‹ Dictionnaire d'esthétique chrétienneChapitre 154 sur 167 · SUR LE BIENHEUREUX FRÈRE ANGÉLIQUE DE FIESOLE · texte numérisé non relu

SUR LE BIENHEUREUX FRÈRE ANGÉLIQUE DE FIESOLE

Le nom du moine Jean de Fiesole, peintre de l'école catholique de Florence (Fra Giovanni Angelico da Fiesole), surnommé l'Angélique, et communément appelé en Italie 1/ BtatOf ne se trouve presque dans aucun des ouvrages (fui ont traité de l'art pendant les trois derniers siècles. On ne saurait ni

(951) Cette notice est extraite de la seconde livraison des MonumenU 4e rilhîoire de tainu Eli-

s'en étonner, ni s*en plaindre. Lu gloire de celui qui a atteint l'idéal de l'art cKréti^ méritait de n*être pas confondue avec o-lle qu'on a décernée à des artistes comme }nk> Romain, le Duminiquin, les Carracbes H autres de ce genre : mieux valait pour lu être totalement oublié que d*ètre plate isr

gabeth de Hongrie ^ publiés par A. BoUeit Hni,

APPEKDICE. — DU VANDALISME ET DU CATllOL GSME DANS L'ART.

la môme ligne qu'eux. Pou de temps après sa mort, le paganisme fil irrunlion dans toutes les branches de la société chrétienne : en politique, par rétablissement des monarchies absolues ; en littératuret par l*étude exclusire des auteurs classiques ; dans Tart, par le culte de la mythologie, de la nudité et du naturalisme qui signale Tépoque de la renaissance. Devenu rapidement vainqueur et maître t il eut soin de discréditer et les hommes et les choses qui portaient Tempreinte ineffable du génie chrétien : Fra Anselico eut l'honneur d*étre confondu dans la proscription qui enveloppa à la fois et les constitutions sociales du moyen âge, et cette |>oésie pieuse et chevaleresque dont l'Europe avait éié si longtemps charmée, et enfin cet art si glorieusement et si heureusement ins-

Iiiré par les mystères et les traditions de ia bi catholique. Tout cela fut déclaré barbare^ digne d*oubli et de mépris, et, pendant trois siècles, on Ta oublié et méprisé, conformément au décret des maîtres. Aujourd'hui que Tesprit humain, arrivé peut-être au terme de ses longs égarements, s*arrôte incertain, et semble jeter un regard d'envie et d'admiration vers les âges catholiques, on recommence à étudier fart qui était la parure de cette époque si complète ; et le peintre béatifié a repris peu à peu la place que lui avait assigni(^e le jugement de ses contemporains. Encore étrangement méconnu en Italie, il est admiré avec enthousiasme en Allemagne, et la France, qui possède un de ses chefs-d'œuvre, s*habitue, à son tour, à le voir compter parmi les grands maîtres. Comme il occupe, par sa vie, aussi bien que par ses œuvres, le premier rang entre les

f Peintres vraiment dignes du nom do cathoiques, des lecteurs catholiques nous pardonneront h coup sûr quelques courts détails sur cette vie.

Né en 1387 dans les environs de Florence, h vingt et un ans il prit h Fiesole Thabit de l'ordre des Frères-Prècheurs , fondé par saint Dominique ; il porta désormais le nom de l'endroit où il s*était consacré à Dieu. On dit qu'auparavant dans le monde il s'appelait Guido ou Santi Tosini. Il vint peu après è Florence, où il entra au couvent de Saint- Marc, dans cette illustre maison qui devait [)roduire le grand Savonaroie et Fra Bartoommoo, mais dont notre bienheureux peintre devait être la première et la plus pure illustration. Ce fut là qu'il commença à se livrer à la pratique de la peinture. On ne connaît pas son maître; quelque soit celui dont il ait reçu les premières leçons, il faut bien admettre que Dieu seul a pu inspirer un génie comme le sien et animer cette vitalité puissante, fruit du silence et de la

(952) Non havrebhe me&so mano ai penelli se prima non liavesse faito orazione. (Vasabi.)

(955) Yoy. le CourotintmeHl de la Vierge de Fra Angclico, par A. W. de Schlkcel.

(954) Non teca ni:ii crociliss», chenon si bagnasse le Role ili l'igrimc. (Vasari.)

(!)do) Havcva pcr costume non riloccare, ne racconr.ar mai alcuua sua dipiiilura, ma lasciarle

paix du cloître. La peinture n*a été évidemment pour lui qu'un moyen de réunion avec Dieu : c'était sa manière de gagner le ciel, son humble et fervente offrande à celui qu'il aimait par-dessus tout; c'était la forme du culte spécial et intime qu'il rendait à son Rédempteur. Jamais il ne prenait ses pincoaux sans s'être livré à l'oraison en guiso de préparation (952). Il restait à genoux pendant tout le temps qu'il employait à peindre les figures de Jésus et de. Marie (953); et chaque fois qu'il lui fallait retracer la cruci* fixion, ses joues étaient baignées de larmes * (95i). Son art était si bien à ses yeux une chose sacrée, qu'il en respectait les produits comme les fruits d'une inspiration plus haute que son intention ; il ne retouchait ni ne perleotionnait jamais ses travaux, et se bornait au premier jet, crojant» à ce qu*il disait sans détour, que c'était ainsi que Dieu les voulait (955). Il ne faut rien moins que le témoignage précis de son biographe sur ce fait pour y croire, quand on examine l'incroyable perfection, le fini, la délicatesse de toutes ses œuvres. Mais on comprend qu'avec ses di.'^positions, son dévouement à Tart ne pouvait nuire en rien à l'exercice de toutes les vertus monastiques. Aussi toute sa vie fut-elle marquée par une fidélité touchante aux trois vœux sacrés qui le liaient à Dieu par la règle du çrand saint Dominique. Quanta sà pureté^ il suffit de contempler au hasard une figure quelconque sortie de son pinceau, et 1 on restera convaincu que jamais une pensée indigne de Jésus et de Marie n'a pu s'arrêter dans une âme capable de se reproduire |)ar des reflets semblables. Sa pauvreté monastique lui était si chère qu'il refusait toujours de sli-

[)uler un prix pour ses œuvres , et distrimait aux malheureux la totalité des sommes qu'elles lui rapportaient; il aimait les pauvres pendant sa vie, dit Vasari, « aussi tendrement que sou âme peut aimer aujourd'hui le ciel où il jouit de la gloire des bienheureux (9&6). » Enfin l'habitudede Vobéiisance lui était si naturelle qu'il ne voulait même recevoir de commandes pour son art que par l'intermédiaice de son supérieur spirituel, le prieur de Saint-Marc; et lorsqu'on venait lui demander un travail, il répondait simplement qu'il fallait en conveiur avec le Père prieur, et qu'il ferait tout ce qui lui serait ordoimé (957). Un jour qu'il était à dîner chez le Pape Nicolas V, il ne voulut pas manger de la viande, parce qu9 son prieur n'était pas là pour le lui })ermettre, oubliant, dans sa douce simplicité, qu'il y était convié par le Pontife, dont l'autorité était plus que suffisante pour le dispenser. Mais toutes ces choses extérieures lui

sempre in quel modo, che erano venoli a prina velia, pcr crc^ler, secundo cb*egti diceva, che coai fu»6e la volontà di Dio. (VàSAAi)

(950) Vivendofà de* poveri (anlo iniîco.quaoco. peiiso, che sia ora Taninia siu del cielo. (VASâai.)

(957) A cliiunque hcercava opère da lui diceva. fbe ne facettse esser conienio il priori; , e cbe poi non uianclierebbe. {VâSàAi.)

flTi

étaient étrangères et indifférentes; il disait sans cesse : « Celui qui veut peindre a bessoin de tranquillité et de vivre sans pen* 0ées; celui qui s*occupe des choses du Christ doit être toujours avec le Christ (958). » C'était là sa théorie de Tart, et Dieu lui

Eermitde la mettre en pratique avec un boneur et un éclat dignes de ces hautes pensées. Il débuta par des chef$-d*Œuvre» des sa première jeunesse : ancor giovinetto^ dit Vasari, benissimo fore mpeva. Ses premiers travaux furent consacrés è orner de minia* tures admirables les livres de chœur de son monastère, en société avec son frère atné» moine et peintre comme lui. Bientôt il se livra à la peinture sur fresque, dans des proportions considérables, sans renoncer ^ toutefois à ces charmantes miniatures dont les reliquaires donnés par lui à Santa-Maria- Novella peuvent nous donner une idée. Encore aujourd'hui , ce célèbre monastère de Saint-llarc, illustre par tant de titres, offre au TO^ageur catholique la plus complète collection des œuvres du saint artiste, dans les grandes et sublimes fresaues de la salle du chapitre, le crucifix et les lunettes du cloître, et enOn la série d'histoires de la vie de Marie, qu'il voulut peindre dans la cellule de ses frères. Mais on n*y retrouve plus sur le grand autel cette Madone, qui, selon Vasari, par son exquise simplicité, excitait h la dévotion tous ceux qui la regardaient (959). Dans un siècle où les inspirations â*un art encore tout imprégné du christianisme constituaient une partie essentielle de la vie religieuse et publique, un génie comme celui du frère Jean ne pouvait rester longtemps caché dans son cloître. Aussi futil recherché avec avidité, et célébré avec eatbousiasme; ses œuvres, en se multipliant, acquirent une immense popularité dans toute ritalie. Vasari, dont le goût classique et matérialiste ne pouvait certes sympathiser avec celui du mystique de Fiesole, nous a

(958) Usando spesse fiale di dire, clie chi faceva questa arte , liaveva bisogno di quiiele « e di vivere aonza pensieri ; e cbe cbi fa cose di Cbristo, con Cbristu deve slare senipre. (Vasa&i.)

(959) Muove a divoiioiie cbi la guarda per la simjplicilà sua.

(9(H)) On appelle predelia ou gradim le petit cadre longitudinal qui se trouve au-de&sous de la plupart des grands tableaux diaprés des anciens maîtres, et €ik ils représentaient divers traits de la vie des a:iints qu*iis avaient peints en pied dans la partie aupcficure du tableau. CVst ainsi que dans le cbef-^ oVuvre de Fra Angelico au Louvre, le gradim représente la vie de saint Dominiaiie que Ton voit eu {>ied dans le Courounement de Notre-Dame qui fait e siljel du tableau lui-même.

(9<Si) Con un proOlo di viso tanto devoto, dellcata e bon falto che par veramcaite non da un uoroo, ma fatto in paradiso.

(96i) (jna mollitudineinlinitadisantie santé, tant! in numéro, tanto ben falti, a con si varie aititudine, e diverse arie di teste, cbe iucredibile piacere, e dolcezza si sente in guardarle. anzi pare cbe quei iptrili t>eàti, non possino essere in cieio altrimeute, o (»er meglio dire, se bavessero corpo, non poirebbouo; percioccbe.... non solo sono vivi econ arie délicate, e doici, ma tutto il colorito di quellopoia

conservé, dans Tarticle qu*il lui a consacré^ t*échu de cette exaltation pieuse et tendre qu*inspiraient les œuvres de notre moine, et que venait ratifier le iugement desphis uns connaisseurs. < Ce tableau, dit-il en parlant d'une prede//a (960) qui représentait la légende de saint Côme et saint Damien, est si parfait, qu'il est impossible de s'imaginer un travail plus diligent, ni des figures plus délicates, mieux entendues que celles qu'on y voit. » — « Cette anntinxta/a, dit-il encore à propos d'une Madone recevant le message divin, a un profil si pieux, si délicat et si parfait, qu'on la dirait vraiment peinte non par des mains d'homme , mais dans le {»ar«dis (961). Les saints qu'il a peints, ressemblent plus à des saints, que ceux d'aucun autre peintre. » Enfin, parlant du magnifique Couronnement de fierge^ que l'on ^leut voir au Louvre, le biographe ajoute : « On y voit une quantité de saints et de saintes, si nombreux, si parfaits, dsps des attitudes si variées, et avec des airs de tète si gracieux, que l'on éprouve une douceur incroyable à les regarder: on sent que les esprits bieoheureux, s'ils avaient des corps, ne iKïurraient être autrement dans le ciel qu il ne les a représentés ; ils ne paraissent pas seulement vivants, mais la douceur et la délicatesse de leur expression est telle qu'on les dirait peints de la main d'un ange et d'un saint, comme ils le sont en effet; car c'était un bon ange que ce t)on religieux, et on Ta toujours surnommé frère Jean r Angélique.., Pour moi, j'avoue que jç ne puis jamais contempler cette œuvre sans qu elle me paraisse nouvelle, et je n'en suis jamais rassasié quand je m'en sépare (962). b

Si la vue de ce tableau arracnait au matérialiste Vasari d'aussi précieux aveux, quels transports ne doit-il nas exciter dans une âme prédisposée par 1 étude et l'amour de la véritable poésie chrétienne 1 Nous avons le bonheur de le posséder à Paris (963). Mais

par clie sia di m^no d*UD santo , o d*un angela, corne souo, onde a ^ran ragione fù sempre chiaoïala queslo da beii religioso, Frate Giovauiil AogeKco...

10 per me posso con veriià affermare, che iion vepie mai questo opéra che non mi para cosa iiiiova, m D!e ne parlo mai sazio.

(963) Après avoir subi toutes sortes d*épreoves et avoir été longtemps dérobé aux regards «lu public, ce trésor, enlevé à Téglise Saiiii DomioiqM de Fiesole |)endani les guerres d*ltalie, vîcui il*éire exposé dans la nouvelle galerie des desbius que k roi a fait disposer dans 1 aile occidentale de la coar du Louvre. Nous conseillons à tous ceux qui aiment ou veulent connaître Tart chrétien, d^ailer CMh templer et étudier ce tableau , qui en est un te plus merveilleux produits. Le coloris eo a éié très* malheureusement affaibli, parce qu*il a Callo ealtver un vernis dont les mains grossières el ifw»rautcs Tavaient affublé il y a quelques années. 0 est en outre placé à une hauteur qui ne permel peiat d*en saisir tous les déUils* Espérons enfin q«*«i fera disparaître le cadre alDreux qui le désbonorc, et où deux grotesques renommées temblenl plaeéeii dessein pour figurer la dégénératioode fart motoac

11 a été gravé et publié avec un texte ex plicalif, ptf le célèbre A.-W. de Schlegel, Paris, 1816, in-Mio: celle publication est excessivement rari% (IlOi*)

il73

APPENDICE. — DU VANDALISME ET DU CATHOLICISME DANS L*AUT

c'est encore h Florence, dans les fresques de Saint-Marc et h l*académie des Beaux- Arts» qu*il faut aller, pour apprécier toute l'étendue et toute la profondeur du génie de ce peintre angélique. Nous avons cherché à décrire ailleurs le tableiiu que nous regardons comme son cbef-d^œuvre»

son Jugement dernier r964). Ne pouvant donner ici une idée , même superficielle , de ses divers travaux, nous citerons Texcellent résumé qu'en a donné l'écrivain qui jusqu'ici a le mieux parlé de la peinture chrétienne. « La componction du cœur, » dit M. Rio, «ses élans vers Dieu, le ravissement extatique, l'avant-goût de la béatitude céleste, tout cet ordre d'émotions profondes et exaltées que nul artiste ne peut rendre sans les avoir préalablement éprouvées, furent comme le cycle mystérieux que le génie de frère Angélique se plaisait à parcourir, et qu'il recommençait avec le même amour quand il l'avait achevé. Dans ce genre, il semble avoir épuisé tourtes les combinaisons et toutes les nuances, au moins relativement à la qualité et à la quantité de l'expression ; et pour peu qu*on examine de près certains tableaux où semble régner une fatigante monotonie, on y découvrira une variété prodigieuse qui embrasse tous les degrés de poésie que peut exprimer la physionomie humaine. C*est surtout dans le Couronnement de la Vierge au milieu des anges et de la hiérarchie céleste, dans la représentation du Jugement dernier, au moins en ce qui concerne les élus, et dans celle du Paradis, limite suprême de tous les arts d'imitation; c'est dans ces sujets mystiques, si parfaitement en harmonie avec les pressentiments vagues, mais infaillibles de son Ame, qu'il a déployé avec profusion les inépuisables richesses de son imagination. On peut dire de lui, guo la peinture n'était autre chose aue sa formule favorite pour les actes de foi, d*espérance et d'amour (965). »

Ce n'est pas seulement Florence qu^il enrichit de cette parure chrétienne. Sa gloire, en se répandant au loin, le fit appeler dans diverses villes de la Toscane et de l'Ombrie. Qn voit encore quelauea débris de ses travaux i Cortone, à Perouse et surtout à Orvieto. KnHn le Pape Nicolas V, si ami des arts, le ût venir à Rome, où il peignit à fres*

?ue la chapelle du Saint-Sacrement , que aul III ût détruire pour élargir un eM*alier, et la chapelle dite de Saint-Laurent, si complètement oubliée par la barbarie des xvii* et xviii' siècles, que le savant Bottari ne put v entrer qu'en escaladant la fenêtre, les clefs de la porte ayant élé perdues. « Cette œuvre si simple, dit M. Rio, si i)ure, si dégagée de tout alliage profane, D'etait pas ce{)endant ce qui avait fait la plus forte impression sur Tesprii du Pape. Il

(961) Voyez coL 1071.

(INfô) De la poéiie chrétienne, |Mur M. Rio^ tanne det'arl\ p. 195.

(OOii) Porœelie non si senkiva atto a go^ernar |Nipoti. (Vasari.)

s^était aperçu que l'âme de Tartiste valait encore mieux que son pinceau. » L*archevêché de Florence ayant vaaué sur ces en trefaites, il le iugea digne d en èlre revêtu. Mais Fra Anselico, en apprenant l'intention du Pontife, le supplia instamment do lui faire ^râce de ce fardeau, parce qu'il ne se sentait nullement propre à gouverner les peuples (966). Mais i) ajouta qu'il y avait dans son ordre un moine, nommé Antonin, très-amoureux des pauvres, très-habile dans la conduite des Ames, craignant Dieu (967), et beaucoup mieux fait que lui pour être revêtu de cette dignité. Le Pape, plein de confiance dans sa recommandation, lui accorda la nomination qu'il sollicitait (968), et l'humble peintre eut ainsi la gloire d'a|>peler au siège de Florence celui qui devait y briller d'un éclat si pur, et que l'Ëglise vénère aujourd'hui sous le nom de saint Antonin (969).

Fra Angellco mourut à Rome en 1US5, k l'âge de soixante-huit ans. Il fut enterré dans l'église de son ordre, la seule golhiqpe qui soit restée à Rome, et dont le nom est comme le sj^mbole de la victoire éternelle du christianisme sur le paganisme au seio de la capitale du monde, Santa-Maria^sçpra^ Minerva. On y voit encore sa tombe, avec sa figure en pied et les mains jointe», gravée au trait, et on y lit cette é|>itaphe :

Non mihi sit laudi.quod eram velut aller Apelics» Sed quod hier» luis omuia, Cbriste, dab:iin :.

Altéra naro terris opéra exslaiil, altéra cqbIo; IJrbs me ioannem flos tulit iElrurix.

« Qu^on ne me loue pas de ce que j'ai peint • comme un autre Apelfe, mais de ce que j'ai donné tout ce que je gagnais h les pauvres,^ 6 Christ 1 J'ai travarlié pour le ciel en même temps que pour la terre; je m'appelais Jean ; la ville qui est- la fleur de l'Ëtruric aété ma patrie. »

Après sa mort, au surnom d^Angélique vint se joindre celui de Bienheureux^ il l^ea/o. C'est ainsi qu'il est principalement désigné encore aujourd'hui è Florence et dans toute lltalie. Toutefois cette expression de hi pieuse admiration des Chrétiens n*im|)Iique nuilement un culte public et au^ toriié par l'Eglise.

Au premier rang de ses élèves on voit 11*gurer Benozzo Gozzoli, qui continua fidèlement la ligne tracée par son maître, et dont la gloire est inscrite sur les murs du plus bel édifice de l'Italie, le Campo-Santo de Pise ; puis encore Gentile da Fabriano, le |)ère de cette dynastie sublime des peintres de l'école d'Ombrie oui devait finir avec la défection de Raphaël , en laissant à l'art chrétien, comme pour le consoler, Francia de Bologne. On peut ainsi regarder Fra Angel ico comme la souche des trois Krandei» branches de l'école mystique, celle de Florence, d'Ombrie et de Bologne.

(lHi7) llaveudo la sua religioiie un fraUre auiorevole de poveri, douiisioio di govema e tlmoralo di Dlio. (VA>Ati.)

(968) Gli feoe la grasia liberameiile. (Vasabi.)

(969) Il a été canonisé ptfr Adrien f 1.

Uu

DICTIONNAIRE D'ESTUETIUUE*

ifta^MMB

Page 1