‹ Dictionnaire d'esthétique chrétienneChapitre 101 sur 167 · VIE · texte numérisé non relu

VIE

ra-t-on que si l'art religieux n*a pu que perdre et même s'anéantir, par suite de cette imitation servîle de la nature et de ce culte exagéré pour la beauté de la chair, Fart, du moins, en tant qu*art, u*a pu qu*y éagner et que progresser dans cette nouvelle voie? Je répondrai hardiment que cette thèse, si agréable d ailleurs au commun des artistes et des amateurs, est insoutenable, pour peu qu*on prenne garde que délaisser fexpression morale et surtout Texpression mystique, la plus haute de toutes, pour courir après Texpression physique et charnelle, ce n'est pas, môme au seul point de vue humain, avancer, mais reculer. Tous les systèmes d*esthétique que peuvent imaginer les sens et les passions, n'empêcheront jamais que dans Thomme l'&me ne soit au<-dessus de la matière. Voilà ce qui explique la supériorité des sujets moraux sur les sujets physiques, et celle des sujets religieux sur les sujejts profanes, dans l'œuvre des plus grands maîtres comme dans celui des plus obscurs.

Ecoutons un témoignage non suspect de biçotisme ou de mysticisme outré ; c'est celui d'un connaisseur, d'un Aomme du métier^ d'un admirateur passionné des peintres de la Renaissance, k qui néanmoins la force de la vérité arrache ce remarquable aveu :

« La vue de tous les morceaux dont se compose l'œuvre immense du Titien fait naître une réflexion générale qui peut mériter d'être placée ici ; elle me semble prouver victorieusement la supériorité des sujets religieux sur les sujets profanes. Titien a été l'artiste le moins dévot de son temps ; allant plus loin que les Giotto, lesMasaccio,les Léonard, les Michel-Ange et les Ra- ])haël, qui avaient peu à peu émancipé l'art du dogme et fondé son indépendance, il est franchement sorti de la foi pour prendre tous les sujets que lui fournissaient son imagination, son goût, ses caprices. £t cejiendant* les œuvres qui ont surtout immortalisé le nom de Titien, comme celui de Raphaël, sontdes tableaux sacrés; VÂBSomption^ \a Cèn€y le saint Pierre martyr^ la Descente de croiXf surinassent, non-seulement les Vé" nus et les Danaé^ qui sont des compositions simples, mais aussi les Allégories^ par exemple, compositions non moins vastes et non moins compliquées. C'est que, dans tes sujets religieux, se trouvent et se trouveront longtemps encore, pour tous les arts, les dernières difficultés et la dernière grandeur. » (Les Musées d'Italie^ par Louis Viardot, édition 1842, pag. 345-46) Voy. Pnjf-

TliEE MYSTIQUE, RÉVÉLATION, CtC

VERBUM SUPERNUM PRÔDIÊNS.

Hymne caractéristique du 8* mode. Voy.

Modes ecclésiastiques.

VëRT BRHXANT. Couleur symbolique.

Voy. COULEUBS.

VERT PUR. Couleur symbolique. Voy.

Couleurs.

VERTUS (Les) ET LES VICES, sculptés.

Voy. Reims.

VKZELAY (Equse de la Madeleine de).

foy. Dimensions

YICTIMM PASCHALl. Analyse du cliaol de cette séquence. Voy. Modes ecclésiastiques.

VIENNOIS (Plain-ghant). Voy. Grégoeibn (Chant).

VIERGE MARIE. Le plus beau type guU après celui du Fils de Dieu fait homme, puisse être offert aux artistes et surtout aux peintres chrétiens. Que de ^andes et touchantes pensées ne révèle-t-il pas? Le type de Marie, c*est la réunion dans une seule personnalité, de ce que Tamour divin a de plus relevé, de ce que la maternité a de plus tendre, de ce que la virginité a de plus pur. Une femme, mère de Dieu, vierge et mère tout ensemble, voilà un mystérieux assemblage de titres ineffables qui, depuis dix-boU siècles, ont épuisé la pierre, le marbre, Tor et l'argent , aestinés a les reproduire, sous des formes sensibles, devant nos regards charmés ; trilogie céleste I en Thonneur de laquelle Téloquence a déployé tous ses trésors, la peinture ses images les plus brillantes, la musique ses accents les plus harmonieux.

Le type de Marie, c*est celui de la modes* tie, de Tinnocence et de la pureté; c*est celui de Thumilité dans toute sa profondeur; de la charité dans tout son héroïsme; c*esl Texaltation de l'humanité tout entière, dans la pratique des vertus les plus aimables, les plus hautes^ les plus universelles. C*est rhistoire de la civilisation moderne, la clef qui nous ouvre le secret de ses destinées.

Lorsque les barbares du Nord, les mains encore lumantes de carnage et de dévastation, vinrent s'agenouiller devant les images d'une Vierge et la reconnurent comme la mère sans tache du Dieu Sauveur, on vit un speetacte qui avait été caché jusque-là dans les profondeurs de réternelle Sagesse, et Vm comprit que tout était changé dans le monde ou plutôt au*il venait d'apparaître un monde nouveau. Ces hommes grossiers etfarouches» que rien n'avait pu fléchir, qui, au miiiem des contrées les plus riches, n'avaient semé

2ue la guerre et la désolation, se sentirent mus, au nom de Marie, et lui consacrèrent leurs puissances, leurs trésors, leurs familles et leurs personnes.

Chez les autres nations plus civilisées, ou, disons mieux, plus avancées dans le paganisme et dans son affreuse corruption, k culte de Marie opéra les mêmes prodiges, al au sein des villes les plus brillantes, les pins renommées, on vit des milliers de filles chrétiennes se vouer, sous ses auspices, à la pratique des plus héroïques vertus*

C'est ainsi qae Marie, véritable arche d'alliance, réunit dans le même culte et dans les mêmes hommages les peuples les pins divers, les plus opjtosés. Tous la proclamèrent leur reine, leur mère, leur avocale auprès de Dieu ; tous se mirent, avec 1M confiance spéciale, sous sa tutélaire pioieP tion. Et, parce que Marie avait été ans femme, les femmes trouvèrent en elltf^^cl ()ar elle respect et protection auprès . di cette société qui, jusque-là, les avtil eÉIt*

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