TRIQUES
Éclairage sons-marin. — La lumière électri-
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que, n'étant pas due à une combustion, et n'ayant par suite aucun besoin d'oxygène, se prête parfaitement à l'exploration des profondeurs de la mer. La lampe sous-marine de M. Trouvé est une forte lampe à incandescence, enfermée dans un manchon en verre hermétiquement clos (fig. 256) et communi-
Fig. 256. — Lampe sous-mariue.
quant par deux conducteurs avec une pile au bichromate placée dans l'embarcation qui porte les pompes destinées à envoyer de l'air respirable au plongeur.
Éclairage des champs de bataille et des opérations militaires. — Malgré quelques essais tentés en 1859 lors de la guerre d'Italie, on peut dire que les premières applications pratiques de l'éclairage électrique à l'art de la guerre datent du siège de Paris en 1870. Mais les moyens de produire la lumière (piles et machines de l'Alliance) et de la projeter au loin étaient alors hors de proportion avec la portée des engins d'artillerie, et d'ailleurs les attaques de vive force furent extrêmement rares. Depuis cette époque, on a perfectionné les premiers appareils et l'on possède aujourd'hui des dispositions capables de rendre de grands services en cas de guerre.
. L'appareil électrique ordinairement employé à la guerre est le projecteur. Le modèle en usage dans l'armée française est le projecteur Mangin (Voy. ce mot) ; mais cet appareil, qui peut être installé à poste fixé dans certains cas, pour la défense des places et des côtes, doit souvent au contraire être rendu mobile. Le projecteur est alimenté par une dynamo Gramme, à électro-aimants plats, qui peut donner 2 500 carcels, lorsqu'elle est couplée en tension, et 4500 quand elle est couplée en quantité. Cette dynamo peut être disposée sur un chariot en fer à quatre roues (fig. 257), qui porte également un moteur Brotherood et une chaudière Field. Le projecteur, qui a 0,60 m. de diamètre, est monté sur un chariot à deux roues, qui porle aussi le câble conducteur. Pour le service, le projecteur peut être descendu et placé sur un socle léger en treillis; quatre hommes peuvent alors le transporter facilement.
MM. Sautter, Lemonnier et C'« ont présenté à la Conférence internationale des Sociétés de secours aux blessés militaires, en 1884, un appareil dans lequel tout le matériel nécessaire à l'exploration du champ de bataille est placé sur un seul chariot à quatre roues (fîg. 258). Ce matériel se compose d'une chaudière Field, timbrée à 6 kilogr., d'une dynamo Gramme pouvant donner une lumière de 60 carcels, commandée directement par un moteur Brotherhood à trois cylindres, qui tourne aussi vite qu'elle, à une vitesse de 900 tours par minute; cette disposition, sans aucun intermédiaire entre le moteur et la machine dynamo, a l'avantage d'être extrêmement rustique, insensible aux influences atmosphériques, et de fonctionner aussi bien par les temps de pluie et de brume que par les temps secs, sécurité que Ton ne saurait atteindre avec une transmission par courroie; elle constitue de plus, sous un petit volume, un ensemble léger et puissant.
Un tachymètre indique à chaque instant la vitesse de la machine, et établit pour le chauffeur un guide parfaitement sûr de l'allure Se l'appareil; devant cet ensemble de la machine à vapeur et de la dynamo, se dresse l'appareil de projection, posé sur le chariot pour le transport ; il est, pour sa mise en œuvre, porté à bras d'homme sur le terrain à 50 ou 100 mètres de l'appareil générateur d'électricité; on le place sur un socle en treillis très léger, qu'un homme détache de Pavant de la voiture et emporte sous son bras jusqu'au poste choisi.
Le chariot porte encore à l'avant, enroulé sur
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un tambour mobile, le câble à double conducteur qui doit être étendu sur le sol pour établir la connexion entre la machine électrique et sa lampe.
Cet ensemble pèse 2,000 kilos; il peut être traîné par deux chevaiïï.
Des expériences fort intéressantes, instituées
à Cherbourg et à Toulon, ont montré Tutilité de la lumière électrique pour la défense des côtes. A Toulon, on obtint une portée maximum de D,500 mètres. En étalant le faisceau par un sys-
tème divergent, on obtint, à 3,000 et 3,500 mètres un champ de plus de 200 mètres de longueur, suffisamment éclairé pour rendre faciles toutes les opérations de rarlillerie.
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Éclairage des carrières, des mines et des milieux explosifs. — Dès 1863, les ardoisières d'Angers reçurent un éclairage électrique alimenté par des machines de TAUiance; on remplaça ensuite ces machines par une dynamo Gramme, alimentant deux régulateurs Serrin, qui fonctionnent nuit et jour.
Pour les mines et les milieux explosifs. > nombreux accidents ont montré l'insuffisance de la lampe Davy. La lumière électrique po^ sède seule dans ce cas l'avantage inestimable d'écarter les risques d'explosion et d'incenii: On a essayé récemment en Angleterre d'établr dans les mines une installation complète i-
Fig. 258. — Appareil pour réclairage des champs de bataille.
clairage par l'incandescence ; mais ces tentatives ne sont encore qu'à l'état d'essai. 11 existe un certain nombre de lampes électriques portatives destinées à cet usage. G. Planté, dès 4881, yavaitadapté ses accumulateurs. Deux éléments placés dans des vases d'ébonite (on les a figurés en verre pour laisser voir l'intérieur) alimentent une petite lampe Swan qu'on peut entourer d'une toile métallique ou d'une éprouvette pleine d'eau, pour éviter les accidents en cas de
rupture (fig. 259). Pour charger les accumiii^ teurs, on serre les boutons CC qui les associ-'n^ en quantité, et l'on pousse les boutons BBi]!^ appuient sur les ressorts 66' représentés à par*' et communiquant avec les pôles du générateur Pour allumer la lampe, on desserre ces boulon^ et on serre DD' ; le premier réunit les élémeni' en tension ; le second établit la commonicali*}^ avec la lampe.
M. Edison a imaginé aussi une lampe à io^
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icence qui peut se suspendre aux parois des I quatre accumulateurs, groupés dans un bloc de leries. Dans le modèle de M. Swan (ûg. 260), | gutta-percha, peuvent fournir i,3 bougie pen-
Fig. 250. — Laiilerae électrique de PlanW.
iant 10 heures. Les éléments sont formés de ylindres en peroxyde de plomb. Ce modèle est
très employé dans les mines d'Angleterre. Les lampes des inspecteurs portent en outre un in-
Fig. 260. — Lampe Swan pour mineur avec son accumulateur.
dicateur de grisou, fondé sur la réduction de volume que subit en se combinant un mélange
Fig. 261. — Lampe pour mineur (Woodhouse et RawBon).
d'air et de grisou. On laisse pénétrer le gaz dans un petit tube, qu'on ferme par un robinet et
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qui contient un petit fil de platine, qu*on fait rougir ensuite par le courant. Un liquide coloré vient combler le vide, et son niveau indique la proportion de grisou contenue dans Tair.
La lampe de MM. Woodhouse et RawKir encore alimentée par un accumulateur, [ dans une boite en chêne (flg. 26i), et peut t rer pendant seize heures.
Fig. iùi. — Lampe électrique pour iiénélrer daus les inilieui explosifs.
MM. Schanschieff, Walker, Pitkin, Waughson, etc., ont construit des lampes analogues alimentées par des piles.
M. Trouvé a imaginé plusieurs lampes portatives (Voy . ce mot) qui peuvent servir pour les mines. Citons notamment le photophore, que nous décrivons plus loin, et qui est alimenté par une
petite pile portée en sautoir. Il peut être iff^^ la main ou se fixer sur le front (fig. 262). Ce r instrument est employé à rObservatoir« ' Paris pour relever la nuit les indications"^ instruments, sur les navires de guerre po"^^ usage analogue, par la Compagnie du ga^ P'' visiter les gazomètres, etc. Il peut servir