‹ Dictionnaire d'esthétique chrétienneChapitre 16 sur 167 · ÀCCE^ 1 POETIQUE, ACCENT TONIQUE · texte numérisé non relu

ÀCCE^ 1 POETIQUE, ACCENT TONIQUE

oy. Tonalité.

ACCORDS. Voy, ConsonnaKce.

AGRICOLA. Compositeur du xv* siècle, élève d'Ockeghem. Voy. Musique.

ALBl (Cathédrale d*] (76). Si dans notre France peu connue et si digne de Tètre, i I existe un chef-d*œuvre qui, à certains égards, n'a pas son pareil dans le monde ; ce cbef-d'œuvre, c'est la cathédrale d'AIbi. Ce n'est pas

2ue sous le rapport architectural , cette glise ne soit inférieure à nos plus renom* mées. On concevra facilement qu'il en doive être ainsi, en considérant qu il s'agit d'une vaste construction toute en briques, comme on en voit tant dans une région où il est impossible de se procurer drautres matériaux. C'est pourquoi, sauf un hardi clocher et un merveilleux porche dont nous parlerons plus bas, l'extérieur de la cathédrale albigeoise n'offre qu'une grande et lourde masse d'une teinte rouge foncé, qui est celle de la brique exclusivement employée à sa construction. Mais quand on pénètre dans l'intérieur de ce vaste temple, auquel prépare si peu la vue de Textérieur» on est saisi du contraste frappant qu'ofih'e ' une immense surface recouverte dans tous les sens de riches et magnifiques peintures qui se déroulent aux regards encnantés de 1 heureux spectateur d'une telle merveille. Et, comme ce genre de peinture est une des parties principales de la décoration de nos temples catholiques dont il relève si bien la beauté, nous devions, sous ce rapport, un article spécial à la splendide cathMraie d'AIbi.

Ce fut une idée vraiment grandiose, que de concevoir et de réaliser sur une aussi vaste échelle cette magnifique ornementa.-

(76) Située dans une belle plaine et sur une éminence dont la base est baisnée par les eaux du Tarn, la ville d'AIbi, nommée par les Romains CivUà$ Albieniium, éuil de la première Aquitaine

3ui avait Bourges pour métropole, et elle continua 'en dépendre sous le rapport ecclésiastique, lorsqu'elle eut été dotée d'un siège épiscopal. Cet évèchc était devenu de bonne heure un des plus riches de France. Le chapitre était composé de chanoines réguliers de Saint Augustin, cl ce fut le Pape Boniface VIII qui le sécularisa en it91. I/évéché d'AJIii fut érige en archevêché en 1676. Par acte passe à

tion. Ne f)Ouvant, à cause de l'imperfection des matériaux dont ils disposaient, élever une cathédrale comme celle de Chartres oa de Reims, les évêques et le chapitre d'AIbi voulurent que, par une riche compensation, la peinture murale étalât toutes «ses magnificences sur les parois intérieures de l'édifice, au point d'en métamorphoser complètement l'aspect. C'est {pourquoi ils étenairenl sur toute cette surface une immense couche bleu de ciel, sur laquelle les pinceaux les plus habiles delà France et de l'Italie devaient dessiner en compartiments harmonieux des milliers de figures célestes d'an- 5 es, de saints, de saintes, éblouissante image es splendeurs du paradis.

Mais avant de tracer une esquisse rapide de ce chef-d'œuvre d'iconographie cnrétienne , nous ne saurions complètement omettre quelques-unes des parties principales de l'édince, qui, au double point de vue de l'architecture et de la sculpture, ne le cèdent en rien à leurs analogues qu'oa ne se lasse d'admirer dans certaines de nos églises le plus en renom. Nous voulons parler du péristyle et du porche découpé de la srande porte latérale, non moins que du jubé et de tout l'ensemble du chœur merveilleux de. cette basilique.

La cathédrale primitive, fondée sous le titre de Sainte-Croix, entre le palais des comtes d'Albigeois (aujourd'hui l'an^hevôché) et Ja métropole actuelle, avait pris« dans la suite des temps, le vocable de sainte Cécile, qui lui est resté. Plus d'une fois il avait été question de rebâtirent édifice sur des dimensions et avec une magnificence proportionnées à là richesse et à l'importance de révôché et du chapitre, qui étaient des plus considérables de France. Divers

l'archevêché de Paris, en 1675, l'archevêque el le chapitre de Bourges consentirent à ce eue l'Eslise d'AIbi, érigée en archevêché et déiachée de la métro» pôle de Bourges, jouit des mêmes droits ei prérogatives sur les cinq évêchés <)ui étaient égalemet détachés de cette vaste province, à savoir : Cahors, Rodez, Mende, Castres et Vabre, aux conditions que l'archevêque de Bourges prendrait 15,000 livres de revenu annuel sur cciiii de l'archevêché d'AIbi, d que celte séparation ne pourrait nuire ni préjudicier à la qualité de patriarche et de primat d Aquitaine, attachée au siège de Bourges.

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