BUREAU. — CABLE
BUREAU. — Bureau télégraphique. — Local qui renferme un poste télégraphique ; ce bureau contient notamment un ou plusieurs manipulateurs et récepteurs, les sonneries, galvanomètres, paratonnerres, piles, et autres appareils accessoires.
Il existe en France un petit nombre de bureaux permanents, ouverts le jour et la nuit. Les autres bureaux sont à service complet ou à service limité. Les premiers sont ouverts de 7 heures du matin en été, de 8 heures en hiver, à 9 heures du soir. Les bureaux à service limité sont ordinairement municipaux, c'est-àdire administrés par les agents des communes. Lorsque ces bureaux sont adjoints à un bureau de poste, ils sont ouverts aux mêmes heures, c'est-à-dire en général de 7 ou 8 heures du matin à midi et de 2 heures à 7 heures du soir. Dans les localités qui n'ont pas de bureau de poste, les bureaux à service limité sont généralement
ouverts de 9 heures à midi et de 2 à " heur»^ les jours ouvrables, et seulement de 8 heures. 9 heures du matin et de 1 heure à 2 heur^> du soir les dimanches et jours fériés.
Bureau téléphonique, — Local renfermant i poste téléphonique : téléphones et microphonei piles, commutateurs, liste des abonnés, ^tc Généralement les bureaux téléphoniques ps biics sont adjoints à un bureau télégraphique
Bureau d'intérêt privé. — Bureau appartrnant à un particulier ou à une administration indépendante de TÉtat. Les lignes d mténf privé sont de deux espèces : les unes rattacka un bureau d'intérêt privé au réseau de l'ÉUi; les autres relient deux ou plusieurs bureâai privés. Les premières sont construites et entretenues par rÉtat et restent sa propriété Les autres peuvent être construites par l'Eu ou parles particuliers, suivant la décision è ministre.
CABESTAN ÉLECTRIQUE. — La Compagnie des chemins de fer du Nord a présenté à Texposition de 1889 un cabestan électrique par lequel elle a remplacé avantageusement les appareils hydrauliques précédemment employés dans son exploitation.
Cet appareil (ûg. 136) se compose d'une machine dynamo-électrique à deux anneaux, dont] Farbre porte, à Tune de, ses extrémités, un pignon qui engrène avec une grande roue dentée horizontale : sur Taxe de cette roue est montée la cloche du cabestan, autour de laquelle s'enroule le câble.
L'appareil est mis en mouvement à Faide d'une pédale agissant sur un commutateur spécial de groupement, auquel se relient les extrémités des fils des anneaux et des inducteurs de la dynamo, et qui permet de mettre graduellement en série ou en dérivation les diverses parties de la machine. On obtient ainsi différentes vitesses de rotation, et des efforts variant de 350 à 400 kilogrammes, sans avoir recours à des résistances variables, qu'il serait difficile de loger dans un espace aussi restreint. Depuis cette époque, la machine à deux anneaux a été remplacée par une dynamo multipolaire; cette modification permet de réduire
les dimensions de l'ensemble, d'obtenir un meilleur rendement et des efforts plus considé râbles. Le commutateur spécial de groupemt'ni a été aussi abandonné et remplacé par an commutateur avec rhéostat qui donne des résultats plus satisfaisants.
GABLE. — Conducteur isolé employé pour la construction des lignes de grand débit l^ câbles sont formés ordinairement d'un certain nombre de brins de cuivre isolés, puis réuni> en faisceau, ou plus souvent groupés d'aborti en toron, puis recouverts de matière isolante. Parfois enfin on tord ensemble un certain nombre de ces faisceaux isolés. Un câble ^'' compose donc d'une âme conductrice et d'une enveloppe isolante, auxquels on ajoute fréquemment un revêtement destiné à le protéset contre les accidents et l'humidité. Qu'ils soient destinés à la télégraphie, à la téléphonie ou a l'éclairage, les câbles présentent toujours f?» mêmes parties essentielles, mais le nombre et les dimensions de ces parties changent suivant les conditions auxquelles ils doivent être soumis.
Fabrication des câbles. — Le nombre et If diamètre des brins qui forment l'âme conductrice varient suivant les cas. Lorsqu'on y^"'
CABLE
laisser à de petits câbles une certaine souplesse, on prend des brins très fins et on les réunit en ^rand nombre. Certains fabricants font usage (le brins d'un diamètre déterminé, de sorte <ïu'on peut facilement déduire de leur nombre la section totale du conducteur. La pratique a montré que Tàrae conductrice doit présenter au moins 1 millimètre carré pour 2 ou 3 ampères <rintensité & transmettre.
Les brins sont généralement enroulés sur des tambours' différents, puis tordus ensemble
à Taide d'une machine à cÂbler analogue à celle des passementiers; l'opération est conduite de manière à ne pas altérer la conductibilité normale des fils.
Lorsque le câble doit être placé dans un endroit sec, il suffit de revêtir le toron de cuivre d'enveloppes de coton ou de soie, que l'on recouvre ensuite d'un ruban bitumé; toutes ces enveloppes sont appliquées à l'aide de métiers du même genre.
Lorsqu'au contraire le câble doit être exposé
Fig. 136. — Cabestan électrique.
à l'humidité, les enduits isolants et protecteurs doivent être beaucoup plus efficaces. Comme substances isolantes, on emploie alors le chanvre, le jute, des tresses de coton, du caoutchouc, de la gutta-percha, etc. Les deux dernières sont les meilleures. Sauf la guttapercha, ces matières s'appliquent toutes à l'aide de métiers.
Si Ton fait usage de caoutchouc, il est souvent préférable de ne pas le mettre en contact direct avec le cuivre : on se sert alors de cuivre etamé, ou Ton entoure d'abord le conducteur d'un ruban de coton bitumé. Dans ce cas, le Dictionnaire D'ÉLECTRicrrÉ.
même métier qui réunit les fils de cuivre e» toron, les recouvre en même temps d'un ruban bitumé et d'un ruban de caoutchouc pur, non vulcanisé, enroulés en sens inverse, et pardessus lesquels il tresse en même temps une enveloppe de coton. On peut même appliquer successivement deux ou trois garnitures de ce genre, en changeant chaque fois le sens de Tenroulement,
La gutta-percha est appliquée à chaud, au moyen d'une presse hydraulique : elle sort par un orifice circulaire, plus ou moins large, suivant l'épaisseur qu'on veut lui donner. Le
CABLE
toron de cuivre est guidé de manière à former toujours Taxe de la matière isolante. On recouvre ensuite au métier la gutta-percha de coton ou d'une autre substance textile. Certains câbles portent plusieurs couches de gutta, cimentées ensemble à Taide de composition Chatterton (voyez ce mot).
Enfin les câbles peuvent être protégés par une armature de fer ou d'acier, ou par une
garniture de plomb. Le fer et l'acier sont appli' qués sans pression par des métiers de dimensions convenables.
Le plomb est appliqué de deux manières différentes, soit par fusion, soit en introduisant le câble dans un tuyau de plomb an peu pli^ large et passant ensuite le tout à la filière poor faire adhérer le métal.
La figure 137 montre divers genres de câbles:
Fig. 137. — Câbles divers (RatUer).
les trois premiers sont des câbles sous plomb pour signaux et sonneries; les deux suivants, destinés à la télégraphie, sont recouverts du même métal; les deux derniers, destinés aux torpilles, sont en cuivre étamé, et entourés d'une armature de torons de fils de fer galvanisé.
Câbles Sieme^is, — Ces câbles sont à enveloppe de plomb entourée d'une gaine isolante, qui est recouverte elle-même par deux rubans de fer à spires non jointives, enroulés simultanément et en hélice ; le tout est protégé par une enveloppe de jute goudronné. Le plomb est appliqué à froid à la presse hydraulique.
Ces câbles servent surtout pour les lignes souterraines destinées à l'éclairage. Ils contiennent à l'intérieur un fil isolé qui sert pour le retour , lorsqu'on veut mesurer les tensions sur un câble en service
Pour réunir deux câbles placés bout à bout, ou bien un conducteur principal et un conducteur secondaire, on dénude les extrémités de ces conducteurs, on les amène au contact, et on les serre, au moyen de quatre boulons, entre deux manchons de cuivre étamé. Le fil isolé, destiné au contrôle des tensions, passe en dehors de ce manchon. Le tout est placé dans une botte de jonction en fonte, à double paroi, formée de deux coquilles réunies par des boulons. L'intérieur de la boite et de la double paroi est rempli d'une matière isolante, et les joints sont protégés par des bourrelets en jute goudronné (Voy. Canausation).
Cdhles Broocks. — Dans ces câbles, les conducteurs sont séparés par une couche de jute bien sec; ils sont placés ensuite dans des tubes
de fer qu'on réunit avec soin et qu'on remplit d'huile de pétrole. Ils servent surtout pour la télégraphie et la téléphonie : un tube de fer de 4 centimètres de diamètre intérieur peut re(^ voir facilement jusqu'à 50 fils télégraphiques: l'isolement n'est pas aussi bon que par les méthodes ordinaires.
Câbles Berthoud et Borel (de Cortaillod). - Ce? câbles, qui peuvent servir pour la télégraphie comme pour l'éclairage, sont très bien isolés. Les conducteurs, préalablement recouvert d'une ou plusieurs couches de matière textile. sont enroulés sur un tambour en fer perce d'un grand nombre de trous, que l'on plonge ensuite dans un bain à 200« ou 250», formé d'huile de lin oxydée et de résine. On laisse se dégager complètement l'air et l'humidité, el, lorsque la surface du bain est devenue parfaite ment calme, on enlève le tambour et on le place dans une caisse fermée, qu'on porte auprès de la presse destinée à faire le revêtement de plomb. De cette manière le câble na pas le temps de reprendre d'humidité. Pour éviter les inconvénients provenant de trous ou de défauts dans l'enveloppe de plomb, on peut en ajouter une seconde, qu'on sépare de la pr^ mière par une couche de brai gras, résultant de la distillation du goudron de houille. Enfin les deux extrémités du câble sont entourées d'un manchon d'ébonite, suivant l'axe duquel se prolonge l'âme conductrice. On coule dans ces manchons de la paraffine fondue, qui produit une fermeture parfaitement étanche.
La figure 138 montre les principaux types de câbles Berthoud-Borel. On voit d'abord les différentes couches d'un câble sous double plomb,
CABLE
pour sonneries et télégraphes, puis la coupe de divers câbles sous double plomb pour téléphone, télégraphe et lumière électrique.
Pour réunir les deux bouts d'un même càblei, Ja maison Berthoud-Borel se sert de la pre< mière boite (flg. 139); on voit que les divers
Fig. 138. — CAbles Berthoud-Borel. de Cortaillod (Suisse). •
conducteurs des câbles sont séparés et réunis 1 blir une dérivation par un procédé analogue, isolément. La seconde disposition sert à éta- | Dans les deux cas, la boite est ensuite remplie
Flg. i39. — Boltec de jonclion Berlhoud-Borel.
de paraffine. Enfin, lorsque les câbles sont formés d'un grand nombre de conducteurs, pour éviter les mélanges, on sépare tous les fils, et
Fig. 140. — iMwiien des câbles Berthoud-Borel.
on les raccorde séparément sur un bloc d'ébdnite, comme le montre la figure 140.
Câbles Portin-Hermann. — Dans ces câble»,
CABLK.
4M brins conducteurs sont enfilés dans une série de perles en bois assez rapprochées pour se toucher les unes les autres. Ils peuvent alors être réunis en faisceau et introduits dans un tuyau de plomb sans qu'il se produise aucun contact entre les divers brins.
Mesure de risolement d'un câble ou d'un conducteur. — Cette mesure n'est autre chose qu'une mesure de résistance. Le câble est plongé dans Teau acidulée, ses deux extrémités étant hors du liquide. L'une d'elles (4) est reliée à la pile, dont l'autre pôle communique avec une lame de cuivre (3) plongée dans le bain (ilg. 141). On mesure ainsi la résistance
Fig. lit. — Mesure de l'isolement d'un conducteur.
de l'enveloppe isolante. On peut le faire par la D^éthode du pont de VVheatstone (Voy. Résistance) ; on peut se servir pour cela de la table que nous décrivons à l'article Mesures.
Pose des câbles. — Voy. Canalisation.
Câbles sous-marins. — Le premier cable sous-marin fonctionna entre Calais et Douvres en 1851; le premier câble transatlantique fut posé entre l'Irlande et Terre-Neuve en 1866. Les câbles destinés aux lignes télégraphiques sous-marines ne difTérent pas en principe des précédents et sont composés des mêmes parties essentielles, mais ils doivent présenter évidemment des qualités d'isolement et de résistance mécanique toutes particulières, à cause de la traction considérable qu'ils subissent pendant la pose, et même une fois mis en place, et des dangers de toutes sortes qui les menacent au fond de la mer : destruction de l'isolement par les crustacés qui se logent dans le chanvre ou la gutta-percha, rupture ou usure par les animaux marins, les ancres et engins de pèche, les glaces flottantes, le frottement sur les rochers, etc... Ces causes d'accidents vont d'ailleurs en s'atténuant avec le temps, car il peut arriver que le câble s'enfonce peu à peu dans le sable ou dans la vase, ou se recouvre de dépôts et d*incru stations qui augmentent sa solidité.
Fabrication des cdbks sous-marins, — Ces câbles sont formés d'un certain nombre de brins réunis en toron, généralement onze pour
les câbles les plus gros ; le brin placé suivant l'axe possède ordinairement un diamètre supérieur à celui des autres. Le toron est fabriqué au moyen d'un métier analogue à celui des passementiers, ainsi que nous l'avons indiqué plus haut, par fragments de 1 ou 2 milles marins (le mille vaut 185o,28 m.); ces morceaux sont ensuite réunis bout à bout.
On entoure ce toron d'une enveloppe de gutta-percha appliquée à chaud ; mais auparavant on enduit le cuivre de composition Chatterton, pour Tempècher d'être mis à nu si la gutta venait à se fendiller. Par-dessus l'enveloppe de gutta-percha, on enroule successivement et en sens inverse deux couches de chanvre imprégné de tannin pour le rendre inaltérable par l'eau. Un certain nombre de ces câbles peuvent être réunis en toron et entourés d'une nouvelle couche isolante qui les maintient : on a alors autant de conducteurs distincts que le câble contient de parties.
On entoure ensuite le câble d'une armature de fils de fer ou d'acier galvanisés, enroulés sans torsion et en spires jointives sur toute la longueur; cette armature est recouverte à son tour de deux enveloppes successives et enroulées en sens inverse, formées de chanvre imprégné de poix minérale ou d'un mélange d'asphalte et de silicate de chaux. Cette enveloppe, que l'on arrondit en faisant passer le càbJe à travers une plaque métallique percée d'un orifice de grosseur convenable, sert à protéger le fer contre la rouille. On l'enduit enfin de craie délayée dans l'eau, pour empêcher les spires de se coller les unes aux autres pendant la durée de la pose.
L'armature de fer est formée d'un nombre de fils variable, suivant la résistance mécanique qu'on veut donner aux câbles. Cette résistance doit être d'autant plus grande que l'on se rap- D roche davantage des côtes, car c'est dans ces parages que les câbles sont le plus exposés à l'action des tempêtes et aux accidents produits par les ancres, engins de pêche, etc.. Aussi les câbles d'atterrissement portent, par-dessus la couche de chanvre extérieure, une seconde armature formée de gros fils de fer galvanisé, qui sont d'abord réunis en toron trois par trois; ces faisceaux sont ensiiite enroulés en hélice autour du câble (fig. 142, n* 3).
Les fils de fer qui doivent servir à faire les armatures, et les câbles eux-mêmes, après leur fabrication, sont soumis à des essais ayant pour but de constater qu'ils présentent bien la résistance mécanique indispensable.
CABLE
La figure 142 représente divers échantillons de câbles sous-marins et sous-fluviaux. Le premier est à sept conducteurs, formés chacun de sept brins de 0,8 mm. de diamètre ; Tépaisseur da diélectrique est 8 mm. ; Tarmature est formée de 16 fils de fer galvanisés de 7 mm. Le second est un câble sous-marin formé d'un seul conducteur à sept brins; il est entouré par
deux armatures de fils de fer galvanisé. Letroi** sième est un câble d'atterrissement à deux conducteurs formés de trois brins; la première armature est composée de treize fils de fer de: 5 mm. ; la seconde comprend douze torons de. trois fils de même grosseur. Le quatrième est au. contraire destiné aux mers profondés: il est formé de sept brins de bronze silicieux, et en*
Kig. iAi. — CàblcH souft-fliiviaux et Mous-mariiis (Raltier;.
louré d'une armature de douze fils de fer de 1,1 mm., couverts de filin à 4 mm.; il est isolé à la gutta-percha.
Enfin le dernier est un câble sous-fluvial à trois conducteurs, formés chacun de 7 brins ; dans deux de ces conducteurs les brins sont de 0,6 mm. ; dans le troisième, ils sont de 0,75 mm. ; ce câble possède deux armatures de dix-huit fils de fer de 3 et de 5 mm., et il est enfin recouvert d'une composition asphaltiquc.
Pose et entrelien des câbles sous-marins, — Avant de poser un câble, on fait des sondages nombreux pour déterminer la profondeur et la nature du fond, et Ton choisit le chemin le plus convenable. Le câble, enroulé sur de gros tambours, est embarqué sur des navires de fort tonnage, aménagés spécialement pour cet usage, et pouvant marcher à volonté en arrière et en
avant. Le Faraday, le plus grand des navires destinés actuellement à la pose des câbles; a 360 pieds de long et jauge plus de 6000 ton»ncaux. Quoique à hélice, il a Tavant et TarrièrQ exactement semblables et munis chacun d'un gouvernail. Il peut porter 1 500 milles de câble.
L'extrémité étant fixée à ten-e, le navire s'éloigne filant le câble derrière lui nuit et jour jusqu'à ce qu'il soit arrivé au terme de sa course. Des freins permettent de régler la vitesse d'immersion. On fait suivre au câble, nuy tant que possible, la forme du fond; le navipe reste constamment en communication électrique avec le point de départ par l'intermédiaire du câble, ce qui permet de constater à, chaque instant si la partie immergée est en bon étali. Lorsque le câble est très long, la pose se f^it
iil^
CADRAN (TÉLÉGRAPHE a). — CANALISATION ÉLECTRIQUE.
en plusieurs fois ; c'est ce qui a lieu pour les câbles transatlantiques.
La transmission d'un courant électrique à. travers les cÂbles sous-marins ne se fait pas aussi simplement que par un conducteur ordinaire. Ces câbles constituent en effet de véritables condensateurs, dont le collecteur est représenté par Tâme conductrice, le condenseur par Tarmature de fer, et la lame diélectrique par Tenveloppe de gutta-percha. Lorsqu'un courant est lancé dans le câble, il charge ce condensateur avant d'arriver jusqu'à l'autre extrémité. Il faudra donc, pour envoyer un signal, un temps variable non seulement avec la longueur et la résistance du câble, mais aussi avec sa capacité électrostcUique par mille marin. En général la vitesse de transmission est inversement proportionnelle à cette capacité, à la résistance et au carré de la longueur. La résistance est elle-même en raison inverse du 4i&mètre de l'âme conductrice, et la capacité dépend du rapport des diamètres de l'âme et de l'enveloppe isolante. Il faut tenir compte aussi de la pénétration de l'électricité dans la substance diélectrique. Aucun récepteur ne transmet un signal d'Europe en Amérique en moins de 0,2 seconde. Le courant arrive graduellement, passe par un maximum, puis décroît jusqu'à zéro en un temps égal au premier. De là la nécessité d'employer pour la télégraphie sous-marine des récepteurs spéciaux (Voy. Télégraphie).
Les réparations des câbles sous-marins nécessitent une série d'opérations extrêmement compliquées. Il faut d'abord déterminer par des procédés spéciaux dans quelle région exacte s'est produit le dérangement. Puis, afin que l'opération se fasse le plus promptement possible, des vaisseaux appartenant aux compagnies télégraphiques sous-marines et armés pour ce but spécial se tiennent constamment dans les parages où les accidents sont le plus fréquents.
CADRAN (T£L£6RAPHE A). ~ Voy. Télégraphe.
CADRE GALYANOMtTRIQUE. — Bobine qui porte le fil du galvanomètre et renferme l'aiguille; elle est le plus souvent rectangulaire, quelquefois ovale (galvanomètre Thomson).
Dans certains instruments, le cadre est en cuivre; les courants induits qui s'y développent alors amortissent rapidement les oscillations.
CAGE DE PARADAT. — Appareil imaginé par Faraday pour montrer que l'électricité se porte à la surface des corps conducteurs. C'est une
cage en treillage métallique ou en bois recouvert d'étain; on peut la porter à un potentiel élevé sans que les corps placés à l'intérieur manifestent la moindre trace d'électrisation.
CALORIE. — Unité de quantité de chaleur : c'est la chaleur nécessaire pour élever de 0* à l** la température de i kilogramme d'eau. On fait souvent aussi usage de son sous-multiple la petite calorie ou calorie-gramme ^ qui est la quantité de chaleur nécessaire pour échauffer de 0^ à i^ un gramme d'eau. La destruction ou la production d'une calorie-gramme correspond à la production ou à la destruction de 0,425 kilogrammètre. C'est Véqmvalent mécanique de la chaleur. En unités absolues, cet équivalent est 0,425 X10»X^ ergs ou 0,425 X 10 -« X (/ watts = 4,1 7 watts (en prenant (^= 984 ). AME CORRECTRICE. — Organe des appareils télégraphiques de Hughes et de Baudot.
CAISSE DE RtSISTANCE. — Voy. Boite de
RÉSISTANCE
CALAGE DES BALAIS (ANGLE DE). — Voy.
Balai.
CANALISATION ÉLECTRIQUE. — Circuit réunissant une source d'électricité avec les appareils qu'elle doit actionner. Ce circuit peut être destiné à des courants de faible intensité (télégraphes et téléphones); il peut alors être aérien ou souterrain et formé de fils ou de câbles. Lorsqu'il doit transporter des courants de grande intensité (éclairage, transmission de l'énergie), il est le plus souvent souterrain et formé de câbles. Les conducteurs aériens sont généralement des fils, et leur ensemble est désigné sous le nom de ligne (voy. ces mots). Le nom de canalisation est plutôt réservé aux lignes souterraines, que nous traiterons seules ici. Le lecteur trouvera au mot Cable tout ce qui a rapport aux lignes sous- marines.
Les canalisations souterraines sont quelquefois formées de fils, le plus souvent de câbles. Comme les conducteurs n'ont à supporter aucune traction, étant soutenus sur toute leur longueur, on les fait toujours en cuivre ou en bronze silicieux. Pour mieux protéger ces conducteurs, on les place ordinairement dans des conduites en fonte, en poterie ou en ciment; chaque conduite peut d'ailleurs recevoir un nombre variable de câbles. Les tuyaux présentent toujours de distance en distance des regards qui permettent de faire des essais en des points intermédiaires, de vérifier l'état des conducteurs et de les remplacer au besoin sur une partie de leur longueur. A chaque regard, les conducteurs doivent être numérotés, afin qu'on
CANALISATION ÉLECTRIQUE
puisse reconnaître facilement celui auquel on a affaire.
Dans les tuyaux de fonte ou de poterie, le condocteur est introduit à une exi rémité, et on Je fait pénétrer par traction de regard en regard.
Cette opération se fait à Faide d'un treuil qu'on voit à gauche (fig. 143), et auquel est attaché par une ficelle un chariot de traction, formé de trois armatures contenant des galets en fonte d^un diamètre inférieur à celui des tuyaux, et disposés de telle sorte que le galet du milieu se trouve dans un plan perpendiculaire à celui qui contient les deux galets extrêmes. Ce chariot tire le câble, qui est attaché à son arrière par un grappin, et enroulé sur un tambour placé à droite de la figure. Le même procédé est utilisé pour les lignes militaires.
Pour les conduites en ciment, on a proposé de les faire en deux parties : on place d'abord la partie inférieure, dans laquelle on étend le conducteur sans le soumettre à aucune traction, puis on place et on scelle par-dessus la partie supérieure du tuyau. Dans ce cas, la pose du câble se fait très simplement : il est commode de l'enrouler sur un tambour porté par des roues de voiture et traîné par des chevaux. On fait passer l'appareil le long de la rigole de ciment, dans laquelle le câble se place facilement.
Dans les villes, on utilise ordinairement les égouts pour y placer les conducteurs souterraine, ce qui évite de creuser des tranchées et d'établir des conduits. On a en outre l'avantage de pouvoir examiner facilement les conducteurs
Rg. 143. — Traction des câbles dans les conduites de fonte.
sur toute leur longueur. Mais il est bon d'employer alors des câbles sous plomb, pour les préserver de Faction des gaz et des vapeurs qui se dégagent dans cette atmosphère viciée, ainsi que de la dent des rongeurs. Les canalisations en fonte sont employées en Angleterre, en Belgique, et sur les grandes artères françaises. SoQTent aassi, en Belgique, on fait usage d'une sorte de caniveau en briques dans lequel le câble repose sur un lit de sable. Enfin, sur certaines lignes françaises, et en Allemagne, on n'emploie aucun conduit protecteur : le câble est simplement déposé au fond d'une tranchée de i mètre de profondeur. La figure 144 montre la construction d'une ligne souterraine, au moment où l'on place une sorte de cuve en fonte formant la chambre terminale.
Nous donnerons, pour terminer cet article, quelques indications sur les canalisations les plus récentes, notamment sur celles établies à Paris en 1889 par les diverses compagnies concessionnaires de l'éclairage électrique.
La Société Edison a établi une canalisation ik Irois fils, en circuits coniques, c'est-à-dire que
les câbles vont en diminuant de section pour les uns et en augmentant pour les autres Ces câbles sont en bronze silicieux. Ils sont placés dans des caniveaux en sable aggloméré (fig. 145) ayant 10 centimètres d'épaisseur, 37 de hauteur et 55 de largeur. Des tra verses en fer, percées de 4 trous filetés, sont disposées de 2 mètres en 2 mètres pour supporter les isolateurs, qui sont des cloches doubles en porcelaine émaillée\ fixées aux traverses par une vis et un écrou (fig. 146). Sur chaque cloche est vissée une pièce en fer galvanisé, munie d'une gorge profonde, dans laquelle on place les câbles, qui sont en cuivre nu.
Ces caniveaux sont établis à 15 centimètres de profondeur, sous les trottoirs. On a pratiqué au croisement des rues des puits de 6 ou 7 mètres de profondeur, reliés par une galerie de 1,5 m. de hauteur et 75 centimètres de largeur. Dans les petites rues, la compagnie, ne disposant que d'un emplacement beaucoup plus restreint, se sert de conduites rectangulaires en poterie.
La Société pour la transmission de la force
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CANALISATION ÉLECTRIQUE
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CANALISATION ÉLECTRIQUE
par Vélectricité emploie également des fils de cuivre nu, placés sur des cloches en porcelaine,
et maintenus par des barrettes en fer galvanisé,' serrées à Taide de boulons. ' . '••
Trottoir
Vig. 145. — CanaiisalioD de |la com|Mignie continentale Edison.
La Compagnie V. Popp fait usage de tubes en fer de 20 centimètres de diamètre, semblables h
ceux qu'elle emploie pour la distribution de Tair comprimé', et réunis par des bagues de caoutchouc et des colliers en fer à boulons. Les câbles reposent sur le fond de ces tuyaux (fig. 147).
Enfin le service municipal à basse tension a établi des caniveaux en ciment dans lesquels sont fixés des cadres en bois portant des crochets en fer vitrifié. Les câbles, soigneusement isolés au caoutchouc, sont posés sur ces cro-. chets. Pour la distribution à haute tension, les
Kijr. na. — Isolateur en porcelaine.
Pig. 147. — Canalisation de la compagnie V. Popp.
câbles sont placés dans des moulures en bois ÎQiitallées dans des caniveaux du mémo genre.
En Amérique, où Téclairage électrique est très développé, les canalisations souterraines
CANALISATION ÉLECTRIQUE
s ont généralement préférées aux (Ils aériens. A Chicago la canalisation, de forme cylindrique, comporte un grand nombre de trous au travers desquels passent les câbles. Des regards sont placés & tous les coins de rue pour envoyer les
fils dans toutes les directions. A Brooklyn, oca examiné au bout de deux ans une ligne sooter raine placée dans des tuyaux de bois enduit J créosote. Les garnitures de plomb étaient fc tement attaquées par Taide caxbonique, lor^
Fig. 148. — Canalisation Grompton avec supports mobiles.
qu*elles étaient en plomb pur ; celles qui étaient mélangées d'étain étaient restées intactes.
La Société américaine Edison fait usage des dispositions indiquées à Tarticle Conducteur.
En Angleterre on se sert de systèmes parti-
culiers. M. Crompton, qui a le premier emploj? des conducteurs nus dans des caniveaux, utilisa des conducteurs à section carrée, qui se fabriquent par grandes longueurs et sont assez rigides pour qu'on puisse espacer les supporb^ie
Pig. 149. — Canalisation de la Saint-James Company, à Londres.
15 à 20 mètres. Ces supports sont des isolateurs en verre verni, reliés par des cordelettes à d'autres fixés sur des poutres transversales . Des trous d'homme sont placés de distance en distance. Les dérivations sont formées de câbles sous plomb.
Pour les cas où les conducteurs fixes sonl d'un emploi difOcile, M. Crompton a imagio' un petit chariot (fig. 148), qui porte des isolateurs. Ceux-ci soutiennent une poulie, sur laquelle s'appuie la bande de cuivre. On peutainM
Pig. 1 50. — Canalisation Siemens, à Beriin.
introduire directement les câbles et leurs supports par l'une des extrémités de la conduite.
Ldi Saint-James's and Pall Mail Electric Lighting Company se sert de lames minces et plates de cuivre nu, qu'on réunit en nombre convenable pour, obtenir la section voulue, au moyen de
petites pièces en bronze. Ces conducteurs sont placés sur champ dans des trous carrés pratiqua dans des supports en faïence vernie, qui sont disposés dans une conduite en fonte, fermée par un couvercle boulonné. Ce système est peu coûteux ; de plus, il tient peu de place et il est
CANDLE. — CAPACITÉ ÉLECTROSTATIQUE.
parfaitement étanche. Les différentes pièces de la conduite sont réunies par des colliers en fonte qu'on remplit de soudure à Fétain (flg. 149).
En Ailemagne» on emploie presque exclusivement Je système Siemens. Les câbles (voy. ce mot) sont soigneusement isolés par une couche de jute imbibée de produits bitumineux, une eQTeJoppe de plomb, une seconde couche de jote, et deux séries de lames de fer recouvertes d'an enduit protecteur. Ces câbles sont placés directement dans la terre, et réunis par des boites de jonction (flg. 150) qu'on remplit ensuite de goudron chaud et qu'on ferme au moyen d'ane vis.
CANDLE. — Bougie de blanc de baleine, qui sert en Angleterre d'unité d'intensité lumimineuse; l'unité française, qui est la bougie stéarique de TÉtoile, vaut environ 1,15 candie; Tétalon Caroel, de 23,5 mm. de diamètre, brûlant par heure 42 grammes d'huile de colza apurée, qui équivaut & 6,5 bougies françaises, vaat par conséquent & peu près 7,4 candies. Enfin la candie vaut environ 0,06 unité absolue; cette unité absolue étant l'intensité, dans la direction normale, d'un centimètre carré d'on bain de platine à la température de fusion. CAKHE LUMIHEUSE. — Canne dont la pomme, semblable aux bijoux lumineux (Voy. ce mot), renferme une petite lampe & incandescence qu'on peut actionner à l'aide d'une pile placée, ainsi que son commutateur, dans la canne elle-même.
CANME THERMOMÉTRIQUE EXPLORA- TBICE. — Voy. Thermomètre.
CANOT ÉLECTRIQUE. — Voy. Bateau.
CAOUTCHOUC. — Le caoutchouc ou gomme élutique est un carbure d'hydrogène qu'on retire d'an certain nombre de plantes équatoriales, notamment le ficus elastica [artoearpées)^ le siphonia cahuchu {euphorbiiicées)^ et Yiatropha daûiea.
Le caoutchouc parfaitement pur est blanc, translucide. Celui du commerce est d'un brun jaune, flexible, sensiblement imperméable. ^n élasticité diminue quand la température s'abaisse.
Un mélange de caoutchouc et de soufre, porté à 130», éprouve une modification profonde; c'est le caoutchouc vulcanUé. 11 est extrêmement souple, nerveux et élastique. Il ne durcit pas par le froid et ne se ramollit pas par la chaleur; il offre une grande résistance à la compression; il n'est pas attaqué par les dis- ^Wants ordinaires du caoutchouc ; mais il ne % soude pas à lui-même.
Le caoutchouc est employé quelquefois comme isolant; il isole mieux que lagutta-percha; mais il n'adhère pas au métal et il est plus difûcile à appliquer.
GAP. — Angle que fait Taxe d'un navire avec l'aiguille de la boussole marine.
gapagit£ Electrostatique. — Lorsqu'on met un conducteur isolé en communication avec une source d'électricité, la charge qu'il prend ne dépend pas seulement du potentiel de cette source ; elle varie encore avec la forme et les dimensions du conducteur; c'est ce qu'on définit par la capacité. Supposons qu'on donne d'abord une charge telle qu'il ait un potentiel V, puis qu'on ajoute une nouvelle quantité d'électricité égale à la première, il est évident que le potentiel sera devenu double également. La charge d'un conducteur M est donc proportionnelle à son potentiel V.
M = CV
G est la capacité du conducteur.
Si l'on suppose V = l, il reste M =:C; la capacité est donc la charge qu'il faut donner au conducteur pour lui faire acquérir un potentiel égal à l'unité.
Nous avons supposé implicitement que le conducteur était assez éloigné de tout autre corps pour ne subir aucun phénomène d'influence. Nous montrerons (Voy. Gondbnsatbur) que le voisinage d'autres conducteurs a généralement pour effet d'augmenter la capacité. La définition qui précède doit donc être complétée ainsi : La capacité d'un conducteur est la cfiarge qu'il faut lui donner pour lui faire prendre un potentiel égal à I, tous les conducteurs qui Ventourent étant en communication avec le sol.
Capacité dCune sphère. — Nous citerons comme exemple la capacité d'une sphère, qui est très facile à déterminer. Soit M sa charge et R son rayon. Le potentiel est le même en tous les
points intérieurs : or au centré il est -g; on a
donc
ou
M = RV.
La capacité (i'tine sphère est égale à son rayon. — La capacité d'un conducteur est donc de l'ordre des longueurs et s'exprime, comme une longueur, en centimètres.
Unités de eapacilé. — Dans le système électrostatique G. G. S., l'unité de capacité est la capacité d'une sphère d'un centimètre de rayon.