ISOLATEUR
soutenus par des isolateurs en porcelaine vernissée ; cette substance, moins isolante que certaines autres, Tébonite, par exemple, est celle qui résiste le mieux aux influences atmosphériques; elle se mouille moins uniformément par la pluie et sa surface ne s'altère pas avec le temps; celle de Tébonite, au contraire, devient rugueuse et retient facilement la poussière. Ces appareils ne sont jamais complètement isolants ; il y a donc avantage à diminuer autant que possible le nombre des supports, pour diminuer en même temps les pertes d'électricité. Les fils de bronze silicieux sont avantageux à ce point de vue : ils permettent d'obtenir une
portée de plus de 250 mètres, tandis qu'avec les fils de fer, qui sont plus lourds, on ne peut pas dépasser 80 ou 100 mètres. La diminution du nombre des poteaux produit en outre une certaine économie.
La figure 455 montre les isolateurs les plus employés. Les deux modèles de cloches simples, ainsi que la cloche double, représentée en coupe et en perspective, servent à soutenir les fils. Le premier ne peut se fixer que sur un poteau ; le second, qui est scellé au plâtre sur une tige de fer galvanisé, peut aussi bien s'implanter dans «n mur; la cloche double est vissée sur une tige qui se visse elle-même dans le bois; elle donne un meilleur isolement, puisqu'elle interpose entre le fil et son appui une surface de porcelaine plus considérable. Les anneaux ouvert et fermé se placent dans les angles. La poulie, d'ailleurs peu employée, se Cixe le long d'un mur; elle peut supporter une assez
Fig. 456. — Isolateurs aUemands.
forte traction, mais n'isole pas très bien. Enfin la double cloche est employée lorsqu'on veut faire entrer le fil dans un poste intermédiaire. On voit qu'un certain nombre de ces modèles se fixent par des vis à tôte carrée qu'on enfonce au moyen d'une sorte de clef à écrous qu'on appelle clef à vis télé carrée.
Dans l'intérieur des postes, l'Administration des télégraphes emploie des cloches simples analogues au second modèle, mais plus petites.
La forme des isolateurs, leur substance et le mode d'attache des fils peuvent varier d'un pays à l'autre. On les fait parfois en verre. La figure 456 montre des isolateurs allemands. La console de l'un est formée de deux pièces distinctes ; l'autre ressemble beaucoup à la double cloche de la figure précédente. Le fil est placé dans une rainure pratiquée au sommet du support et assujetti par une clavette ou maintenu par du fil à ligatures, comme le montre le troisième dessin.
Isolateurs pour la télégraphie militaire. — En France, la télégraphie militaire fait usage le plus souvent de câbles isolés; néanmoins elle se sert d'isolateurs en ébonite (fig. 457), qui onl
Fig. 457. — Isolateur en ébonile.
dans tous les cas l'avantage de fixer le câble plus vite et plus solidement; ils portent une rainure courbe qui l'empêche de glisser. Ces isolateurs se placent sur trois espèces de consoles; des consoles droites, qui s'emploient pour les perches, des consoles en U pour les pièces de bois, et des consoles à angle droit pour les murs.