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ii*y désirerait (}u*un maltre-autel gothique au lieu de celui tout moderne qoe le mau- Tais goût du xYiu* siècle a substitué à faneien. Hais ce sont les peintures de la voûte et des chapelles qui font la principale beauté de la cathédrale albigeoise. Elles vont maintenant absorber notre attention.
Peintures. — C'est le plus grand ouvrage h fresque qui ait jamais existé. 11 sufQt pour s en convaincre, d'observer que la cathédrale d*Albi est un vaste édifice, à une seule nef, qui présente une longueur dans œuvre de dm pieds, une largeur de 54 pieds pour la nef, et de Sk avec Tes chapelles, et une hauteur de 92 pieds 6 pouces, sous clé de voûte, ce qui donne un ensemble de dimensions supérieures à celles de Tancienne cathédrale de Vienne en Dauphiné (77). Ce vaisseau, dont les voûtes sont arc-boutées par des contreforts en tambour peu saillants, otTre cette particularité, qu'à l'instar des églises d'Espagne, il n'a ni croix ni bas côtés, ce qui le fait paraître encore plus long et plus élevé qu'il ne l'est réellement; dans tout son pourtour intérieur règne une galerie fort simple courant au-dessus des arcades de ses nombreuses chapelles oui sont elles-mêmes entièrement peintes à la fresque» comme tout le reste de l'édifice. La grande voûte est toute ogivale, et ses arêtes encadrent heureusement les divers sujets représentés sur cette immense surface, qui n embrassent rien moins que la description par ordre chronologique, à partir du bas de l'église, des principaux personnages de TAncien et du Nouveau Testament. « Des arabesaues peintes en blanc et rehaussées d'or, présentent aux yeux ravis le type de la grâce et du bon goût, des formes enchanteresses et un contour non moins pur qu'élégant. Des anges s'y balancent dans des enroulements de feiHllage ; les patriarches, les prophètes, les saints, les vierges, les martyrs, se détachent de ces arabesques sur ces voûtes étincelantes d'or et d'azur. Le stvle du dessin, le jet des draperies, la simplicité des poses de ces peintures magnifiques, tout annonce en elles l*école italienne, à l'époque de sa glo'.rc ^78). » La louche qui y domine est celle de l'école de Pérugin, ce maître de Raphaël, . c'est celle, par conséquent, ou à peu près, de la première manière du célèbre peintre d'Urbin, la plus belle, la plus parfaite, au point de vue de l'esthétique chrétienne. Aussi, les formes des loges du Vatican, que nous avons visitées, ne nous paraissent point supérieures à celles moins connues et bien plus grandioses d'ailleurs comme dimension, de la cathédrale d'Albi. Que ces peintures soient, en bonne partie, sinon en totalité, d'artistes italiens, c'est ce que rendent plus vraisemblable les rapports fréquents des évoques fondateurs de la basili-
(77) Cette belle église, à trois nefs, dont la principale était jadis occupée par un jubé, a dans œuvre, VS81 pieds de longueur, et 80 pieds de hauleur, sous clé. ba largeur intérieure est de 107 pied», et sa lar-
que albigeoise avec cette région, et surtout l inscription suivante qu'on lit encore dans les deux premiers compartiments des tribunes de droite, en se dirigeant vers le chœur : Franciseus Doneta^ pictor Uatus^ de Carpa^ fecit. « On est étonné de leur fraîcheur et de leur conservation, dit l'auteur de la nouvelle et intéressante monographie de la basilique. Cet immense travail, commencé en 1502,- par Louis d'Amboise, deuxième évoque de ce nom, fut continué et achevé en 1510, par Charles Robertet, son successeur.... La voûte est parsemée de médaillons et de tableaux ; on y voit la suite des patriarches et des prophètes, c|ui se termine par la figure de Jésus-Christ tenant le livre ouvert des Evangiles où se trouve l'accomplissement de cette ancienne loi ; viennent ensuite les saints et les martyrs de la loi nouvelle. Ou y a entremêlé de temps à autre des figures symboliques, telles que les Vertus, la Théologie, la Musique personnifiée, des écussons et des emblèmes religieux (voir la Description naïve de l'église Sainte-Cécile, de 1684, à la bibliothèque d'Albi). Que l'on se représente, dit M. du Mège, les voûtes d'un temple qui a plus de 300 pieds de longueur, qu'on en calcule les courbes et les développements ; qu'on étende sur le*tout une teinte d'azur ; que sur ce fond, dont la couleur éthérée parait doubler la hauleur de l'édifice, on retrace par la pensée ces tortueux rinceaux d'acanthe, ces enroulements gracieux que l'on admire dans les palais de la belle Italie, que ces arabesques délicates empruntent à l'albâtre sa blancheur, et qu« l'or seul en rehausse les élégants contours ; que des êtres célestes se jouent dans les feuillages ; que les prophètes, les vierges, les saints y soient représentés, que la pureté du dessin, la simplicité des poses annoncent l'école de Raphaël et rappellent les fresaues du Vatican, que l'or brille partout, qu il étincèle sur lazur, qu'il forme les nervures des voûtes et les principales lignes architecturales, et l'on aura une idée imparfaite encore de l'ensemble magique
3ue présentent les somptueuses voûtes de ainte-Cécile. » « C'est un monument à Eart, » dit M. de Chateaubriant, « auquel sous eaucoup de rapports nul autre ne peut être comparé. Son architecture est cnarmante, et ses peintures, au-dessus de tout ce qui existe en c^ genre ; ce n'est pas seulement une église, (yest encore un admirable Musée. »
Dans cette cathédrale qui porte depuis si longtemps le vocable de Sainte-Cécile, la peinture, ainsi que les autres arts, a largement payé son tribut à 1& reine de l'harmonie. L'apothéose de cette patronne de la musique y est retracée en plusieurs endroits, et notamment à la grande voûte où
geur extérieure, de iii pieds,
(78) Guide du voyageur en France. (Firmin IHdol 18S8.)
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D ESTRETIQUfi C&RETI£NNNE.
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la sainte e$tre(>résenté6 sous les plus beaux traits» dans l'attitude d'une douce et ravissante extase, entourée d'anges musiciens qui semblent se jouer dans les étinceiantes arabesques dont la voûte est semée. Les figures des autres vierges-martyres, telles que sainte Catherine» sainte Agathe, sainte LHcie, ne sont ni moins belles, ni moins expressives, et même du pavé du temple, le spectateur peut sans effort distinguer leurs regards si doux, si pénétrants, qui semblent toujours dirigés vers lui. Le buffet du grand orgue établi au bas de l'église audessus de la voûte du deuxième cnœur est orné de la statue de la sainte et de celles d*un grand nombre d'anges et d'autres personnages tenant des instruments de musique à Ta main. Enfin, sur la plate-forme du magnifique jubé on remarque des pupitres constamment dressés. Ainsi, tout annonce que ce temple, dédié sous l'invocation de la patronne de la musique, est, par excellence, le temple de l'harmonie sacrée. Jadis la fête de Sainte-Cécile qu'on y célébrait avec beaucoup de pompe, attirait tous les ans à Albi, des divers points du Languedoc une foule de musiciens qui venaient se joindre aux amateurs de la ville pour y honorer par un erand festival leur commune patronne. Ils étaient largement indemnisés parle chapitre de leurs frais de voyage et de séjour. Alors le clergé pouvait beaucoup dans l'intérêt des arts, parce qu'il disposait d'abondantes ressources pour t;elâ. 11 n'a point manqué, tant s'en faut, èuneaussi noble mission ; et lorsque le philosophisme, avec son ignorance ou sa mauvaise foi, lui demandera compte de sa gestion, (redde rationem viUicationii iuœ) il n'aura, pour toute réponse, qu'à lui montrer ces- splendides monuments dont il a couvert le sorfrançais, el dont les maçnifiques restes font encore la gloire la plus belle, la plus pure, de notre pays. Foy. Expasssioii , Catagoiibbs , Dbs- 8», Psiutobb.
ALCUIN. Aumônier de Cbarlemagne, au-, teur d'un Trai$é $ur Ui huit ions tTéglise. Voy. ToNALrri.
ALLEGORIE. Plus ou moins familière à l*homme qui aime à symboliser les pensées que lui retrace son esprit et les sentiments
Sue lui révèle son cœur, l'allégorie est tin es éléments les plus féconds du beau dans
n9iHUloiredelapeinturê chrétiettne,au moyen âge.
(90) On voit des exemples de celte manière de représenter Jésus-Cbrist, sur un dyptique d'ivoire, sculplé, selon toute apparence, vers le septième ou le huitième siècle, et publié par Gori, etc. etc. Cest par eitension du même principe, que les pa- Irlarcnes, les prophètes et les apôtres étaient quelquefois peints jeunes et sans barbe.
(81) Parmi les monuments de sculpture où est représenté le Bon Pasteur, je citerai de préférence coinme les plus remarquables pour le mérite de la pose et de rexécution, ceux qui ont été publiés par Bosio, pag. 59-5i3; par Aringhi, tom. 1, pag. 291- 619, et tom. II, p. i43-267; parmi les peintures, celles qu'on trouve gravées dans Bosio, p. 307-527, ri dans Aringhi, tom. U, pag. 25-303. Ces peintures
les arts. Bile élève, elle ennoblit la nature physique, en la spiritoaiisaot; elle offre de plus 1 avantage de ne montrer que par des signes les objets qu'on ne veut révéler qu'à un petit nombre d'initiés. C'est principalement sous ce dernier rapport, que les artistes chrétiens primitifs affectèrent le symbolisme à la peinture et à la sculpture. Ils re- Srésentèrent Dieu et sa puissance sous* la gure d'une main sortant d'un nuage ou d'un rayon qui descendait du ciel. Ce ne fut que plus tard qu'on se hasarda à peindre « l'Ancien des jours » tel qu'il avait apparu à Daniel, sous les dehors d'un vieillard majestueux, assis sur des nuages, débrouillant le chaos et faisant jaillir la lumière du sein des ténèbres, t Tantât, « dit Emeric-David (79), en parlant des peintres du iv*au vi' siècle, « pour rappeler la divinité de Jésus-Christ, ils nous peignent un adolescent doué d'une grâce et d'une beauté immortelles, foulant à ses pieds nus le lion et le dragon (80); tantôt, pour honorer sa mission, sous 1 emblème du bon Pasteur, ils le représentent comme un jeune berger, sans barbe, d'une taille élégante, portant sur ses épaules la brebis
3ui s'égare (81); ou bien sous l'emblème 'Orphée, ils le peignent assis au haut d*une montag^ne, un instrument de musique dans ses mains, entouré d'animaux cruels, qu'il charme par la douceur de ses accents.
« Cette image d'Orphée entouré d'animaux
Ju'il charme par ses accords, fut employée ans les peintures chrétiennes les plus anciennes, comme un emblème de la mission de Jésus -Christ. (Eus. Laud. Constant. ^ 1. XIII, c. 25. — Aringhi, I. vi, c. 21, etc.)
« Cet Orphée allégorique est représenté assis, coiffé d*un bonnet phrygien et jouant de la Ivre. C'est ainsi qu'on le voit dans Bosio (p. 239, 255), et dans Aringhi (tom. I, p. 527, 563). Les gravures publiées par ces deux antiquaires sont faites d'après les peintures du cimetière de saint Calixte. Elles sont du même style et très-remarquables oar leix* élégance. On voit dans l'une d'elles, audessus d'Orphée, Timagedela Vierge tenant l'Enfant Jésus sur ses genoux : ce fait annonce que cette peinture est postérieure à l'an 431. Nous lerons remarçiuer tout à l'heure que les peintures des cimetières de saint Calixte, de saint Marcellin, etc., ne datent pas toutes de la même époque. C'est en
sont des iv*, v* et vi* siècles. Elles existent encore à Home, dans les catacombes de Saint-Callixte, de Saint-MarcelUn, de Sainte-Agnès, etc.
Le Bon Pasteur tient souvent en main une flûie à sept tuyaux. Quelquerois il est représenté comme un nomme de quarante à cinquante ans, avec U barbe, mais ces exemples sont rares. (Bosio, p; ÎÎ3.— Aringhi, lom. II. p. 189.— Boldetti, p. 200.) Il est presque toujours jeune et sans bart)e. Les chrétiens peignaient déjà Pimage allégorique du Bon Pasteur sur les calices employés au saint sacrince, et même sur leurs verres a boire, à la fin du second siècle de TEglise, dans le temps de TcrtuUien.
De pudicitia, c. 8 et 10— Aringhi, t. XI, 18, tom.
1, pag. 51.)
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MCTIONNAIRE
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ivirlant de celles dont il s'agit ici, gai sont l'es plus anciennes, que Boldetti a dit : Elles sont bonnes, sinon excellentes. Suone^ te non excellenii. Ce savant les croyait du temps de Néron (Osterv. §opra ctm. de S. Mart.j I. I9 p. 5, c. 18)9 ce qui me paraît une erreur.
« Des allégories éffalemont ingénieuses et intéressantes rappellent, en le voilant, le double mystère de la mort et de la résurrection du Sauveur. Nouveau Daniel, Jésus est entièrement nu parmi des lions, dont sa grAce naissante a désarmé la férocité (82) ; nouveau Jonas, il est dévoré par la baleine qui doit le rendre à la lumière dans trois
{'ours (83); agneau soumis et éclatant de >]ancheur, il expire au pied d'une croix, Ju'il arrose de son sang (84); phénix raieux, vainqueur des esprits de ténèbres, il s'élève dans les airs ou se pose à la cime d*un i)almier, emblème de sa victoire (85). S*agit-il de peindre les miracles de rHomme- Dieu? les artistes, voulant exprimer sa puissance surnaturelle, le représentent encore comme un beau jeune homme sans barbe, qui tient un sceptre ou une baguette dans ses mains; c*est ainsi qu'ils nous Toffreut, multipliant les pains, guérissant le paralytique, ressuscitant Lazare, et même, le sceptre seulement excepté, entrant en triomphe dans Jérusalem, ou comparaissant devant Pilate (86). Malgré l'incorrection du dessin, on croit voir que dans ces occasions les artistes grecs ne craignaient point de consulter les beaux ouvrages de leurs ancêtres ; ils semblaient du moins n'avoir totalement oublié ni les proportions ni les t)oses faciles des chefs-d*Œuvre honorés dans 'antiquité. »
On a de la peine à détacher ses regards de ces sujets primitifs et allégoric|ues de l'art chrétien, si fidèlement reproduits dans les belles gravures d'Aringhi et des autres antiquaires que nous venons de citer. Cette expression antique de l'art qui s'essaye à
(S2) Bosio, p. 235 387.— Arînghi. toin. I, pag. 543, 567 ; lom. il, pag. 405-199.— Dans toutes cea peintures, Daniel est eniièrement nu et tient les bras en croix. On le trouve vêtu, sur un sarcophage publié par Cianipini, {De $acri$ œdif.^ tab. nu p. 14.)
(83) Bosio, p. Î25449.— Aringbi, tom. I, p. 539; toin.ll, p. 71, 91, 97, 105.— Jonas est toujours nu; il est quelquefois représenté avec la barbe, mais rarement. Bosio, p. 289. — Aringhi, tom. i, pag. 617; lom il, p. 331.
(84) Casali, De vet, saer. Christian, rit. part. 1, c. 1, 0. 3. — Ciampini, Vetera montm., c. 25, tom. 1,
(S^ Casali, loco cit, pag. 5. — Aringhi, tom. I, pas. 295.— Ciampini, Vêlera monim.^ c. 8, tav. 16; c. 29, Uv. 47, c. 27, tav. 52; tom. Il, p. 61, 162. Toutes ces mosaïques subsistent. Celle de sainte Praxède, que Ciampini donne à la pag. 148, a été exécutée vers l*an 818; le Phénix y est représenté avec une auréole. Celle de saint Cônie et saint Damien qu*on voit à la page 61, date de fan 350 ou environ. Le Phénix y est peint dans les airs; sa tête étincelle de neuf rayons.
(86) Aringhi, tom. I, p. 289,295; lom. Il, p. 59- 159. — Biionarotti, Yati antichi di rétro ^ tuv. 7,
devenir chrétien ; cette transition de Tuo k l'autre , qui se révèle graduellement aux yeux de 1 ot>servateur9 est pour lui du plus vif intérêt, sans parler de cette grâce naïve et touchante que le génie» déjà spiritualisé* des peintres catholiques a imprimée à leurs compositions primitives.
« Les portraits de Jésus-Christ, » continue Emeric-David, « offrent un autre caractère. Dans cette sorte d'images, où généralement l'allégorie dut cesser, la beauté du Christ s'évanouit presque toujours avec elle. C'est l'opinion de Tertullien, de saint Basile et de saint Cyrille, qui paraît avoir dirigé la main du sculpteur et du peintre. Quelquefois les traits conservent une sorte de grandeur; mais ce mérite est rare ; plus souvent ils se dégradent; les sourcils s'arrondissent, la tête s'allonge, elle devient maiçre et même triste et vieille (87). Ce n'est point ici Teffet de l'ignorance ou ou hasard. Les artistes ont été évidemment conduits parleurs opinions religieuses ; on n*en peut douter, puisqu'on voit fréquemment dans le môme monument, d'un cdté, le bon Pasteur, Jonas ou Jésus- Christ même opérant des miracles, représentés jeunes, ornés de toute la beauté où l'art pouvait atteindre , et de l'autre, Jésus; qui prêche devant ses disciples, portant la barbe» maigre, bien plus Agé que les traditions de l'Eglise ne l'enseignent, dénué entin Je tonte grâce et de toute muesté (88).
« Lorsque le concile Quinuexi.f tenu à Constantinople en 692, ordonna de préférer la réalité aux images, et de montrer le Christ sur la croix. Aniiquai ergo figuroê et um-" braSf ut veritatie eigna et emracteret Eceltêim traditoê, amplectentee^ gratiam et verilatmn proponimut, eam ut legis implemenium «MCJpientee, Jtaque jubemus^ etc. {ConeU.
?minitext. in TruUo^ can. 82.) L'esprit d'aïégorie, malgré ce décret, ne s'anéantit poim entièrement. Le génie des Grecs semblait se refuser à peindre Jésus-Christ couronné d'épines, percé d'un coup de lance, époisé
p. 51, etc. — Quelquefois Jésus-Christ est représenté opérant des miracles, vieux et une baguette à la niaiii. (Aringhi, tom. H, p. 329, 353.) QuelqMfois aussi, on le voit préchant, au milieu de ses disciples, jeune et sans barbe. (Aringhi, tom* I, a. 377-321.)
(87) Annghi, lom, 1, p. 295-307. — Clam|M, Vet. manim., t. H, tav. 27, p. 102. — id*, ùe mkt. œdif., tav. 15, p. 42; Uv. 14, p. 49 ; tav. 30, p. 131, — On peut consulter les médailles grecques où ta représentée la tète de Jésus-Christ. Elles soni envers dansDuCau^e, Famil, aug, Byzant, p. 116-131. — Parmi les anciens portraits de Jésus-%hrist qM les artistes ont dû considérer comme des tTpes originaux, il faut compter encore celui que I on ei|^ serve à Rome dans la chapelle de Saint-Jein4e-iditran, dite Sancta sanctorum. Il est gravé, aitift pei fidèlement, dans Thistoire de cette chapelle'iioiM par Marangoni, ainsi que dans les NoitziàeéellÊm^ cre teste de SS. apostoli Pietro et Paolff^ du lavviC Cancellieri. M. Renou a gravé danssi^ fûffeigt^S* gtfpte (pL 110) une tête syrienne, dessinée sur li nature, où il croit avoir retrouvé & peu près letyis que la plupart des artistes du moyen kge ont safd et enlaidi.
^ (8ï<) Voy, 1c sarcophage de marbre du v* siècle
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D'ESTHETIQUE CHRETIENNE.
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par Fagonie. Les Latins eux-mêmes, qui connurent plustdtque les Grecs ces peintures loçubres, paraissent ne les avoir adoptées qu i regret. Longtemps encore, après avoir peint Jésus souffrant, ils le re()résentèrent sur la croix, jeune, sans barbe, inaccessible i la douleur, coiffé d*un bandeau royaU d*une mitre ou d'une tiare, et quelquefois même assis au milieu de ce bois mystérieux, eomme sur un trAne (89).
^ « Hais peu è peu les peintures chrétiennes s^approcbèrent davantage du genre historique. Souvent Tallégorie se confondit si bien avec l'histoire, qu on ne la distingua presque plus. Cette erande révolution, gui devait enfin conduire à un nouveau perfectionnemeni, ne servit pendant longtemps qu'à dégjrader la figure du Christ. Les peintres s'attachèrent à exprimer dans les traits du Sauveur crucifié les effets de ses souffrances; et, incapables d'apprécier les difficultés de ce genre d'imitation, ces dessinateurs ignorants enlaidirent de plus en plus l'homiBe-Dieu, en croyant donner à son visage une expression vive et touchante. » {Voir les crucifix publiés par Gori, Vet. dipt., t. III, tav. 16 et 17, pag. 116 et 265, etc., etc.)
Quelques mots sur ces dernières réflexions du savant et judicieux historien de la peinture chrétienne pendant le moyen Age. Ce n'est pas de prime-saut qu'on a jamais atteint la perfection dans n'importe quelle branche de l'art. Les peintres grossiers, dont il est ici question, ouvrirent, peut-être sans s'en douter, une voie divine à la peinture hiératique, en s'attachant à ce nouveau genre d'expression à la fois humaine et divine dans les souffrances de l'Homme-Dieu. Dans cette nouvelle phase de l'iconographie chrétienne, le génie mystique des peintres vraiment catholiques s'éleva graduellement jusqu'aux dernières limites, en quelque sorte, d'un-
Penre de beauté surhumaine, ineffable, que art antique n'eût jamais soupçonné, et son point de départ ne fut et ne pouvait être que les naïfs et incorrects essais des peintres dont il vient d'être parlé.
Ici nous quittons le domaine de l'allégorie pour entrer dans un nouvel ordre de types. IVoir ee mot et ceux J&sus-Christ, Vierge Maeib, etc.)
ALLEGRl (Gregorio). Célèbre compositeur de l'école romaine. Voy. Musique.
AMBROISE (Saint). Restaurateur du chant liturgique. Foy. Chant liturgique.
Ambroise de Lorrenzo, peintre Siennois.
Pot/ Peinture
AMëTHYSTE. Couleur symbolique. Voy.
Couleur.
AMIENS (Cathédrale d*). L'origine de cette grande et ancienne ville, autrefois capitale de la Picardie, se perd dans la nuit des âges. Elle s^appelait Samarobriva, du temps de Jules César, oui y tint une assemblée générale des Gaulois. Elle fut embellie par Antoine et Marc-Aurèle , et considérée dès lors comme une des plus importantes cités de la Gaule Belgique. Tombée successivement au pouvoir des Gépides, des Alains, des Vandales et des Francs , elle fut dévastée par Attila, pendant le règne de Mérovée qui y avait été proclamé roi et porté à son trône sur un bouclier. Les Normands la brûlèrent trois fois. Elle eut beaucoup à souffrir des Impériaux qui, sous François I" et Henri II, cherchèrent, mais en vain, à s'en emparer. Ses habitants embrassèrent avec transport l'umon éminemment nationale et catholique qu'on appela, à siiuste titre, la Sainte Ligue, et qui plus tard a été calomniée par l'ignorance ou la mauvaise foi. On sait par quel stratagème, après s*6tre soumise à Henri IV, elle fut prise par les Espagnols. Henri IV ne la recouvra qu au moyen d'un siège long et dispendieux. ^
Amiens , aujourd'hui ville de 52, U9 habitants (90), est baignée en partie par la Somme qui, dans l'intérieur delà cité, se divise en onze canaux. Extérieurement, le canal formé par cette rivière contourne au nord de remarquables boulevards qui, sur une étendue de 5 kilomètres, ceignent la ville dans toute sa circonférence.
Mais, la merveille d'Anâens, c'est sa magnifique cathédrale, chef-d'œuvre de l'architecture ogivale, dont les premiers fondements furent jetés en 1220 durant l'épiscopat d'Evrard de Fouilloy, et sous la direction de Robert de Luzarches, ainsi nommé du lieu où il était né. En 1288, TédiOce sauf le haut des tours (91) qui flanquent le portail, était entièrement terminé.
qtt*ao croit être celui d*01ybrius et de Julienne sa trmoie, dans Ariughi, tom. I, p. 30i, 505, et dans Boiuri. (Aom. lolfer., tav. 25 et 26, p. 99.) — On fcoi remarquer ceUe différence sur la même face du même monument, dans Aringlii , ib., p. ^S-299. — L*idée de peindre Jésus-Christ vieux dans ses portraits petit avoir pris sa source dans i*opinion de aainl Irénce, qui croyait que le Sauveur était mort k%t de prés de cinquante ans. (S. Iren., Contra hœ^ ^et., 1. If, c. 22, p. 147, 148.)~Touii*s ces choses, a« snrphis, durent varier durant tout le cour*» du moyea ^ge, suivant les opinions religieuses des artistes ou celles des supérieur» ecclésiastiques qui les dirigeaient. La laideur du Christ pouvait être «ne allq^rie, de même que sa beauté; elle pouvait être le symbole de son mépris pour les grandeurs kinmaines, de sa descente dans le tombeau, etc. C e»t en ce sens que quelques docteurs ont cru re-
connaître Jésus-Christ dans un emblème égyptien représentant un hibou qui porte une croix sur la tête. (Factui tnm sicut nycticarax in domicilio.) (P$al, Cl, 1,) Jacub. Bosius,/>e triumph, crue, 1. v, c. 10, p. 472. — Casali, p. il.
(89) Casali, p. 2. — Ant. Bos., p. 581. — Aringbi, tom. Il, p. 555. — Ciampini, Veter, monint., tom. 11, tav. 15, p. 48. — Gori, De mitra, cap. Jei^ Chri$U crucifix., c. 1, § 5 et 5 ; c. 8, } 2 et 8 : Iti êymb. litt, med, ro., tom. Ul, p. 96 et seq., p. 176 et seq.
(90) Ce chiffre est celui du dernier recensement oniciei de la population de la France.
(91) On pense que celte partie ne fut construite que vers Tan 1590, par Pierre Largent, maître des ouvrages de Téglise d'Amiens, après Thomas et Renault de Corroont, qui avalent eux-mêmes succédé à Robert de Luzarches.
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AMI
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Les deux plus belles cathédrales gothi-
Îues sont, à mon avis, Reims et Amiens ; eims, pour son extérieur, et Amiens, pour son intérieur, ce qui ne veut pas dire quô l'intérieur de Reims ne soit réellement beau, et l'extérieur d'Amiens, disne de toute notre admiration. Peut-être faudrait-il ajouter que la cathédrale de Chartres, est celle qui résume le plus Qdèlement la beauté intérieure d'Amiens et la beauté extérieure de Reims, et qu'à ce titre elle mérite, en somme, d'occuper le rang le plus élevé. Cest d'ailleurs celui que plusieurs de nos archéologues lui ont assigné, en l'appelant le Parthénon du moyen âge. (92) Quoi qu'il en soit, ces trois merveilleuses basiliques brillent parmi leurs sœurs d'un si grand éclat, que l'ami de l'art chrétien aprèsles avoir tour à tour étudiées, n'éprouve pas un médiocre embarras pour les classer, selon leur mérite, et, qu en dernière analyse, le sentiment qui finit par do- Hiiner chez lui et par absorber tous les autres, c'est celui d'une profonde et indicible admiration.
Dans l'impossibilité où nous sommes de donner de la cathédrale Amiénoise une description en forme, qui comporterait tout un volume, nous nous bornerons à faire ressortir dans ce Dictionnaire, les principaux caractères de beauté naturelle et surnaturelle que nous révèle, tant à l'extérieur qu'à l'intérieur, cette merveille du style ogival.
Commençons par le grand portail, l'un des plus vastes que l'on puisse voir. Formé de trois porches ornés d'un çrand nombre de statues, de bas-reliefs et d autres sculptures d'un goût pur et sévère, il en impose è l'observateur le moins impressionable par l'élégance, la majesté, l'harmonie de ses lignes et de ses nobles proportions. C'est pourquoi, il présente un ensemble dont le caractère est facile à saisir, malgré les détails infinis de sculpture dont-il est parsemé» ces détails concourant tous admirablement à l'effet général. Cette ré'flexion s'applique du reste, à tout l'édifice. Il en est f>eu de ce genre qui offreà un si haut degré, a variété dans l'unité, et la grandeur morale qui en résulte nécessairement. Mais à la grandeur morale vient se joindre la grandeur physique dans un temple, qui
Far ses vastes dimensions, présente au loin aspect d'une montagne de pierre ouvragée,
(92) La cathédrale de Chartres, dit M. A. Reischenperger, est, comme ensemble, le monument le plus magnifique que j'aie jamais admiré, et je crois avoir vu en ce genre, loul ce qu'on vante le plus. Ce peuple de siaïues et de figures, cette structure gigantesque seraient écrasants, si cela n'exhalait pas J4( ne sais quel parfum de sainteté et d'harmonie surnaturelle. En regardant ces portails, les catacombes de Rome me sont involontairement revenues dans la mémoire, et j'éprouvais le même sentiment que si les saints qui les gardent étaient couchés dans les sépulcres des premiers martyrs. {L'Art et t Archéologie en Allemagne; Annale$ archéologiques, tom. aIII, 1853.)
(93; Voici les principales dimensions de l'édifice: loiignenr dans œuvre, i34 mètres 80 centimètres ; hauteur sous clef de voûte, 44 mètres, y compris la
de la base au sommet, ait centre dé la ville qu'elle domine de toute sa hauteut*. (93J
Le porche du milieu, appelé dii « baiiveur« » ou, mieux encore, du « beau Dieu d'Amiens, » nous offre en effet le Christ, debout sur le pilier qui sépare la pdrte en deux valves, à l'instar de la statue placée au portail septentrional de Reims. « Le Fils de Dieu semble présider un concile auguste , formé par ses apôtres rangés autour de lui et reconnaissables encore a leurs attributs et à leurs pieds nus. Rien n'égale Irt beauté et la majesté de cette statue colossale du Christ, bénissant de la main droitel et devant tenir, de la gauche, le nouveau code destiné à régénérer le monde, il foule sous le pied droit un lion et sous le pied gauche im dragon; au-dessous sont deux animaux que M. l'abbé Du val, dans une savante disseitation, a parfaitement fait reconnaître comme l'aspic et le basilic (94)^ On voit la même idée tr«[duite sur un cha-*
fiteau de l'église de Rertaucourt, bâtie en 095. En avant des deux derniers animaux# est une vi^ne , emblème de l'Ëgiise et de r£ucharistie(95). Au-dessous est un roi, que l'on croit être Philippe-Auguste , sous le règne duquel la cathédrale tut commencée^ en 1220.
<c A ses côtés sont deux vases d'oii s'élancent deux plantes : à droite un lis, symbole de la royauté française ; à gauche le rosier dont la fleur formait le centre de l'ancien sceau de la ville d'Amiens, dit des Marmouzets (96). Les jambages de la porte sont décorés, à droite, par les cinq vierges sages, tenant leurs lampes droites; à gauche, par les cinq vierges folles, dont les lampes sont renversées (97). Au-dessous des premier res est l'arbre chargé de fruits, auquel sont suspendus des en(*ensoirs ; au-dessous des vierges folles, est l'arbre desséché qui reçoit dans son tronc la cognée destinée
à l'abattre (98) Le stéréobate qui règne
dans toute la longueur du portail sa corn-'
{>ose , en bas, d^ne élégante mosaïque^ drmée de quatre feuilles et de deux rangs de médaillons quadriJobés , renfermant diverses sculptures; les vingt-quatre basreliefs du porche central représentent à peu près, comme à Notre-Dame de Paris, et dans le même ordre, les emblèmes de:^ vices et des vertus, en opposition (99).
saillie de la clef. Hauteur de la flèche établie sor le transsept, 143 mètres 70 centimètres.
(94) Super aspidem et basiliscum ambulabh^ et conculcabis leonem et draconém, (P*al, xc, 13.)
(95) Ego sum vitis vera , et pater meus agrieoUt est. (Matth. xv. 1.)
(96) On pourrait y voir également le lys et lé pommier du Cantique des cantiques (ii, 2, 5), âlr^ ut lilium inter spinas , sic arnica mea inler filias,.i sicut malus inter ligna sylvarum sic diUctUê bmm inter filios.,.
(97) Matth. XXV, 1-12.
(98) Jam enim ucuris ad radicês arborùm pottM est; ùmuis enim arbor, quœ non facil ftuctum à#nicm, excidetur et in ignem miltetur. (Dan, iv, 7 seq. ; Matth. m, 10.)
(99) NimvêlU description de la cathédrmU £A*
IM
AMI
D'ESTHETIQUE CHRETIENNE.
AMI
. c Le t.vtnpan représente la* grande scène da Jugement dernier ,.en quatre tableaux, que nous ne pouvons qu'indiquer sommairement. Au V et au â% quatre anses sonnent de la trompette et réveillent les morts dans leurs tomneaux; au milieu, Farehange saint Michel, ayant à ses c6tés deux anges qui sonnent de la trompette, pèse dans sê. balance deux Ames, dont Tune (celle du Jnsie) , figurée par un agneau crucifère, est introduite par sain tPi erre, qui tient une clé, dans le Paradis, symbolisé par un édifice terminé en flèche,, où elle reçoit sur la tête, des mains d'un ange, la couronne des éluâ; tandis que l'autre âme (celle d'un réprouvé), sons la forme d'un monstre, est précipitée par on ange, armé d'une épée flamboyante, dans l'énorme gueule (espèce de goufire) du dragon infernal.
c Au 3* tableau, Jésus-Christ, portant un manteau bordé d un çalon d'or et parsemé de croissants et de croix grecques , et ayant è ses côtés la sainte Vierge et saint JeanrEvangéliste , agenouillés , juge tous les humains.
c Au <^* tableau : Le Fils de Dieu trône dans les nuages, sa barbe courte distingue la seconde personne de la sainte Trinité de la première. Ses mains tiennent des rouleaux déployés, sur lesquels sont sans doute inscrites de terribles sentences, et des épées courtes ou badelairts dont la pointe aboutit à sa bouche (100). Sa tête est ornée du nimbe et de la croix grecque, et non du triangle mvstique, comme l'a démontré le dessin fidèle d'un artiste, un de nos collaborateurs. A sa droite, un ange tient le soleil dont les irayons sont écourtés; un autre, à sa gauche, poVtela lune dont le croissant est montant et nan au commencement ou à la fin d'une de ses |>ériodes, comme on l'a encore avancé è tort (101). Sur les chapiteaux des colonnes sont placés divers groupes :du côté des élus, en avant, un patron puissant dans les régions célestes élève un voile rempli d'âmes, sous l'emblème de jeunes enfants.
Cette composition est d'une expression sublime. Au sixième chapiteau, un ange sort d'un édifice ajouré d'ogives et de trèfles délicatement découpés. Il tient une couronne, tandis que d'autres, aux environs, portent des vases, des fleurs, emblèmes des récompenses destinées aux justes.
« Du côté de l'enfer, se voient les scènes les plus terribles. » (lOâ) Nous les omettons pour abréger, et nous passons aux voussures du porche.
« Ia naie immense de ce porche, bâtie sous l'évèque Arnoult, de 1236 à 1247, s'ou- Tre de 60 centimètres de plus qu'à la cathédrale de Reims. On y remarque tous les sujets qui, d'après une convention générale, figurent dans les édifices chrétiens de l'âge d or du catholicisme ; toutes les cathédrales
de cette époque instruisent les fidèlesy^ou exposent à leurs yeux les mêmes sujets ; la disposition, la place en peuvent varier, mais on y reconnaît toujours la même pensée et la même intention. Les représentations
Îneuses qu'on ne rencontre pas aux mêmes ieuxque dans d'autres églises, se retrouvent dans les stalles, les fresques, les vitrauxi qui existent encore ou que l'histoire faitre-* vivre.
« Huit cordons des vastes voussures du porche sont décorés de statues dont l'ensemble figure le ciel ouvert. La cathédrale de Paris ne compte à la voûte de son portail centrai, que six cordons qui ne sont pas peuplés de 150 statues, comme ceux d'Amiens.
« 1" cordon, (à partir du fond). — Douze anges joignant les mains, sont plongés dans un profond recueillement à l'aspect de la M^gesté divine.
V 2* cordon. — Quatorze anges présentent des âmes sous la figure de petits enfants qu'ils portent dans leurs bras ou euident par la main, emblème touchant des célestes gardiens auxquels la bonté divine nous confie en naissant, pour nous aider h lutter contre les démons nos ennemis. Ils sont munis de deux paires d'ailes qui semblent destinées à seconder leur active surveillance.
« 3* cordon. —Quatorze martyrs, la palme à la main, célèbrent leur glorieux triomphe acheté au prix de leur sang.
« i* cordon. — Seize docteurs tiennent à la main les livres par lesquels ils] ont éclairé le monde. Quelques-uns élèvent des calices à coupe hémisphérique. On y remarque plusieurs de ces moines laborieux, si injustement dénigrés par quelques écrivains du XVIII* siècle; ils oubliaient, ces philosophes ^ que ces hommes vénérables avaient cultivé les esprits, comme ils avaient cultivé les champs stériles des barbares, dès le commencement du moyen âge ;
« 5* cordon. — Dix-huit vierges célèbrent dans leurs chants purs le triomphe de l'A-
Sneau ; la plupart tiennent des livres, des eurs et des vases allongés du haut et renflés du bas, comme des fioles ;
« 6* cordon. — Vingt vieillards exécutent un concert avec divers instruments ; on en distingue un, à gauche, qui tient sur ses, genoux un orgue portatif à quatre rangs de tuyaux, qu'on avait pris jusqu'à présent pour une flûte de pan ; les autres portent d'une main des instruments usités au lui* siècle, tels que rebecs, lyres, guitares, harpes, huchets, oliphants, etc ; de Tautre main, ils élèvent des noies;
« 7* cordon. —Do sein de Jessé endormi, s'élance une vi^ne qui s'enlace autour de vingt-six rois, glorieux ancêtres du Messie et de sa sainte Mère ; à droite, on reconnaît David à sa harpe, et Jésus-Christ autour
fliîeiu, par M. Goze, ( I vol. iu-i*, i847, p. iâ et (101) Percussa est terlia pars solis et Urtta parg