DE L'ATTITUDE ACTUELLE DU VANDALISME
EN FEANCB.
Nous sommes engagés en ce moment dans une lutte qui ne sera pas sans quelque importance dans l'histoire, et qui tient, de près et de loin, à des intérêts et h des principes d'un ordre trop élevé pour être effleurés en passant. En lait, il s agit simplement de savoir si la France arrêtera enQn le cours des déva:$tation$ qui sVATcctuent chez elle
depuis deux siècles, et spécialement depuis cinquante ans, avec un acharnement dont aucune autre nation et aucune autre époque n'a donné l'exemple ; ou bien si elle persévérera dans cette voie de ruines, jusc|u'à ce que le dernier de ses anciens souvenirs soit eOTacé, le dernier de ses monuments nationaux. rasé«.et que, soumise sans réserve, à
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DlCTtONNAIRE D*ESTHETIQ|}E.
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Ifi iiarure que iui préfèrent les ingénieurs **t les architectes modernes, elle n*offre plus à l'étranger et à la postérité qu'une sorte de damier monotone peuplé de chiffres de la même valeur, ou de pions taillés sur lé m éme modèle.
Quoi qu'il 'en soit, et quel oue doive être le résultat des tentatives actuelles en faveur d'un meilleur ordre de choses, il est certain qu*il y a eu, depuis un petit nombre d*annéesy un point d'arrêt ; que si le fleuve du vandalisme n'en a pas moins continué ses ravages périodiques, du moins quelques faibles digues ont été indiouées plutôt qu'élevées, quelques clameurs énergiques ont interrompu le silence coupable et stupide qui régnait sous l'Empire et la ftestauration.Cela sufiit pqur signaler notre époque dans l'histoire de l'art et des idées qui le dominent. C'est pourquoi j'ose croire qu'il peut n'être pas sans intérêt de continuer ce uue j'ai commencé il y a cinq ans, de rassembler un certain nombre de faits caractéristiques qui puissent faire juger de l'étendue du mai et mesurer les progrès encore incertains du bien. J'ai grande confiance dans la publicité h cet égard ; c'est toujours un appel è l'avenir, alors que ce n'est point un remède pour le présent. Si chague ami de Tbistoire et de l'art national tenait note de ses souvenirs et de ses découvertes en fait de vandalisme, s'il les soumettait ensuite avec courage et persévérance au jugement du publi<ï, au risque de le fatiguer quelquefois, comme je vais !e faire aujourd'hui, par une nomenclature monotone et souvent triviale, il est probable que le domaine de ce vandalisme 5e rétrécirait de jour en jour, et dans la même me<* sure où l'on verrait s'accroître cette réprobation morale qui, chez toute nation civilisée, doit stigmatiser le mépris du passé et la destruction de Thistoire.
Il est juste de commencer la revue trop jucomplète que je me pro|)ose de faire par le sommet de l'échelle sociale, c'e$t*k-(lire par le gouvernement. Autant j*ai mis de violence à l'attaquer en 1833, autant je lui dois d'éloges aujourd'hui pour Theureuse tendance qu'il manifeste en faveur de nos monuments historiques, pour la protection tardive«mais affectueuse, dont il les entoure. Ce sera un éternel honneur pour le gouvernement de juillet que cet arrêté de son premier ministre de I intérieur, rendu presque au milieu de la confusion du*combat et de toute refferveseence de la victoire, par lequel on instituait un inspecteur générai des monuments historiques, à peu près au même moment où Ton inaugurait le roi de la révolution. C'était un admirable témoignage de confiance dans l'avenir, en même temps que de respect pour Je passé. On déclarait
(9iS) Rapport 4 11. le ministre de rinlérîear sur les nonuments , elc. , des départeinents de rOise, de TAisne, de la Ibrne, du Nord el du Pas de- Calais, par M. L. Viiei. Paris, de nmpriinerie riiyale, 1831. Depai&, M. Mérimée» qui a remplacé M. Titel. a ctcndu U sphère de ses explorations et âuMis a tluuué dcui volumes picius de renseicM-
ainsi que l'on pouvait désormais étndier el apprécier impunément ce passé, parce qaa toute crainte de son retour était impossible. Cet arrêté nous a vain tout d*abord nu excellent rapport (928) sur les monuments d'une portion notable de l'Ile-de-France, de ! l'Artois et du Hainant, signé par le premier inspecteur général, M. Vitet. C'était, si je ne me trompe, depuis les fameux rapports de Grégoire à la Convention, sur la destruction des monuments, la première marque officielle d'estime donnée par un fonctionnaire public aux souvenirs ie notre histoire. À cette première impulsion ont succédé, il faut le dire, de Tinsouciance et de l'oubli, que l'on peut, sans trop d'injustice, attribuer aux douloureuses préoccu|)atious qui ont rempli les premières années de notre révolution. Cependant le progrès des études historiques, fortement organisé et poussé par H. Guizot, amenait nécessairement celui des études sur l'art. Aussi viton ces études former un des objets du second comité historique, institué an minis' tère de l'instruction public^ue en itSi. Avec le calme revint une sollicitude plus étendue et plus vigoureuse; on demanda aux chambres et on obtint, quoique avec peine, une somme de 200,000 fr. pour subvenir aux premiers besoins de l'entretien des monuments historiques. M. le comte de Hontalivet a mis le sceau à cette heureuse réaction en créant, le 29 septembre 1837, une commission spécialement chargée de veiller à la conservation des anciens monimients, et de répartir entre eux la modique allocation
Sortée au budget sous ce titre. De son côté, I. de Salvandv , étendant et comj)létaDt l'œuvre de H. Guizot, a créé ce comité bistorique des arts et monuments que le rapport de M. de Gasparin a £iit counatlre a« public, et qui, sous l'active et zélée direction de cet ancien ministre, s'occupe avec ardeur de la reproduction de nos cheftd'oeuvre, en même temps qu'il dénonce à Topinion les actes de vandalisme qui parviennent k sa connaissance (999). Enfin, M. le garde-des-sceaux, en sa qualité de ministre des cuites, a publié une excellente circulaire sur les mesures à suivre pour la restauration des édifices religieux, circulaire à laquelle il ne manquera que d'être suffisamment connue et répandue dans k cle'*gé. Il faut espérer maintenant que la
qu'elle suivra Timpulsion donnée par k pouvoir.
il 7 a là, avouons-le, un contraste hea* reux et remarquable a? ec ce qui se passait sous la Restauration. Loin de moi la pensée
menu ciirteux siir Télai des meounieaift danH et le midi de la Frtnœ.
(929) Ce comité a doré joaqo'eo inst épo^ aà sur le rapport de M. FortiMl, MMAîatiie de FlasinK^ lion publique, il a été renouvelé, et oà phKie«r\ l SCS membres ks. pluA andeas et les praa actif) it Ofil été rxclub.
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APPENDICE. — DU YANDAUSME ET DU GATHOLKISME DANS L*ART
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dVIeter des récriminations inutiles contre un régime qui a si cruellement eipié ses fautes, et è qui nous deyons, après .tout, et nos habitudes constitutionnelles et la |)]ufiart de nos libertés; mais, en bonne juslice» il est impossible de ne pas signaler une différence si honorable pour notre épo-
2ue et notre nouveau ^uvernement. Chose trange! la Restauration, è qui son nom seul semblait imposer la mission spéciale de réparer et de conserrer les monuments du passé, a été tout au contraire une époque de destruction sans limites; et il n*a fallu rien moins qu'un changement de dynastie pour qu*on s'aperçût dans les régions d^u pouTOir qu'il y avait quelque chose à faire, an nom du eouvernement , pour sauver Fhistoire et 1 art national. Sous l'Empire, -quoique le mépris et la falsiflcation du passé de la France fussent à l'ordre du jour, le ministre de Tintérieur, par une circulaire du 4 juin 1810, fit demander à tous les préfets des renseignements sur les anciens châteaux et les anciennes abbayes de l'Empire. J'ai TU des copies de plusieurs mémoires four* nis en exécution de cet ordre ; ils sont pleins de détails curieux sur Tétat de ces monuments à cette époque, et il doit en exister un grand nombre au bureau de statistique. Sous la restauration, H. Siméon, étant ministre de l'intérieur, adopta une mesure semblable, mais on ne voit pas qu'elle ait produit des résultats. Le déplorable svstème d'insouciance qui a régné de 1816 a 1830, se résume tout entier dans celte ordonnance, qu'on ne pourra jamais assez regretter, par laquelle le matpiilique dépôt des monuments historiques, formé aux Petits- Augustins, fut détruit et dispersé, sous prétexte de restitution à des propriétaires qui n'existaient plus, ou qui ne savaient que faire de ce qu'on leur rendait. Je ne sache pas, en effet; un seul de ces monuments rendus à des particuliers qui soit encore conservé pour le pavs, et je serais heureux qu'on pAt me signaler des exceptions individuelles à cette funeste généralité. Et cependant, malgré la difficulté bien connue de dis|)oser de ces glorieux débris, on ne -voulut jamais permettre au fondateur de ce musée unique, homme illustre et trop peu apprécié par tous les pouvoirs, à M. Alexandre Lenoir, de former un restant de collection avec ce que personne ne réclamait. Ce mépris, cette impardonnable négligence de ]*antiquité chez un gouvernement qui puisait sa principale force dans celte antiquité même, s'étendit jusqu'au conservatoire de musique , puisque l'on a été disperser ou Tendre à vil prix la curieuse collection d'anciens instruments de musique qui y avait été formée, ainsi que l'a révélé le savant bibliothécaire de cet établissement, H. Bottée de Toulmon, à une des dernières séan • ces du comité des arts. Ce système de ruine, si puissant è Paris, se pratiouait sur une échelle encore plus vaste dans les provinces. Qui pourrait croire que, sous un gouvcrneuieol celi-gieui et moral, la municipalité
d'Angers, présidée par un député de Textréme droite, ait pu installer un théâtre dans relise gothique de Saint-Pierre ? Qui pourrait croire qu'à Arles l'église de Saint-Césaire, regardée par les plus savants anti-
Îuaires comme une des plus anciennes de rance^ ait été transformée en mauvais lieu, sans qu'aucun fonctionnaire ait réclamé?
Qui croirait que, au retour des rois trèschrétiens, il n ait été rien fait pour arracher à sa profanation militaire le magnifique palais des papes d'Avignon ? Qui croirait enfin qu'à Clairvaux, dans ce sanctuaire si célèbre, et qui dépendait alors directement du pouvoir, l'église si belle, si vaste, d'un grandiose si complet ; cette église du xii* siècle que l'on disait grande comme Notre- Dame de Paris, l'église commencée par saint Bernard, et où reposaient, à côté de ses reliques, tant de reines, tant de princes, tant de pieuses générations de moines, et le coeur d'Isabelle, fille de saint Louis ; ceUe église qui avait traversé, debout et entière, la République etTEmpire, ait attendu, pour tomber, la première année de la Restauration? Elle fut rasée alors, avec toutes ses chapelles attenantes, sans qu'il en restât pierre sur pierre, pas même la tombe de saint Bernard ; et cela pour faire une place, plantée d^arbres, au centre de la prison qui a remplacé le monastère.
Pour ne pas nous éloigner de Clairvaux et du département de l'Aube, il faut savoir qu'il s'est trouvé un préfet de la Restauration qui a fait vendre au poids sept cents livres pesant des archives de ce même Clairvaux, transportées à la préfecture de Troyes. Le reste est encore là, dans les greniers d'où il les a tirés pour faire cette l^lle spéculatioh; et j'ai marché en rougissant sur des tas de diplômes, parmi lesquels j'en ai ramassé, sous mes pieds, du f»àpe Urbain IV, né à Troyes môme, fils d'un cordonnier de cette ville, et probablement le plus illustre enfant de cette province. Ce ^ même préfet a rasé les derniers débris du
Ealais des comtes de Champagne, de cette elle et poétique dynastie des Thibaud et des Henri le Large', parce qu'ils se trouvaient sur la ligne d un chemin de ronde qu'il avait malheureusement imaginé. La charmante porte Saint-Jacques, construite sous François I"; la porte du Beffroy, ont eu le même sort. Un autre préfet de là Restauration, dans l'Eure-et-Loir, nous a-l-on dit, o*a éprouvé aucun scrupule à se laisser donner plusieurs vitraux de la cathédrale de Chartres, pour en orner la chapelle de son chAteau. Ce qui est sûr, c'est qu'il n'y a pas un département de France où il ne se soit consommé, pendant les quinze années de la Restauration, plus d'irrémédiables dévastations que pendant toute la durée de la République; non pas toijyours, il s'en faut, Iiar le fait direct de ce gouvernement, mais toujours soiis ses yeux, avec sa tolérance , et sans éveiller la moindre marque de sa sollicitude.
Une i»areille honte sci^bloi Dieu merci»
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«SraMETlQUEL
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les tout ne soit 4ligDB d*élog^s. Pourquoi -i1^ par eieiDple* qu*à côté des mesures utiles et intelligemes dont nou5 avons parlé plus haut, il ; ait quelquefois des actes comme celui que nous allons citer? Une société s*est formée en Normandie, sous le titre de Société française, pour la conservation des monuments ; elle a pour cr^teur H. de Cauluont, cet infatigable et savant archéologue, q^ut a plus fait que personne pour populariser le goût et la science de Tart historique; elle a réussi, après maintes difficultés,)! enrégimenter dans ses rangs les propriétaires, Tes ecclésiastiques , les magistrats, les artistes, non-seulement de la Normandie, mais encore des provinces voisines. Elle publie un recueil mensuel plein de faits et de renseignements curieux, sous le titre de Bulletin monumenUl; et, ce qui vaut encore mieux, avec le produit des cotisations de ses membres, elle donne des secours aux fabriques des églises menacées, et obtient ainsi le droit d'arrêter beaucoup do destructions, et celui plus précieux encore d^intervenir dans les réparations. Voilà, on Tavouera, une société qui n'a pas sa rivale en France, ni peut-être en Europe, et qui méritait, à coup sûr, Tappui et la faveur du pouvoir. Or, devine-l-on quel appui elle en a reçu ? M. le ministre de rintérieur lui a alloue la somme de trois cents francs, à titre d'encou* ragetnent I Qae penser d'un encouragement de ce genre ? Et n*est-ce pas plutôt une insulte, une véritable dérision, que de jeter cent écus à une association d'hommes considérables dans leur pays, et dont le zèle et le dévouement sont propres à servir de modèles au gouvernement? Espérons au moins que l'année prochaine ce délit contre l'art et l'histoire sera réparé d'une manière conforme au bon sens et à la iusiice.
Après le pouvoir central , il est juste de citer un certain nombre de magistrats et de corps constitués, qui ont noblement secondé sou impulsion. Ainsi plusieurs préfets, parmi lesquels je dois spécialement désigner MM. les préfets du Calvados et de l'Eure; M. Gabriel, préfet à Troves , aurès l'avoir été à Auch; M. Rivet, à Lyon ; M. Chaper, à Dijon, et surtout H. le comte de Rambuleau, à Paris, se montrent pleins de zèle
t>our la conservation des édifices anciens de eurs départements. Ainsi, quelques conseils-généraux, et au premier rang ceux des Deux-Sèvres (930), de l'Yonne (931} et de la
(930) La délibération de ce conseil-gcriéral, dans sa session de 1848, mérite d*élre citée textuoUenieiit. Après avoir voté 4,000 fr., au lieu de 3,000 que le préfet proposait pour huit anciennes églises du département» le conseil demande que ces sommes ne soient employées que sous la direction de Tarchitecte du département et les avis de M. de la Fontenelle, membre correspondant des comités historiques établis près le ministère de Tinstruction publique. 11 recommande à M. Farchilecte de veiller à ce qu'on ne fasse pas disparaître, comme il n'arrive que trop souvent, les parties de Tédilice qui rappellent rétat de Tart dans le pays, et qui
Haute-Loire, ont voté des allocations destinées à racheter et à réparer des monuments au'ils estiment, ajuste titre, comme la gloire e leurs contrées.Malbeureusementces exemples sont encore très-peu nombreux, et se concentrent dans la sphère des fouctionuaires les plus élevés, et par conséquent les plus absorbés par d'autres devoirs. Partout, ou presque partout, les archives départementales et communales sont dans un état de grand désordre; si dans quelques villes elles sont confiées à des hommes pleins de zèle et de science, comme, par exemple, à M. Maillard de Cbambure, à Dijon ; ailleurs, à Perpignan, il y a peu d'années qu'on découpait les parchemins en couvercles de pots de confiture; et, à Cbaumont,on déchirait, tailladait et vendait à la livre tout ce qui ne paraissait pas être titre communal. Mais comment s'étonner de cette négligence, lorsqu'on voit la chambre des députés refuser, dans sa séance du 30 mai dernier, une misérable somme de 25,000 francs, destinée à élever des bibliothèques administratives dans quelques préfectures ? Dans les administrations d'un ordre inférieur, dans !e (;éuie civil et militaire surtout, la ruine et e mépris des souvenirs historiques sont encore ï Tordre du jour (932). Et, lorsque nous mettons le pied sur le trop vaste domaine des autorités locales et municii^ales, nous retombons en plein dans la catégorie la plus vaste et la plus dangereuse du vandalisme destructeur. Qu*on me permette de citer quelques exemples.
Ce sont sans doute de fort belles choses que l'alignement des rues et le redressement des routes, ainsi que la facilité des communications et Tassainissement qui doivent en résulter.' Mais on ne viendra pas à bout de me persuader que les ingénieurs et les architectes ne doivent pas être arrêtés dans leur omnipotence par la pensée d enlever au pays qu ils veulent servir, à la ville qu'ils veulent embellir, un de ces monuments qui en révèlent l'histoire, qui attirent les étrangers, et qui donnent à une localité ce caractère spécial qui ne peut pas plus être remf)lacé par les produits de leur génie et de eur savoir qu'un nom ne peut Têtre par un chiU*re. Je ne saurais admettre que cet amour désordonné de la ligne droite, qui caractérise tous nos travaux d*art et de viabilité modernes, doive triompher de lal>eaQié et de Tantiquité, comme il triomphe à peu près partout de l'économie (933). Je ue saurais croire que le progrès tant vaoté des
méritent, pnr cela seul , d*étre conservées de pré^ rence par des réparations faites dans le même style.
(931) Celui-ci a sauvé, j^r sa généreuse iniervontion, deux ^lises aussi précieuses pour Tbisloire que pour 1 art : Vezclay , où saint Bernard prêcha la croisade, et Pontigny, qui scrvil d*msile à saint Thomas de Cantorbéry oeudsni aoo exil ci France.
(U5i) Parmi les exploits da génie nilluire « il faut citer le liadigeonnagc des vieilles fresques qsi ornaient la chapelle de la citadelle de FerpîfiMMif où a eu lieu le procès du général niossani.
,1955) On pourrait citer de nonibrciibc» '
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ATOENIHCE. - DU VANDAUSB R M CK
sciences et des arts mécaniques doive aboutir en dernière analyse è niveler le pavs sous le joug de cette ligne droMe , c*est-adire de la forme la plus élémentaire et la plus stérile qui existe* au détriment de foutes les considérations de beauté et même de prudence. Ce ne serait vraiment pas la peine de se féliciter du talent des jeunes savants qui sortent de nos écoles , si ce talent se bornait à tailler la surface de la France et de ses villes en carrés plus ou moins grands^ et h renverser impitoyablement tout ce qui se trouve sur le chemin de leur règle. C'est cependant là le principe qui semble prévaloir dans tous les travaux publics de notre temps et qui amène chaque jour de nouvelles ruines. Ainsi à Dinan, dans une petite ville de Bretagne où il ne passe peut-ôtre pas ▼ingt voitures par jour, pour élargir une me des moins passagères, n'a-t-on pas été détruire la belle façade de Thospice et de son église, l'un des monuments les plus curieux de ces contrées 1 Le maire a essayé d*en faire transi>orler une partie contre le mur du cimetière, mais tout s'est brisé en route. C'est ainsi que naguère, à Dijon, Téglise de Saint-Jean , si curieuse par l'extrême hardiesse de sa vodte, qui s*appuie sur les murs de côté, sans aucune colonne ; cette belle église, que le xvui* siècle luiluême avait remarçiuee, réduite aujourd'hui k servir de magasin de tonneaux , s*est vue honteusement mutilée. On a élagué son chœur, rien que 'cela, comme une branche d'arbre inutile, et un mur qui rejoint les deux transepts sépare la net du pavé des Toitures.^On n'en agit ainsi qu*avec les monuments publics et surtout religieux : il en serait tout autrement s'il était question d'intérêts privés. Que les maisons voisines embarrassent autant et plus la voie publique, c'est un mal qu'on subit; mais on se dit : m Commençons par ruiner l'église ; c'est toujours cela de gagné ; » et l'on peut afSriner hardiment que le moindre cabaret est aujourd'hui plus a l'abri des prétentions des élargisseurs que le plus curieux monument du moyen Age. A Dieppe, toujours pour élargir, n'a-t-on pas détruit la belle porte de la Barre, avec ses deux grosses tours, par laquelle on arrivait de Paris ; et cela , sans Joute, pour la remplacer par une de ces
grilles monotones, danquées de deux hieux pavillons d'octroi, avec porche et fronton, cet idéal de l'entrée d'une ville moderne, au-dessus duquel le génie de nos architectes n'a pas encore pu s'élever. A Thouars, le vaste et magnifique chflteau des LaTremouille va être démoli pour ouvrir un passage è la grande route : ce château date presque entièrement du mo^en Age, et Ton sait que les monuments militaires de cette époque sont d'une rareté désespérante. A Paris^ nous approuvons de tout notre cœur
où des chemiji^ empie? rés à grands frais , ont été pioches et iraiisfurinés en bourbier, les ressources des communes et des dé|;>arlemenls scandaleuse pieiii gaspillées, ei toub l.es besoins des pQpulaiiuus
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les nouvelles f«es iki li lilf , — ii — i ni mettre la nécessité absotne 4e dHiwg ce
Zui restait des anciennes églises de Setiitandry et de Saint-Pierre-aux-Bœufs, dont les noms se rattachent aux premiers jours de l'histoire de la capitale; et si le prolongement de la rue Racine eût porté un peu plus à droite ou h gauche, de manière à ne pas produire une ligne absolument droite de rodéon à la rue de la Harpe, il nous semble qu'on eût trouvé une compensation suflisante dans la iconservation de la précieuse église de Saint-Côme, qui, bien que souillée par son usage moderne , n'en était pas moins l'unique de sa date et de sou style à Paris. A Poitiers, la fureur de l'alignement est poussée si loin, que H. Vitet s'est attiré toute l'animadversion du conseil municipal, pour avoir insisté, en sa qualité d'inspecteur-général , pour le maintien du monument le plus ancien de cette ville , le baptistère de saint-Jean, dont on place l'origine entre le vi' et le vin* siècle. Malheureusement ce temple se trouve entre le pont et le marché aux veaux et aux poissons, et quoiqu'il y ait toute la largeur convenable pour que lesdits veaux et poissons soient voitures tout à leur aise autour du vénérable débris d'architecture franke , il n'eu est pas moins désagréable aux yeux éclairés de ces magistrats, déjà renommes par la destruction de leurs remparts et de leurs anciennes ]>ortes. Ils se sont révoltés contre la prétention de leur bire conserver malgré eux un obstacle à la circulation; de là des pamphlets contre l'audacieux M. Vitet, dans lesquels il était dénoncé aux bouchers et aux poissardes comme coupa'ble d'encombrer les abords de leur marche; de là, demande au
S gouvernement d'une somme de douze mille rancs,pdur compenser cet irréparable dommage ; de là, plainte jusque devant le conseil d'état, où la canse de l'histoire, de l'art et de la raison n'a pu triompher, dit-ont qu'à la majorité d'une seule voix. Terminons l'histoire de ces funestes alignements, en rappelant qu'au moment mftme où nous écrivons, Valenciennes voit disparaître la dernière arcade gothique qui ornait ses rues, qui lui rapuelait son ancienne splendeur, alors quelle partageait avec Mous l'honneur d'être la capitale de cette glo^ rieuse race des comtes de Hainault, qui alla régner à Constantinople. On y détruit la
E)rtion la plus curieuse de l'ancien Uûteiieu, fondé en Itôl par Gérard de Pirfoiitaine, chanoine d'Anthoing, avec Tautorisation de Jacqueline de Bavière, et le secours de Philippe le Bon. On voit que les plus grands noms de l'histoire locale ne trouvent pas grâce devant laimuniciualité de Valenciennes. Il faut, du reste, s'étonner de l'intensité tout à fait spéciale de l'esprit vandale dans ces anciennes provinces ues Pays-Bas
méconnus, parce que le pédaniisme de quelque jeune ingénieur aura exigé la reclîllcalion, non pas d*une penie , mais une innocente ei Insensible courbe d*uu ou deux pic»ds«
lia
espagnols 9 qui pouvaient naguère s*enor* gueillir de posséder les produits les plus nombreux et les plus briliaats de Fart gothique. Ce n'est guère que là, à ce qu*il nous semble, qu'on a vu des villes s'acnarner après leurs vastes et illustres cathédrales, au point d'en faire disparaître jusqu'à la dernière pierre pour leur substituer une
f^lace ; comme cela s'est fait à Bruges pour a cathédrale de Saint-Donat; à Liège, pour celle de Saint-Lambert; à Arras, pour celle de Notre-Dame; à Cambray, pour celle de Notre -Dame aussi, avec sa merveilleuse flèche I Ce n^est que là qu'on a vu, comme à Saint-Omer, la brutalité municipale poussée assez loin pour démolir, sous prétexte de donner du travail aux outrien^ les plus belles ruines de TEurope centrale, celles de l'abbaye de Saint-Bertin, et marquer ainsi d'un ineffaçable déshonneur les annales de cette cité.
Combien de fois d'ailleurs ne voit-on pas la destruction organisée dans nos villes, sans qu'il y ait eu même l'ombre d'un prétexte 1 Ainsi, à Troyes, n'a-t-on pas mieux aimé détruire la charmante chapelle de la Pas-* sion, au couvent des Cord^iiers, changé en prison, et puis en reconstruire une nouvelle, que de conserver l'ancienne pour l'usage de la prison? Ainsi, à Paris, peut-on concevoir une opération plus ridicule que ce renouvellement de la grille de la Place-Royale, que la presse a déjà si généralement, mais ei inutilement blâmé? Mêlé à celte affaire par les protestations inutiles que j'ai été chargé d'élever en commun avec M. du Sommerard et M. le baron Taylor, à l'appui des arguments sans réplique , dçs calculs approfondis et cx)nsciencieux de M. Victor Hugo, j'ai pu voir de près tout ce qu'il y a encore de haine aveugle du passé, de considérations mesquines, d'ignorance volontaire et intéressée dans la conduite des travaux d'art sur le plus beau théâtre du monde actuel. Cette vielle grille avait en elle-même bien peu de valeur artistique; mais elle représentait un principe, celui de la conservation. Et les mêmes hommes, qui se sont ainsi obstinés à affubler la Place- Royale d^une grille dont on n*avait nul besoin, ne rougissent pas de l'état ignominieux où se trouve Notre-Dame, par suite de l'absence de cette grille indispensable
Îu'on leur demande depuis sept années ! en leur importe, en vérité, que la cathédrale de Pans soit une borne à immondices^ comme le dit avec tant de raison le rapport du comité des arts au ministre. Ils trouvent de l'argent en abondance pour planter un
(934) En 1857, lors de la discussion , à la chambre des pairs, sur la cession du terrain de Tarchev6cliéà la ville, on éleva quelques obieciions sur celle cession à litre gratuit. 11 fut répondu que rétat était suffisamment dé«iommagé par Pobligalion que contractait la ville d'entourer ce terrain d'une grille ! On voit comme cette obligation a été bien remplie.
(955) Page 58 de son rapport au ministre.
{p5i>j Ajoutons que le cunscil-gcnéraj de TAisno
anachronisme au sûlieu de la plus carîeose place de Paris, et ils n'ont pas un eeatime à donner pour préserver des mutilations guotidiennes, d'outrages indicibles» la ménpôle du pajs; pour fernaer cet borribie cloaque qui est pour Paris et la France htière, pour la population et surtout po« Tadministration municipale, une flétrisnit sans nom comme sans exemple en brope (QSi).
Lorsque Ton voit sortir des exemples pireils du sein de la capitale, c*esi k peine a l'on se sent le courage de s'indigner cootn les actes des municipalités subaitemes : toutefois il peut être bon de les sigodar. Disons donc qu'i Laon, cette immense cithédralc, trop sévèrement jugée, ce oov semble, par M. Vitet (035), Vun*^ des |d» vastes et des plus anciennes de France si belle par sa position unique , pir ses quatre tours merveilleusement transpirentes, par le symbolisme trinitaire de soo a^ side carré» par le nombre |)rodigieux deics chapelles, cette cathédrale inspire aux cbcfc de la cité à peu près autant de svmpakhii que Notre-Dame aux édiles parisiens. Sh abords, déjà encombrés d*une manière 0cheuse, le seront bientôt complètement pir la construction d'un grand nombre de uisous sur l'emplacement du clotlre, vends pendant la révolution. Ce terrain pcaiail être racheté par la ville pour une suomm insignifiante; mais, aux réclamations éle* vées^r des personnes intelligentes et iî> lées, il a été répondu, par un magistrat, m ces termes : « Franchement, je ne m'iiitf» resse pas aux édifices de ce genre; c'esti ceux qui aiment le culte à l'appuyer. • I^ ponse digne, comme on le voit, de eetti municipalité qui a eu le privilège de dé* truire le plus ancien monument historiqn de France, la tour de Louis d*Outremer, cl
ou plutôt la même aversion pour tout ceqii tient è l'histoire ou à l'art. A Langres, quelques Jeunes gens studieux avaient huulU^ ment demandé au conseil municipal foctrai de labside de Saint-Didier, la phisaDcieu» église de la ville (aujourd'hui enlerée h culte), afin d'y commencer un musée tfiotiquités locales ; institution vraiment iodi»pensable dans une contrée où chaque jott» en fouillant le sol, on découvre d'inuooilinblés monuments de la domination roimiK.
Mais le sage conseil a refusé tout neleli préféré transformer sa vieille église en dépôt de bois et de pompes. — La guerre dévote prés de deux inillious par an poor ses • qu'il ne parvient pas à employer toute cette i,». ■ mais qu*il refuse d*en consacrer un viiifticae. ■ cinquantième aux réparations urgentes de redite le plus remarquable du dcpartemenL 11 se bom i exprimer le vœu que le gouvernement veuille ble classer parmi les raonumenls nationaux; cvmM SI tous les autres départements n^avaient las ^ calliédrales digues d'être mngécb dans la wc*^ catégorie.
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APPENDICE, - DU VANDALISME ET DU CATHOLICISME DANS LART
, cYarée h une grande idée historique vaut ^ bien la guerre faite à un monument; roilà pourquoi nous allons encore parler de Dijon. Ce n'est pas assez pour cette ville d'avoir détruit, en ISOS, sa Sainte-Chapelle» œuvre merveilleuse de la générosité des ducs de Bourgogne; d'avoir transformé ses belles églises de Saint-Jean en magasin do tonneaux, de Saint-Êtienne en marcné couvert, ei de Saint-Philibert en écuries de cavalerie; nous allons citer un nouveau trait de son histoire. On sait que saint Bernard est né à Fontaines, village situé li peu près aussi loin de Dijon que Montmartre l'est de Paris. On y voit encore, à côté d'une curieuse église, le chAteau de son père, transformé en couvent de Feuillants, sous Louis XUI, et conservé avec soin par le propriétaire actuel, M. Girauit [937). On a Ouvert dernièrement une nouvelle porte sur la route qui conduit à ce village : la voix publique, d'un commun accord, lui a donné le nom de porte Saint-Bemard^ et le lui conserve encore. Mais devant le conseil municipal il en a été autrement. Lorsque cette proposition y a été faite, il s*est trouvé un orateur assez intelligent pour déclarer que saint Bernard était un fanatique et un myeti^ aue dont les allures sentaient le carlisme et le jésuitisme, et qui, dans tous les cas, n'avatt rien fait pour la ville de Dijon / / Et le conseil municipal s'est rangé de cet avis. Je regrette, pour mon compte, que par voie d'amendement on n'ait pas nommé la porte d'après un homme aussi éclairé que cet orateur ; mais, dans tous les cas, il aura été récompensé par la svm()athie et l'approbation de M. Eusèbe Sal verte, qui, dans la dernière session, a si énergiauement blAmé le ministère d*avoir consacré quelques faibles sommes à l'entretien de Tégiise de Vézelay, où saint Bernard, en préchant la seconde croisade, avait trouvé moyen de plonger les populations fanatisées plus avant dans la f /agnation féodale (938).
Si maintenant nous passons des autorités municipales à la troisième des catégories de vandales que j'ai autrefois établies, celle des propriétaires, il nous faut avouer que le mal, moins facile à connaître et à dénoncer, est peut- être là plus vaste encore que partout ailleurs. Nul ne saurait mesurer toute la portée de ces dévastations intimes : comme le travail de la taupe, elles échappent à l'examen et à l'opuosition. Ce qu'il y a de plus fâcheux pour I art dans les dispositions de la plupart des propriétaires français, c'est leur horreur des ruines. Autrefois on fabriquait des ruines artificielles dans les jardins à Tanslaise ; aujourd'hui on trouve aux ruines véritables des édifices les plus curieux un air inconfortable^ que Ton s'empresse de faire disparaître en achevant leur démolition. Celui qui aura sur ses domaines
quelques débris du chtteau de ses pères» ou d'une abbaye incendiée à la révolution» au lieu de comprendre tout ce qu'il peut y Bvoir d'intérêt historique ou de beauté pittoresque dans ces vieilles pierres, n'y verra qu'une carrière à exploiter. C'est ainsi
2 n'ont disparu notamment toutes les belles glises anciennes des monastères, dont on a quelquefois utilisé les bâtiments d'habitation : c'est ainsi, par exemple, que nous avons vu vendre, il y a trois mois, jusqu*à la dernière pierre de l'église de Foiçny en Thiéracbe, près la Capelle, église fondée par saint Bernard, qui avait quatre cents pieds de long, et qui subsistait encore, il y a quelques années, dans toute sa pure el native beauté. Et on a pu faire disparaître ce mag^nifique édifice, sans qu'une seule réclamation se soit élevée pour conserver à la contrée environnante son plus bel ornement et une preuve vivante de son importance historique. Près de là, dans un site bien boisé et très-solitaire, à Bonne-Fon«> taine, près d'Aubeuton, abbaye fondée en liS3, on voit encore le transept méridional el six arcades de la nef de l'église qui est étidemment du xii* siècle : mais 1 année prochaine on ne les verra peut-être plus» parce que Tacquéreur installé dans l'abbatiale en arrache chaque jour quelques pierres pour les besoins de son ménage. Il y a quinze jours, un ouvrier était occupé à dépecer la grande rosace qui formait lantéfixe du transept, et qui, laissée à nu par la destruction au pigpon, se découpait à jour sur leciel, et produisait un effet aussi original que pittoresque. On ne conçoit pas qu'un esprit de spéculation purement industriel n'inspire pas mieux, et qu'on ne songe jamais aux voj^a-
f;eurs nombreux qu'on éloigne en dépouilant le pays de toute sa parure, de tout ce qui peut distraire de l'ennui, éveiller la curiosité ou attirer l'étude. Quelle différence déplorable pour nous entre le système français et les soins scrupuleux qui ont valu à l'Angleterre la conservation des admirables ruines de Tintern, de Croyiand , de Netley« de Fountains , et de tant d'autres abbayes
3ui, pour avoir été supprimées et à moitié émolies par la réforme , n'en offrent pas moins aujourd*hui d'inappréciables ressources à Tartiste et à l'antiquaire 1 Et, s'il iaut absolument descendre à des considérations aussi ignobles, qu'on aille demander aux aubergistes, aux voituriers» à la populaiioo en général des environs de ces monumeat«<» s'ils ne trouvent pas leur compte à la conservation de ces vieilles pierres qui, situées en France, auraient depuis longtemps servi k réparer une route ou une écluse. Où en seraient les rives du Rhin, si fréquentées et si admirées, avec le mode d'exploitation de^^ ruines que l'on emploie en France? Il y a longtemps que les touristes et les arlistas
f957) Bien loin d*imîter tant de propriéuiires vandales, ou pour le moins indiffcrenis, M. Girauit 1 ptililié un (mi bon upuscuki inlitulé : la Maison
natale de tainl Bernard à FonUùne-ki-lHjcn. f 82i. (958) Discussion «hi budget (le i iiiléricsir , «n
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DICTIONNAIRE DESTHETIQUE.
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auraient abandonné ces parages, comme ils ont abandonné la France , celte France qui était naguère, de tous les pays de TEurope, - la plus richement pourvue en églises « en ': chAteaux et en abbayes du moyen Age« et qui le serait encore si on arait pu arrêter, il y a vingt ans» le torrent des dévastations puDliques et particulières. Aujourd'hui cest à 1 Allemagne qu il faut céder la palme, grAce au zèle qui anime à la fois le gouvernement et les individus contre les progrès du vandalisme, lequel y a régné comme chez nous, mais bien moins longtemps. Les mesures administratives y sont appuyées par cette bonne volonté et cette intelligence des individus qui manquent si généralement en France. Cest ainsi qu'il s'est formé dans plusieurs villes des associations avec le but spécial de conserver tel ou tel monument voisin. Nous citerons celle créée à Bamberg pour racheter et entretenir Altenbourg, l'ancien chAteau des évéques de Bamberg. M. le baron d*Aufsess, l'un des amis les plus zélés de l'art chrétien et historique en Allemagne, en a formé une autre pour sauver le beau chAteau de Zwernitz, en Franconie, et la mAme:mesure a été prise par une réunion de prêtres et de bourgeois dans l'intérêt de la vieille église située au pied du Uohenstaufen.
Peut-être verrons-nous en France des améliorations de ce genre. La société formée )Vir M. de Caumont pour la conservation de$ monuments t dont nous avons parlé plus haut, pourra se propager et former des succursales. Dieu le veuille ! car en France, plus qu'ailleurs, l'homme isolé n'a presque jamais la conscience de l'étendue de sa mission. Pour un homme vraiment énergique et éclairé comme M. de Golbér^, qui, par l'influence que lui donne sa triple qualité de législateur, de magistrat et de savant trèsdistingué, a rendu des services si éminents k l'art chrétien en Alsace (939), nous aurons encore pendant longtemps cinquante hom« mes comme M. Nicolas, architecte de |Bourbon-l'Archambault, lequel, pour donner une preuve de ses connaissances architecturales! a fait démolir la Sainte-Chapelle de Bourbonl'Archambault, l'ornement et la gloire du Bourbonnais , pour en vendre les matériaux. C'est en 1833 que le dernier débris en a^disparu.
Mais comment qualiGer le trait que je vais raconter, et dans quelle catégorie de vandales faut-il ranger ses auteurs? Il y avait à Montargis une tour antique qui faisait l'ad-
(939) Entre antres c^'liscs, Bl. de Golbôry a sauvé celte d*Ouniarslicin , qui date, selon la tradition, des tempâ païens; la belle église de Geberscliwir, et celle de Sigolsheiin , fondée par Timpéralrice sainte Richarde an ix*" siècle. Dans cette dernière éftlise il a eu le méiiic de faire prolonger la nef de plusieurs arcades, en conservant tout à fait le style de Toriginal et en reportant sur la nouvelle façade le porUiil du \\* siècle, au lieu de laisser plaquer contre Pantique édilicc une sorte de coffre en plairas moderne, avec un péristyle à triangle obtus, comme cela se pratique partout où les liosoins de la population exigent ragrandisscnicnt d^nne vieille
niiration des vo^'ageurs. M. Cotelle, notaire h Paris et propriétaire à MontArsis, jageiot utile de conserver ces vériérabies restés, avait provoqué des souscriptions et obtêoi même du ministère une soaitiie de 1,200 fr. pour réparations urgentes. Malheureusement, aux élections générales de isn, H. Cotelle se présente comme candidat ninistériel ; aussitôt les meneurs de l'oppo* sition se sont cru parfaitement en droit imciter quelques individus h retirer petit i petit les pierres qui faisaient la base de l'édiQce, et, à leur grand et joie, la tour s'écnmii avec un épouvantable fracas. La nouvelle rie cette t)elle victoire fut aussitôt eipédiéei Paris ; le tour y fut jugé bon, et plus d'ni journal sérieux le raconta avec él<^ (M). Je ne pense pas quMl y ait un autre psysm monde où un pareil acte serait toléré, hiei loin d'être encouragé.
En quittant le temporel pour le spiritiej, si on examine l'état du randalisme diei k clergé, on reconnaît que sa puissance 7 es toujours à peu près aussi étendue et aaa enracinée. Malgré les recommandations d les prescriptions de M. Tévèque du PuylHQ et de plusieurs autres respectables évêqacii il y a toujours dans la masse du cleipct dans les conseils de fabrique la même iMnie d'enjolivements profanes et ridicules, k même indifférence narbare pour les ùtf rares débris de l'antiquité cnrétienne. Ta dit l'année dernière (w2) combien le sjh tème suivi dans les constructions récenlei était déplorable : il me reste à parler de h manière dont on traite les édifices andeiL Je sais qu'il y a dans chaque diocèce ditnorables exceptions, et que le nombre à ces exceptions s'accrott chaque jour (lUt Mais il est encore beaucoup trop petit peer lutter contre l'esprit général, pourempMff
Îu'il n'y ait un contraste affliseant entreei tat stationnaire, cette balte dans la berbirie, et la réaction salutaire manifestée pff le gouvernement et par des citovens i^oléL A Pappui de ce que j'avance ici, quil ■• soit permis de transcrire littéraleoieol a u'on m'écrit à la fois des deux extréoitis e la France : « Vous ne sauriez vous iouyner (c'est un prêtre breton qui parle) Fvdeur que l'on met dans le Finistère et les Cdtes-du-Nonl à salir de chaux ce qui sei»t encore intact. La passion de bâtir de a» velles églises s*est emparée d'un graodoo» bre (te mes confrères ; malheureuseoetf elle n'Cdt point éclairée. On veut partootà
église. Entre mille exemples de cette sbmM, nous citerons Saint- Vallier, sur le Rbéoe.
(940) Voy. le Courrier et le Siècie do fnm0 jours de novembre 1857.
(941)Mgr deBonald, depuis cardinal-irchc^que de Lvon.
(942) Voy. De Viiat actuel de Part fWîMS.
(943) Aux noms que j'ai eu occasîou de eiff ailleurs, je dois ajouter M. Pascal, curé «k b Fat dans le diocèse de Hlois , qui , dans sa polrs^ avec M. Didnm, publiée par VCnhert, a AnK» preuves de science et de zèle.
APPEiNDICE. — DU VANDALISME ET DU CATIiOUCISME DANS L*ART.
Doureau, de Vélé^ant à la manière des païens. Pour ne pas ressemblera nos pères, pour ne pas imiter leur religieuse arenitec* ture, on nous fait ou des salles de spectacle, ou de misérables masures sans dignité, sans élégance, sans aucun cachet religieux, où^le symbolisme chrétien est tout à fait sacrifié au caprice de MM. les ingénieurs. Ce n'est pas que Ton ne fasse quelquefois des réclamations ; mais comme elles ne sont dictées que par le bon sens et la religion, et que, pour avoir des fonds, il faut suivre servilement les plans des architectes officiels, on passe è Tordre du jour. » D'un autre côté, on m'écrit de Langres : « Le clergé de notre diocèse est tellement éloigné de tout sentiment de Tart religieux, au'il t'oppose géné-^ ralemeni aux réparations faites dans le carae^ tère des monuments gothiques ^ et qu'il n'est presque pas de prêtre qui ne préfère une égîise.à colonnes et h pilastres grecs, à fenêtres' carrées ou en demi-cercle, garnies de rideaux de couleur, aux monuments gothiques. Et chaque jour on voit, quand une éçlise est trop petite, qu'au lieu de Taçrandir en suivant son architecture primitive, en la détruit, et on la remplace par une salle aux murs badigeonnés de jaune et de blanc. »
Je pourrais citer vingt lettres semblables, q[ui ne contiennent toutes que l'exacte vérité, comme peut s'en assurer quiconque est doué de Finstinct le plus élémentaire en matière d'art religieux, et qui veut se donner la peine d'interroger les hommes et les Ueux. Partout il trouvera des curés qui se re|)o$ent sur leurs lauriers, après avoir recouvert leurs vieilles églises d'un épais badigeon beurre-frais, relevé par des tranches de rouge ou de bleu ; après avoir jeté aux gravois les meneaux de leurs fenêtres ogivales, et échangé, contre les produits de pa* cotille religieuse qu'on exporte de Paris, les trop rares monuments d'art chrétien que le temps avait épargnés. Je prends au hasard quelques traits parmi ceux que me fournit une trop trisie expérience de ce qu'il faut bien nommer le vandalisme fabricien et sacerdotal. Quelquefois c^est une profonde insouciance qui iait la généreuse aux dé[>ens de l'église. Ainsi plusieurs tonnes de vitraux provenant de l'église d'Euernav ont été données à un grand-vicaire de Chalons, |ioar orner la chapelle de son chAteau; ainsi une paix en ivoire du xiv* siècle, appartenant a Saint-Jacques de Reims, a été donnée par l'avantHiernier curé de cette paroisse à un antiquaire de la ville. Ailleurs, c'est un esprit de mercantile avidité qui spécule sur les débris de l'antiquité chrétienne, comme sur une proie assurée. On se rappelle la mise en vente de l'ancienne église de ChAtillont Tune des plus curieuses de la Cham^iagne,
Ear la fabnque, su r la mise A pri x de 4,000 fr . , eureusement arrêtée par le zèle infatigable de M. Didron, et le rapport qu'il adressa au ministre de l'instruction put)lique sur cette
honteuse dilapidation. Mais \h où un ue saurait vendre en gros on se rabat sur le détail. A Amiens, on a vendu trois beaux et curieux tableaux sur bois du xvi* siècle, qui se trouvaient à la cathédrale, moyennant le badigeonnage d'une des chapelles. Il y en a d*autres qui servent en ce moment de portes au poulailler d'un ieune abbé I C'est dans cette même église qu un des chanoines disait naguère à M. du Sommerard en lui montrant des stalles du chœur, monument admirable d'ancienne boiserie : « Voyez ce orenier à poussière I II nous empêche d%tre vus ; q^ui nous en débarrassera ? » Dans la collection de ce savant archéologue, ou voit de curieux émaux byzantins, qu'il avait d'abord admirés à la cathédrale de Sens, et qui lui ont été apportés, il y à trois ou quatro ans, par un brocanteur, qui les avait achetés à l'église, toujours movennant le badigeonnage d'une cnapelle. A Troyes, la fabrique de la Madeleine a fait tailler, dans les bases et les fûts des colonnes, un certain nombre de places, que l'on loue 3 ou 4 francs par an, au risque cfe faire écrouler l'édifice tout entier. C est, du reste, la même fabrique qui voulait absolument abattre le fameux jubé de cette église, regardé comme le plus beau de France, sous prétexte que ce n était plus de mode, et qui ne l'a épargné qu'à condition de pouvoir l'empAter sous une épaisse couche de badigeon (9W. Rien n'échappe à ce mépris systématique ae la vénérable antiquité; mais ce qui semble spécialement exposé k ses coups, ce sont les anciens fonts baptismaux, objets de Tétude et de l'dppréciation toute particulière de nos voisins les Anglais. A Lsigery, près Reims, le curé a fait briser des fonts romans pour les remplacer par des fonts modernes. 11 en est de même dans presque toutes les églises du nord et de l'est de la France; (lartout les fonts sont brisés ou relégués dans un coin obscur, pour faire place à quelque conque païenne. De l'autre côté de la France, près Poitiers, dans une église dont j'ai le tort d'avoir oublié le nom, il y avait un ancien font baptismal par immersion. Cette particularité si rare et si curieuse n'a pas suffi pour lui faire trouver grâce devant le curé, qui l'a fait détruire. Ailleurs ce sont ces vieilles tapisseries, si estimées aujourd'hui des antiquaires , surtout depuis que le bel ouvrage de M. Achille Jubinal est venu en révéler toute la beauté et toute l'importance. A Giermont, en Auvergne, il y a dans la cathédrale douze tapisseries provenant de l'ancien évêché, et faites de 1505 à 1511 , sous la direction de Jacques d'Amboise , membre de cette illustre lamiile si généreusement amie des arts; elles sont toutes déchirées , moisies et abîmées de poussière. M. Thévenot, membre du comité des arts, avait offert de les nettoyer à ses frais et d'en prendre un calque ; mais le chapitre lui a répondu par un refus. A Notre-Dame de Reims, il y a encore d'au-
idU) Kmxvh Antiquité» de Troye$, i7i7.
mCTlONTfAmE DESTIIETIQUE.
fiet
ires Upisseries du xiv' siècle* qai sont découpées et servent de tapis de pied au trône épiscopal. En revanche, quand on aura lîesoin de ce genre de parures pour certaines fêtes de TEglise, comme c'est encore l'usage à Paris pour la semaine sainte, soyez . sûr qu*on ira chercher au hasard , dans
auelque garde-meuble, tout ce qu^il y aura e plus ridiculement contradictoire avec la sainteté du lieu et du temps. C*est ainsi que le vendredi saint de cette année 1838, tout le monde a pu voir au tonUfeau de Saint- Sulpice , le Festin d'Antoine et Cléopdtre (Cl^pâlre dans le costume le plus léger); et à celui de Saint-Germain-1 Auxerrois , Vénus amenant l'Amour aux nymphes de . €alypsol Terminons cette série par un dernier trait de ce genre. A Saint-Guilhem, entre Montpellier et Lodève, il y aune église bâtie, selon la tradition, par Charlemagne, et dont Tautel a été donné par Grégoire VII ; cet autel a été arraché, rélé{g.ué dans un coin, par le curé, oui y a substitué un autel en bois |3eint, oubliant sans doute .qu*il outrageait ainsi les deux plus grands noms du moyen Age catholique, Charlemagne 6t Grégoire VU!
Quand on a ainsi disposé de la partie mobilière, il reste Timmeuble, que Ton s*évertue le mieux que Ton peut à revêtir d'un déguisement moderne. Quelle est Téglise de France qui ne porte les traces de ces anachronismes trop souvent irréparables? Uélasl il n'y en a littéralement pas une seule. Là où la pioche et la ripe n'ont pas labouré ces saintes pierres, I ignoble oadigeon les 1 toujours souillées. Qu ils parlent ceux qui ont eu le bonheur de voir une de nos cathédrales du premier ordre , Chartres » par exemple, il y a quelques dix ans, avant qu'elle ne fût jaunie de cet ocre blafard que I évèquea mistantde zèle à obtenir, et qivils nous disent, si la parole leur suffit pour cela, tout ce qu'une église peut perdre en grandeur, en majesté, en sainteté, à ce sot travestissement! Statues, bas-reliefs, chapiteaux, rinceaux, fresques, pierres tombales, épitaphes, inscriptions pieuses, rien n'est épargné : il faut que tout y passe, il faut cacher tout ce oui peut rappeler les siècles de foi et d'entnousiasme religieux, ou du moins rendre méconnaissable ce qu'on ne peut complètement anéantir. D'oïl il résultera cet autre avantage, que les murs de l'église seront plus éclatants que le jour qui doit pénétrer par les fenêtres, même quand celles-ci seront dégarnies de leurs vitraux, et que par conséquent les conducteurs naturels de la lumière auront l'air de lui faire obstacle. Faire l'histoire des ravages du badigeon, ce serait fiiire la statistique ecclésiastique de la France ; je me borne à invoquer la vengeance delà publicité contre les derniers attentats qui sont parvenus à ma connaissance. A Goutances, dans cette fameuse cathédrale qui a si longtemps occupé les archéologues, le dernier évoque a
fait peindre en jaune les deux eollatéraux et la nef du milieu en blanc, eu même temps qu'il écrasait fun des transepts sous la masse informe d'un autel dédié h saint Pierre, parce qu'il s'appelait Pierre. A Boury, TÎHage
frès Gisors, le curé a trouvé bon de donner sa vieille église le costume suivant : les gros murs en 6/eu, les colonnes en roge^ le tout relevé par des plinthes et des corniches en jaune. A Laon, 1 église romane de la fameuse abbaye de Saint-Martin a été badigeonnée en ocre des pieds k la tête par son curé, et dans la cathédrale, cette charmante chapelle de la Vierge qui a germé comme une fleur sur les lignes sévères du transept septentrional, a été recouverte d'un
I'aune épais, et ornée d'une série d'arcades i rez-terre, en vert marbré^ relevées par des colonnes orançe. Cette mascarade esl due à un ecclésiastique de la paroisse, et il n'y a de plus affreux que la longue balustrade qui coupe par le milieu 1 extrémité carrée du chœur, et qui est peinte en noir parce que le mur auquel eHe s'appuie, est
geint en blanc. A la grande coll^fale de aint-Quentin, il v a autour du chœur cinq chapelles que M. Vitet a quali6ées avec raison de 1 ravissantes, d'un goût et d*un dessin tout à fait mauresques (9i5). » Mais je ne sais si, de son temps, celle du chevet était décorée avec des bandes de papier peint marbré, absolument comme 1 antichambre d'un hôtel garni, avec un prétendu vitrail en petits carrés de verre bleus et rouges, à travers lesquels les entants peuvent s'amuser à voir tremblotter le feuillage d'un arbre planté au chevet de Téglise. On n*a pas respecté davantage la curieuse église de Saint-Michel en Thiérache, que je recommande vivement aux antiquaires qui seront chargés de la statistique si importante du département de l'Aisne. Dans une position charmante et presque cachée au tord des vastes forêts qui longent la frontière belge» elle offre le plus grand intérêt par la disposition tout à fait excentrique de ses cinq absides, et par son transept du xii' siècle. Les moines l'avaient reiaite è moitié dass le xvii' siècle , et avaient plaqué t>eaucoup de marbre sur ce qui restait a^ancien. Mais il y a deux ans que sa solitude et sa beauté n'ont pu la mettre à l'abri d'une couchi générale de jaune , d'orange et de blanc qai en alourdit et altère les proportions. Oaei le midi on doit déplorer les badigeonnans récents de Saint-André-le-Bas à Vienot, de Notre-Dame d'Orcival en Auvergne» de Saint-Michel au Puy-en-Velay , enfin et la cathédrale de Lyon. Cette dernière orovre est du fait de M. Chenavard, architecte, à
3ui des juges plus compétents que moi ont éjà impute l'écroulement de Tancienne wé de la cathédrale de Belle^ ainsi que dH restaurations et constructions Irès-dDini»* tes, à Saint-Vincent de Cbàlon-sur-StêiM (946). Quant à ce qui se passe dans Paris, /emprunte l'énergique langage du rapfiort
(U&) Rapport au minittrs dt VmUfHur, page 61. (046) Cet architecte vandale esl j«isireirai ji;i<
APPENDICE. - DU ¥A.NDAL:SM£ ET DU CATHOLICISME DANS L'ART
rret
de H. de Gaspiarin : < On empAle» dit-il, de peinture, et on cache sous le stuc deux cha*
Elles de Saint-Germain-deS'Prés, en atidant qu'un ait assez d*argent pour babiller ainsi Téglise entière. On déguise, sous des couleurs vert pomme et bleu pâle détrempées dans rhttile, Téglise Saint-Laurent, et on en transforme en ce moment les chapelles en armoires. Enfln, Ton badigeonne et Ton gratte tout à la fois la grande église de Saint-Sulpice qu'une vieille teinte grise commençait déjà à rendre respectable (947). » Ce n'est pas au clergé , c'est au conseil des bAtiments civils, siégeant à Paris, qu'il dut attribuer et reprocher Todieux système que Ton suit partout h rencontre des clochers d'éj^lises rurales. Il est à peu près reconnu par tout le monde que les flèches gothiques ou en pointe sont le plus bel ornement des horizons de nos campasnes. Hais malheur à celle qui exige des réparations 1 Fût-elle la plus antique, la plus noble, la
6 lus gracieuse du monde, point de pitié. >ès qu'on y touche, il faut la remplacer par deux pans coupés, ou par une sorte de calotte ou chaudière. C'est la règle prescrite par le conseil des bâtiments, qui ne souffre pas qu'on s'en écarte, quand même on aurait tout l'argent nécessaire pour payer quelque chose de mieux. La ville de Charmes, dans les Vosges, avait près de cent mille francs de fonds municipaux disponiliies , pour une réparation do cette nature : on ne l'en a pas moins forcée à remplacer, par un capuchon en forme de marmite renversée, sa flèche élégante et fière, qui de trois lieues à la ronde ornait le paysage. On pourrait citer une fouie d'autres exem'ples de ce genre. Le résultat général de cette sorte de prosrès consiste à abaisser partout les croix de village de trente à quarante pieds. Belle victoire pour la civilisation.
Entin, avant de sortir des églises, il faut bien consacrer quelques mots k une classe spéciale de vandales qui y ont élu domicile, c est-à-dire aux organistes. Si c'est un crime d*offenscr les yeux par des constructions iMiroques et ridicules, c'en est un, asduré* ment, que d'outrager des oreilles raisonnatAfi par une prétendue musique religieuse qui excite dans TAme tout ce qu'on veut , excepté des sentiments religieux, et d'employer è cette profanation le roi des instruments, Vurgane intime et majestueux des liarmonies chrétiennes. Or , dans toute la France, et spécialement h Paris, les organistes se rendent coupables de ce crime. Bègle générale, toutes les fois qu'on invo-
auera le secours si puissant et si nécessaire e l'orgue pour com^iléler les cérémoiiies du culte, toutes les fois qu'on verra amcbé sur le programme de quelque fête que targue $era touché par If.***, on peut être d'avance sûr d'entendre quelques airs du nouvel opéra, des valses, des contredanses, des tours de force, si Ton veut, mais jamais
dbAS la lettre de M. de Guilheriny su ministre de Viiitlt'uctioii DiiUique, »tir les monument» du Lyon*
iiis le Journal de nmtruetiun pubii»
itau. luseree
DftITIOX!». D ESTBÉTIQUE.
un motet vraiment empreint de sentifMiA religieux; jamais une de ces grandes rom- IK)sitions des anciens maîtres d'Allemagne ou d'Italie; jamais surtout une de ces vieilles mélodies catholiques, faites pour l'orgue et pour lesquelles seules l'orgue luimême est faiL Je ne conçois rien déplus (;rotesque et de plus profone à la fois que e système suivi par les organistes de Paris. Leur but semble être de montrer que l'orgue, sous des mains habiles comme les leurs, peut rivaliser avec le piano de la demoiselle du coin, ou avec la musique du régiment qu*on entend passer dans la rue. Quelquefois ils descendent plus bas, et le jour de Pâques de cette année 1838, on a entendu au salut de Saint-Etienne-du-Mont, un air fort connu des buveurs, dont les premières paroles sont :
Mes amis, quand je bois ,
Je suis plus heureux qu*uu roi.
On voit que ce n'est guère la peine pour Mgr l'archevêque de Paris d'interdire la musique de théâtre dans les églises, puisque les organistes y introduisent de la musique de cabareL 11 ^ a longtemps cependant que ces abus, si patiemment tolérés aujourd'hui, sont proscrits par l'autorité compétente: et, pour me mettre à l'abri du reproche d'être un novateur audacieux, je veux citer deux anciens canons qu'on trouve dans le Bréviaire de Paris. Le premier est du concile de Paris, en 1528, décret 17 : i Les saints Pères n'ont introduit dans l'E^ glise l'usage des orgues gue pour le culte et le service de Dieu. Ainsi, nous défendons qu'on joue dans l'église sur ces instruments des chants lascifs ; nous ne permettons que des sons doux, dont la mélodie ne représente que de saintes hymnes et des cantiques spirituels, b Le second est de l'archevêque François de Harlay, article dS des statuts du synode de 1674 : « Nous dé* fendons expressément d'introduire dans les églises et chapelles des musiques profanes et séculières, avec des modulatiom tnvee et êautillanteê; de jouer sur les orgues des chansons ou autres airs indignes de la modestie et de la gravité du chant ecclésiastique Knfin, nous défendons d'envoyer
ou d'afficher des programmes pour invilrr les fidèles à des musiques dans les églises, comme à des pièces de théAtre ou h des spectacles. •
Pour (>ardonner tout ce qu'on fait et tout ce qui se laisse faire dans les églises, il faut se souvenir qu'on se t)orne à suivre la route tracée pour la plupart de nos savants et de nos artistes attitrés, dont tout le génie consiste à mépriser et à ignorer l'art chrétien; il faut se souvenir que l'un des architectes les plus renommés de la capitale, et qui postule aujourd'hui une importante restauration rotbique, qualifie l'an'hitecture du noyeo Age {ï'areniiecture à cikattee-jMris, el q|U*ttne des
^M de Hovembre 1838.
y^l). Moniteur du 3 août 1858.
OICTIONNAIRK D'ESTHETIQUE.
lumières (le Tacadéiuie des Beaux-Aris déplore n/irtoul T/ippui donné par ie gouvernement à la êtule lendance quil imporie dc-déeourager.
Je ne puis terminer celle invective sans fairoune rétractation exigée |)ar la justice. J*ai dit naguère que partout, excepté en France, les monuments d art ancien étaient respectés, at j*ai nommé la Belgique parmi les pays qui lui donnaient celte salutaire leçon. Après ^voir pris une connaissance plus approfondie des faits, je suis obligé de dire qu il n^en est rien, et que, si le gouvernement et .la législation belge sont plus avancés quç les nôtres sous ce rapport, en revanche, les dispositions générales du pays sont plutôt en arrière de celles de la France. Par une contradiction remarquable, U Belgique, qui avait su se garantir plus qu'un autre pays des doctrines gallicanes et pliiiosophiques du xviii* siècle, comme Ta détnontré son insurrection contre Joseph 11, avait cependant- subi à un degré incroyable 4'inflaence de Tart dégénéré des é(X)quès de Louis Xiy et LOuis XV. Je ne connais rien en France de comparable aux gaines colossales par desquelles on a trouvé moyen de déGgnrer la nef de la cathédrale de Malines; i la façade de Noire-Dame de Finistère à Bruxelles, véritable passoire à café flanquée de deux bilboquets ; aux miroirs, aux ()IA- ^res et aux marbrures qui déshonorent Saint- Pauî et Saint-Jacques a Lié^e; à ces autels monstres en marbre noir^ inventés exprès pour détruire, comme. à Anvers, Teffet de la plus belle église gothique. La Belgique n*a pas encore su se dégajzer de ces langes grotesques. Et, che2 elle, 4e vandalisme restaurateur marche fièren)ent à côté du vandalis- -we destructeur. Ce deraiier lui fut apporté yhT\a conqi>éiei'rançaise, qui fit disparaître presque toutes ses magnifiques abbayes et {\ii\\\ deses plus anciennes cathédrales. Le règne de la n>aison d'Orange fut aussi une époque de dévastation et d^abandon systéniatique. Je ne veux en citer que deux traits. A ré|>oque où le poi Guillaume I" mettait en vente à son profit pour J9b millions de domaines nationaux belges, «t où il livrait à la hache d'impitoyables spéculateurs cette forêt de Soignes, la plus Jbelle de ITuroue occidentale, rornement de Bruxelles et du pays tout entier, ce prince éclairé crut faire une bonne affaire en faisant vendre aux enchères l'ancien château de Vianden, dans le Luxembourg, édifice immense et admirable, sur un rocher qui domine TOur, parfaitement conservé et habité (9^8), et qui devait en gutre avoir, à ses yeux, le mérite d'avoir été la première possession de la maison de Nassau dans les Pays-Bas (949). Il fut adjugé pouf six mille francs à un entrepreneur, qui en enleva les plombs, les bois et le rendit ainsi aussi inhabitable que possible, jusqu'à ('e que le roi éveillé |uir les clameurs que faisait pousser cet acte de vandalisme inouï,
(948) Le loi Tsivail r«'prift à II. de Marbœnf qui rav'iit reçu vn iloiadoii d«' N ipolëoii cl <pii r<*iure- Icn-Mi forl bicMi.
racheta les ruines du château de ses pères moyennant 3,000 francs. C'étaient toujours 1,000 écus de profit, et une gloire de moins pour sa couronne et pour Iç pays ; et cependant voilà ce qu'on appelait une resmuro/toii/ Ces ruines, dans leur état actuel, sont, de l'avis unanime des voyageurs, plus vastes et mieux conservées q\xe tout ce qu'on voit de ce genre sur les bords du Rhin ; qu*on juge do prix qu'avait un pareil monument dans son intégrité. Sous ce même règne, en 1822, on voyait encore à quatre lieues de Bruxelles, l'immense abbaye des Prémontrés de Ninove. Ses quatre façades otTraient un vaste ensemble d'architecture classique, dans les proportions les plus imposantes et les pltis réguiièi*es;5a reconstruction en 1718, avait coûté 3,500,000 francs. En 1822, elle était dans un état de conservation parfaite, et on la mettait en vente pour 80,000 francs. La province de la Frandre orientale voulut en faire Tacçitiisition pour l'offrir comme château au prince d'Orange, qui faisait alors bâtir à Bruxelles un palais dont toute l'étendue n'égale pas une seule des auatre façades de Ninove; mais le roi refusa cette offre. Il n'eut pas davantage Tidée d'utiliser cet immense édifice, si voisin de sa capitale, pour en faire un hospice, un collège, ou une caserne; et l'adjudication définitive eut lieu le IS janvier, après l'aflicbe suivante que nous croyons devoir transcrire comme une curieuse pièce justificative de la future histoire du vandalisme : « Cette abbaye, dont la construction a coûté plus de 1,500,000 florins avant la révolution, offre, sous le rapport de la démolition, des avantages immenses. Tous les matériaux en sont de la plus grande beauté : le fer^ le plomb, les ardoises fortes, les grès, le marbre, n'y ont pas été épargnés; la charpente en est éoor^ me; aucune planche n'a été clouée. Pour le transport, la Dendre offre un moyen facile Les fortifications de Termonde, les traraui à Bruxelles, etc., assurent le débit avantageux des matériaux. £n un mot, celte vente se présente «aux spéculateurs sous l'aspect et dans les circonstances les plus favorables. •
Tous ces avantages ont été si bien saisis qu'aujourd'hui il ne reste pas pierre sur pierre de l'édifice. Seulement on peut exi miner les plans chez un menuisier de It ville, et vraiment c'est une visite qui vaot la peine d'être faite, pour voir jusqu'où li fureur de détruire peut aller, en pleine paii et sous un gouvernement régulier.
Depuis la révolution de IraO, le nouveau gouvernement s'est occupé avec quelque sollicitude de la conservation des raooiiments. La lui communale, tout en aoco^ daiit aux municipalités des attributions (»las lai'j^es qu'en aucun autre pays du m0llli^ leur défend de procéder, sans Vapftrê^im du rot, a à la déiuolilixm des moouBieiils de lantiquité et aux ré|»arations à y faire» lorsque ces réparations ^ont de nalore è dut*
(949) Eu 1540, Marguerite ée S|^iibeiA« hénliére du < ointe tie YiHBilciit Tapporta ea ilei >
Oïtioii, cumto de Nassau.
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APPENDICE. — DU VANDALISME ET DU CATHOIJCISME DANS L'ART
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ger le stvle ou le caractère des monuments (950). » voilà de belles et sages paroles, dont l'absence se fait regretter dans notre loi municipale française l Pour que l'approbation du roi ne soit jamais surprise, il a été institué une commission royale des monuments»
présidée par le comte Amédée de Beauffort, et qui a déjà rendu de grands services. Il faut espérer que, grAce à ces précautions, on ne verra plus ce qui s'est passe il jr a quelques années à Chimay, lorsque la pierre sépulcrale de l'historien Froissârt (chanoine de la collégiale de Chimay) fut enlevée et brisée pohr faire une entrée particnlière dans la chapelle des fonts I On est déjà parvenu à sauver, entre autres débris curieux, la vieille porte de Hall, à Bruxelles, qui renferme encore de très-belles salles, et que l'on s'acharnait à remplacer par deux de ces barraques à porche et à fronton obtus c|ui ornent toutes les antres entrées de la capitale. On a roème été assez heureux pour rendre à Sainte-Gudule une portion notable de son ancienne beauté, en détruisant le mattreautel qui obstruait son chevet. M. Rogier, ancien ministre de l'intérieur, et actuellement gouverneur de la province d'Anvers, avait conçu et proposé la magnifiaue idée de faire terminer la flèche de la cathédrale de Halines, par une souscription populaire, afln de placer sous celte consécration reli-
Îjieuse et nationale le souvenir de la rèvoution de 1830, et le point central du systèm€i' des chemins de fer oui doit changer industriellement la face de la Belgique. Malheureusement on a cru s'apercevoir que les fondements de la tour ne supporteraient pas nne augmentation de poids aussi considérable. La ville de Malines mériterait, du reste, Bsseï peu cet honneur, car sa régence est occupée en ce moment à postuler avec acharnement la destruction de la belle porte à tourelles qui conduit à Bruxelles; et lorsqu'on leur reproche cette barbarie, ils répondent: « Obi nous en avons détruit une, if y a quelques années, celle de Louvain, qui était bien plus belle encore! n Et ils disent vrai, à leur plus grande honte. Mais si le gouvernement a quelque prise sur les administrations provinciales et municipales, il n'en a iK)int sur les particuliers ni sur le clergé. La vente des vitraux et des chaires,
(950) Voici un trrélë du roi Léopold , qui mon* ire comment cetle loi excellente est exécutée. Il m%i daté du 28 novembre 1836. Cest un coiilrasle humiliant pour nous que celui des mesures prises à binant en Belgique, avec les dévasUlions de Dinan en Bretagne, dont nous pariions plus haut , eol. 1149.
f Vu Tarrèié du S5 août 1837, ordonnant le redressement de la route de première classa, n* 3, deNarour vers Givel, dans la partie de la traverse 4e IHnaiit, comprise entre la porte Saiat-Kicolas el la sortie de la ville vers Givet ;
€ Considérant aae, par suite de ce redressement, la porte Saint-Nicolas devait être démolie; que c£ip«idaol cette porte éunt d'une belle construelion et d*one grande antiqiiilë , il est désirable ifiiVUtt soit conservée intacte en la dégageant con- >veiuiblemcnt; que, souscc dernier i'apjN>it,denj>u-
de tous les fragments mobiliers d'art chré^ tien, à des Anglais où à des brocanteurs de Paris, est organisée sur une très-srande échelle; il n*a fallu rien moins que I intervention du roi protestant, pour empêcher le curé catholique d*Alsemberg de vendre la chaire gothique de son église à un Anglais. A Aine, abbaye fondée par saint Bernard, sur les bords de la Sambre, il existe encore la plus grande partie de la maison et une moitié environ de l'église, qui date de l'é* poque même du fondateur. Croirait-on que ce sont les anciens religieux eux-mêmes» qui, ayant racheté ces ruines, les vendent par charretées I A Sainte-Gudule même, dont la restauration se fait, en général, avec beau* coup de zèle el de goût, il faut cependant dénoncer Tarchitecte qui a trouvé bon de faire arracher un grana nombre de consoles richement sculptées sur les tours de lafaçatle, sous prétexte que ces consoles sans statues ne signifiaient rien. Quant au règne du bn* djgeon, il est encore bien plus universel et plus solidement établi qu'en France. Je n9 crois pasqu^è Texception de Sainte- Waudru de Mons, il y ait une seule église de Bel^i-
2ue, grande ou petite, qui ne soit pas pério* iquement radoubée et mastiquée d'une pAte impitoyablement épaisse. 11 en résulte que la sculpture, si florissante au moyen Age en BcU gique, est comme annulée partout où il s'en trouve quelques monuments dans les églises. Comment reconnaître non-seulement l'expression, mais jusqu'aux premières formes d'une fissure qui est recouverte d'au moins dix couches successives de plAtre? On ne se Qgure pas le changement que subiraient toutes les églises belges, si quelque chimiste tout-puissant trouvait le moyen de les dégager de cetle enveloppe déjà séculaire, et de les rendre k leur légèreté primi* tive. Il n'y a pas jusqu'au délicieux jubé da Louvain, dont la transparence ne soit interceptée autant que possible par un voilo écailleux. Seulementau lieu du beurre frais et de l'ocre, usités en France, n*est le blanc qui est universellement adopté en Belgique, un blanc vif, luisant, éblouissant, dont on ne se fait pas une idée avant de l'avoir vu. On sort de là comme d'un moulin, avec la. crainte d'être soi-même blanchi. Puis si ou jette un regard en arrière sur l'édiQce, on se
veiles dépenses deviennent nécessaires ;..«•
f Consiiiéranl que la ville de Dinant est pârtlcalièreinent intéressée à la conservation de la porta dont il 8*agit,el que FElat, tout en prèUnt son con« cours à la chose , n*est cependant déterminé que par un inlérél secondaire quant à la voirie; dispose; I An. i*'. U est accordé à la ville de Dînant , k titre de subside, une somme de trois cenu franc», pour coniribiier à la dépense que nécessitera la conservation de la porte dite de Saint-Nicolas ev cette viUe
< Art. i. Les terrains nécessaires, et ooUmmem celui qui se uouva au delà de la porte et oui forma l'angle de séparation de rancienne routa de la nouvelle, seront acquis el occupés conformément aus^ lois en matière d*espropr!atloa pour causa d'ut|Uia pul»liq*i«^ »
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croit encore poursuivi nar la brosse fatale, car, par un raflinenicnt barbare, ce n*est pas seulement rinlérieur qui est métamorphosé en blanc de craie, ce sont encore les por* ches, les portails, tout ce qui peut se relever sur la couleur sombre des pierres extérieures, et Jusqu'aux meneaux et aux archivoltes de toutes les fenêtres, qui sont passés au blanc par dehors, comme pour avertir le passant du sort qui Tattend au dedans. Je n*ai vu nulle part le moindre germe de réforme sur ce point.
Pour en revenir à notre France, et pour qu'on ne me reproche pas de parler si longtemps sans indiquer un remède, ie fmirai en insistant sur la nécessité de régulariser et de fortifier l'action de l'inspecteur général des monuments historiques et celle de la commission qui délibèfe sur ces propositions au ministère de Tintérieur : une loi, ou au moins une ordonnance royale, est urgente pour leur donner un droit d'intervention légale et immédiate dans les décisions des municipalités et des conseils de fabrique. J*ai déjb cité la loi belge à ce sujet. En Prusse, il y a un édit royal qui interdit strictement la destruction de tout édifice quelconque revêtu d'un caractère monumental ou se rattachant à un souvenir historique, et qui ordonne de conserver, dans toutes les réparations de ces édifices, le caractère et le style de Tarchilecture primitive. En Bavière, la même prohibition existe et s'étend, par une disposition récente, iusqu'aux chaumières des montagnes de Ta Haute-Bavière si pittoresques , si bien adaptées au climat et à ia localité, et auxquelles il est défendu de substituer les boites carrées que voulaient y importer certains architectes urbains, il faut que quelque mesure sérieuse de ce genre soit adoptée en France; c'est la seule chance de salut pour ce qui nous reste : c*est le seul moyen d'appuyer les progrès trop lents et trop timides de Topinion.
Et, en vérité, il est temps d'arrêter les démolisseurs. A mesure que l'on approfondit l'étude de notre ancienne histoire et de la société telle qu'elle était organisée dans les siècles catholiques, on se fait, ce me semble, une idée plus nette et une appréciation plus sérieuse des formes matérielles que cette
société avait créées, pour lui servir de manifestations extérieures. U est im^)ossibie, alors, de n'être pas frappé du contraste que présente le monde actuel avec le monde d'alors, sous le rapport de la beauté. On a fait bien des progrès de tous genres; je n'entends ni les contester, ni même les examiner; il enrst que j'adopte avec toute la ferveur de mon stiècle; mais je ne pais m'empêcher de déplorer que tous ces progrès n'aient pu être obtenu qu'auxdépens de la beauté, qu'ils aient intronisé le règne d« laid, du plat et du monotone. Le beau est un des besoins de l'homme, de ses plus nobles besoins; il est, de iour en jour, moins satisfait dans notre société moderne. Je m'imagine qu'un de nos barbares aïeux du xt* ou du XVI* siècle nous plaindrait amèremeut si, revenant du tombeau parmi nous, il comparait la France telle qu'il l'avait laissée avec la France telle que nous l'avons faite, son pays tout parsemé de monuments innombrables et aussi merveilleux par leur beauté aue parleur inépuisable variété, avec sa surface actuelle de jour en jour plus uniforme et plus aplatie; ces villes annoncées de loin par leur forêt de clochers, par des rem^taris et des portes si majestueuses, avec nos quartiers neufs qui s'élèvent, taillés sur les mêmes patrons, dans toutes les sous-préfectures du royaume; ces châteaux sur chaque montagne, et ces abbayes dans chaque vallée, avec les masses informes de nos .iianufactures; ces églises, ces chapelles d^ins chaque village, toujours remplies de sculptures et de tableaux d'une originalité complète, avec les hideux produits de Tarchitecture ofBcielle de nos jours; ces flèches è jour« avec les noirs tuyaux de nos usines, et, en dernier lieu, son noble et gracieux costume avec notre habit à queue de morue. — Laissons au moins les choses telles qu'elles sont; le monde est assez laid comme cela ; gardons les trop rares vestiges de son ancienne beauté, et, pour cela, empêchons un vandalisme décrépit de continuer à mettre en coupe réglée les souvenirs de notre histoire et de défricher officiellement les monuments plantés sur le sol de la patrie par la forte main de nos aïeux.