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TÉLÉGRAPHIER. — TÉLÉPHONE

T£Ii£6RAPHI£R. — Transmettre par télégraphe.

TÉLÉGRAPHIQUE. — Qui a rapport à la télégraphie. Se dit aussi d'une dépèche expédiée par télégraphe.

TÉLÉGRAPHISTE. — Employé chargé de la manœuvre d'un télégraphe.

TÉLÉKAL. — Appareil imafriné parle colonel W. Jacobi, et composé d'un manipulateur du genre Morse et d'un téléphone récepteur. En appuyant plus ou moins longtemps sur le manipulateur, on lance dans le téléphone des bruits courts et longs analogues aux signaux Morse; on produit de la même manière des coups de sonnerie pour appeler et pour indiquer la fin de la correspondance. Un seu4 (11 de ligne suffit, et l'appareil fonctionne à des distances considérables.

TÉLÉHARÉOGRAPHE. — Appareil indiquant à distance les mouvements de la marée.

Le télémaréographe de M. Gimé a pour récepteur un solénolde, qui attire un noyau de fer doux suspendu au fléau d'une balance. L'autre bras du fléau porte un style qui inscrit les variations de niveau sur un cylindre tournant vertical. Le solénoïde est relié d'une part à la terre, de l'autre, parle fil de ligne, avec un rhéostat placé au poste de transmission et isolé par son autre extrémité. Une pile est dans le circuit. Au rhéostat est joint une sorte de baromètre à mercure dont la cuvette a son niveau à la hauteur des plus basses marées. Dans la partie supérieure du tube sont soudés, le long d'une génératrice, de millimètre en millimètre, (les fils de platine reliés aux différentes divisions du rhéostat. Quand la mer monte, le mercure s'élève dans le tube et baigne un nombre de plus en plus grand de fils de platine, mettant en court circuit un certain nombre de divisions du rhéostat. L'intensité augmente, le noyau de fer doux est attiré plus fortement, et le style s'élèves ur le tambour. (Voy.FLUvioGRAPHB, Enregistreur, Lndicateur.)

TÉLÉHÉTÉOROGRAPHE. — Appareil enregistrant à distance les observations météorologiques. (Voy. Météorographe et Enregistreur.) TÉLÉMÈTRE. — Appareil indiquant la distance de deux points inaccessibles, à l'aide d'un levé à la planchette fait avec deux postes d'observation dont la distance est connue. L'électricité ne sert qu'à assurer le mouvement des alidades. M. Le Goarant de Tromelin et MM. Siemens et Halske ont inventé des télémètres.

TÉLÉHIGROPHONE. — M. Mercadier a donné

ce nom à un appareil qui réunit les effets du microphone et du téléphone, et qui est réversible. Il a fait construire en 1885 deux modèles, qui donnent de bons résultats.

Dans l'un les organes téléphonique et microphonique sont superposés, dans l'autre ils sont combinés.

M. de Baiilehache a donné le même nom à un appareil de téléphonie domestique. (Voy. Microphone.)

TÉLÉPHONE. — Appareil transmettant la parole à distance. Un grand nombre de travaux ont été faits pour arriver à cette transmission. En 1837, Henry et Page découvrirent qu'une tige magnétique soumise à un courant intermittent rend un son en rapport avec le nombre des intermittences du courant. Nous citerons encore les travaux de MM. Froment et Pétrina en 1847 et 1852, de MM. Macaulay, Wagner, Neef, de M. Bourseul (1854), l'invention du phonautôgraphe par Scott (1855). Enfin, en 1860, M. Reis imagina un appareil qui permet de transmettre à distance les sons musicaux.

Mais le premier téléphone qui ait permis de transmettre la parole a été inventé par M. Graham Bell en 1876; il a été introduit en Europe en novembre 1877. Le téléphone de Bell est réversible, le même instrument pouvant servir successivement de transmetteur et de récepteur.

Il est formé d'un aimant droit (flg. 966) entouré à l'une de ses extrémités d'une bobine de fil de cuivre isolé. Devant ce pôle est disposée une plaque de tôle, fixée par son pourtour au fond d'une embouchure devant laquelle on parle. Une vis sert à régler l'instrument, en approchant ou éloignant l'aimant de la membrane. Les deux bouts de la bobine sont reliés par les fils de ligne avec ceux d'un autre appareil identique.

On a expliqué de la manière suivante le fonctionnement du téléphone : les vibrations sonores se transmettent à la plaque de tôle, qui vibre à son tour et produit par ses déplacements des variations dans l'état magnétique du barreau. Ces changements d'intensité font naître dans la bobine des courants induits dont l'ordre de succession, l'intensité et la durée sont en relation intime avec les sons produits devant l'embouchure. Ces courants d'induction se propagent j usqu'à la bobine du récepteur et produisent dans l'aimant de celui-ci des variations d'intensité magnétique, et par suite dans la plaque de tôle des vibrations exactement semblables à celles du son émis. Il en résulte que la voix fst

su

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reproduite avec son timbre et sa hauteur; mais Tintensité est considérablement diminuée. U est

évident qu'on peut rempUc'f ligne par la terre.

Fig. 966. — Téléphone BeU.

L'explication qui précède est au moins insuffisante. De nombreuses expériences ont montré

Fig. 967. — Téléphone Journaux.

que la plaque de tôle n'a qu'un rôle secondaire et ne sert qu'à renforcer le son, car on peut transmettre encore la parole en la supprimant.

La transmission du son serait :

à des vibrations déterminées •^• récepteur par les variation* àr tique.

Le téléphone Bell a re<'u d^ d diCcations destinées à augnita*' sons transmis.

Téléphone montre. — On d "i téléphone une forme ronde et aprend alors la forme d'une «f :r

Rg. 968. — Kéceptecr P^'^

central est muni d*un nojau ^' lequel s'enroule la bobine. La bl'embouchure sont placé« s^

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yurnauœ. — Ce modèle présente it en spirale A, dont le pôle cen- 'é par la bobine B (fig. 967), que les deux griffes G ; V est une vis îFvant à régler le téléphone; T est se de façon à. éviter la fatigue du ut est renfermé dans une cuvette bonite ou en métal nickelé, der-

est fixé un manche ou un gros it à saisir Tappareil. Dans ce der- Léphone est très léger, couvre bien ut tenir facilement dans le creux g. 626 et 627).

helps. — M. Phelps a construit un logue (fig. 968), fréquemment emlérique comme récepteur avec le

à. charbon d'Edison. L'aimant a n anneau circulaire ; sur Tun des se un petit noyau de fer doux G, la bobine B. La plaque vibrante F hure en ébonite E complètent le partie extérieure de Taimant sert

Téléphone Mildé. — Afin d'éviter le déré, I résultant souvent de la dilatation ou • i

Fig. 9«9. — Téléphone MUdé.

déformation de l'enveloppe de bois, M. î monte ses téléphones dans une cuvette en m •

Fig. 970. — Téléphone Maiclie.

vibrante est soudée à l'extrémité de Btte; Taimant, qui est droit comme ;éléphone Bell, se visse sur la face

opposée, de sorte que la bobine soit dans l'i rieur de la cuvette. L'appareil ainsi consi est réglé, puis introduit dans Tenveloppi

bois, dont la dilatation n'a plus aucun efîet. Dans un autre modèle, Taimant est en hélice, et la bobine entoure le pôle central ; le manche

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est placé latéralement :>:

métallique.

Téléphone Maicfu. - La

Fig. 971. — Téléphone Go^er.

dans une cuvette en cuivre fondu et nickelé, sur laquelle l'aimant est assujetti par une partie filetée qui permet un bon réglage et élimine

l'effet des déformations du l reil donne les meilieurspr- Téléphone Siemens. - '>

Fig. 97i. — Téléphone Fein.

usage presque universelen Allemagne, est formé d'un aimant en U, dont les deux pôles portent des bobines voisines de la membrane. Pour

appeler, on souffle dan> on^ adapté au pavillon et le ^'^^^ distance du récepteur. U^ ^

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pas supérieurs à ceux du téléphone de Bell. Téléphone Gower, — Ici encore, on cherche à augmenter l'intensité du son en rapprochant les deux pôles de Taimant de la plaque de fer doux, afin de lui communiquer des vibration» plus énergiques. L'aimant 0 (flg. 971) a la forme d'un demi-cercle, dont les pôles nord et sud sont recourbés suivant le diamètre qui le termine, et portent à leurs extrémités deux bo-

bines de fîl. Ces pôles viennent aboutir près de la plaque vibrante, qui forme Tune des bases d'une botte circulaire renfermant Taimant et les bobines. LVmbouchure est placée au bout d'un tuyau flexible. L'appareil porte en outre une disposition qui sert de si^mal d'appel et dispense d'avoir recours à une sonnerie. En soufflant dans le tube, on fait vibrer une anche métallique A, placée près du diaphragme : le

Fig. 973. — Téléphone Ader.

mouvement oscillatoire se transmet à celui-ci, qui vibre assez énergiquement pour produire dans le récepteur un son très intense.

Téléphone Pein. — M. Fein, constructeur à Stuttgart, a imaginé un téléphone ingénieux. L'aimant M en fer à chevil (fig. 972) peut servir de support. AA sont des noyaux formés de lames ou de fils de fer isolés, ce qui augmente les etîets d'induction produits par les vibrations de la plaque m. Ces noyaux sont entourés par des bobines semi-circulaires. L'embouchure

D est ordinairement en ébonite, la boite H en bois ou en métal.

Le réglage se fait par un levier en cuivre 0, dont une extrémité est maintenue i)ar la vis S, l'autre ajustée et mobile entre deux vis; on rapproche ou on éloigne les noyaux du diaphragme avec un tourne-vis. Les conducteurs s'attachent en P et P'. L'appel se fait au moyen d'un petit tuyau à anche qui se fixe dans l'embouchure.

Téléphone Ader. — Cet appareil, adopté par

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rAdministration française des Téléphones, diffère des appareils qui précèdent par l'addition d'un anneau de fer doux AA placé en avant de la membrane vibrante (tig. 973). L'aimant a la forme d'un cercle et sert de poignée : les deux pôles sont entourés par les bobines BB. L'anneau AA s'aimante par influence et change la distribution des lignes de force. La plaque se trouve alors placée dans un champ beaucoup plus intense. Cet appareil donne une prononciation très nette et très distincte.

Le téléphone Ader t^[ i quemment en Belgique.

Téléphone tfArsonra/. - ..

l'aimant, placé au centre'^ porte la bobine B (fig.'îTt anneau T de fer dom, q.

ment cette bobine, laqûelentière placée dans on tLii L'aimant sert de poignê^^ i:

plement serrée entre laL.; représenté à part en N.

Cet appareil possède une .

une telle intensité qu'en Im i < 1 1 1 peut facilement entend:^ Téléphone CoUon. — V

TAIHE.

Téléphone Ochorovcki. — L dun cylindre creux, fendu ratrice, et portant deuïnrv.:

Fig. 974. — Téléphone d'Arsonval.

Fig. 975.-TêJfpba«'*

rallèles, de 3 ou 4 millimètres de diamètre, qui servent de pôles et reçoivent les bobines (fig. 975). Ces bobines sont renfermées dans une sorte de boite plate dont les deux faces sont formées par des plaques de tôle, l'une placée en face des noyaux, à la manière ordinaire, l'autre située en arrière des noyaux et vissée sur l'aimant par son milieu. Cettfe dernière est percée de deux trous qui laissent passer librement les noyaux.

Cet appareil se distingue par l'emploi de deux plaques vibrantes soumises à l'influence du même aimant, et par le mode d'attache de la boite téléphonique, qui peut vibrer tout en-

tière, étant fixée seulement piseconde plaque de tôle.

Le transmetteur se fait un ,•• que le récepteur. Le son tn^ entendu dans une salle entière

Hammer- téléphone. — 51. ^^ donné le nom de Hamm^-^-i phone à marteau à un instnini ' Un aimant en fer à cheval CC iun support de bois AA, por((*^' petits noyaux de fer doux 1 5^' roulent des bobines DD. Der^'' trouve une armature nyi^ **^ '' au levier fg, qui oscille auto3^'

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posé sur un petit pilier pp en laiton ou en toute autre matière. Le levier fg porte à Textrémité g un marteau H, d'une substance quelconque, fixé au bout d'une vis régulatrice V.

Au repos, le marteau H s'appuie sur une pièce MM, épaUsCy rigidey inflexibley en matière quelconque, placée au fond de Tembouchure PP, qui est fixée au bâti par les trois colonnes

Fig. 976. — Flao et coupe du Hammer-telephone.

RR. La caisse sonore peut être supprimée, ce qui évite les échos et résonances. La position

du levier armature est déterminée à chaque instant par l'attraction magnétique de l'aimant et par la réaction de l'obstacle iïxe. L'inventeur a donné dans la Revue universelle des Mines (1 884) la théorie complète de cet ingénieux appareil.

Nous donnerons à l'article Téléphonie la description d'un certain nombre d'appareils destinés à des usages spéciaux.

Téléphones à charbon. — On donne encore

Fig. 977. — . Transmetteur Edison et sa bobine d'induction.

ordinairement le nom de téléphone à des appareils dont le premier a été imaginé par Edison,

et qui reposent sur le même principe que le microphone, inventé postérieurement par BelL

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Comme le microphone, ces appareils servent seulement de transmetteurs, et nécessitent l'emploi d'une pile. Ils sont fondés sur les variations de résistance produites par les changements de pression.

Le téléphone d'Edison, breveté en 1877, se compose d'une boite en fonte communiquant avec Tundes pôles d'une pile (fig. 977) ; dans le fond de cette boite s'engage une vis métallique, dont la tête très large supporte une pastille de charbon, maintenue par un anneau isolant et recouverte dune rondelle de platine. Cetle rondelle est surmontée d'un bouton d'ivoire hémisphérique, sur lequel s'appuie la membrane vibrante. La rondelle de platine est reliée à Tautre pôle de la pile en passant par le fil primaire AB d'une bobine d'induction. Lorsqu'on parle devant l'embouchure, les vibrations de la membrane appuient plus ou moins fortement la rondelle de platine contre la pastille de charbon; il en résulte des changements de résistance qui font varier l'intensité du courant.

Ces variations détcrmiB^i daire a6, relié par la \mt i.

leur, des courants indoi- :.

membrane de cet apparek.

En Amérique, le trâLj-employé avec le réceplei- i haut. La n<<are 978 momi^:postes Edison CC entiv central C, au moment oi i-.

engagée. Au repos,châqB-: :

sur la ligne, et le circuit àt^i il est donc prêt à recefoir i:

appeler, il appuie sor an b > courant de la pile sarlalirp -

Fig. 978. — Inslallatiou des tt^lépiionea Edison.

central en faisant tomber le volet du signal A' par exemple. En prenant le téléphone à la main, on établit automatiquement les communications indiquées sur la figure. Lorsqu'on parle dans le transmetteur P', les courants induits qui prennent naissance dans la bobine F traversent la ligne, le signal A', qu'ils sont trop faibles pour influencer et, si l'on place une cheville en 1, arrivent au récepteur T du poste central; si l'on met la cheville en 2, le poste central communique avec le poste de droite ; si on la met en 3, les deux abonnés communiquent directement. Enfin, en ajoutant une cheville en 1 ou 2, le poste central participe à la communication. Quand la conversation est terminée, l'un des abonnés envoie le courant de

sa pile, qui agit sur leàdtiiï prévient le poste central.

Transmetteur Berliner, - ^^-r!

termédiaire entre les télèphi^ les microphones. Une pa^î^'' enclume est vissée au ceo^ ' brante et reliée à l'un des p"> petit cylindre de grapbil^ ^"^ librement par une charnier'^' vient s'appuyer sur Tencluni?. ^ avec l'autre pôle et avec la ^ ■

Transmetteur Blake» - ^^' deux pièces en contact kb^.

ressorts mobiles, etaucane(if| la membrane, ce qui soustnactions physiques eiténVû^*^^

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sort ce porte une pointe de platine (ûg. 979), qui se trouve pressée entre la membrane et une pastille de charbon A, fixée dans un petit disque de cuivre g, porté par le ressort d'acier d. Les deux ressorts c et (i, isolés Tun de l'autre, sont fixés à un levier en fonte F, sur la partie inférieure duquel appuie la vis G, destinée au ré- «jlage. Le courant primaire traverse le ressort rf, la pastille h, la pointe c et la bobine d'induction I.

Le transmetteur Blake est très employé en Amérique et en Belgique, associé avec le récepteur Bell et une sonnerie magnétique. Le tout est fixé sur un même plancher, avec une boite qui contient la pile et qui sert de pupitre pour écrire.

PantéU)f)kone de Locht-Labye, — Dans cet appa-

reil, une plaque de liège rectangulaire, suspendue verticalement par deux petits ressorts, porte encastré vers la partie inférieure un disque de charbon qui se trouve en contact avec une arête en platine fixée à l'extrémité d'une petite tige métallique. On règle la pression du charbon sur l'arête de platine, en poussant plus ou moins la tige par l'articulation à genouillère qui la termine à la partie inférieure. On fait en sorte que le contact se produise sur toute la longueur de l'arête de platine. La membrane est constituée par une pièce de drap tendue sur un cadre, qui ferme l'appareil, en avant de la tige métallique qui porte l'arête.

Applications du téléphone. — L'installation des communications téléphoniques et leur emploi dans divers cas particuliers seront décrits

Fig. 980. — Transmetteurs microphoniques plac^ sur la scène de l'Opéra.

à l'article suivant. Nous signalerons rapidement ici les autres applications, très nombreuses d'ailleurs, que présente le téléphone.

Citons en première ligne les auditions téléphoniques. Le système Ader a été employé dès l'Exposition de 1881 pour l'audition des représentations théâtrales de l'Opéra, de TOpéra- Comique et du Théâtre-Français. Douze microphones Ader, semblables à ceux qu'on emploie pour les communications ordinaires, étaient disposés au bord de la scène, de chaque côté du trou du souffleur {fig. 980), et reliés par des lils souterrains avec les récepteurs placés au Palais de l'Industrie, dans une salle aménagée de manière à amortir les bruits extérieurs. On entendait parfaitement les chants et même les divers bruits de la salle. Des expériences analoj^ues ont été répétées bien souvent à Berlin, à Bordeaux et à Oldham, près de Manchester,

en 1881, à Gharleroi en 1884. La même année, le chalet royal d'Ostende, puis le château de Laëken, furent reliés par un téléphone au théâtre de la Monnaie de Bruxelles. *

A Monsfield, Brooklyn, Hartford, et dans plusieurs autres villes d'Amérique, le téléphone permet à un grand nombre d'abonnés de suivre l'office religieux sans quitter leur domicile.

En mars 1880, une partie d'échecs eut lieu entre les cercles d'échecs des villes de Brighton et de Clichester, au moyen du téléphone. La même expérience a été répétée plusieurs fois depuis cette époque.

A l'hôpital de Birmingham, les amis ou parents des malades leur parlent par téléphone, pour éviter les risques d'infection.

A Scranton (Pensylvanie), le bureau central téléphonique est muni d'un fort sifflet à vapeur, que l'on peut entendre à une distance de

TÉLÉPHONIE

B milles, et que tout abonné peut mettre en marche dès qu'il aperçoit un incendie.

En Californie, une station téléphonique a été installée à la cime de la montagne Rouge pour signaler les incendies qui peuvent éclater dans les neige-abris ; les guetteurs, dès qu'ils aperçoivent un incendie, Tannoncent à Cisco par téléphone.

• Le téléphone présente encore de nombreuses applications dans les laboratoires : il constitue le plus sensible des galvanoscopes, lorsque le courant subit des interruptions régulières; aussi peut-il être employé utilement dans les méthodes de mesure par réduction au zéro. Associé avec le microphone, il a reçu de nombreuses applications médicales. (Voy. Balance

D'iNDOCTION , ËLECTRO-ACOOMÈTRE , MyOPHONE,

Sphygmophone, Explorateur, etc.)

Nous signalerons seulement une disposition originale qui utilise pour la recherche des projectiles les courants fournis par le malade luimême. Deux conducteurs sont fixés au téléphone ; Tun se termine par un cylindre creux d'acier qu'on place dans la bouche du blessé ,* l'autre aboutit à une sonde, qu'on introduit dans la plaie. Lorsqu'on touche un corps. métallique, on entend dans l'appareil un crépitement caractéristique.

TÉLÉPHONIE. — Action de transmettre la parole à distance au moyen du téléphone.

Les téléphones magnétiques ne conviennent guère qu'aux petites distances, et leur usage se borne à peu près à la téléphonie domestique. Pour les grandes dislances, on les emploie seulement comme récepteurs, le transmetteur étant un microphone.

Téléphonie domestique. — Les téléphones magnétiques décrits à l'article précédent conviennent parfaitement à cette application.

Postes téléphoniques domestiques. — Â chaque extrémité de la ligne, on réunit généralement ensemble les appareils destinés à la réception et à la transmission, la sonnerie et le bouton d'appel ; le plus souvent, on dispose toutes ces pièces sur un même support, qui porte aussi des bornes pour rattacher les fils : c'est là ce qu'on appelle un poste.

Les téléphones magnétiques ne conviennent que pour de très petites distances : ils ont l'avantage de fonctionner sans pile, mais il en faut une pour actionner la sonnerie d'appel, à moins cependant qu'on ne fasse usage de sonneries magnéto-électriques : dans ce cas, l'installation tout entière n'exigera aucune pile. Remarquons cependant que, les sonneries élec-

triques étant aujourd'hui extrêmement répandues, il n'est presque personne qui ne possède une pile de quelques éléments Leclanché pouvant actionner en même temps la sonnerie d'une installation téléphonique.

Même dans le cas très simple où Ton peats«^ contenter de téléphones magnétiques, il existe une foule de manières de disposer les postes et les lignes qui doivent les réunir. Quelquefois, par exemple lorsque l'un des postes doit servir seulement à des domestiques ou à des personnes inexpérimentées, il vaut mieux ne pas employer de commutateur, et mettre un plus grand nombre de fils pour établir les communications : quatre suffisent toujours, ou même trois en remplaçant le fil de retour par la terre. Dans la plupart des cas, on peut diminuer le nombre des fils en les employant successivement à transmettre le signal de la sonnerie et à réunir les deux appareils téléphoniques : il suffit de faire usage d'un commutateur. Lorsqu'on a entendu lappel de la sonnerie et qu'on lui a répondu, il faut disposer le commutateur de manière à introduire les téléphones dans ie circuit et à en faire sortir les piles et les sonneries ; puis, la conversation terminée, on remet les commutateurs sur les sonneries. Cette manœuvre s'efl'ectue aujourd'hui automatiquement, de sorte qu'un oubli ou une négligence d'un des interlocuteurs ne peut empêcher le fonctionnement des appareils. Dans ce but, les téléphones se suspendent généralement à de< crochets ou se posent sur des lyres, qui servent de commutateurs. Quand ils sont au repos, leur poids fait incliner les crochets, qui se trouvent disposés sur sonnerie : quand on les prend à la main, les crochets se redressent et mettent les téléphones en communication. Il existe même des systèmes où les crochets sont supprimés, ce qui évite la peine de suspendre les téléphones quand la conversation est finie. Il suffit de prendre les appareils à la main ou de les laisser pendre au bout du conducteur pour les introduire dans le circuit ou les en retirer.

La figure 981 représente deux modèles un peu différents de postes téléphoniques, destinés tous deux aux usages domestiques, et appartenant au système Ader. Dans le premier, un boîtier, qu'on peut fixer au mur, porte au centre un bouton d'appel de sonnerie ordinaire, six bornes d'attache pour les fils de pile, de sonnerie et de ligne, et un double crochet formant commutateur. On suspend à ce crochet, lorsque l'appareil est au repos, un téléphone double, formé

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d'un récepteur el d'un transmetteur magnétiques réunis par une poignée métallique. Un cdble souple relie les téléphones au boîtier : U contient les conducteurs nécessaires pour établir les communications avec la ligne. Le second modèle diffère du premier en ce que le boîtier renferme un trembleur faisant office

de sonnerie : il n'est donc plus besoin que de quatre bornes d'attache. Le téléphone qu'on voit suspendu au crochet commutateur est également du système Ader, mais à manche droit : les deux téléphones de cette figure peuvent être remplacés du reste par celui que nous avons décrit plus haut (fig. 973).

Fig. 981. — Postes téléphoniques domestiques, syslèroe Ader.

installation île deux postes téléphoniques domestiques. — Les postes téléphoniques, que Ton se serve de ceux que nous avons décrits ou d'autres modèles, peuvent être installés de bien des manières, suivant le mode de communication qu'on veut établir et la longueur que doit parcourir la ligne.

Le cas le plus simple est évidemment celui Dictionnaire d'électricité.

de deux postes pouvant s'appeler l'un l'autre, de manière à permettre aux deux interlocuteurs de converser ensemble. C'est celui qui se présente lorsqu'on veut établir une communication téléphonique entre deux pièces d'un appartement ou d'une maison de campagne, entre deux bureaux ou deux services quelconques. Dans ce cas, la communication peut être établie

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à l'aide de deux fils, mais à condition de faire usage d'une pile à chaque poste. C'est ce que représente la figure 982, sur laquelle on voit deux postes, Tun ayant un téléphone double et Tautre un téléphone simple à anneau, tous deux du système Âder. Les bornes de chaque boîtier sont numérotées de droite à gauche. Les deux premières de chaque poste communiquent avec les pôles de la pile correspondante, les deux suivantes avec les deux fils de ligne et les deux dernières avec la sonnerie du même poste. Quand les téléphones sont suspendus aux crochets, les sonneries communiquent avec les fiis de ligne, et il suffit de presser sur Tun des boutons pour fermer le circuit et appeler l'autre

poste : quand on les prend à la main, ils se trouvent reliés à la ligne, grâce au mouvement de bascule des crochets. Il est bon d'avoir à chaque poste deux téléphones installés sur la même ligne; chaque personne ayant un téléphone à l'oreille et l'autre à la bouche peut causer et écouter en même temps comme dans une conversation directe ; s'il s'agit seulement d'écouter, on met simultanément les deux appareils aux deux oreilles, ce qui est plus avantageux.

La disposition précédente peut être réalisée à l'aide d'une seule pile, placée à l'un quelconque des deux postes, mais il faut alors ajouter un troisième fil de ligne. On adoptera donc lune ou

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