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TiconOi^raphie chrétienne trouvent aussi nalurelleinenl leur |>lace au mot Peinture, qui nous occupe actuellement ; mais Tobjet principal que nous nous sommes proposé dans cet article dont nous allons donner Tana* lyse, ç*a été la |)einture à la fresque, la peinture à rbuile, et, dans Tordre de ces deux Scnres, une esquisse historique et critique es grandes écoles d'Italie, depuis le xii' -siècle jusc|u'à la Renaissance, du xrr.
Les trois chefs des trois plus anciennes écoles de la peinture chrétienne en Italie, furent, en suivant Tordre chronologiçiue, Giunta, dePise; Guido, de Sienne; et Cimabué, de Florence. Tous trois, imitateurs des Grecs, ils se rattachent directement à eux par André Ricco, Grec lui-même, qui mourut à Candie, vers Tan 1105. Nous possédons de lui un échantillon peint sur bois, de la manière tout à fait byzantine^ qui représente une Vierge presque noire, avant son Fils dans les bras et la tèie ceinte d une couronne d*or. — Après André Rirco, le plus ancien peintre connu, vient Barnaba, né en Toscane, et mort en 1150. On a de lui, entre autres peintures, une Vierge et son Fils, avec une inscription en grec sur la tète de reniant. — Vient ensuite, par ordre de date, Bizzamano Toncle, qui florissait vers Tannée 118&. 11 est auteur d*un grand nombre de tableaux dont la plupart sont parvenus jusqu'à nous, et paAûi lesquels on remarque une 5aifi/e-Famt7/e qui prouve que, durant ces trente années, Tart a fait des progrès. Cette Sainte 'Famille^ d'une grAce infinie de Jbrme et d'agencement harmonieux, est d'un aspect mélancolique et affectueui. Les tableaux de Bizzamano, peints sur fond or, aux contours bordés d'un large trait noir, ressemblent déjà mieux à la nature que les
Seintares byzantines. — Bizzamano neveu orissait en 1190. Son tableau le plus important est la Présentation au temple ; il est remarquable par l'heureuse distribution des personnages, par leur expression naïve et par l'inscription qu'il porte : Hic Infans cœlum fundavit et terram. — Giunta, de Pise, Tun des trois chefs des plus anciennes écoles d'Italie, est auteur de fresques exécutées en 1210 dans l'église d'Assise. La plus importante est le Crucifiement f composition grande et noble, d'une belle ordonnance, mais où les personnages sont sjrmé- Iriquement rangés, graves et immobiles, comme dans les compositions byzantines. Le coloris, bien inférieur à celui des modèles, ne se compose guère que de tons jaunAtres el rougeAtres, se détachant sur un fond obacur, pour indiquer les chairs et les draperies. — Guido, de Sienne, qui florissait dans cette ville en 1221, inaugure le xur siècle. Comme ses prédécesseurs, il ne sort pas des Saintes Familles, et même varie i>eu les compositions de ses tableaux. Hais Quelle grâce, quelle naïveté charmante, quelle cxl^ression tendre et céleste dans ses délicieuses peintures! Les deux plus remarquables sont un tableau composé de six personnages, la Vierge, l'Enfant Jésus, saint
Jean, deux saints et une sainte couronnée», portant un étendard qui parait être celui de Sienne ; l'autre tableau représente une Vierge assise avec son Fils dans ses bras^ entouréo de deux saints el de deux saintes. Les accessoires sont délicieux et remportent certainement sur le principal de la composition, dont les formes sont roides et beaucoup trop arrêtées. L*ŒUvre. de Guido, de Sienne, est des plus remarquables ; et sa Vierge aux oiseatix^ en particulier, est un chef-d'œuvre qui ne redouterait oas la comparaison avec les plus belles toiles du xvr siècle.— AprèsGiunta, de Pise, et Guido de Sienne, vient Cimabué, de Florence, né en 1240 et mort en 1300. C'est un.imitateur des Grecs, plus intelligent, plus habile que ses devanciers, mais qui n*a encore nulle indépendance, nulle originalité. En examinant sa célèbre Madona^ on demeure convaincu que, supérieur à Guido. de Sienne» et plus encore à Giunta, de Pise, Cimabué, toutefois, n'est (^as le premier des peintres italiens. Il n'a point été, comme on le croit
Généralement, le restaurateur de la peinture u moyen Age : il a eu des prédécesseurs qu'il n'a pas toujours égalés à certains égards» comme on en a fait la remarque à propos de Guido, de Sienne; mais il a pris son essor plus tard, à cause des grandes fresques d'un beau style que Ton doit à son pinceau ; et Ton peut dire que, sous ce rapport, il a plus mérité de son art. — Après Cimabué, Giolto, son élève, né en 1276 et mort en 1336, peut être appelé le Raphaël de son temps. Tout en lui annonce l'étude de la sculpture; il a des plis larges et majestueux ; quelquefois même ses personnages ressemblent trop à des statues. Il peignit à Assise des traits dcf la vie de saint François, à côté des fresques de son maître Cimabué. Plus Giotto avance dans son entreprise, plus on voit qu'il devient correct et élégant; il soigne plus les extrémités, les attitudes. Il est pour les Italiens le père de la nouvelle peinture, comme Boccace est le père de la nouvelle prose. — Des innombrables peintures qu'il laissa dans les principales villes d'Jtalie, il ne reste aujourd'hui que quelques fragments qu'on puisse regarder comme authentiques. A Padoue, dans la. petite chapelle de TAreua, on admire encore les principaux traits de la vie de Jésus -Christ, peints par lui aidé, dit -on , des conseils du Dante.— Florence possède le tableau le plus authentique qui existe de Giotto, Il représenta le couronnement de la Vierj;e, scène mystique qui se passe entre le ciel el la terre, et qui, a'entrant que diflicilement dans le domaine de la poésie et de la peinture, semble appartenir d une manière spéciale à la peinture. Cet ouvrage contient pour ainsi dire un abrégé de toutes les innovations que Giotto avait disséminées dans les autres. L'enfant Jésus n'est plus le même, ni pour le caractère, ni pour le costume; le type byzantin primitif, encore reconnaissable dans Duccio et Cimabué, a totalement disparu ; les angos des quatre compartiments sont char*^
DICTIONNAIRE D' LST il E TIQUE ClfneTlEfINr
mants pour la variété et pour la grâce ; mai» il a répudié le costame adopté par ses devanciers, et pour rendre la différence pîus tranchante, il leur a mis des instruments de musique entre les mains. — Giolto eut de nombreux élèves; mais, avant de consacrer quelques détails aux principaux d'entre eux, nous revenons à l'école de Sienne, que nous avons laissée, à la mort de Cuido, son ilhistre chef. — Sienne entrait alors dans une voie de prospérité, à laquelle la victoire de Monte Aperti servit pour ainsi dire de couronnement. A cette même époque appartiennent Bonamico, Parabuoi, Diotisalvi; et sur la fin du siècle on voit apparaître Duccio, dont le grand tableau est un chef-d'œuvre, parmi tous les monuments qui appartiennent à l'école byzantino-toscane. — En 1355, florissait Simon Memmi, ainsi que Ambroise et Pierre de Lorenzo qui, selon toute apparence, étaient frères, et qui ornèrent leur patrie d^une multitude d'ouvrages admirables. Le seul, bien authentique, qu on connaisse de Pierre de Lorenzo, se trouve dans la sacristie du dôme de Sienne. U représente quelques traits de la vie de saint Jean- Baptiste, et il offre une parfaite ressemblance de style avec celui de son frère Ambroise. Ils ont exécuté l'un et l'autre la grande fresque du Campo-Santo de Pise,qui représente la vie extérieure des Pères du désert, et qui, malgré le manque de perspective et les incorrections du dessin,.n'esl pas moins un chef-d'œuvre de grAce et de simplicité. — Simon Memmi, contemporain et compatriote des Lorenzo, a été tout aussi heureusement inspiré que ses devanniers, dans le choix de ses compositions, tirées la plupart de la vie de quelque saint populaire, comme la vie de saint Dominique, qu'il peignit dans la chapelle des Espagnols a Florence, et celle de saint Rainier, 3u'il divisa en plusieurs compartiments. Ces eux peintures, surtout la dernière, sont remarquables pour la richesse et la variété des détails, pour les inventions pittoresques et pour l'abondance et la naïveté des inventions poétiques. — Quant aux élèves de Giotto, le nombre en fut prodigieux, et leurs peintures se ressemblent toutes, au premier aspect, par le caractère général de télé,, les yeux longs et petits, très-rapprochés vers la racine du nez, et limités par deux liçnes presque paraHèles. Les trois plus célèbres furent Stefano, Taddeo Gaddi et André. Le premier se fit remarquer par ses peintures à fresque dans le cloître du Saint-Esprit à Florence; elles excitèrent une admiration universelle, è cause de l'illusion produite par la combinaison et la proportion des lignes d'architecture. S'étant aéjà fait un nom du vivant de Giotto, il fut chargé do continuer plusieurs de ses tcavaux, après sa mort^ à réglise de Saint-Fiançois d'Assise, et il s'acquitta dignement de cette tAche glorieuse. — Taddeo Gaddi marcha plus fidèlement encore que Stefano sur les traces de son mattre, n'aspirant jamais à grandir sa manière, et se contentant de le surpasser quelquefois par la vivnriié et la fralchcurde
son coloris. -^ Nous devons au moins um mention à deux autres peintres de l'école de Giotto, qui fleurirent a la même époque, Pierre Laurati et Buffamaicco. — Giottino fut aussi un artiste de progrès. Pour la grAce destigures, pour le dessin, et pour tout o» qui demande du sérieux dans l'expreeision» iJ laissa tous ses devanciers derrière lui, et il sut mieux qu'aucun d'eux tirer un parti admirable de la figure humaine, comme on. peut en juser par ses belles peintures k fresque de l'église de Santa-Groce. Aucua artiste de cette école ne cultiva la peinturoavec autant d'enthousiasme et de désintéressement. Il mourut de consomption, presque à la fleur de l'âge. Indé()endamment de Giottino, on remarque, dans un rang inférieur, Agnolo Gaddi, fils de Taddeo, dont on a encore un grand nombre de peintures dans l'église de Santa-Croce, et Antoine le Vénitien, son élève, qui lui fut bien supérieur dans une grande composition qu'il fil au Campo-Santo de Pise, où il acheva de« peindre la légende de saint Rainier, commencée ()ar Simon Memmi.
•: André Orcagna, le Michel-Ange de sonsiècle, cultiva avec un çrand succès la seul-, pture, l'architecture et Ta peinture, composa. des sonnets, et fut admirateur passionne da Dante, sur lequel il eierça son pinceau. LSs Campo-Santo de Pise nous offre encore trois pages importantes de ce grand artiste, If- Triomphe de la mori^ le Jugemeni demitr et FEnfer qu'il n'eut pas le temps d'achever. Toute cette vaste composition porte l'em*. preinte du terrorisme mvstique qui domine dans la première partie au Livre ae la divine^ comédie^ bien que le peintre, en s'inspirani du génie du poëte, se soit chargé de féconder à sa m«mière les précieux germes qu*il lui empruntait. Mais c'est surtout dans la chapelle Strozzi, à Florence, qu*on peut ad* mirer la grAce, Ténergie et la fécondité deson fiinceau. — Réflexions au sujet de l'influence exercée sur la peinture chrétienne de cette époque par la Divine comédi»
et par saint François, saint Dominique et saint Thomas, astres de science et de sainteté. Résumé des progrès que la peinture a. faiis et des principaux traits qui la caradarisent dans la période que nous venons de parcourir. — Cette merveilleuse période fut la belle époque de la peinture chrétienne. Nous la mettons (en y comprenant l'école mystique proprement dite, qui en fui la plus haute expression,) au-dessus de tontes les autres, même au-dessus de celle de Htphaclfdans sa dernière manière. Aucune, es cff(^t, n'a réuni comme elle toutes les cooditions de ta vraie peinture catholique, te^ les qu*ellcs découlent nécessairement du principe surnaturel et divin de la nouvelle et mystérieuse poétique de l'Incarnation. Ce qu'il y a de remarquable dans cette éoda qui commence à Guido, de Sienne, et 2»e perpétue jusqu'au Pérugin et A RapbaSI, c^est (|uc, excm|)ie de la roideur, de la séi*heres$t (M de la dureté de l'école byzantine, aoiaot «pic de^} tonnes luxuriantes et du i-oluri^^