PHONOGRAPHE. — PONT TRANSBORDEUR
On Yoit que ce commutateur est extrêmement simple : une seule manœuvre permet d'établir les communications avec la ligne sur laquelle on veut expédier un signal, sans qu'on soit obligé de supprimer les relations avec les autres c^tés. Il en résulte qu'en cas d'oubli dans les indications prescrites pour la manœuvre, la réception des signaux n'est pas entravée. En effet, si l'on a omis de retirer la clef du periputeur, le courant reçu passe par la masse de l'inducteur, pourvu que, suivant les prescriptions indiquées, on ait replacé la manivelle de l'inducteur dans la position normale d'attente, cVst-à-dire à droite.
Le permuteur complète avantageusement l'installation des cloches actionnées par un inducteur. Il n'est d'ailleurs pas besoin d'insister sur les avantages que présentent les inducteurs sur les piles. Avecles piles, chaque cloche exige 7 ou 8 éléments Meidinger, ce qui porte la dépense d'entretien à 50 ou 55 francs par cloche et par an. L'emploi des inducteurs supprime cette dépense et celle qui est causée par les agents préposés à l'entretien des piles et au réglage des cloches. Enfin les piles tiennent beaucoup de place, tandis que les inducteurs peuvent souvent se loger dans les cloches ellesmêmes.
PHONOGRAPHE. — Une curieuse application du phonographe a été faite récemment dans l'enseignement de la médecine. Au Saint-Thomas Hospital, dans le service du D' F. Semon, on a utilisé cet appareil pour noter l'altération de la voix humaine dans certaines maladies. Ces altérations, qui sont parfois caractéristiques, ont pu être enregistrées très fidèlement par l'appareil, qui les a fait entendre ensuite dans une réunion d'hommes de science. La toux de la coqueluche a été notamment reproduite avec une exactitude parfaite. 11 y a là sans doute un précieux moyen de diagnostic et d'enseignement.
FILE. — M. Imchenetsky, officier du génie russe, a inventé en 1889 une pile hydro-électrique intéressante. Les deux pôles sont formés l'un par une lame de zinc, l'autre par une toile métallique sur laquelle on a comprimé un mélange de graphite et de paraffine. L'électrode ainsi obtenue est mince, par suite très légère et peu coûteuse. Le pôle zinc plonge dans une solution d'hyposulflte de soude, le pôle charbon dans une dissolution d'acide chromique.
La pile est formée d'une boite rectangulaire divisée par des cloisons poreuses en un certain nombre de compartiments, contenant alternati-
vement des électrodes positives ou négatives, qu'on monte ordinairement en quantité.
L'acide chromique sert de dépolarisant. La partie la plus originale consiste dans l'emploi de Thyposulfite de soude, qui, étant plus oxydable que le zinc, absorbe l'oxygène qui provient de la décomposition de l'acide chromique et l'empêche d'arriver jusqu'au zinc, qui n'est ni attaqué ni consommé.
La force électromotrice est 2,15 volts ; la résistance des éléments de grandeur ordinaire 0,6 à 0,7 ohm. Cette pile est très constante ; sa résistance intérieure diminue quand on la ferme sur elle-même pendant un certain temps. D'après l'auteur, les dépenses observées dans des expériences d'éclairage seraient inférieures à celles des éléments Bunsen de 21 p. iOO avec 10 lampes, de 34 p. 100 avec 40 lampes et de 46 p. 100 avec 50 lampes.
Dans cette pile, l'acide chromique est en partie réduit et forme de l'oxyde de chrome, qui se dissout dans l'excès d'acide. L'hyposulfite de soude est transformé en sulfate avec dépôt de soufre. L'acide chromique, qui est le produit le plus coûteux, peut être régénéré en ajoutant de la chaux : l'oxyde dissous se dépose et le chromate de chaux reste en solution. On précipite la chaux par J 'acide sulfurique, et Ton a une solution d'acide chromique.
POLTFHONE. — M. Zigang donne ce nom à sa trompette (Voy. Sonnerie) légèrement modifiée, pour permettre à la lame vibrante de rendre plusieurs sons. En posant une pointe mousse sur la plaque, à une distance variable du centre, on obtient des sons de hauteur différente, et, avec un peu d'habitude, on peut jouer un air dont l'étendue ne dépasse pas une octave.
PONT TRANSBORDEUR. ~ Syn. de pont roulant. M. A. Dujardin, un de nos plus habiles constructeurs du Nord, emploie, dans son atelier de montage des machines à vapeur, un pont transbordeur fort bien agencé.
Ce pont a 20 mètres de portée d'un rail à l'autre ; sa puissance est de 20 tonnes et son poids d'environ 32 tonnes. Il reçoit le courant d'une dynamo compound de 20 chevaux, qui est actionnée par la transmission de l'atelier et donne 110 volts et 105 ampères, à la vitesse de 830 tours par minute. Cette machine reçoit le mouvement au moyen d'une courroie en coton de 100 millimètres de largeur sur 10 millimètres environ d'épaisseur, qui passe sur une poulie de 360 millimètres de diamètre, qu'elle enveloppe sur un arc de 175<^ environ. Le coi:-
PORTÉLECTRIQUE.
rant est amené au pont par deux fils de cuivre de 7 millimètres, qui aboutissent à deux conducteurs de même métal tendus horizontalement au-dessus de Tun des rails. Le pont est muni de deux balais, qui frottent sur ces deux fils pour prendre le courant, et ramènent à un clavier qui sert aie distribuer aux trois réceptrices produisant les trois mouvements de l'appareil.
Ce clavier porte six touches, disposées sur deux rangs, à des hauteurs différentes ; il est placé dans une cabine ménagée en dessous et dans Taxe du transbordeur, à Tune de ses extrémités. D'autre part, chaque réceptrice porte deux paires de balais, dont Tune ou Vautre peut à volonté s'appliquer sur le collecteur, sous l'action de solénoïdes placés en dérivation sur le courant de la génératrice et reliés au clavier. Les deux solénoïdes d'une même réceptrice communiquent avec les deux touches correspondantes des deux rangs du clavier. En appuyant sur l'une ou l'autre de ces touches, on applique sur le collecteur Tune ou l'autre des paires de balais et l'on fait tourner la réceptrice dans un sens ou dans l'autre. Le changement de seits s'obtient donc très simplement.
Des trois réceptrices placées sur le pont, l'une produit le mouvement de translation du pont, la deuxième actionne la chaîne de levage, et la dernière commande le déplacement transversal du treuil sur le pont. Ces machines sont reliées au clavier par des fils de cuivre.
Un rhéostat, formé de fils enroulés en spirale et placé à l'avant du clavier, sert à modifier suivant les besoins la résistance du circuit et à graduer la vitesse des dynamos suivant le poids des pièces à manœuvrer. On peut ainsi ralentir la vitesse pour la mise en marche et pour l'arrêt.
Les réceptrices, construites par M. Dujardin, développent respectivement 6 chevaux pour le montage de la charge, 6 pour la translation du pont, et 3 pour le déplacement du chariot qui porte le treuil.
Tous les déplacements sont produits par des vis sans fin tournant avec une grande vitesse et ajustées très soigneusement. Un arbre, qui traverse le pont dans toute sa longueur, accouple les roues placées aux deux extrémités. Les poutres principales sont en forme de I et reliées ensemble aux deux bouts par de larges goussets, qui assurent la rigidité de leurs assemblages.
Les roues sont garnies de bandages d'acier.
Outre les deux roues à boudin, il y a de chaque côté une roue sans boudin, qui est pressée par de forts ressorts et supporte une partie de la charge.
Quatre forts taquets sont placés aux quatre angles du pont, au-dessus des rails. Si les axe« sur lesquels sont calés les roues venaient à se rompre, le pont se trouverait soutenu par ces taquets.
Enfin la chaîne de levage est du type ordinaire, à maillons et à moufûe. Elle est déplacée par une noix à 7 encoches, dont le diamètre primitif mesure 350 millimètres.
PORTÉLECTRIQUE. — Appareil imaginé par MM. A. E. Dolbear et J. T. Williams pour le transport de la correspondance et des petits paquets. Ces objets sont introduits dans un transporteur, dont le mouvement est produit par l'attraction de solénoïdes dans lesquels le courant passe pendant un temps très court
Le transporteur a la forme d'un cylindre terminé par des cônes aux deux bonis. Il se meut entre deux rails placés l'un au-dessus de l'autre dans un même plan vertical, et sur lesquels il s'appuie par des galets. Ces deux rails traversent des bobines de 275 millimètres de diamètre, distantes de 1,80 m. Le rail supérieur est divisé en fragments isolés de t ,80 m. de longueur. L'une des bornes de la dynamo est reliée avec le rail inférieur, Tautre avec un fil de plomb parallèle aux rails. Ce fil communique avec chacune des bobines et de là avec le tronçon correspondant du rail supérieur. Le transporteur, qui a 3,60 m. de longueur, est toujours en contact avec deux sections consécutives de la voie. A son passage, il lance le courant dans la bobine placée en avant et il le rompt lorsque son milieu arrive en face de cette bobine.
Cet appareil, exposé l'année dernière à Boston, est actuellement à l'essai dans cette ville sur une ligne de 900 mètres de longueur. Cette ligne est disposée en un cycle fermé, de forme ovale, et l'on a accumulé vers les extrémités toutes les difficultés possibles, par exemple des courbes de très petit rayon et des rampes de 8 et de 11 p. 100. Une petite station centrale, placée au milieu de la ligne et traversée par elle, renferme une dynamo, actionnée par une machine à vapeur de 20 chevaux, et produisant le courant qui fait mouvoir le transporteur. Celui-ci met environ une minute et demie pour parcourir toute la ligne, ce qui donne une vitesse d'environ 10 mètres par seconde.
RÉSEAU TÉLÉPHONIQUE
RÉSEAU TÉLÉPHONIQUE. ~ Autorisé par la loi du- 16 juillet 1889 à racheter les réseaux qui appai tenaient à la Société des téléphones, à. les mettre en bon état de fonctionnement et ù les développer, le gouvernement de la République française a dû se préoccuper de pourvoir sans aucun retard au développement normal de ces réseaux, afin d'être en mesure de donner suite à toute demande nouvelle d'abonnement. La disposition actuelle du réseau de Paris a été jugée défectueuse, et Tonatrouvé utile de réunir la plupart des bureaux centraux actuellement existants en un bureau unique, situé rue Gutenberg, à proximité de l'Hôtel des Postes, et pouvant desservir 18000 abonnés. Nous croyons Intéressant de faire connaître, d'après Texposé des motifs du projet de loi présenté à la Chambre des députés le 7 juin 1890, les raisons qui ont motivé cette transformation.
« Le bureau central projeté rue G u tenberg recevra les fils des cinq bureaux actuels du centre de Paris qui seront supprimés. (Avenue de l'Opéra, rue Lafayette, rué Etienne-Marcel, place de la République, rue d'Anjou ; ces deux derniers partiellement.)
<( L'installation de ces cinq bureaux. est des plus défectueuses ; l'espace- manque, et dans certains, ceux des rues Etienne-Marcel et Lafayette notamment, on a été obligé d'ajouter aux salles du rez-de-chaussée des salles k l'entresol, ce qui constitue, en réalité, deux nouveaux bureaux centraux et complique encore le service. Tous présentent les conditions hygiéniques les plus mauvaises et aucun ne se prête plus à une extension de service, quelque nécessaire qu'elle soit. Dans tous les cas, il est absolument impossible de rester dans ces bureaux.
« D'autre part, la nécessité d'installer les bureaux centraux dans les locaux appartenant à l'administration s'impose ; le matériel d'exploitation devient de plus en plus coûteux, un tableau indicateur multiple pour dix mille abonnés ne coûte pas moins de 800000 francs et demande plusieurs mois pour pouvoir être mis en service. Qu'adviendrait-il si Ton arrivait à la fin du bail pour un bureau central ? on pourrait
avoir à subir des exigences que l'impossibilité de déménager forcerait l'administration à accepter.
« Les loyers des cinq bureaul du centre de Paris s'élèvent à 48 250 francs : la construction du poste principal de la rue Gutenberg supprimera cette dépense au moins pour la plus grande partie. On sera toujours obligé de garder dans des différents quartiers des soussols où viendront se concentrer les fils d'abonnés pour être conduits au bureau central par des câbles de grand diamètre, mais la dépense sera relativement peu importante. L'économie peut être évaluée à 30000 francs.
« En outre, le développement du réseau téléphonique dans la banlieue de Paris exige, pour que le service puisse se faire dans des conditions normales, que tous les fils qui relieront les réseaux annexes au réseau de Paris aboutissent à un même centre. Aucun bureau actuel ne pourrait matériellement les recevoir ; l'hôtel de la rue Gutenberg est naturellement désigné pour être ce point de concentration.
« Par suite de la suppression des cinq bureaux de quartier du centre de Paris, le bureau de la rue Gutenberg aura tout d'abord un total de 4349 abonnés sur 7900 ; on conçoit quelle simplification du service et quelle promptitude dans rétablissement des communications résulteront, dès le premier jour, de cette réunion de fils d'abonnés pouvant être reliés instantanément sans intermédiaire. Ces avantages seront d'autant plus importants que c'est dans le rayon du nouveau bureau principal, correspondant à peu près à l'ancien Paris, que la correspondance téléphonique est surtout active et que le réseau est appelé à prendre la plus grande extension. Ce sera rue Gulenberg qu'a- .boutiront la grande majorité des fils sur esquels le service sera le plus prompt et le plus simple.
tt L'installation de ce bureau doit être prévue dans des conditions telles qu'elle puisse faire face au grand développement que l'avenir réserve au service téléphonique. Ce bureau principal installé pour toute la région centrale de Paris, trois grands bureaux seraient encore
RÉSEAU TÉLÉPHONIQUE
établis dans les quartiers éloignés du centre et permettraient de supprimer les sept derniers bureaux de quartiers qui existent aujourd'hui.
« Pour donner satisfaction dans le plus bref délai possible aux demandes légitimes du public, l'administration se propose d'entreprendre sans délai les travaux d'installation du bureau principal de la rue Gutenberg. La construction coûtera environ 800000 francs, conformément à Tavant-projet dressé par Tarchitecte de Tadministration. L'administration demande pour 1890 un crédit de 400000 francs; elle ne pense pas qu'il soit possible cette année d'engager une dépense plus considérable, mais elle estime qu'il est indispensable de commencer les travaux immédiatement pour arriver le plus tôt possible à la réorganisation du service.
« Pour amener à ce nouveau bureau les câbles téléphoniques en nombre suffisant, il sera nécessaire de construire aux alentours de la rue Gutenberg des passages souterrains nouveaux et d'agrandir ou approprier les égouts delà Ville de Paris, qui seront insuffisants dans une partie de leur parcours. La dépense à faire pour cet objet est estimée à 2500000 francs.
« La Ville de Paris doit cette année reconstruire l'égout de la rue Montmartre. Après entente avec ses ingénieurs, il a paru possible de conduire les travaux de telle sorte qu'on puisse à la fois donner satisfaction aux besoins du service téléphonique et de la voirie.
« Ces travaux doivent être faits avant la fin de l'année ^890. Il serait nécessaire d'affecter une somme de 300000 francs, comme part des dépenses à porter au compte des téléphones.
« La dépense totale engagée pour la reinstallation du réseau de Paris, en 1890, serait de 700000 francs.
« Pour l'exécution de l'ensemble du projet qui a été étudié, la dépense sera payée, autant que possible, au moyen des ressources ordinaires du budget annexe du service téléphonique. »
En même temps, le gouvernement s'est préoccupé d'améliorer les réseaux de province et d'assurer aussi leur développement.
« Parallèlement au développement du réseau de Paris, il y a à prévoir l'extension des réseaux rachetés dans les départements.
« Deux de ces réseaux sont souterrains, ceux de Lyon et de Bordeaux. L'établissement des lignes des nouveaux abonnés y entraîne également une dépense qui peut être évaluée d'a-
près les mêmes bases que pour Paris, sauf pour le prix de la main-d'œuvre, lequel est un peu moins élevé.
« En admettant pour i890 une prévision d'augmentation de iO p. 100 dans le nombre des abonnés de ces iréseaux, qui était de 1186 en 1889, l'augmentation à prévoir est de 120 abonnés environ. A raison d'une dépense moyenne réduite à 1100 francs par abonné, la dépense engagée sera de 132000 francs.
« D'un autre côté, depuis la reprise des réseaux de la Société des Téléphones, l'Administration Mes Postes et des Télégraphes a pu constater que la plupart de ces réseaux dans les départements avaient été laissés dans un abandon à peu près complet.
« Pour quelques-uns d'entre eux, ceux notamment de Lyon, Bordeaux et Marseille, qui sont les plus importants, l'installation matérielle des lignes et des postes est à remanier entièrement, si Ton veut se mettre en mesure d'assurer à ce service téléphonique un fonctionnement répondant aux exigences actuelles du public. Cette mise en état de bon fonlionnement des réseaux des départements entraînera une dépense qui, pour les réfections les plus urgentes, s'élèvera, d'après les avant-projets établis par le service de la construction, à 198000 francs.
« Ces travaux doivent être commencés immédiatement si l'on veut en tirer un parti réellement utile. »
Enfin l'Administraiion des Postes et des Télégraphe s'est occupée également des difficultés que présente la fourniture de certaines parties du matériel spécial qu'elle emploie pour le service téléphonique. Ce matériel comprend notamment des câbles à enveloppe particulière, dont la fabrication est difficile et exige un délai de plusieurs mois. L'administration a donc prévu la nécessité d'avoir en magasin une réserve d'au moins 43 kilomètres de câble à double fil et 30 kilomètres de câble à 14 fils, qui sont les plus employés.
Tout récemment (janvier 1891), le ministre du commerce vient d'autoriser la création, à Charenton (Seine), d'un réseau annexe au réseau téléphonique de Paris. Le montant annuel de l'abonnement principal au réseau local est fixé à 150 francs.
Le ministre a également approuvé une convention inten'enue entre l'État et la ville de Corbeil (Seine-et-Oise) pour l'établissement d'une communication téléphonique interurbaine entre cette localité et Paris.
RÉSEAU TÉLÉPHONIQUE
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La création d'un réseau téléphonique urbain à Angers vient d'être décidée. Le montant annuel de J'abonnement principal à ce réseau est fixé à 200 francs.
Le ministre a enfin approuvé une convention ayaiit pour objet la création d'un réseau télé- •phonique à Màcon.
Plus récemment encore (février 1891), le ministre du commerce a décidé la création d'un réseau annexe au réseau téléphonique de Paris à Neuilly-sur-Seine et à Issy (Seine) . Le réseau d'Issy comprendra en outre la commune de Vanves.
Le montant de l'abonnement principal est fixé à 200 francs pour Neuilly et à 150 francs pour Issy-Vanves.
L'étendue du réseau de Charenton, primitivement limitée au périmètre de cette commune, comprendra les communes de Saint-Maurice, d'Alfortville et de Maisons- Al fort, et le montant de l'abonnement principal à ce réseau sera de 200 francs.
Le ministre du commerce a, en outre, approuvé l'établissement d'une communication téléphonique entre Troyes et Paris, et la création d'un réseau téléphonique à Roanne (Loire). Le montant annuel de l'abonnement principal pour ce dernier réseau est fixé à 200 francs.
Liste des réseaux téléphoniques français au l^' juin 1890.
Alger.
Limoges.
Amiena.
Lyon.
Arm entières.
Marseille.
Bordeaux.
Nancy.
Boulogne-8ur-Mer.
Nantes.
Caen.
Nice.
Calais.
Oran.
Cannes.
Paris.
Dunkerque.
Reims.
Elbeuf.
Roubaix-Tourcoing
Fourmies.
Rouen.
Grenoble.
Saint-Étienne.
Halluio.
Saint-Quentin.
Le Havre.
Troyes.
Lille.
Réseau téléphoniqiie militaire. — La place d'Anvers vient d'être munie d'un réseau téléphonique militaire très bien disposé. Ce réseau a été organisé pour la première fois en 1881 ; il était exploité par le département de la guerre, chargé en outre de l'entretien des lignes ; mais l'entretien des appareils avait été confié à la Compagnie belge du téléphone Bell.
Ce réseau a été réorganisé tout récemment par le lieutenant André. Les appareils primitifs, qui ne répondaient pas aux exigences d'un
service militaire, ont été remplacés par des microphones Dejongh (Voy. page 528) et par des téléphones GofTart. Le poste central, placé à la caserne de la Compagnie des télégraphistes et artificiers du génie, à Borgerhout, est en communication avec tous les bâtiments militaires et les casernes situés à l'extérieur de l'enceinte, avec tous les forts du camp retranché, disséminés sur une très grande superficie de terrain, et les dépôts militaires, dont quelques-uns sont très éloignés de la ville.
Les communications sont établies au moyen d'une table centrale de soixante numéros, placée au poste central, et de soixante postes téléphoniques. La table centrale, construite sur les indications du lieutenant André, devait être contenue dans un meuble élégant et satisfaire aux conditions suivantes :
i^ Le bureau central doit pouvoir desservir un réseau à simple fil ou à double fil sans aucune modification;
2® Il doit étrecomplèlementàrabri des effets de la foudre ;
3^ Il doit être disposé de façon à renforcer la puissance de la voix, en éliminant automatiquement du circuit des postes en communication tous les avertisseurs d'appel et les remplaçant par un avertisseur spécial, construit de manière à atténuer les effets de l'induction ;
4° Il doit être pourvu de magnétos à pédale et de téléphones serre-tête, afin que l'employé du bureau central ait toujours les mains libres, d'une sonnerie d'alarme pour les appels de nuit, fonctionnant automatiquement dès qu'un avertisseur vient à tomber ;
On doit en outre : 5° Provoquer aux deux postes correspondants des sonneries spéciales automatiques au moment de l'ouverture et de la rupture des communications ;
6« Réduire au minimum les opérations nécessaires pour la mise en communication ;
7<> Rendre automatique la mise en place des fiches de communicatien.
8* Pouvoir employer indifféremment les appels magnétiques ou par piles.
9^ Garantir d'une façon absolue le secret des communications, de sorte qu'il devienne impossible de greffer un récepteur sur le circuit des deux postes en correspondance.
Tous ces desiderata ont été réalisés. Les bornes des fils de lignes, placées à la partie supérieure de la table, sont toutes munies de parafoudresVan Rysselberghe (Voy. page 561 ). Chaque ligne possède un avertisseur d'appel. Les communications sont établies au moyen de jack-
iOOâ
RETAILLAGK ÉLECTRIQUE. — RHÉOSTAT MÉDICAL.
knives combinés d'une façon spéciale, et dont les fiches sont reliées deux à deux par des cordons soaples munis de poulies et de contrepoids, produisant leur mise en place automatiquement après la rupture des communications.
Lorsque deux postes sont mis en rapport, leurs avertisseurs sont éliminés automatiquement et remplacés par un avertisseur unique servant en même temps à prévenir que la conversation est terminée, et qui est construit -d'une façon spéciale pour diminuer les effets de rinduction et par suite renforcer la voix des interlocuteurs.
Une disposition toute nouvelle permet d'avertir ]és deux postes automatiquement du moment précis de l'établissement et de la rupture •des communications : cet avertissement est produit par un coup de sonnette spécial.
La table centrale possède en outre deux postes récepteurs composés d'un microphone Dejongh, un téléphone simple GofTart, un téléphone serre-tête, un bouton d'appel pour sonnerie par pile, une sonnerie magnéto à pédale. Le bureau central peut appeler à volonté avec l'une quelconque des deux sonneries, ce qui offre une garantie en cas de dérangement d'un des deux appareils. Trente éléments Leclanché desservent les deux sonneries.
En déplaçant une manette, l'employé du bureau central peut actionner une forte sonnerie •d'alarme, mue par la chute du clapet d'un avertisseur de fin de communication.
Les jack-knives et les fiches sont disposés de manière à isoler le bureau central des deux postes en communication, ce qui assure le secret des conversations.
Les postes microtéléphoniques employés sont très solides, indéréglables, et construits de façon à préserver tous les appareils délicats, tels que sonneries, téléphones, microphones, de la •curiosité et de la malveillance. Ils ont comme transmetteur un microphone Dejongh, protégé par un treillage en fil de fer. La sonnerie magnéto-call est également enfermée dans une -cage en fil de fer. Les téléphones-montres sont à boite de nickel et à pavillon d'ébonite. Us sont très résistants et ne peuvent être démontés que par des outils spéciaux, que possède seul le -vérificateur. Une cage grillée, placée à la partie supérieure, renferme un paratonnerre Van Rysselberghe, une sonnerie trembleuse qui sert de signal pour le commencement et la fin des conversations, un commutateur et les bornes d'at- Xache des lignes.
Le microphone est actionné par un élément
Leclanché grand modèle, à zinc drcobire, placé dans une botte formant pupitre à la partie supérieure. Les portes sont pourvues de serrures solides et incrochetables.
Tous les appareils fonctionnent, depuis le l""^ août 1890, d'une façon très satisfaisante. (Voy. Bulletin de la Société belge (Téleetridais.'
RETAILLA6E ÉLECTRIQUE. - Le letaiUa^e des limes et des fraises, très difficile par les procédés mécaniques à cause de leur duretf^, se fait très facilement par l'électricilé.
On fait un bain avec de l'eau distillée, additionnée d'acide azotique à 40® et d'acide sulfurique à 66® en proportions égales, et Ton fait passer dans ce bain le courant d'une pile de Bunsen, en prenant pour électrode positive une baguette de charbon et pour électrode négative l'outil à retailler. Chaque pointe usée se recouvre d'une bulle d'hydrogène, qui la protège contre l'attaque du bain fortement acide. L'opération dure de dix à vingt minutes. De temps en temps, on retire Toutil du bain, on le lave & grande eau et on le passe à la brosse pour enlever les parties attaquées, pois on le replace dans le bain, si l'opération nest pas terminée. L'amincissement produit par c^ retaillage est très faible, de sorte qu'on peut le recommencer un plus grand nombre de fois qu'avec les procédés ordinaires. On peut traiter une centaine d'outils par jour avec une dépense d'environ dix francs.
RHÉOSTAT MÉDICAL. — Le D' Gaertner a présenté récemment à la Société de médecine de Vienne un rhéostat destiné aux usages médicaux et qui donne une très grande résistance sous un petit volume.
Ce rhéostat est formé de disques en porcelaine poreuse, ayant 5 millimètres de diamètre et 1 millimètre d'épaisseur, et dont les porcs sont imprégnés de charbon végétal formant comme une éponge fine. On peut faire varier la résistance des disques en graduant la quantité de charbon introduit. L'opération est faite au rouge blanc, de sorte que réchauffement produit ensuite par des courants, même très intenses, n'a aucun inconvénient.
Les disques ainsi préparés sont empilés les uns sur les autres et séparés par des disques de laiton; le tout est placé dans un tube cylindrique fendu et fortement serré par une vis, puis l'on coule de l'asphalte dans le tube pour maintenir le rhéostat et le protéger. La colonn«> comprend cinquante disques.
La fente du tube laisse passer une série de becs appartenant aux disques de laiton. Une
SONNERIE ÉLECTRIQUE
borne est fixée à Tune des extrémités de la colonne; l'autre est reliée à un curseur qui glisse sur les becs de laiton, et permet de faire varier le nombre des disques de charbon intercalés dans le circuit. Une échelle placée le long
de la fente indique la résistance. La résistance des disques peut élre la même ou varier d'un bout à Tautre de la colonne. La résistance totale peut dépasser 200000 ohms.
SGHNERIE ÉLECTRIQUE. — Lorsque les appels de* sonnerie se produisent fréquemment, le bruit de la trembleuse devient fatigant à entendre; un seul coup frappé sur le timbre suffirait dans la plupart des cas, et Ton pourrait, en frappant deux, trois... coups séparés, obtenir des signaux de convention.
Fig. H 13.
Mécanisme de la sonnerie électrique à un coup.
•conçoit en effet que, si le signal se compose <l'un coup unique, il faut que ce coup soit assez fort pour appeler l'attention de la personne à laquelle il s'adresse, et que ce résultat doit être obtenu sans employer un nombre de piles exagéré.
Dans ce but, il fallait donner au marteau et à Farmature qui l'actionne une force vive suffisante. Le marteau est indépendant de l'armature et fixé à l'extrémité de la plus longue branche d'un levier coudé, dont l'autre branche •€st commandée par l'armature (fig. 1113} : le
Nous avons indiqué plus haut le moyen de transformer une sonnerie ordinaire pour arriver à ce résultat.
M. G. Bénard vient d'imaginer un modèle fort simple, spécialement destiné à ne donner qu'un seul coup, et disposé de façon que le marteau frappe énergiquement le timbre. On
Fi^. 1114. — Sonneries électriques à un coup.
déplacement est amplifié par cette disposition. L'électro-aimant est vertical et l'armature est située au-dessus de lui; elle est articulée à l'extrémité d'un montant vertical, qui la réunit avec la culasse et par suite avec le noyau de l'électro-aimant. Le tout est en fer doux, et forme, au moment du passage du courant, un aimant complexe dont les pôles sont, l'un dans l'armature, l'autre à l'extrémité supérieure de la bobine. L'armature est donc attirée très énergiquement : en s'abaissant, elle appuie sur la petite branche du levier coudé et soulève le