, le moyen le plus assuré du zèle. A l'appât qui attire, elle joint la force qui retient. Elle étend sur toutes les autres vertus son charme délicieux, leur communique âon influence insinuante, et, par l'onction salutaire qu'elle répand sur elles, leur ôte ce qu'elles peuvent avoir de rude, les rend faciles à celui qui les pratique, et agréables aux autres. Le pasteur qui, à la fermeté, sait joindre la douceur, est le véritable Samaritain oui, dans les plaies qu'il traite, verse, avec le vin qui fortiûe, 1 huile qui adoucit. Il est tout à la fois un père qui persuade par son autorité, et une mère qui touche par sa tendresse. Il se fait chérir de ceux mêmes qu'il corrige, et s'il iie parvient pas toujours a leur faire jjratiquer la vertu, au moins il la leur fait aimer. Mais ce n'est pas un véritable zèle que celui qui toujours ressemble à la colère; qui parait plus occupé de punir que de réformer; qui ne se manifeste que par l'humeur, la brusquerie, la dureté, qui présente lès emportements de rhomme, au lieu de la charité du ministre. Loin d'attirer, il aliène; loin de gaçner, il dégoûte; loin de persuader, il révolte ; loin de convertir, il- endurcit. Il rend le ministère de reconciliation et de paix, nonseulement inutile, mais odieux. Quels fruits peut produire un pasteur dans une paroisse tremolante à sa vue; parmi un peuple qui, n'éprouvant que les effets de son numeur sombre et ftirouche, ne croit pas à son intérêt et à sa bonté, et qui, ne voyant en lui qu'un maître im[)érieux et un censeur amer, est continuellement occupé à l'éviter? Ce sont des agneaux que Jésus-Christ a envoyés au milieu des loups ; il n'a pas soumis ses brebis à des loups.

Le prince des pasteurs, comme l'appelle saint Pierre, le grand pasteur des brebis, ainsi que le nomme saintPaul, le bon pasteur par excellence, tel qu'il se dit lui-même, nous trace en détail daps son Evangile, principalement d'après son propre exem|)le, les devoirs qu'impose le zèle pastoral. On peut les rapporter à six chefs.

Premier devoir. — Le pasteur connaît ses brebis et en est connu. Longtemps avant Jésus-Christ, Salomon l'avait recommandé :

Connais avec attention ton bétail, et considère attentivement tes troupeaux ; et saint Paul adeouis renouvelé, au nom de son divin

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Maître, ce précepte essentiel aux évèques, qu*il avait rassemblés à Milet. La surveillance pastorale, généraient la fois et particulière, s*étend sur tout le troupeau, et s'attache à chacune des ouailles. Elle veille sur chaque enfant, pour qu'il soit instruit ; sur chaque père de famille, pour qu'il entretienne dans sa maison la vertu et la piété ; sur chaque pécheur, pour qu'il se convertisse ; sur cnaque juste, pour qu'il persévère. Cette vi-

Î^ilance attentive et continue fait connaître es qualités , pour les perfectionner; les défauts, pour les réformer ; les besoins spirituels et temporels, pour y pourvoir.

Second devoir. — Le bon pasteur appelle ses brebis, et elles connaissent sa voix. Elles accourent avec plaisir à cette voix chérie, qu'elles sont accoutumées à entendre ; qui les a rassemblées souvent pour les entretenir des vérités saintes ; et de laquelle elles reçoivent continuellement des instructions salutaires, des exhortations touchantes, de puissants encouragements, de douces consoialions.

Troiiiime devoir. — Le bon pasteur marche à la tète de ses brebis, et elles le suivent. A ses prédications verbales , il joint la prédication plus puissante encore de l'exemple. Dans la voie qu'il leur enjoint de suivre , il marche le premier. Son troupeau le contemple avec admiration, et le suitavecconGance, assuré de ne pas s'égarer sur les traces d'un tel conducteur.

Quatrième devoir. — Le bon pasteur retire des bergeries du démon les nrebis qui y étaient perdues : il les ramène à la bergerie du Seigneur, pour ne faire qu'un seul bercail , et un seul pasteur. Il fait rentrer dans l'unité de l'Eglise ceux que Terreur de leur pères ou la leur propre en avait séparés. Attirés par les vertus, par les persuasives instructions de ce fidèle ministre, ils reviennent consoler leur tendre mère, si longtemps affligée de leur éloi^nement.

Cinquième devoir. — Si quelqu'une des brebis qui lui sont confiées vient à s'égarer dans les sentiers tortueux du vice , le bon pasteur abandonne pour un temps, s'il le faut, toutes les autres pour courir après celle-là. 11 la poursuit avec un saint empressement, la recherche avec un soin continu, jusqu'à ce qu'il l'ait trouvée. 11 ne se contente pas de la ramener au bercail. Pour lui épargner la fatigue du retour, sa tendresse l'y porte, joyeux de revenir chargé de ce précieux fardeau.

Sixième devoir. — Enfin le bon pasteur donne sa vie pour ses brebis ; ce qui renferme deux obligations : l'une, de sacrifier sa vie pour son troupeau, l'autre, delà lui consacrer. Elles ne sont pas communes, les occasions où le sacrifice de la vie est prescrit au ministre sacré : mais elles peuvent aisément survenir. Quand la contagion dévaste la pa-

roisse oui lui est confiée, ou même attaqua quelqu un des fidèles qu'il dirige, la vue du danger le plus imminent n'arrête pas le zèle pastoral. Le prix d'une Ame, la récompense du sacrifice, voila tout ce qu'il considère. Mais si le devoir de mourir pour son peuple est rare, le devoir de vivre pour lui est continuel. Le pasteur est redevable à son troupeau de toute la suite de sa vie : et tous les moments qu'il n'emploie au bien des âmes qui lui sont confiées, sont autant de larcins qu'il leur fait.

Ce n*est pas tout de connaître les qualités essentielles et les devoirs risoureux du zèle sacerdotal. Pour acquérir les unes, pour remplir les autres, un moyen est nécessaire. En vain aurez-vous plante avec autant d'activité que Paul; en vain aurez-vous arrosé avec toute l'assiduité d'ApoUo ; si Dieu ne donne pas l'accroissement, le champ que vous aurez cultivé restera en friche. Implorez-le, ce fruit précieux de vos travaux , de celui de qui il dépend , et qui a promis de vous accorder tout ce que vous demanderez en son nom. Demandez , pour vous-même, la grAce de force et d'onction , qui fait annoncer dignement les vérités saintes, pour les fidèles confiés à vos soins, la grAce de docilité qui les 'fait recevoir. Vos prières attireront la rosée céleste, qui fera fructifier vos efforts. Vous opérerez plus de conversions au pied de l'autel que sur le tribunal et dans la chaire. Ce fut le dernier vœud*£tienne qui acquit Paul à la foi. Ce furent les

frières de Monique qui rendirent Augustin l'Eglise. Ce sera ainsi , ce sera en sollicitant la grâce par vos vœux , en la méritant par vos désirs , en la secondant par vos travaux, que vous obtiendrez l'heureux prix de votre zèle; sur la terre, par les vertus dont vous ornerez vos peuples, dans le ciel, par la récompense que vous partagerez avec eux.

ZUR-LAUBEN (Placide de), de l'ancienne maison de la Tour-Châtillon en Valais, fut élu abbé de Mûri, en Suisse, ordre de Saint- Benoit, en 1683, et mourut en 1723, açé de soixanle-dix-huit ans. On a de lui : Sptritus duplex humUitalis et obedientiœ.

ZUÏPHEN (Gérard) vivait au xiV siècle et se distingua par son savoir et sa piété, 11 se fit remarquer particulièrement par son zèle pour le maintien et le progrès d'une association pieuse , connue alors sous le titre de Frères de la vie commune. Il composa pour elle divers écrits. Zulphen mourut en 1398. On a de lui, entre autres ouvages, un Traité mystique , inséré dans la Bibliothèque des Peresy qu'on prétend n'être guère inférieur à Ylmitation. Il est divisé en deux livres : le

f)remier traite des vices de l'âme et de la rébrmation intérieure ; le second contient des élévations spirituelles.

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SDPFlIlEST AD DICTIONNAIRE D'ASCÉTISME.

TRAITÉ

DE LA PERFECTION DU CHRÉTIEN

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