‹ Dictionnaire d'esthétique chrétienneChapitre 17 sur 167 · ALB · texte numérisé non relu

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legs avaient été Cails successivement, dans ce but, par les comtes d'Albigeois, ftar Raymond, comte de Toulouse, \iar Maifred, vi« comte de Narbonne, et sa femme Adélaïde, et par Traincavel, vicomte de Béziers, lorsque le cardinal Bertrand de Castapet, évoque d*Albi, dans la seconde moitié du xiir siècle, dressa et réalisa, en partie, le plan de la nouvelle cathédrale, à laauelle il conserva le vocable de sainte Cécile, et dont il fK>sa la première pierre le jour de TAssom})tion, en 1282, à son retour de Rome où il était allé presser la canonisation de saint Louis. L'œuvre de Bertrand de Castanet fut continuée par Bérold de Fargis et Jean de ik)ya ses successeurs directs. £ii 1383, Guillaume de la Voulte termina la dernière arcade du côté du couchant, et éleva le clocher au niveau de la toiture. L'église ne put être consacrée que le 23 avril 1480, et ne fut terminée qu'en 1512.

La tour^ le pérUtyle et le porche de la grande porte latérale. — OEuvre de Louis d'Amboise, premier du nom, évoque d'Albi, la tour, construite en briques, comme le corps de l'édiGce, produit néanmoins un bel effet, è cause de son ampleur et de sa hauteur, qui est de 280 pieds, à partir de la base, et de VOO au-dessus du niveau du Tarn. Formée de plusieurs étages en retraite, elle se termine par une plate-forme octogone. Elle est située à la partie occidentale de l'église tournée vers Torient, et y adhàre, mais sans porte d'entrée, contrairement è l'usage presque universel qui veut que la grande porte des églises orientées s ouvre au couchant. Ce qui paraît avoir déterminé cette disposition particulière , c'est l'intention d'établir au bas de Téglise un cbcDur spécialement destiné aux omces de la paroisse. Il existe, en effet, dans cette cathéarale, de môme que dans celles de Besançon, de Ma^ence, et quelques autres, aux deux extrémités de la nef longitudinale, deux chœurs qui se regardent, celui de la paroisse .et celui du chapitre. Il résulte d'une telle disposition, que la porte princi* pale doit ôtre nécessairement latérale h l'édifice. C'est ce qui a lieu pour la cathédrale d'Albi. La Grande porte u'entrée, pratiquée au Hanc méridional de l'édifice, s'élève sur un vaste et beau péristyle, de forme carrée, où l'on arrive par un magnifique escalier à larges et nombreuses marches en pierres de laifle. Le porche extérieur qui la précède, et qui fut commencé par Louis d'Amboise, offre une ordonnance a laquelle rien, dans ce genre, ne saurait ôtre comparé. Il se compose de quatre grandes arcades è vide, fort élancées, surmontées d'un couronnement è jour. Que la sculpture flamboyante du IV* siècle (1^* moitié) a fouillé, ouvragé, contourné avec un art et une délicatesse incroyables. On comparerait cette œuvre étonnafite à un bijou finement ciselé, si ce n'était le grandiose de ses proportions qui offrent un harmonieux mélange de grâce et de majesté. Ce porche délicieux sert comme d'introduction à un autre chef-d'œuvre non

moins admirable de sculpture ; nous vou* Ions parler du jubé et de Tenceinte du chœur au'il sé^>are dans la grande nef.

Lejuhé et le ehceur, — Ce fut une idée véritablement belle et bien conforme è celle

3ue les prophètes nous donnent de la pré* ication, (uie la création de ces ambons ou tribunes élevés primitivement dans la partie antérieure du sanctuaire, et du haut desquels le diacre chantait Tévangile , et l'évoque annonçait la bonne nouvelle du salut. Ces arotons, dont plusieurs existent encore dans les anciennes basiliques, furent, au XIII* siècle, remplacés par les jubés, qui l'ont été à leur tour, maisdisgracieusement, quant è l'emplacement et quant è lalorme, par nos lourdes chaires à prêcher. L'on ne saurait trop regretter, au double point do vue liturgique et archéologi(|ue, la destruction de la plupart de ces jubés, effectuée pendant le xviii* siècle, époque désastreuse pour nos monuments religieux. Parmi ceux^ en petit nombre, qui ont résisté au vandalisme des architectes soi-disant restaurateurs, de ce temps-là, il n'en est point certainement de plus remarquable que celui de la cathédrale d'Albi. Tout ce que l'imagination peut se figurer de richesses, disait M. RomaRnesi, dans son rapfiort au ministre des cuites (1832), n'approche point de la vérité. J'ai vu tout ce aui existe en ce genre, tant en France ({u' en Belgique et en Hollande : je n'ai rien vu d'aussi riche et d*un travail plus délicat. Des esquisses faites à la hâte, et môme les lithographies les plus parfaites peuvent b peine en*donner une idée. C'est le dernier gothique dans toute sa richesse.

Trois portes pratiquées dans le jubé, et remarquables par leurs fines et innombrables moulures conduisent de la nef dans le chœur. La magnificence de ce jubé, auauel nul autre ne saurait ôtre comparét étonne l'imagination elle-môme. On doit en dire autant de toute la vaste enceinte du chœur qui n'en est en quelque sorte que la prolongation, et autour de laquelle on peut librement circuler pour en admirer le travail aussi riche que délicat. Cette belle clôture, surmontée de panaches élégants, ornée de moulures et de statues de grand prix» donne au chœur, quand on le considère des tribunes supérieures» principalement de celle du fond , l'aspect d'un magnifique écran qui s'étale avec grâce dans la somp* tueuse basilique. En faisant extérieurement le tour de cette magnifique clôture» on y admire soixante et douze belles statues de grandeur presque naturelle, qui représentent les grands et les petits prophètes ainsi que les femmes célèbres de l'Ancien Testament ; on a réservé pour l'intérieur , comme la partie la plus digne, les statues des apôtres et celles des anges musiciens qu'on voit au dossier des stalles canoniales et qui sont ravissantes de forme et d'expression. Tout, dans ce vaste intérieur du chœur, pavé, boiseries, ornements, est en rapport avec la magnificence de Tédlûce ; on

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