ACCIDENTS DUS A L'ÉLECTRICITÉ
semestre est versée au moment de la mise en service.
Il convient d'ajouter que les lignes auxiliaires des réseaux téléphoniques urbains, peuvent être mises, par voie d'abonnement, à la disposition des abonnés pour leur permettre de communiquer entre eux, deux par deux; les télégrammes téléphonés peuvent être l'objet d'un abonnement de 50 francs par an ; que les communications interurbaines peuvent être accordées moyennant une provision déposée au bureau de la Bourse, à Paris, Pour les communications interurbaines, les frais de constructions depuis les fortifications jusqu'au domicile extra muros sont à la charge de l'abonné; la direction des postes et télégraphes en fournit le devis, et le paiement de la dépense doit être effectué à la Recette centrale du département de la Seine.
ACCIDENTS DUS A L'ÉLECTRICITÉ. — Depuis dix ans, les applications de l'électricité se sont multipliées, et les distributions d'énergie électrique deviennent chaque jour plus nombreuses. 11 importe de se mettre en garde contre les accidents extrêmement graves que peuvent produire les appareils électriques, et surtout les cables aériens ou souterrains qui conduisent l'électricité à travers les rues.
En Europe, ces accidents sont relativement rares. Deux hommes furent tués à Paris, dans le Jardin des Tuileries, le 6 août 1882, pendant une fête de nuit donnée par l'Union française de la Jeunesse : voulant franchir le fossé de l'ancien jardin réservé, ils saisirent des conducteurs traversés par des courants alternatifs d'environ 500 volts.
En Amérique, où l'usage de l'électricité est déjà très répandu, le nombre des accidents est considérable. Il y a six ou sept ans, un homme fut tué à Pittsburgpar le courant continu d'une machine Brush alimentant seize lampes en tension, et donnant par conséquent 800 à 900 volts. C'est surtout à New-York, où le nombre des fils qui sillonnent les rues est extrêmement considérable, et les courants qui les traversent d'une grande intensité, que les accidents sont le plus fréquents. En dix-huit mois, huit personnes ont été tuées, et dix-sept blessées grièvement par des fils de télégraphe qui s'étaient rompus. Plus de cent décès, dus à 1 électricité, ont été enregistrés en 1889. Il n'est pas de semaine qui n'ajoute son contingent à cette funèbre liste. Un ouvrier circule au cintre d'un théâtre; il touche un fil électrique : aussitôt il est foudroyé, et son cadavre se balance, en brûlant lentement, au-dessus de la
foule terrifiée ; une spectatrice meurt d'épouvante. Un ouvrier disparaît. On le cherche : on le trouve mort sur un toit, foudroyé par un conducteur électrique.
Le 12 octobre 1889. dans un quartier des plus fréquentés, un employé des télégraphes, qui était monté, muni de souliers à crochets, au haut d'un immense poteau, où s'enchevêtraient des fils innombrables, fut pris sans le vouloir par un fil traversé par un courant intense, dont il ne put se dégager, et fut brûlé vif, sans que la foule pût le secourir. Plusieurs personnes ont été également foudroyées par des fils rompus.
Dans la nuit du 30 novembre 1889, deux employés étaient occupés à transporter une lourde pièce métallique du trottoir dans un magasin, sur la Huitième Avenue ; l'un d'eux mit le pied sur une grille de fer, et, au même instant, la pièce métallique vint à toucher une lampe à arc suspendue au-dessus de leurs tètes ; le malheureux tomba immédiatement foudroyé.
Dans la nuit du 3 décembre 1889, un train du chemin de fer surélevé de la Troisième Avenue accrocha un fil peu élevé et l'entraîna avec lui, de sorte que deux des voyageurs recevaient des secousses et les autres percevaient du côté de la toiture un bruit semblable à celui de la grêle.
A la suite d'accidents si terribles et si fréquents, la municipalité de New- York a fait enlever plus de HO 000 kilomètres de fils aériens.
Les canalisations souterraines elles-mêmes ne sont pas toujours exemptes de dangers : on a vu récemment à Paris les chevaux se cabrer sur les boulevards à la hauteur de la rue Louis-le- Grand, en passant au-dessus d'un fil souteiTain mal isolé. Quelques-uns s'abattaient comme foudroyés.
A New-York, on a vu des fils mal isolés produire l'explosion des conduits souterrains.
Au coin de William-Street et de Wall-Street (New-York), la continuité des conducteurs souterrains s'étant trouvée interrompue, le courant a fondu les câbles et les tubes de fonte qui les enveloppaient, sur une longueur de plusieurs pieds, et même, dit^on, le pavé adjacent, sur une surface de 2 mètres carrés.
D'après un article récemment publié par Edison, les courants alternatifs de haute tension, transmis par des conducteurs souterrains, seraient beaucoup plus dangereux que les fils aériens ; il serait, dit-il, tout aussi raisonnable d'enterrer des masses de nitroglycérine au cœur d'une ville. « 11 n'y a pas, dit Edison, de procédé d'isolement connu qui