SONNETTE ÉLECTRIQUE. — STATION CENTRALE
marteau, qui vient frapper le timbre placé audessus de la boîte. Quand on interrompt le courant, le marteau retombe par son poids ; la petite branche du levier coudé soulève Tarmature et la ramène à sa position de repos. Il nV a donc pas besoin de ressort antagoniste ; par suite l'appareil est indéréglable, et Ton évite rinconvénient résultant de la résistance croissante opposée par le ressort & l'attraction de Tarmature.
La figure 1114 montre deux modèles de cette sonnerie. Le premier, destiné aux appartements, est monté sur bois et porte un timbre en acier de 15 centimètres. Le second est plus grand et sert pour les hôtels, usines, châteaux, maisons de campagne, etc. Le mécanisme est monté sur métal et muni d'un abri en fonte. Le timbre, en acier bleui ou nickelé ou en bronze, a d'ordinaire un diamètre de 2o à 30 centimètres ; 5 ou 6 éléments au bioxyde de manganèse suffisent pour actionner un modèle du même genre, muni d'un timbre de 50 centimètres, qui s'entend à une très grande distance.
Le premier modèle de la figure précédente convient très bien pour la répétition électrique des heures à distance.
Bouton d'appel lumineux. — Le même constructeur a modifié le bouton d'appel ordinaire de manière à rendre lumineuse une inscription placée sur sa surface, au moment où l'on va sonner. Lorsqu'on est dans l'obscurité ou lorsque les boutons d'appel sont placés dans un endroit sombre, cette disposition permet d'éviter les erreurs. Du reste, un commutateur placé sur le circuit permet de l'utiliser seulement lorsque c'est nécessaire, pour ne pas user la lampe et les piles inutilement.
L'inscription est tracée sur papier transparent et placée derrière deux ouvertures pratiquées dans le couvercle du bouton. A l'intérieur sont placées trois paillettes, au lieu de deux que renferment les appareils ordinaires. En appuyant sur le bouton, on presse d'abord la première paillette sur la seconde, ce qui ferme le circuit d'une petite lampe ci incandescence placée dans l'intérieur et qui éclaire l'inscription. Si l'on continue à appuyer, la seconde paillette rencontre la troisième et ferme le circuit de la sonnerie.
La lampe peut être alimentée par les mêmes piles que la sonnerie, si l'on emploie des éléments à grande surface.
SONNETTE ÉLECTRIQUE. — Nous ne vou- Ions pas parler ici des sonnettes d'appartement
décrites au mot Sonnerie, mais d'une application de l'électricité à l'appareil bien connu qui sert à enfoncer les pieux dans le sol.
On sait que l'appareil ordinairement employé à cet usage se compose essentiellement d'un treuil à bras et d'un mouton en fonte pesant 500 à 600 kilogrammes. Quatre hommes élèvent péniblement la masse de métal, qui. arrivée au sommet de sa course, se détache automatiquement de la corde du treuil et vient tomber sur la tête du pieu, avec un bruit qai fait trembler tous les alentours, d'où le nom de sonnette.
MM. Darblay, fabricants de papiers à Essonne, dont l'usine repose sur un emplacement dans lequel on ne trouve un terrain solide qu'à 10 ou 12 mètres de profondeur, ayant eu souvent besoin de pilotis, ont songé à substituer l'électricité au travail musculaire pour la manœuvre du treuil, afin de rendre la besogne moins pénible et moins coûteuse. Ils emploient pour cela une des dynamos qui servent le soir à l'éclairage et qui sont ordinairement sans emploi pendant le jour. Un fil de quelques millimètres de diamètre conduit le courant à la dynamo réceptrice, qui est appliquée au pignon de commande du treuil.
Grâce à l'emploi de l'électricité, l'ouvrage se fait beaucoup plus vite, avec moins de dépense et moins de fatigue pour les hommes.
STATION CENTRALE. — Nous ajouterons aux descriptions données plus haut quelques détails sur des stations récemment établies ou actuellement en voie d'installation.
Station de Deptford. — La London Elecinc Supply Corporation installe actuellement à Deptford une usine extrêmement importante, qui doit faire usage de courants d'une force électromotrice considérable. Deux dynamos de 1500 chevaux sont déjà installées : une seule est en service et fonctionne depuis novembre 1889. A ces deux machines doivent s'en ajouter deux autres, de 10000 chevaux, qui sont actuellement en construction à la station même. Ces deux dynamos nécessiteront une installation gigantesque, notamment un arbre de couche pesant 27 tonnes et un volant de 12,60 mètres.
Cette usine concourt actuellement avec celle de Grosvenor-Gallery à l'éclairage du West-End de Londres, dont elle sera seule chaînée après son achèvement ; la station de Grosvenor-Gallery devant être abandonnée à l'automne prochain, les deux dynamos de 2400 volts qui s'j trouvent seront alors ramenées à Deptford et utilisées comme réserve.
STATION CENTRALE
L'éclairage du West-End comprend 38000 lampes, dont 33000 étaient primitivement alimentées par Tusine de Grosvenor-Gallery, et dont le service se partage maintenant entre cette usine et celle de Deptford. De cinq heures du matin jusque vers la tombée de la nuit, la station de Grosvenor est seule employée à desservir ce réseau; à partir de ce moment jusqu'à minuit, les deux usines marchent simultanément ; enfin, de minuit à cinq heures du matin, la station de Deptford fonctionne seule; elle prolonge même souvent son service jusqu'à une ou deux heures de Taprèsmidi, l'autre servant seulement de secours.
Le point intéressant de cette installation, c'est l'emploi qui doit être fail, lorsqu'elle sera terminée, de différences de potentiel de 10000 volts. La difficulté consistait dans ce cas à trouver des câbles capables de transporter sans accident un courant de haute tension. Ces cables, que nous décrirons plus loin, seront construits sous la direction de M. Ferranti.
En attendant l'achèvement de la station, on emploie entre Deptford et Gharing-Cross des câbles provisoires, provenant d'une fabrication spéciale, et qu'on supposait capables de transmettre temporairement le courant de 10000 volts. Des essais préliminaires ont montré que cette condition n'était pas remplie ; on a dû par suite réduire de moitié la différence de potentiel, et l'on s'est arrêté actuellement à un système ingénieux, grâce auquel la tension totale du courant transmis par les câbles est de 5000 volts, quoique la différence de potentiel entre le câble et la terre soit maintenue à 2400 volts.
Les câbles Ferranti, qui doivent faire partie de Finstallation déPmitive, sont construits dans une usine spéciale établie à Deptford et qui fabrique environ deux milles (3,2 kilom.) de câble par semaine. Us sont constitués par un petit tube en cuivre fort entouré d'une couche isolante et introduit dans un second tube de cuivre mince, recouvert d'une seconde envelope isolante. Le tout est protégé par une gaine d'acier.
Ces câbles sont fabriqués par longueurs de six mètres. Le tube central de cuivre, qui a 1,56 cms de section, est coupé à la scie circulaire sur cette longueur. Chaque fragment de tube est ensuite porté sur la machine à couvrir, où il reçoit un mouvement de rotation assez lent, qui permet de le recouvrir successivement de six ou sept feuilles d'un papier isolant spécial.
Ce papier est préparé par une autre machine.
Il passe d'abord sur des plaques de fonte fortement chaufTées, où il perd toute trace d'humidité, puis il est plongé dans un bain de cire fondue où il s'imprègne de cette substance. Il est ensuite séché et coupé, puis appliqué sur le tube de cuivre.
Le tout est introduit ensuite dans le second tube de cuivre, qui a même section que le premier, mais qui est plus mince, son diamètre étant plus grand, et passé ensuite à la filière pour obtenir l'adhérence nécessaire. On recouvre ensuite d'une seconde couche de papier ciré, avec les mêmes précautions, et l'on insère le câble dans la gaine d'acier, qui est percée d'un petit trou par lequel on refoule de la cire chaude ou du bitume, qui chasse l'air et produit sur toute la longueur un excellent contact entre le second enduit isolant et l'étui d'acier.
Les fragments de câbles de 6 mètres doivent être ensuite réunis en un conducteur continu par des joints d'une solidité parfaite. Les extrémités de ces fragments sont disposées de ma* nière à faciliter le raccord. L'une de ces extrémités a la forme d'un cône saillant de 15 centimètres de longueur, obtenu sur un tour spécial; l'autre présente un cône creux ayant exactement les mêmes dimensions que le premier.
Le premier bout porte en outre une tige de cuivre bien dressée, de 45 centimètres de longueur, enfoncée à frottement dur dans le tube central, qui est lui-même alésé avec soin, pour établir un bon contact. Cette tige dépasse l'extrémité du cône. Enfin la même extrémité porte un manchon de cuivre mince, appliqué sur la seconde couche isolante, qui est mise à nu sur une certaine longueur. Ce manchon est fixé sur l'enduit isolant par une sorte d'estampage qui produit trois rainures circulaires, de manière à assurer un bon contact.
Pour faire un joint, on introduit le bout pointu d'un fragment de câble dans le bout creux de la dernière longueur posée, après avoir engagé sur celle-ci un couvre-joint que nous décrivons plus loin.
La tige de cuivre du premier pénètre dans le tube central du second, et les deux cônes, parfaitement dressés et alésés, s'appliquent exactement l'un sur l'autre. On exerce une forte pression à la presse hydraulique, puis on chauffe, afm de faire adhérer complètement les surfaces en contact. En même temps, le manchon de cuivre fixé au bout pointu du fragment qu'on veut poser vient recouvrir la seconde couche isolante du bout déjà posé : on
STATION CENTRALE
Vy fait adhérer par un estampage analogue au premier.
On ramène ensuite sur le joint le couvrejoint dont nous avons parlé, qui se compose d'un cylindre en papier ciré et d'un tube en acier; on refoule dans le joint de la cire chaude ou du bitume, et Ton fixe les deux extrémités du couvre-joint par estampage.
Chaque bout de câble est essayé sous une tension de 18500 volts. Les essais sont très satisfaisants; en outre le câble peut être tordu et plié sans inconvénient. La station de Deptford semble donc devoir atteindre le but spécial pour lequel elle a été créée.
Le cable est déjà installé entre la station du chemin de fer de Deptford et le pont de Londres : il est placé sur le parement du mur de soutènement, de façon à se trouver hors de la portée du public, tout en restant d'un accès facile pour les ouvriers. Entre la station du chemin de fer et l'usine, la pose du câble, actuellement en cours, se fait en tranchée. La Compagnie pense faire de même entre le pont de Londres et Charing-Cross, mais la question n'est pas encore résolue, l'administration des postes craignant l'influence de ces câbles sur les conducteurs télégraphiques.
Station centrale de Rancy, — Cette station, exploitée par la Compagnie nancéenne d'électricité, fonctionne seulement le soir, depuis environ une heure avant le coucher du soleil jusqu'à deux heures du matin.
Elle comprend trois groupes de chaudières inexplosibles (2 BeUeville, 2 Ménier, 1, Babcox et Wilcox), alimentant trois machines Armington et une machine Gorliss. Les trois premières actionnent une transmission établie dans toute la longueur de l'usine et commandant toutes les dynamos, sauf une des dynamos Ferranti, qui est mue par la machine Corliss.
Les machines électriques alimentent deux réseaux distincts, l'un à haute tension (2400 volts), l'autre à faible tension (100 volts). Le premier est desservi par deux dynamos Ferranti, à courants alternatifs, de 150 chevaux. Le second est alimenté en partie par un courant continu fourni par deux machines Edison, en partie par des courants alternatifs à faible tension, dus à une machine Ferranti. Le courant de cette dernière passe dans un transformateur situé à l'usine même, et le fil secondaire sort seul delà station. Cette disposition n'est que provisoire ; elle est destinée à utiliser une partie du réseau à courant continu, que les dynamos Edison n'arrivaient plus à desservir complètement.
La canalisation pour les courants alternatifs est constituée par deux réseaux de câbles concentriques, dans lesquels l'âme conductrice est isolée au caoutchouc, puis recouverte d'une gaine de plomb, protégée à son tour par une enveloppe isolante et une armature de fer. L'isolement est assez bon pour permettre de placer ces câbles dans la terre, sans caniveaux. Un regard avec pièce de raccord a été ménagé à un point où les deux circuits primaires se croisent, ce qui permet, en cas d'accident, de trouver facilement la partie endommagée, de l'isoler, et d'alimenter le reste du réseau aprèj^ raccordement. Le théâtre est desservi par les deux réseaux : un accident arrivé à Vun d'eux ne produirait donc qu'une extinction partielle, à laquelle on remédierait rapidement.
Les transformateurs sont placés chez le> abonnés et enfermés de telle sorte que les conducteurs secondaires pénètrent seuls dans les locaux à éclairer. La consommation est mesurée par les compteurs Borel, décrits plus haut.
La canalisation pour le courant continu est faite à trois fils, à l'aide de feeders. Elle est constituée par des câbles isolés, disposés sous la chaussée des rues, dans un triple caniveau en ciment. Après la pose, on coule dans ces caniveaux un mélange de paraffine, de goudron et de résine, qui les remplit complètement et assure une isolation parfaite. Des regards, placés de distance en distance, servent à établir les prises de courant. Les feeders forment deux lignes principales, dont chacune est de^ servie par un groupe de machines. Les points de consommation les plus éloignés sont à environ 800 mètres de la station. La perte en volts à pleine charge est de 8 à 10 p. 100. L'éclairage se paye presque toujours à forfait.
Station centrale de Rome. — Cette station est une des plus considérables qui existent. Elle a été fondée par la Société Anglo-Romana per niluminazione di Roma col Gas ed altri Sistemi et mise en exploitation à l'automne de 1886. Elle est munie de machines du système Zipernowsky, Déri et Blathy.
Cette station comprenait d'abord deux machines à courants alternatifs de 80000 watts (2000 volts X ^ ampères), accouplées dîrectetement avec des machines à vapeur spéciales de 125 chevaux. L'usine fut bientôt agrandie et reçut successivement quatre machines de 320000 watts (2000 volts et 160 ampères) (Yoy. fig. 1106), accouplées directement avec quatre machines à vapeur compound de 500 chevaux.
STATION CENTRALE
Toutes ces machines sont à courants alternatifs.
En outre, trois dynamos type A (Voy.fîg. H02) servent à entretenir le champ magnétique des grandes machines ; les deux petites sont autoexcitatrices.
Quatorze chaudières luhulaires inexplosiblés, d*une force de 164 chevaux chacune, alimentent les moteurs à vapeur.
Pour plus de commodité, la station a été installée en dehors de la ville, à proximité du Tibre et près des raines du Colisée. Elle occupe un bâtiment d'environ 1500 mètres carrés, qui fait suite à Tusine à gaz. Elle peut alimenter jusqu'à 24000 lampes de 16 bougies; celles qui sont installées actuellement équivalent à 17000 lampes de cette puissance; il y a notamment 220 lampes à arc de différentes grandeurs.
La figure 1115 représente Tintérieur de la station : on voit au premier plan Tune des dynamos de 320000 watts et le moteur de 500 chevaux qui Tactionne.
Le courant primaire est distribué dans la ville par trois câbles concentriques, c'est-à-dire contenant les deux conducteurs, dont Tun forme Tâme conductrice et l'autre constitue une couche concentrique, séparée du premier par une enveloppe isolante. Ces câbles principaux ou feeders ont une section de 2 X 220 millimètres carrés chacun. Cette division de la ligne en trois parties évite la difficulté] de fabriquer et de poser des câbles de grande section ; de plus, les inconvénients résultant d'une rupture ou d'un accident sur l'un des câbles se trouvent beaucoup moins graves que si le courant total était transporté par un câble unique. Ces trois câbles sont réunis au tableau de distribution de l'usine et alimentés par des machines couplées parallèlement. Les conducteurs de distribution sont branchés sur ces feeders.
Toutes les machines, tant les grandes entre elles que les petites avec les grandes, sont couplées parallèlement, malgré les différences que présentent leur construction et leur nombre de tours, qui est de 12 pour les grandes et de 250 pour les petites. On met en marche une ou plusieurs machines, suivant la consommation.
La force électromotrice du courant est de 1950 volts ; à cause de la perte dans les conducteurs, la différence de potentiel n'est plus que de 1750 volts en arrivant aux transformateurs, dans le cas du travail maximum. La perte est plus faible pour des courants moindres.
La société du gaz fait payer 80 centimes par heure pour chaque lampe à arc, et 8 centimes pour chaque lampe à incandescence.
Station centrale de Marienbad. — Cette station, qui assure depuis le 30 mai 1889 Téclairage électrique de Marienbad, a été construite par la ville elle-même, propriétaire de rétablissement thermal,etqui l'exploite pour son propre compte. On avait compté à l'origine sur une consommation de 35 régulateurs de 12 ampères, 14 lampes à incandescence de 16 bougies et 40 lampes de 32 bougies pour l'éclairage public et 1200 lampes à incandescence pour l'éclairage privé. Mais, durant l'exécution des travaux d'installation, les demandes affluèrent de la part des particuliers en si grand nombre qu'on dut songer immédiatement à agrandir l'usine, et à ajouter un quatrième groupe de machines et de chaudières aux trois groupes projetés primitivement.
Le bâtiment qui renferme les appareils mécacaniques et électriques est situé sur le terrain de la gare, à 2 kilomètres environ de Marienbad : il se compose d'un bâtiment en briques élevé seulement d'un rez-de-chaussée et ayant une surface de 600 mètres carrés. Ce bâtiment est divisé en deux parties par une cloison : la première renferme les machines, la seconde les chaudières.
Cette usine contient quatre machines électriques, actionnées directement par des machines à vapeur. Les machines à lumière sont des dynamos à courants alternatifs du système Zipernowsky, à excitatrices séparées, d'une puissance de 50000 watts chacune. Elles font 500 tours par minute et exigent chacune environ 80 chevaux-vapeur. L'une d'elles sert de rechange. Elles sont actionnées par des machines à vapeur Westinghouse, auxquelles elles sont réunies directement par des manchons d'accouplement flexibles.
L'excitation est produite par trois dynamos à courant continu, dont une sert encore de rechange. Elles ont une puissance de 3000 watts chacune et sont actionnées par les machines à vapeur au moyen de courroies, réglables à l'aide d'appareils spéciaux de tension.
La vapeur est produite par quatre chaudières de la maison RinghofTer, de Smichov, près Prague, dont Tune sert de réserve. Ce sont des chaudières à contre-courant à bouilleurs, donnant une pression de 7 atmosphères et munies de garnitures complètes de sûreté; elles sont alimentées par des pompes à vapeur fournissan chacune 9000 litres d'eau par heure.
DlGTIOMlCAlRB D*ËLECTRIClTé.
lOiO
STATION CENTRALE
L'une des pompes & vapeur peut puiser Teau dans un puits situé dans la salle des chaudières et la refouler dans un réservoir, tandis que Tautre pompe subvient à Talimentation des chaudières. Les deux pompes peuvent alterner. Trois injecteurs sont en réserve pour Falimentation des chaudières; Tun des injecteurs est adapté à Tune d'eQes. Un réservoir de fer, placé dans la salle des chaudières, sert de bas-
sin de réserve. On a établi aussi, pour plus d'économie, un réchauffeur d'eau d'aUmenUtion, chauffé au moyen de Téchappement, de sorte que Teau sous pression atteigne environ 70® G. On a prévu en outre des purgeurs d'eau de condensation et des séparateurs d'eau, de fonctionnement automatique. Les tuyaoi chauds sont revêtus d'un bon isolant pour la chaleur.
Fig. 1117. — Colonne pour transformateur à Marienbad.
La Ogure 1H6 montre l'intérieur du bâtiment des machines. On aperçoit trois groupes de machines. Les dynamos à lumière et les moteurs à vapeur se voient à droite ; les excitatrices, actionnées par courroies, sont à gauche. Le fond de la salle est occupé par le tableau de distribution.
Les conducteurs électriques qui transmettent le courant sont aériens et supportés par des mâts espacés de 30 mètres. Hors de la ville.
ces mâts sont constitués par de simples poteaux télégraphiques. Dans la ville, on a cherché a leur donner un aspect plus élégant.
Le courant est amené à des transformateurs Zipernowsky, qui à leur tour alimentent les régulateurs et les lampes à incandescence. Les transformateurs destinés à l'éclairage public sont placés dans des colonnes de publicité, surmontées d'un support pour les conducteurs (6g. 1117), ou sur des colonnes ornées, à socle
STATION CENTRALE
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de fonte, dans des cages de tôle munies de toits et de gouttières. Ceux qui servent à Téclairage privé sont disposés, soit sur des mâts en bois, soit à rintérieur des maisons, dans des locaux secs pouvant être fermés. Us sont tous montés sur des plaques de fer.
Les conducteurs secondaires sont portés par des supports semblables à ceux qui soutiennent les lils primaires.
Les régulateurs et les lampes à incandescence sont tous montés en dérivation, et peuvent être mis facilement hors circuit. Des paratonnerres à plaques sont intercalés en divers endroits. Les lampes à arc servant à l'éclairage public sont portées par des colonnes en fonte (fig. 1118), surmontées d'un abat-jour horizontal, et munies d'une applique latérale pour lampe à incandescence. Après minuit, les régulateurs sont
Fig. 1118. — Colonne pour réclairage public à Marienbad.
éteints et remplacés par les lampes à incandescence, au nombre de 60. En hiver, on n'emploie que ces dernières.
L'éclairage particulier comprend actuellement 1 800 lampes à incandescence et 48 régulateurs, répartis entre 59 abonnés.
Stations centrales de Livowne, d'Alzano Maggiore, d*lnnsbruck, — Ces trois stations sont également montées d'après le système Zipernowsky.
La première, installée par la Société Edison
de Milan, fonctionne depuis le 29 septembre 1888. Elle comprend trois machines à courants alternatifs de 80000 watts (2000 volts et 40 ampères), faisant 2o0 tours par minute, et accouplées directement avec leurs machines à vapeur. Elles sont excitées par deux dynamos à courant continu type A; une troisième sert de rechange. Les trois machines à courants alternatifs sont accouplées parallèlement. La vapeur est fournie par des générateurs Babcox-Wilcox.
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Le nombre des lampes Edison installées en avril 1889 équivalait à 1235 lampes de 16 bougies, dont 1 120 au plus brûlent en même temps. L'exploitation commence une heure avant le coucher du soleil et s'arrête une heure avant son lever.
Alzano Maggiore est une petite ville dans le voisinage de Bergamo, dans la Valle Seriana, située dans une des parties les plus riches en industrie de la Lombardie. Le grand nombre de chutes d'eau qui distinguent cette contrée en fait un terrain très favorable pour l'installation
d'usines électriques pour l'éclairage et la distribution de la force,
La Socieià Alzanese di Elettridtà s'est formée en 1889 pour exploiter une chute d'eau située & 2 kilomètres d'Alzano et pour transformer son énergie en lumière et en force motrice. L'installation a été faite par la Société générale italienne d'électricité système Edison.
Une chute d'eau de 128 mètres de hauteur actionne deux turbines qui sont couplées directement avec deux machines & courants alternatifs, du système Zipernowsky, type A (Voy.
Fig. 1120. — Coupe de la salle des machines.
fig. 1106). Ces machines ont une puissance de 50000 watts (2000 volts X 25 ampères). Elles sont actionnées par deux dynamos & courant continu type A, qui reçoivent le mouvement des arbres des turbines par l'intermédiaire de courroies. Un troisième groupe de machines est en voie d'installation.
Les lampes employées, qui sont de puissance variable, consomment environ 32000 watts, ce qui correspond à 600 lampes à incandescence de 16 bougies, La distribution de force motrice correspondra à environ 60 chevaux.
La station centrale d'Innsbruck a été installée par la Augsburger Gasgesellschaft, proprié-
taire de l'usine à gaz de la ville, avec le concours de MM. Ganz et C*« de Budapest, d'après le système Zipernowsky. Elle a été mise en exploitation le 17 août 1889 :1a force motrice est fournie par une chute colossale, située à 3 kilomètres, dans la Mulhauerklamm. Une faible partie seulement de cette chute est amenée par des tuyaux dans la station centrale, où deux turbines de 125 chevaux actionnent deux machines à courants alternatifs Zipernowsky, de 80000 watts chacune. Ces machines sont excitées par 2 dynamos à courant continu, type A 2, et produisent chacune un courant de 40 ampères et 2000 volts.
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nale de 140 chevaux, tourne à 180 tours par minute, alimentant directement par courroie les deux dynamos dont la vitesse de rotation est de 500 tours par minute, leur débit maximum étant de 450 ampères avec une différence de potentiel de 105 volts aux bornes.
En raison de Texigulté du local, on a augmenté considérablement la largeur des courroies pour compenser le peu de distance des axes des dynamos aux arbres des machines à vapeur.
L'enroulement compound des dynamos présente cette particularité que les deux électros sont alimentés parallèlement par le circuit principal, c'est-à-dire qu'au lieu de recevoir le courant total ils en reçoivent chacun la moitié.
Cette usine est représentée en plan et en élévation dans les figures 1119 et 1420. La première montre le plan de l'usine entière; à gauche, la salle des chaudières, à droite celle des machines ; on voit dans cette dernière la position
Fig.
1122. — Détails d'un groupe de maclilnes (d'après une photographie communiquée par la compagnie du chemin de fer de
rOuest).
des trois groupes de machines. La figure 1120 montre une coupe verticale faite transversalement dans la salle des machines; on y voit parfaitement tous les détails de l'un des groupes, la machine à vapeur à gauche et les deux dynamos à droite. Au-dessus de ces dernières se trouve la galerie qui porte le tableau de permutation. Deux ouvertures placées au fond laissent apercevoir l'intérieur de la salle des chaudières.
Les deux figures suivantes montrent l'intérieur de la salle des machines d'après des photographies. La première représente en pers-
pective une partie de la coupe de la figure 1120; on y voit surtout l'aspect des dynamos, et, sur la galerie formant étage, on distingue les détails du tableau de permutation ; les ouvertures du fond montrent l'intérieur de la salle des chaudières. La figure 1122 représente avec plus de détails un groupe de machines.
Le tableau de permutation, placé dans l'usine, est divisé en quatre parties distinctes correspondant chacune à l'une des dynamos qui doivent marcher en temps normal. Le courant y est amené par de gros câbles en cuivre isolés et sons plomb (flg. 1423).
STATION CENTRALE
Ce tableau est destiné : | 2® A les remplacer en cas d'avarie par les
1® A mettre les dynamos normales en circuit ; | machines de secours ;
7^ 6 /e Ail /
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Fig. H 23. -> Schéma du tableau de permutation de Tusine électrique de la gare Saint-Lazare.
• MynArnû/w
S^' A mesurer à volonté le débit des dynamos i Les deux premières conditions sont remplies sans modifier la marche ordinaire du courant. | au moyen d'une première série de commuta-
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leurs que le courant traverse d'abord en venant des dynamos et qu'on voit au bas du tableau. Il passe ensuite par les commutateurs à disques dits « de prise de courant », qui sont placés au-dessus des premiers (type créé spécialement
pour la gare Saint-Lazare). Ces commutateurs peuvent prendre trois positions différentes :
1° Poignées horizontales. — Le courant est dirigé dans le circuit extérieur;
2^ Poignées abaissées. — Le courant passe
Fig. 1134. — Schéma de l'iiislallation d'éclairage électrique de la gare Sainl-Lazaro.
dans le circuit, mais en traversant Tampèremètre qui est placé sur le tableau ;
3« Poignées relevées. — Le courant est interrompu.
Deux tableaux sont placés dans la salle des machines. L'un porte un voltmètre et sert aux mesures des forces éleclromotrices, Tautre est particulier aux circuits des trois régulateurs qui éclairent Tusine.
Du tableau de permutation, le courant est conduit au poste central de distribution par une série de gros câbles passant dans les égouls de la gare. Ces câbles, au nombre de 16 (8 pour Taller et 8 pour le retour), sont en cuivre de haute conductibilité, fortement isolés et sous plomb dans le tiers du parcours.
Afin de faciliter le maniement de ces câbles, chacun est composé de deux conducteurs ayant chacun 200 mm.* de section soit 400 mm.* par câble; cette disposition est adoptée également pour les conducteurs qui réunissent les bornes des dynamos au tableau de permutation.
Le poste central de distribution est situé près
Fig. ilio. — Candélabre eu foule pour l'éclairage des espaces découverts.
des salles d'attente, à 720 mètres de l'usine électrique, avec lequel il est relié par téléphone. Il est à regretter que Tusine n'ait pu trouver sa