INDUCTEUR
Inducteur différentiel. -— Appareil imaginé par M. Dove pour comparer Tinfluence exercée sur les décharges induites par l'introduction de divers métaux dans les bobines. 11 se compose de deux hélices faites de deux gros lils de cuivre enroulés sur deux tubes de verre de 33 centimètres de longueur et de 2,5 centim.
de diamètre, et placées dans Tintérieur de deux hélices plus grandes, enroulées autour d'un tube de carton et parfaitement identiques (fig. 430). Les deux bobines intérieures sont reliées par une extrémité, et les bobines extérieures aussi ; mais ces communications sont établies de telle sorte qu'en faisant passer dans les bobines
^^^^2ssi^^^^^^^^^
Fig. 4i9. — Inducteur Postel-Vinay.
extérieures la décharge d'une batterie de bouteilles de Leyde ou le courant d'une pile, interrompu par un rhéotome, on provoque dans les deux bobines intérieures des courants induits égaux et de sens contraires. Un observateur, tenant à la main des poignées reliées à ces bobines, ne reçoit pas de commotions. Mais, si Ton place dans l'une des bobines induites un
morceau de métal, on ressent des commotions plus ou moins intenses, suivant la nature et la forme du métal introduit.
La balance d'induction de Hughes, décrite plus haut, n'est que la reproduction de cet appareil, mais en remplaçant les commotions parle téléphone, découvert depuis cette époque.
Inducteurs des machines d'induction. — Dans
INDUCTION
]es machines d'induction, on donne ce nom à Tensemble des aimants ou des électro-aimants qui servent à produire le champ magnétique dans lequel tourne l'induit. La machine est dite magnéto-électrique, lorsque l'inducteur
Fig. 430. — luducleui* différonliol.
est formé d'aimants. Pour rendre maximum la variation du champ magnétique, il faut disposer des pôles alternés le plus près possible du trajet de Tinduit: on peut se servir d'aimants en U (machine Méritens) ou d'aimants rectilignes dont on fait alterner les pôles (machine Méritens, type d'atelier).
La machine est appelée dynamo-électrique lorsque le champ est produit par des électroaimants. Nous avons indiqué au mot Excitation les divers moyens d'animer ces électro-aimants. Le noyau de fer doux des électros n'est pas indispensable : sa suppression diminue seulement l'intensité du champ. Ici encore les pôles doivent alterner.
Dans les deux cas, il est avantageux d'adapter aux pôles des pièces de fer doux qui emboîtent exactement l'induit mobile. (Machines Gramme, Méritens, etc.)
INDUCTION. — Production de courants sous l'influence d'un autre courant, d'un aimant ou
de la terre. L'induction a été décooT - Faraday en 1832. On désigne pa^fDL<^< nom d'induction éUctrosiatique ractioD ; par un corps électrisé sur un autre corp^ neutre (Voy. Influence).
Voici en quoi consister.: !• nomènes découverts par F^ Induction par les courants. sidérons un ûl AB relié a. pôles d'une pile (Gg. 431 ; interrupteur et CD on aatrri aux deux bornes d'un a mètre G, de manière à m> avec celui-ci un circuit fera terrupleur I étant ferme. ^ est parcouru par un coani de A vers B ; si Ton appr.>:ce fil du conducteur CD oa :
ment, le galvanomètre mor ce dernier est traversé par l rant allant de D en C ^t dure qu'un instanLCec. * appelé courant induit, et 1- AB est dit courant indvcttur encore dans ce cas que k induit est inverse j parw ]■ dirigé en sens contraire du i inducteur.
Supposons maintenant ÇL avoir laissé revenir au :^ guille du galvanomètre on j l'un de l'autre les deux li I verra aussitôt que le condfl-H | est parcouru par un courar;i' direct, c'est-à-dire dirigé de C en D. C^^: précédent, ce courant n'aura qu'une <ltr courte.
, Fig. 431. — Principe de rindocUflo
Enfin les mêmes effets s'obtiendront ^ fait varier le champ électrique, non r*
INDUCTION
^ochant le courant inducteur, mais en augitant ou diminuant son intensité. A plus 3 raison, i] en sera encore de môme si, les t fils étant voisins, on lait passer le courant icteur ou on Tinterrompt en fermant ou en rant l'interrupteur I.
ar conséquent un courant qui s'approche^ qui mence ou qui augmente d'intensité produit dans nrcuit fermé voisin un courant induit inverse ; courant qui s'éloigne, qui finit ou qui diminue tensité provoque un courant induit direct. a disposition de la ûgure 431 se prête mal à î vérification expérimentale : il faut, pour •ir un effet suffisant, donner aux fils AB et
une très grande longueur. Il est plus comde alors de les enrouler sur deux bobines ;. 432) : la bobine intérieure AB, couverte d'un gros et court, communique avec la pile et iterrupteur, et sert de bobine inductrice. La )ine extérieure CD, à fil long et fin, est reliée
galvanomètre ; c'est la bobine induite. La )ine intérieure peut être approchée et introte brusquement dans Tautre, puis enlevée, ir réaliser le premier cas dont nous avons 4é. Pour montrer Faction d'un courant qui nmence ou qui finit, on place d'avance les ux bobines l'une dans l'autre et on agit sur iterrupteur. Enfin, pour produire à volonté e augmentation ou une diminution d'intené, on remplace l'interrupteur I par une petite bine de fil assez résistante, et on laisse le iirant s'établir; on produit alors au même int une dérivation très peu résistante ; c'est mme si l'on diminuait la résistance de la bole. Les lois des courants dérivés permettent vérifier ce résultat.
Induction par les aimants, — Nous savons que ; aimants peuvent être assimilés à des solé- (ides : il est donc évident qu'on obtiendra icore des courants d'induction en remplaçant
bobine intérieure par un aimant, qu'on aproche ou qu'on éloigne. Les deux courants iduits seront le premier inverse, le second irect, par rapport au solénoîde qui équivaurait à l'aimant employé. On montre ce résultat
Taide de l'appareil représenté fig. 432; on upprime la bobine intérieure et l'on introduit aimant à sa place. Pour constater l'action d'un imant qui commence ou qui finit, on remplace a bobine intérieure par un cylindre de fer loux, qu'on aimante ou qu'on désaimante à olonté en approchant ou éloignant un aimant .
En résumé, un aimant qui s'approche, ou lent l'aimantation commence ou augmente produit un courant induit inverse par rapport au
solénoîde qui le remplacerait ; un aimant qui s'éloigne, ou dont l'aimantation cesse ou diminue, fait naître un courant induit direct.
Fig. 43â. — Double bobine pour rinduclion (Carpentier).
Induction par la terre. — Enfin l'action de la terre peut également provoquer des courants d'induction, puisqu'elle produit un champ magnétique, dont nous ne pouvons, il est vrai, faire varier à volonté l'intensité, mais dans lequel on peut déplacer le circuit inducteur. Pour le constater, on dispose ordinairement une bobine plate perpendiculairement à l'aiguille d'inclinaison, position qui donne l'effet maximum, puis on la fait tourner rapidement : il s'y produit des courants induits qu'on peut recueillir.
Loi de Lenz, — Peu de temps après la découverte de Faraday, Lenz donna la loi suivante qui permet de prévoir dans un grand nombre de cas le sens des courants induits qui prennent naissance.
Tout courant induit par déplacement a un sens tel quHl s'oppose à ce déplacement.
Prenons un exemple : lorsqu'on approche l'un de l'autre les deux fils AB et CD (fig. 431), il se produit un courant inverse. Mais nous savons que deux courants parallèles et de sens contraire se repoussent : donc l'action mutuelle des deux courants AB et CD tend à écarter les deux fils ; elle s'oppose donc au rapprochement qui a fait naître le courant induit.
Induction de divers ordres. — Un courant induit peut servir à son tour de courant indue-
INDUCTION
teur et faire naître un courant induit dans un circuit voisin. Supposons qu'on relie la bobine extérieure d'un appareil analogue à celui de la figure 432, non plus à un galvanomèti^e, mais à la bobine intérieure d'un second appareil semblable ; la bobine extérieure du second appareil sera le siège de courants induits dits de second ordre: chaque fois qu'un courant induit de premier ordre traversera la bobine extérieure du premier appareil et la bobine intérieure du second, la bobine induite de ce dernier sera parcourue successivement par deux courants induits de second ordre, le premier inverse de celui de premier ordre, le second direct. Les courants de second ordre peuvent de même en induire d'autres, et ainsi de suite : mais on conçoit que le phénomène deviendra de plus en plus compliqué.
Diaphragmes ou écrans, -— Supposons qu'au centre de la bobine intérieure (flg. 432] on ait ménagé une cavité dans laquelle on place un cylindre de cuivre, creux ou plein, et examinons l'efTet de ce cylindre sur la bobine induite. Si Ton ferme le circuit inducteur, rétablissement du courant fait naître un courant inverse dans le cylindre comme dans la bobine extérieure : ces deux courants induits provoqués par le courant inducteur sont donc de même sens. Mais le courant induit du cylindre agit aussi sur la bobine extérieure et y produit un courant, inverse par rapport aux deux premiers et par conséquent direct par rapport au courant inducteur. Donc la bobine extérieure esl le siège de deux courants simultanés et de sens contraires. L'effet du cylindre est donc de diminuer rintensité des courants induits. On donne souvent à ce cylindre le nom de diaphragme : la même disposition est employée dans plusieurs appareils médicaux (Voy. Bobine) sous le nom d'écran, de modérateur, de graduateur. En fendant le cylindre dans toute sa longueur -suivant une génératrice, il se comporte comme un circuit ouvert: il ne peut plus s'y produire de courants, et son effet est annulé.
Action du fer doux. — Nous avons supposé le diaphragme en cuivre : il est évident qu'il agira à peu près de même s'il est formé d'un autre métal non magnétique. Mais l'action sera plus complexe si le cylindre est en fer doux : d'un côté il agit comme un diaphragme métallique, mais d'autre part il s'aimante au passage du courant et par suite augmente l'induction. Il joue donc un double rôle, l'un nuisible, l'autre utile. Pour supprimer le premier effet et conserver le second, il suffit de fendre le fer
doux dans sa longueur, ce qui empêche la production des courants induits sans empêcher l'aimantation. En réalité, le noyau de fer doai eat constitué par une série de fils de fer, qui sont vernis pour les isoler et supprimer Its courants : on voit cette disposition sur ia figure 432.
Propriétés des courants induiU. — Les courants induits ne diffèrent des courants hydroélectriques par aucune propriété importante, si ce n'est par leur durée extrêmement courte. Les deux courants induits, inverse et direct, qui se produisent dans les mêmes conditions, par exemple par la fermeture et la rupture d'un même courant inducteur, mettent en mouvement des quantités égales d'électricité, mais, comme Ja durée du courant direct est plus courte que celle du courant inverse, il possède une intensité et une énergie plus grandes. Il en résulte que les courants directs et inverses ont des actions absolument égales et contraires dans tous les cas où l'effet produit ne dépend que de la quantité d'électricité mise en jeu : galvanomètre, voltamètre, etc. Au contraire, Taction des courants directs l'emporte dans tous les effets qui dépendent de l'énergie : c'est ainsi qu'ils donnent plus facilement des étincelles, aimantent plus fortement les aiguilles, etc. Quand on interrompt le circuit induit, généralement le courant direct passe seul sous forme d'étincelle ou de lueur (tubes de Geissler).
L'expérience montre en outre que la lorce électromotrice d'un courant induit est proportionnelle à l'intensité du courant inducteur; c'est pour cette raison qu'on prend le fil inducteur gros et court. Elle est aussi proportionnelle à la longueur du fil induit soumise à Tindnction (c'est pourquoi ce fil est ordinairement long et fin) et en raison inverse de la résistance totale du circuit induit.
Extra-courants. — Un courant qui commence ou qui finit peut également produire des courants induits dans le fil même qu'il parcourt: c'est ce que Faraday a nommé extra-couranU (Voy. Sklf-inddctio.n). Il doit se produire lorsque le courant commence un extra-courant inverse ou de fermeture qui en affaiblit l'effet et, quand le courant cesse, un extra-courant direct ou de rupture qui le renforce. Un courant n'acquiert donc jamais instantanément toute son intensité. Elle va d'abord en croissant pendant un temps très court, puis atteint sa valeur normale et reste constante tant que le circuit est fermé. Au moment de la rupture, l'extra-courant direct produit une brusque augmentation d'intensité.
INDUCTION
Cest à ce dernier effet qu'est due Tétincelle qui se manifeste lorsqu'on interrompt un courant. Faraday a montré par des expériences directes Texistence des extra-courants.
Ces courants possèdent toutes les propriétés des autres courants induits.
Loi générale de Vinduction. — Cette loi a été déduite par M. Helmholtz et par sir W. Thomson du principe de la conservalion de l'énergie. Soit un circuit de résistance R, traversé par un courant, c'est-àdire contenant une force éleclromotrice E ; supposons qu'on fasse varier d'une manière quelconque le flux qui traverse ce circuit : il en résulte un certain travail des forces «électromagnétiques, et, comme ce travail doit i^lre fourni par la pile, l'intensité doit changer. On démontre qu'elle prend la forme
C'est donc comme si Ton avait introduit dans le circuit une force électromotrice c. On dé-
montre que cette force est égale à la dérivée du flux de force magnétique par rapport au temps, et dont le signe dépend du sens de la variation du flux. L'expérience montre qu'il en
Kig. i.H3. — Expérience d'Arago (Duerelcl).
est encore de même lorsque E=:0, c'est-à-dire quand le circuit fermé ne renferme pas de pile.
On déduit de là que : la quantité totale d'éln- Iricitémise en mouvement par Vinduction est égale au quotient de la variation totale du flux par la résistance du circuit.
Induction dans les masses métalliques; courants de Foucault. — Les courants induits peuvent se
Fig. i3i. — Apitarcil tîe Koucaull (Duerelcl).
produire dans une masse métallique comme dans un fll. C'est pour cette raison qu'on fait ordinairement en cuivre les cadrans des galvanomètres : les oscillations de l'aiguille y pro-
DlCTIO.'<INAIRE D'ÉLECTIiICITb:.
duisent des courants induits qui, d'après la loi de Leuz, s'opposent au mouvement et la ramènent plus vite au repos.
On explique de la même manière l'expérience
INDUCTION SOLAIRE. — INDUCTOMÈTRE.
d'Arago qui consiste à faire tourner rapidement un disque de cuivre au-dessous d'un petit aimant mobile dans un plan horizontal (fig. 433) ; une plaque de verre, interposée entre le disque et Taimant, empêche l'influence des courants d'air. Les courants induits qui prennent naissance dans la masse de cuivre s'opposent au déplacement relatif du disque et de l'aimant : le premier étant forcé de tourner, l'aimant se met aussi à tourner dans le même sens. Réciproquement, si Ton fait tourner un aimant en fer à cheval au-dessous d'un disque de cuivre, le disque se met en marche dans le même sens. Dans ces deux expériences, le mouvement ne se produit pas avec un disque formé d'une substance isolante, ou même si l'on a pratiqué dans le disque de cuivre un certain nombre de fentes suivant les rayons ; dans ce dernier cas, le disque est comparable àjun circuit ouvert, et les courants ne peuvent plusjs'y propager.
On explique de la même manière Texpérience bien connue de Foucault (fig. 434). Un disque de cuivre peut tourner entre les deux pôles d'un fort électro-aimant : quand le courant ne passe pas, il suffit d'un faible effort pour mettre le disque en mouvement. Dès qu'on fait passer le courant, le disque s'arrête; si l'on essaye de le remettre en marche, on constate qu'il faut faire un effort beaucoup plus considérable, et qu'il s'échauffe rapidement : le surcroit d'énergie dépensé dans ce cas est donc transformé en une quantité équivalente de chaleur.
M. Violle a pu déterminer par ce procédé l'équivalent mécanique de la chaleur. M. Tyndall a remplacé le disque de Foucault par un disque creux, rempli d'éther : la chaleur développée par la rotation vaporise l'éther, et le bouchon est projeté. C'est à cause de l'expérience précédente qu'on donne souvent le nom de courants de Foucault aux courants d'induction développés dans les masses métalliques.
INDUCTION SOLAIRE. — Explication des variations du magnétisme terrestre par des effets d'induction dus à l'action directe du soleil. Quet a publié divers mémoires à ce sujet. 11 a trouvé, pour les principales forces élémentaires d'induction, une période d'un jour solaire moyen, une inégalité horaire de douze mois, une variation annuelle et une période dont la durée est égale à celle de la rotation apparente du soleil autour de son axe. Il a examiné également l'influence des orages électriques du soleil sur la terre.
INDUCTOMÈTRE. — Appareil imaginé par M. Miot pour l'exploration des champs magnétiques, et fondé sur le même principe que le galvanomètre à mercure. Il est formé d'un tube horizontal plein de mercure (flg. 435), au milieu
Fig. 435. — inductomèlre Miol.
duquel est soudé un tube vertical ; aux deux extrémités plongent deux électrodes fixées dans des bouchons de caoutchouc. Si le tube inférieur est placé normalement aux lignes de force magnétique, dans un champ d'intensité H,
INDUCTOPHONE. — INFLUENCE ÉLECTRIQUE.
et que le mercure soit parcouru par un courant d'intensité i, ce liquide exerce sur les parois une pression proportionneUe à H et à i, et s'élève par suite dans le tube du milieu jusqu'à une hauteur a. On a donc
De là un moyen de déterminer H. La constante k peut être déterminée expérimentalement, ou calculée en écrivant que l'action électrodynamique est équilibrée par le poids du liquide soulevé. L'action électrodynamique est
XHi,
X étant la plus grande longueur de la section ile raccordement des deux tubes. Si s est la section du Cube vertical, et d la densité du meri-ure, le poids est
On a donc *^t par suite
La partie inférieure de Tinstrument, qui constitue l'explorateur, est formée, sur une longueur de 5 à 6 centimètres, par un tube très aplati, de 0,7 à 0,8 millimètre d'épaisseur, qui est relié à l'appareil par des tubes de caoutchouc, de sorte qu'on peut lui donner toutes les inclinaisons, et le placer dans les intervalles les plus réduits, sans changer ]a constante de l'appareil.
Pour augmenter les variations de niveau, le tube du milieu porte une ampoule et le mercure est surmonté d'une couche d'alcool. Un faible déplacement du mercure suffit pour faire monter rapidement l'alcool. Les hauteurs d'alcool sont encore proportionnelles à l'intensité du champ et à celle du courant. Pour soustraire le mercure et le liquide à l'air extérieur, les boules latérales sont surmontées de prolongements qui viennent se réunir à la partie supérieure du tube central.
Le mot inductomètre est encore employé comme synonyme de Sonomètre. (Voy. Balance d'induction.)
INDUCTOPHONE. -- M. Dunand a donné ce nom à un appareil qu'il a imaginé en 1882 pour la transmission de la parole. Sur deux disques de carton parallèles sont collées l'une vis-à-vis de l'autre deux spirales en fil de cuivre fln et
isolé ; ces deux disques sont séparés par un anneau de bois de 1 millimètre d'épaisseur et placés au fond d'une embouchure. On relie la première spirale aux deux pôles d'une pile, la seconde à un récepteur téléphonique : si l'on parle devant l'embouchure, les paroles sont perçues directement dans le téléphone.
INDUIT. — Qui est le siège de courants d'induction.
Induit d'une machine magnéto ou dynamoélectrique. — Partie de la machine dans laquelle prennent naissance les courants induits qu'on se propose d'utiliser.
La disposition de l'induit varie d'une machine à l'autre. Il peut être formé de deux ou de plusieurs bobines. (Voy. Machines d'induction.)
INERTIE ÉLECTRO-MAGNÉTIQUE. - Propriété qui se manifeste dans les métaux parcourus par un courant électrique et qui retarde les transmissions télégraphiques ou téléphoniques. Le coefficient d'inertie est sensiblement nul dans le cuivre, mais il a une valeur notable dans le fer.
INFLUENCE ÉLECTRIQUE. - Tout corps placé dans un champ électrique devient luimême électrisé. On dit qu'il est chargé par influence.
Théorème de Faraday. — Lorsqu'un corps électrisé A est entouré complètement par un conducteur B, il se produit par influence sur la face interne de B une charge égale et de signe contraire à celle du corps A.
Soit en effet m la charge du corps A et m' celle de la surface intérieure de B. Traçons une surface C comprise dans l'épaisseur de B (flg. 436),
Vig. 436. — Théorème de Faraday.
et appliquons-lui le théorème de Gauss (voy. Flux DE force). Le conducteur étant en équilibre, le flux de force qui traverse la surface C est nul ; d'ailleurs, il est égal au produit de 4w par la
INFLUENCE ÉLECTRIQUE
somme algébrique des masses intérieures, qui est égale à m-f-rn'. Donc
ou
An (m + m') = 0 ,
Cette démonstration, que nous empruntons à MM. Bichatet Blondlot, peut se répéter identiquement^quel que soit le nombre des corps tels que Â, renfermés dans le conducteur.
Remarquons de plus que, si le conducteur B est isolé, sa surface extérieure prendra nécessairement une charge -f-m, puisqu'il n'a été mis en contact avec aucun corps électrisé.
Enlin la couche — m prend sur la surface intérieure une distribution qui dépend de la position relative de la masse ou des masses A; au contraire, la couche extérieure se distribue d'une manière indépendante de la position de A, comme le ferait une couche en équilibre d'ellemême. L'action du système sur un point extérieur est la même que si cette couche existait seule.
Si Ton fait communiquer le conducteur B avec le sol, la couche extérieure disparait; mais rien n'est changé pour les autres.
Où vérifie ces résultats à l'aide du cylindre de Faraday (voy. ce mot) qu'on relie avec un électroscope. Si l'on introduit dans ce cylindre une petite sphère électrisée et isolée, dès qu'elle se trouve à une petite distance de l'orifice, ou constate, bien que l'appareil ne soit pas complètement fermé, que la déviation reste invariable quand on déplace la sphère dans tous les sens, et même lorsqu'on lui fait toucher la surface intérieure du cylindre. Ce contact n'a pas d'autre effet que d'annuler les deux charges -{-m et — m qui se trouvaient sur la syjhère et sur la surface intérieure; la charge -j-7/i située sur la face extérieure et sur Télectroscope n'a pas chaugé.
Si l'on retire la sphère sans avoir touché le cylindre, les feuilles d'or retombent, ce qui prouve que les deux surfaces du cylindre avaient des charges égales et de signes contraires.
Si l'on touche le cylindre avec le doigt pendant que la sphère est dans l'intérieur, les feuilles d'or retombent, et la surface extérieure est seule déchargée. Si Ton amène ensuite la sphère au contact, toute trace d'électricité disparaît. Si au contraire on retire la boule, lu couche —m, qui était sur la surface intérieure, passe à l'extérieur, et les feuilles divergent.
Il résulte du théorème de Faraday que, lorsqu'un corps électrisé est placé dans une salle à
parois conductrices, ces parois prennent par infiuence une charge égale et contraire à celle du corps.
Supposons maintenant que, dans Tintérieur du conducteur B (fig. 436), on introduise un corps D en communication avec ce conducteur: il prendra une charge de signe contraire à «"lelle de A, mais plus petite, puisqu'il ne forme qu'une partie de la surface intérieure de R. Si le corps D est isolé, sa charge totale doit rester nulle. Il prend donc une charge de signe contraire à celle de A sur la partie la plus rapprochée de ce corps, une charge égale, mais d»même signe que celle de A, sur la partie la plu> éloignée. Ces deux charges sont séparées par une ligne neutre.
Fig. 437, — liifluonce cleclriquc.
Ce dernier cas se présente lorsqu'on approche d'un corps électrisé un conducteur isolé, \^> deux corps étant dans une salle B. On le vérifie ordinairement à l'aide d'une sphère électrisée B(fig. 437), dont on approche un cylindn' à l'état neutre CD. Si la sphère est positive, r extrémité 1) se charge négativement et l'autre positivement; la ligne neutre est placée vers le milieu, mais plus près du point D, par eiempl<' en A. Ces deux charges sont égales, car, si 1 on décharge ou si l'on éloigne la sphère, le cylindre redevient neutre. Enfin, si l'on place des doubles pendules sur toute la longueur du cylindre, on voit la divergence augmenter depuis la ligne neutre jusqu'aux extrémités, ce qui prouve que la densité va en augnienlanl. Si l'on touche le cylindre avec le doigt en un
INHALATEUR.
point quelconque, il reste chargé négativement. 1 qui est une application de celui de Faraday. Nous citerons encore le théorème suivant, I ThéOTémedeVoÏBBOn, — Des masses électriques
Fig. 438. — Inhalateur du D*" Hugucl (de Vars).
ihmées exercent, à l'extérieur d'une surfate fer- i celle d'une couche de même masse distribuée sur m&. qnekonque qui les entoure, une action égale à \ cette surface suivant une certaine loi.
INHALATEUR.
Influence sur un corps déjà électrisé, — Si le corps soumis à Tinfluence possède déjà une certaine charge électrique, la charge due à Tinfluence se superpose à la première, de sorte que la densité en chaque point est la somme algébrique des deux densités.
Influence sur les corps diélectriques. — Les phénomènes d'influence se produisent de même avec les isolants, mais moins nettement. Sir W. Thomson a montré que ces corps se comportent, dans un champ électrique, comme si chaque molécule prenait à chacune de ses extrémités deux masses égales et contraires, ce qui revient à admettre, les charges intérieures se détruisant de proche en proche, qu'il se forme à la surface deux couches de signes contraires, à peu près comme sur un conducteur, mais
avec des densités moindres. Si Tinfluence dure un temps appréciable, la pénétration de Télectricité altère les résultats.
Applications de Vinfluence, — L'influence joue un rôle dans tous les phénomènes d'électricité statique : elle explique l'attraction des corps légers, la condensation, etc. Lorsqu'on approche un conducteur isolé d'une machine électrique, il se charge d'abord par influence, puis, lorsqu'il a acquis une densité suffisante, une étincelle jaillit.
INHALATEUR. — Cet appareil, exposé par le D' Huguet (de Yars) en 1889, présente une curieuse application de l'électricité. Il sert à introduire directement dans les voies respiratoires de l'air purifié, débarrassé des corpuscules en suspension dans l'atmosphère, et chargé d'ozone
Fig. 439. — Appareil ozoniseiir du D' Hiiguol (de Vars).
et de principes médicamenteux appropriés à TafTection qu'on veut combattre, en même temps qu'il chasse au dehors les produits de l'expiration pulmonaire et les miasmes de la salle.
L'air, pris au dehors, traverse un filtre A (fig. 438), dans lequel une couche de coton, placée sur une toile métallique, arrête les corpuscules en suspension. Il traverse ensuite un li-
quide antiseptique, puis il est aspiré par un ventilateur R\ qui le refoule par le tube G dans la petite cloche D, située au haut de l'appareil, et qui contient l'appareil ozoniseur. De là il va s'accumuler dans la grande cloche G, d'où il est distribué, par les valves H, dans des récipients contenant chacun une subsistance médicamenteuse différente. En ouvrant plusieurs valves^