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est autrement des chapelles des bas-c6tés da chœur, qui entraient dans le plan primitif de la basilique. Elles offrent, comme celles des bas-côtés de la grande nef, quoique dans une moindre proi)ortion, plusieurs objets d'art, dignes d'être remarques.
Celle dédiée h saint Eloi, où repose le chanoine Adrien de Lamorlière, auteur des Antiquités d'Amiens^ ont des vitres où sont peints divers traits de la vie du saint patron des orfèvres, avec les costumes du temps. Les cavaliers portent des casques pointus, des tuniques, et sont montés à |)oil sur leurs chevaui.
c Les cinq chapelles qui suivent sont trèsremarquables par les ornements des croisées, consistant en vitraux peints sur les* quels sont retracées plusieurs légendes, relatives à la vie des saints qu'on y révère.
« Dans la chapelle Ae Saint FrançoiidAs- MÙeê on remarque une assez bonne c^pie du Christ aux angeê de Lebrun. C'est aux murs de refend de cette chapelle qu'existent plusieurs colonnes appelées piliers sonnants ; ils ont une réputation un peu usurpée, car le son qu'ils rendent ne ressemble guère à celui d une cloche, et d'ailleurs, plusieurs autres piliers autour du chœur rendent lîcs sons pareils aux leurs. On dit que les carreaux du pavé qui se trouve vis-à-vis, sont coupés de deux lignes transversales, pour perpétuer le souvenir du massacre des catholiques en cet endroit par les protestants, en 1561.
« La chapelle de la Vierge, ou Petite Paroisse^ occupe le chevet ou rond-point de l'église, elle est vaste et ornée d'un admirable groupe en marbre blanc, rejprésentant VAssompti&n de la sainte Vierge. On doit encore ce bel ouvrage à un maître de la confrérie du Puy, nommé François Dufresne.
11 en fit don en 1637, à la cathédrale où il était d'abord placé dans la nef. Cette cha- |ieile renferme aussi deux tableaux, peints
Cr Fortj[, assez estimés des connaisseurs. ! premier a pour sujet la mort de saint françoif Xavier^ et le second le retour de FEnfant prodigue.
€ Vis-a-vis cette chapelle est le tombeau, en marbre blanc du chanoine Guillain Lucas, fondateur de VEcole des orphelins, ou enfants bleus de cette ville. Parmi les statues qui décorent ce riche mausolée, on remarque un génie funèbre qui, sous le nom de Petit pleureur, jouit d'une grande celébriié en France. Ce chef-d'œuvre est dû au ciseau du sculpteur Blasset. Sous une arcade pratiquée dans le bas du monument, on a|)erçoit la statue, aussi en marbre blanc, du cardinal de Lagranse, évèque d'Amiens, et surintendant des iinances sous Charles V. Il mourut en U(â, h Avignon, où il s'était
retiré à i'avéuement au trône de Charles VI (12i). »
« Le mur de clôture du chœur offre de remarquables groupes en pierre, reproduisant divers traits de la vie de saint Firmin, évèque d'Amiens; ses prédications, ses conter^ êions, son emprisonnement, son martyre ; te découverte de son tombeau, par saint Salte^ à Saint-Acheul ; son exhumation et sa trans^ lation. Ces sculptures présentent encore des restes de peinture polychrome , nouvelle preuve à ajouter à tant d'autres du rôle important que jouaient la peinture et la dorure dans la décoration des temples, durant le moyen âge. Dans des niches inférieures» on voit les statues couchées de Ferri de Beauvoir, évèque d'Amiens, et d'Adrien de Hénencourt, doyen de la cathédrale qui, en li87 et 1527, fit élever ces monuments. On lit au bas de curieuses inscriptions en vers formant neuf quatrains.
« Un doul)le perron de six marches con* duit au chœur. L'entrée principale, les por-»* tes latérales et les ouvertures sous les arcs autour! du sanctuaire, sont fermées par i\e% grillesenferartistement travaillées, qui méri* lent l'attention des connaisseurs; mais ca qui frappe surtout les regards, c'est la magnifique boiserie des stalles qui rèsnent h droite et à gauche du chœur. Cette boiserie surpasse en élégance et par la richesse de ses détails, tout ce que les meilleurs ouvrages de ce genre offrent de plus beau ; les sujets des grands bas-reliefs qui la décorent sont tirés de l'Ecriture sainte. On y a aussi représenté les divers états delà société et les vices sous des emblèmes assez dilliciles à expliquer. Ce superbe ouvrage fut commence enlSOS et fini en 1522. Il fut exé-^ cuté aux frais du chapitre et d'Adrien da Hénencourt (doyen), par Alexandre Huet.^ Arnoult Boulin, Jean Turpin et Antoine Avernier. 11 coûta en tout 9,U8 livres 1} sous 3 deniers. Le principal ouvrieri Jean Turpin, gagnait par jour sept sous, y compris son apprenti (125).
« Près du lutrin, sculpté en style gothique, on lit les épitaphes des Mil. de L^ Motte, de Bombelleset de Chabons, évèques d'Amiens. De là on tourne ses regards vers la belle vitre qui décore l'abside du sanctuaire^ et que donna Bernard d'Abbeville en 1269. Le sanctuaire est séparé de la nef par une balustia • de en marbre blanc,- à hauteur d'appui. Deu^ grands candélabres en bois doré sont placés sur cette balustra<ie et servent à sa décoration. Les jambages des arcades du rond^ point sont revêtus d'un riche lambris da marbre. Les bustes en médaillons des quatre évangéiistes, et leurs symboles, ornent les premiers piliers du sanctuaire. Contre ces mêmes piliers et les suivants, sont des an-
{ità) ruite à la cathédraU d: Amiens, par M. B. D.... pas. 28, 29.
(125) Voir, pour plus de détails, sur ce chefd*oeuvrede la tulpture sur bois, qui surpasse par ses ^ diuiensious autant que par su beauté les stalles da
Brou, d'Anvers, de Rouen, etc., la Description des stalltA ie la cathédrale d'Amiens, par MM. Jourdain et Duval, aujourd'hui chanoines de cette église. (N^ie de routeur.)
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ges portant des torches garnies de cierges.
« L*autel, construit à ]a romaine, est isolé; sa principale décoration consiste en un basrelief représentant JésuS'Christ au jardin deêOliviert. Sa table est surmontée d'un gradin ffarni de plusieurs chandeliers en bronze ilore,
« Derrière cet autel on voit une gloire exécutée en 1768, par M. Crislophe, architecte ; quelques artistes la regardent comme un bon morceau d'architecture moderne.
Plusieurs personnes cependant la croient lourde et peu convenable à un temple gothique. Cette gloire est formée de rayons et de nuages , parmi lesquels paraissent deslanges et des chérubins (125^) a
Pour mon compte , je me permettrai de dire que tout cet appareil ae rayons, de nuages, d'anges et de chérubins, que celte c gloire» en un mot, triste produit d'une époque de décadence, est ici, comme lignes, 'Composition et effet, un déplorable ana- .chronisme, un contre-sens véritablement Iftcheui, surtout à ce point culminant de l'intérieur de la basilique. Lorsque je vis cette « gloire » pour la première fois, je revenais de TAllemagne, de la Belgique où j'avais pu remarauer, notamment à la cathédrale d Anvers, des contre-sens de ce genre; et quoique j'y fusse en quelque sorte habitué, l'éprouvai une pénible surprise , à la vue d une telle puérilité dans un templeaussi majestueux. Indépendamment du complet désacord {de style avec l'édifice, que pré* sente cet appendice malencontreux, il offre l'inconvénient encore plus grave d'eu abréger la longueur d'une «centaine de pieds , en obstruant au moins e^ partie , cette
f)erspective du rond-point de l'abside, dont 'effet est toujours] si beau, si mystérieux. iMalheureusement d'autres cathédrales de France, et des plus belles, ont été ainsi^ ^qu'on me passe l'expression) aveug/^e^ par le goût stupide de ces architectes du i^viii* siècle, qui s'imaginaient «embellir» disons plus, « réhabiliter» ces barbares édifices gothiques^ en les affublant de maints colifichets soi-disant usités dans l'architecture antique, et qui ne servent qu'à les déshonorer (126).
Heureusement, la cathédrale amiéfiois^ est trop vaste et trop bien prise dans son ensemble, pour qu'un sembUole hors-d'œuvre puisse nuire à l'effet général, comme il le ferait dans un autre intérieur qui aurait de moindres proportions.
Il m'a été donné cle contempler,, dans les conditions les plus favorables, ce magnifia
S[ue intérieur ; c'était un jour de grande été, k l'issue de la messe pontificale et au moment où celle de midi allait commencer; les valves de la basilique étaient ouvertes,.
(125*) Visite à la cathédrale d^Amiens , pag. oi-ôi.
(iHi) Nous citerons, entre autres cathédrales golliiqiies qui se trouvent dans ce cas, celles de Sens, d*Aaxerre et de Narbonne, avec la diflcrencc, qu'au lieu de c gloire i c'est un énoi*iue baldaquin soutenu
pour laisser sortir et entrer la foule trèscompacte ce jour là. Du milieu du parvi« où je me trouvais alors en face du splendide et immense portail delà basilique, mes resards plongeaient sous sa gigantesque et sublime voûte atix nervures croisées jusqu'aux grandes fenêtres de l'abside, ulanant sur des milliers de tètes de cette foule c-ompacte qui agrandissait encore à l'œil l'immense f)erspective du temple, en même temps qu'elle lui communiquait le mouvement et la vie; les sons de l'orgue, de cet instrument mystérieux qui est la voix intérieure de nos temples, n'avaient pas encore cessé ; ils murmuraient gravement et se perdaient sous les nombreuses arcades des nefs dont'les échos répercutaient cette harmonie pleine de majesté, tandis que celle des bourdons et des cloches, qui sont la voix extérieure de la basilique, s'exaltait en majestueuses volées, dans les airs, au-dessus de la grande cité. Sous l'empire de l'émotion douce et profonde à laquelle j'aimais à me laisser aller, je compris mieux que jamais ; combien 1 action liturgique, aveoson cortège obligé de la multitude des fidèles qui y prennent part, complète admirablement»
en la rehaussant de toute sa poésie divine, la beauté incomparable de nos temples chrétiens. Voy. Albi , Basiliques , Feangb , Reims, Sculpture, Statuaire, STRASBOuaa»
Style ogival, Style roman.
ANKUIO (Félix). Né en 1560, compositeur rom. Voy. Musique.
ANGËLICO (Fra) de Fiésole. Célèbre peintre mystique. Voy. Peinture, et Hra-
ANGES. Parmi les types les plus nobles» les plus be-aux et les plus variés de la statuaire et delà peinture chrétienne, figurent les anges, êtres célestes, privilégiés, aui touchent cependant par tant de points à la terre et à l'histoire de l'humanité. La création des anges eut-elle lieu avant celle de c-e monde sensible, ou bien après, et immédiatement avant celle de l'homme ? Saint Basile, dans son Bexaméron^ ou Livre de six jours^.
incline pour le premier sentiment, lorsqu'il s'exprime ainsi : « 11 est permis de conjecturer que, antérieurement à la création de ce monde visible, il existait un ordre de ciréatures p^us parfaites, indiqué par TApôtre, quand il dit ; Tout a été créé par lui (Jésus-Christ ) tant les choses visibles que l$$ invisibles^ soit les dominations, soit les prtficipauêéSf soit les puissances, soit les vertuê, (Coloss.f 1, 16), c'est-à-dire les armées des. anges auxquelles les archanges président. Il était convenable qu'à ce monde préexistant pieu ajoutât un monde nouveau qui fût et l'école Qù l'homme devait s'instruire, et le domicile de tous les êtres destinés à naître au à mourir. Avec lui, et au même moment,
par quatre Golionnes, d'ordres grecs, qui écrase le maître- autel et masque entiércnieut la vue du romU point el de sa chapelle terminale. Celte dîtpoftiiion, ainsi que j ai pu nrcii convaincre de mes propres veux, est cm^orc plus vicieuse que celle d Aiuiens.
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