RESUME ANALYTIQUE. — PEINTURE
SiO
profondes et exaltées que nul artiste ne peut rendre sans les avoir préalablement éprouvées, furent comme le cycle mystérieux que le génie de frère Angélique se plaisait à parcourir et qu'il recommençait avec le même amour, quand il Tavait achevé. Dans ce genre, il semble avoir épuisé toutes les combinaisons et toutes les nuances, et pour peu qu*on examine de près certains tableaux où semble réjgner une fatigante monotonie, on V découvrira une variété prodigieuse qui embrasse tous les degrés de poésie que peut exprimer la physionomie humaine. C'est surtout dans le couronnement de la Vierge au milieu des anees et de la hiérarchie céleste, dans la représentationdu jugementdernier, au moins en ce qui concerne les élus, el dans celle du Paradis, limite suprdme de lous les arts d'imitation ; c'est dans ces sujets mystiques si parfaitement en harmonie avec les pressentiments vagues, mais infaillibles, de son âme, qu'il a déployé avec profusion les ineffables richesses de son imagination. — Enumération raisonnée des œuvres de Fra Angelico : fresque du couvent de Saint-Marc de Florence ; miniatures des livres de chœur de la même église, et celles de Saint-Dominique de Fiésole : deux reliquaires peints à Santa- Maric^NoveUa de Florence ; incoronation dans la galerie du Louvre, à Paris ; histoire de saint Laurent et de saint Etienne, en six compartiments, grande peinture à fresque du Vatican ; trois petits tableaux pour l*égiise Saint-Dominique de Pérouse , dont deux sont aujourd'hui au Vatican , et représentent plusieurs traits de la vie de saint Nicolas. — Benozzo Cozzoli, le plus chéri des élèves de Fra Anfelico: sou influence sur l'école Ombrienne; ses œuvres. — L'école mystique définitivement fixée en Ombrie, par Gentil de Fabriano, autre élève de Fra Angelico; par Nicolas de Foligno el Fiorenzo di Lorenzo. — Commencements de Pérugin ; son style dès lors irrévocablement fixé , quant au fond ; ses types fondamentaux adoptés, %B tendance mystique, aussi prononcée t]u*elle le fut jamais, el sa vocation comme aniste chrétien arrêtée d'une manière irrévocable. 11 entre dans la voie du progrii^ quant à la partie technique de son art, sans cependant «x)mpromettre la pureté des traditions qu'il avait reçues de ses devanciers. Arrivé à Florence, envahi par le naturalisme el )e paganisme, il y excite uneadmiration presque universelle, par la nouveauté du style, de la manière et des types. Dès lors, la TOgue dont il jouit à Florence , en Italie et jusque dans les pays étrangers, est telle que ses ouvrages deviennent la matière de spéculations fort lucratives pour un çrand nombre de négociants.— A l'âge d'environ trente ans, il retourne à Pérouse, d*où il est, assez peu de tem|)s après, appelé par le pape bixte IV à Rome, pour y peindre, sur les murs intérieurs de sa chapelle, trois grandes compositions, l'Assomption de la Vierge, impitoyablement détruite pour faire place au Jugement dernier do Michel- Ange; le
Baptême de Jésus-Christ, et la tradition dp.^ clefs à saint Pierre, deux chefs-d'œuvpe qu*on peut admirer encore aujourd'hui. Il exécute à Rome d'autres belles peintures, celles de la tour Borgia. au Vatican, celles du palais Colonna et celle de l'église Saint- Marc. Depuis lors jusqu'à l'année ISOO, son talent fleurit pendant un quart de siècle, sans symptômes visibles de décadence. Dans cet intervalle parai.^sent tous ces magnifi-
Îues tableaux qu'on admirait autrefois ans les églises dfe Pérouse, et dont le plus grand nombre a été dispersé dans les principales villes de 1 Italie • ou même dans des contrées étrangères.— C'est dans l'église de Saint-Augustin de Pérouse, qu'il faut admirer, dans l'yidora/ton des Mages ^ un des chefs-d'œuvre de Pérugin. Ce tableau, sous le rapport de l'ordonuance du coloris, du costume, des types, des airs de tète et des détails poétiques dont il est plein , pourrait soutenir le parallèle avec les plus célèbres productions des artistes contemporains, sans en excepter Raphaël. Néanmois, son chef-d'œuvre fut le tableau de VAêcemion^
au'il peignit pour l'église de Saint-Piern*, ans sa ville natale, et qui fut terminé eu 1495, époque où le ffénie de ce grand artiste atteignit son apogée. C'est son meilleur tableau à Thuile, comme sa meilleure peinture est celle qu'il exécuta dans le même temps dans le cloître de Sainte-Marie-Madeleine à Florence, et que Rumorh signale comme le plus parfait ouvrage qui soit sorti de sa main. —Par une exception glorieuse, que la vitalité des doctrines dont il nourrissait ses disciples, peut seule expliquer, la décadence dont furent empreints les produits de sa vieillesse, ne fit point dégénérer son école; elle fleurit, au contraire, plus que jamais sous ses auspices, et ce fut d elle que sortit alors celui qu'à juste titre on peut appeler, du moins pendant la plus belle partie de sa vie, le prince de lart chrétien. — Ce fut vers Tan 1500, que Raphaël vint à Pérouse et se fit l'élève du Pérugin , qui alors était à l'apoçée de sa gloire. D'abord disciple docile, il semble marcher scru|iuleuscment sur les traces de son mattre, n'osant s*écarter ni de sou style, ni de ses types , ni de l'ordonnance traditionnelle (lèses compositions.il avait à peine vingt et un ans, quand il termina le Sposalizio^ sujet particulièrement approprié à une imagination pure et poétique, telle quêtait alors la sienne. C'était une légende que !*ari dumoven âge avait mise en œuvre pour ia
r crémière fois, et qui rentrait plus particuièrement dans le domaine des artistes ombriens, à cause de sa simplicité naïve el de son sens profbnd. Plus on admire cette œuvre i la fois naïve et sublime, plus on sent qu*il a voulu, par les airs de tète, parles attitudes, par le choix si bien entendu des costumes et jiartous les autres détails accessoires, entourer ses deux principaux personnages de tout ce qui f )cut donner l'idée a une pureté célosle. Premier voyage do Raphaël à Florence. Entre Tannée 1505 et Tannée 1508, il interromi'l ù
plusieurs reprises son séjour dans cette dernière cité, pour aller revoir sa ville natale et Tatelier de son vieux mattre , ce qui explique en partie sa persévérance dans les voies que ses devanciers lui avaient tracées, persévérance pour ainsi dire héroïque , si 1* on a égard aux tentations de tout genre dont il était circonvenu. C'est è ce court intervalle de trois années, époque la plus intéressante, au point de vue do Testhétique chrétienne, de sa carrière d'artiste, que sortirent de son pinceau tous ses chefs-d'œuvre dont plusieurs se trouvent aujourd'hui dispersés dans les différentes capitales de l'Europe.— Le premier en date, après le Spoiolixioj est le tableau de VAisompiionj qui a passé de l'église de Saint-François à Pérouse, dans la galerie du Vatican, et qui est encore une imitation du Pérugin. En même temps, nous le trouvons occupé de trois grands ouvrages dans la même ville, savoir: une Madone pour les religieux de Saint- Antoine; le même sujet, avec plusieurs accessoires de grandes et de petites dimensions ; enfln la fresque fameuse de Saint- Sévère^ qui offre une remarquable analogie avec la partie supérieure de la Disvute du Saint-Sacrement^ dans une des chambres du Vatican. A la même époque, il peignait pour le duc d'Urbin , le Saint Michel combattant h$ monstres et le Saint George à chévaly qui sont aujourd'hui au musée de Paris. — De 1506 è 1508, le pinceau de Raphaël, de plus en plus fécond, multiplie et varie les représentations de la Vierge avec un succès aont il n'y avait jamais eu d'exemple.— Appelé à Rome, en 1508, par Jules 11, il commence par peindre sur la voûte et les quatre murs de la salle dite de la Signature, au Vatican, la Théologie , la Philosophie , la Poésie et la Jurisprudence^ quatre grandes compositions qui eaiibrassaient les principales divisions de l'Encyclopédie du temps. Familiarisé avec Tallégorie religieuse, Raphaël en fait ici une application admirable, et de ses inspirations combinées avec celles des hommes dont il emprunte les lumières, résulte, pour Téternelle gloire du catholicisme et de l'art chrétien, une composition sans rivale dans l'histoire de la peinture, et l'on pourrait ajouter sans nom. Des quatres figures allégoriques qui occupent les com^iartiments de la voûte, et qui furent toutes peintes immédiatement après l'arrivée de Raphaël à Rome, celles de la Théologie et de la Poésie sont sans contredit les plus remarquables. La dernière se reconnaîtrait encore è l'inspiration calme de son regard, lors même que ses ailes, ses étoiles d'or et le bleu céleste de son manteau ne feraient pas une allusion assez claire aux régions supérieures vers les- Îuelles elle est appelée à prendre son essor, a figure de la Théologie n'est pas moins admirablement appropriée au sujet dont elle
est en quelque sorte le sommaire ; elle montre du doigt la partie supérieure de k mude composition qui lui correspond , et c est Û que Vartiste a proposé un aliment inépuisable à la sagacité comme à l'enthousiasme du spectateur. — Division de l'ouvrage en deux parties principales, le ciel et la terre, unis par un lien mystique, qui est le sacrement de l'Eucharistie. — Distribution en divers groupes très-uittoresques et trèsanimés, aux deux côtes de l'autel, des personnages qui ont le plus honoré l'Ej^lise par leur science et leur sainteté. — Gloire , formant la partie supérieure du tableau, et qui est, en quelque sorte, un résumé de toutes les compositions partielles sorties depuis un siècle de l'école ombrienne. — Pour tout ce qui tient à l'expression de la béatitude céleste, le pinceau des artistes ombriens, k force de s'être exercé exclusivement sur «es sujets mystiques, avait opéré des merveilles en ce genre; et Raphaël, en les surpassant tous, et en se surpassant enfin lui-même» semble avoir fixé les bornes fatales au delà desquelles l'art chrétien, proprement dit, ne pouvait plus désormais avancer. — C'est après l'exécution de ce chef-d'œuvre, que commence la défection de Raphaël à l'inspiration purement mystique et chrétienne, défection qui serait incroyable, si elle ne nous étail attestée par les œuvres des dix dernières années de sa vie (1510-1520). Nous disons défection, et non évolution a une époque k l'autre, parce qu'il v a évidemment, dansce brusque passage du genre mystiq^ue an genre naturaliste, solution de continuité^ abjuration d'une foi antique en matière d'art pour embrasser une foi nouvelle. Considéré dans cette dernière phase de sa carrière artistique, Raphaël entre dans la catéf^orie do ces peintres sensualistes de la Renaissance, dont il fut le point de départ, et qui l'eureol bientôt dépassé dans cette voie de décadenci de l'art chrétien. Nous avons déjk dit les motifs qui nous ont empêché de nous occii* per, au moins quant à la ))einture, de Tart et des artistes de cette regrettable époque; nous n'y reviendrons pas. Puisse le modeste tribut d'admiration que nous avons payé à leurs nobles^ devanciers si peu COBnus ou si dédaignés, inspirer le désir de les mieux connaître, de les mieux apprécier, et nous serons plus que récompense de nei faibles efforts 1 Comme complément de tms les articles sur la Peinture, que nous venons d'analyser ou d'indiquer, on pourra encoit lire ceux-ci : Albi [Cathédrale cf), Auiee- RIES, Anges, Basiliques, Beau, Catagosebs, Contraste, Contre-sens, CoNTBNAiicBtCoiK
LEURS, DÉCORATIONS, DÉTAILS, DbSSIN , El*
pression, France, Jésus-Christ, Paradis»
Pall [Saint') de Ntmes, Pise ICathMrtUt lie). Résurrection, Tulle [Antiphonairt crit de l'église de Sainte-)^ Types.
RESUME ANALYTIQUE. -- SCULPTURE
tS^