BALANCE D'INDUCTION STATIQUE
deux bobines plates, qui, dans la position d'équilibre, viennent se placer en regard de deux autres bobines semblables, mais fixes. Le courant à mesurer traverse les quatre bobines dans un sens tel qu'elles se repoussent deux à deux ; on mesure l'intensité en tordant le fil à la partie supérieure, comme on le fait dans la balance de doulomb, jusqu'à ce qu^ont ait ramené les bobines à leur première position.
Il est évident que le sens de l'action électrodynamique ne change pas si l'on renverse le courant dans les quatre bobines : rappareil peut donc servir pour le» courants altematits
BALANCE D'INDUCTION STATIQUE. *- Nom donné par M. J.-E.-H. Gordon à une sorte de condensateur employé par lui en 1879 pour la détermination de la capacité induclive spécifique des diélectriques. Nous donnons (flg. 92), le
Fig. 9i. — Dia{p*amme de la balance d'indue lion. Coil pôles = Pôles de la bobine. — Sccoudary Rcversing Engine = Inverseur secondaire.
dessin original de cet appareil, qui était composé de cinq plateaux métalliques équidistants a,6,c,d,e, ayant 15 et 10 centimètres de diamètre. Tous ces plateaux sont isolés, mais les quatre derniers sont fixes, tandis que a peut être déplacé parallèlement à lui-même au moyen d'une vis. Les plateaux a et e d'une part et c d'autre part communiquent avec les deux pôles d'une bobine de RuhmkorfT, qui maintient entre eux une différence de potentiel constante, mais dont le signe change très fréquemment (environ 42 000 fois par seconde). Le plateau c est en outre relié à l'aiguille d'un électromètre
Thomson à quadrants; les plateau}^ intermédiaires b et d, qui se chargent seulement par influence, sont réunis aux deux paires de secteurs de cet appareil. S'il n'y a pas de diélectrique, et que les plateaux soient équidistants, l'aiguille de l'électromètre n'est pas déviée. Mais si l'on introduit entre a et 6 une lame isolante ayant un pouvoir inducteur plus grand que l'air, Teffet est le même que si on avait rapproché le plateau a de . 6, l'influence de a sur 6 devient plus grande que celle de c, et l'aiguille sera déviée dans le même sens que si l'on avait rapproché a de 6. On éloigne alors le
BALANCE DINDUCTION VOLTAIQUE. — BALANCE DE TORSION,
plateauaàraidedelavis,jusqu'àcequeraiguille soit revenue au zéro, et Ton mesure ce déplacement, soit 6. Si e est Tépaisseur du diélectrique et k son pouvoir inducteur, il équivaut à une
lame d'air d'épaisseur -; son action équivaut
donc à un rapprochement égal à 6 — j; mais,
puisqu'il a fallu, pour compenser cette action, éloigner le plateau a de ^, on a
Les inversions du courant de la bobine avaient pour but d*empêcher la pénétration dé l'électricité dans le diélectrique. Pour éviter plus sûrement ce grave inconvénient, on avait placé à la suite de la bobine un inverseur secondaire qui renversait le courant 30 fois par seconde.
BALANCE D'INDUCTION VOLTAIQUE. — Appareil fondé sur les lois de l'induction et permettant de vérifier l'identité de poids, de composition, etc., de deux objets analogues. Elle a été imaginée par M. Hughes en 1879, et se compose de deux bobines plates aa' que traverse le courant de trois éléments Daniell (flg. 93), interrompu à intervalles réguliers par un microphone excité par le tic-tac d'une horloge. Deux bobines 66', placées sur les preniièt*es, sont parcourues par des courants induits alternatifs à chaque interruption. Elles sont réunies ensemble et avec un téléphone, et le sens de l'enroulement des fils est tel que les courants induits de 6 et de 6' soient à chaque instant de sens contraires. Si les deux appareils sont bien égaux, ces courants ont la même intensité et se neutralisent constamment, de sorte qu'on ne perçoit aucun bruit dans le téléphone. Si l'on met dans l'intérieur des doubles bobines deux morceaux de métal identiques, par exemple deux pièces de monnaie neuves, on n'entend encore rien. Mais, s'il existe entre ces pièces la plus petite différence de poids ou de titre, le téléphone rend un son bruyant.
Pour faire des mesures, on se sert du sonomèlre représenté à la partie supérieure de la figure. Trois bobines c,d,e, sont disposées sur une règle horizontale ; celle du milieu d est mobile et placée dans le circuit des bobines 6' 6 et du téléphone; les deux autres sont fixes, et peuvent, à l'aide d'un commutateur, être substituées aux bobines aa' dans le circuit primaire. Elles sont alors parcourues en sens, inverse par le courant et, si la bobine d est
exactement au milieu, elles y produisent à chaque instant des courants induits égaux et contraires, qui se neutralisent. On n'entend donc aucun son dans le téléphone; mais le téléphone se met à parler, si on déplace la bobine d à droite ou à gauche. Pour faire une mesure, on met les deux objets à comparer dans les doubles bobines, et l'on déplace d jusqu'à ce qu'en plaçant alternativement dans le circuit les bobines 6 6' et le sonomètre, on ne perçoive aucune différence entre les sons. Le déplacement de la bobine d sert de mesure à la différence de propriétés qui existe entre les deux objets considérés.
L'appareil est fort sensible; malheureusement, les doubles bobines n'étant jamais identiques, il est extrêmement difficile d'amener le téléphone au silence complet. Entre autres applications, M. Hughes a proposé d'employer sa balance à la recherche des projectiles dans les blessures. Le téléphone étant silencieux, on approche l'une des doubles bobines de la blessure. Cette méthode a été essayée sans succès sur le président Garfield.
BALANCE DE TORSION. -~ Appareil à l'aide duquel Coulomb a vérifié, vers 1784, les lois des attractions et des répulsions électriques et magnétiques.
Pour niesurer les actions électriques. Coulomb se servait d'une balance, dont le fléau, mobile autour d'un axe vertical, était formé d'un fil de soie enduit de cire d'Espagne et terminé par un fil de gomme laque; ce levier était suspendu par son milieu à un fil d'argent très bien recuit, de 0,035 millimètre de diamètre et d'environ 85 centimètres de longueur. Le fléau porte à l'extrémité du fil de gomme laque une petite balle de sureau et à l'autre bout un contrepoids. Le fil d'argent est saisi à la partie supérieure dans une pince qui permet de le tordre; un index ou un vernier, fixé à la pince, mesure la torsion sur un cercle gradué. Une boule ûxe est portée par un support également terminé par un fil de gomme laque. Dans le modèle représenté (fig. 94), une division, gravée sur le couvercle de verre, permet de mesurer la distance angulaire des deux boules. Le fond est formé d'une glace étamée, qui évite les erreurs de parallaxe.
Pour les actions magnétiques. Coulomb se servait d'une balance analogue , inais l'aiguille mobile était remplacée par un aimant, et la boule fixe par l'un des pôles d'un aimant vertical assez long pour que l'action de l'autre pôle sur le barreau mobile fût négligeable.