DET
DESTHETIQUE CHRETIENNE.
DJM
quelles il ne sauraiUexister nulle part ni accord ni unité.
On appelle dessins mélodiijues certains traits de mélodie détachés qui s'exécutent comme broderie par un instrument ou même par certaines voix sur le chant principal d*un morceau. En matière de décoration architecturale on appelle dessins courants des ornements en méandres ou en arabesques, <iui se poursuivent les uns les autres sans interruption.
Nous aurions & écrire ici une longue dissertationaa point de vue esthétiaue, touchant la part qui a été faite au dessin,» dans les principales oranches deTart chrétien. Mais comme «8 sujet rentre dans les développements que contiennent les articles de notre Dictionnaîttt surTarchitecture, la sculpture et nolaoBPMt sur la peinture, nous ne pouvons
Se renroyer le lecteur à ces mots et & leurs
^ . BKISIILS. Ainsi que nous en avons déji fiiit là remarque, c'est dans les détails que consiste principalement en architecture, la va^ riéié; et c'est dans l'accord des détails avec le plan général de l'œuvre que consiste Yu" nité^ condition essentielle du beau en tout et partout. Ces deux principes imposent à l'architecte, par exemple, la double loi de soigner les détails, d'abord en eux-mômes, quant à la pureté, & Télégance et aux autres qualités d'une bonneexécution,ensuiteauant au rapport qu'ils doivent avoir avec la destination et le caractère de l'édiGce. Ceci est une règle de simple bon sens, comme celle qui veut que la parure d'une personne soit en rapport avec la condition de cette personne. Or, la parure d'un monument est-elle autre chose que l'ensemble des détails variés d'ornementation qui disséminés extérieurement et intérieurement sur toute sa surbeCt doivent le couvrir et l'embellir; comme d'une espèce de vêtement 7 De même qu'an habit, des plus simples d'ailleurs, mais qui s'adapterait parfaitement à la taille de la personne à qui on l'aurait destiné, serait préiSérable kun autre habit plus riche, mieux travaillé, mais nullement a la mesure de cette personne, de même dans un édifice, un ensemble d'ornements nombreux, peu saillants, mais en rapport de style avec celui du monument, l'emporterait de beaucoup au jugement de tout homme de goût, sur un genre de décoration qui jurerait avec le caractère de ré«Ji&ce, q^uelçiue riche, quelque distingué que pût être intrinsèquement ce système dedécoration. Ainsi, les quelques moulures romanes, de très-bon aloi, qui ornent la laçade de l'ancienne cathédrale, également romane, de Paul Trois-ChÂteaux, en Dau-
Ebinéy sont d'un bien meilleur goûl et d'un ien plus heureux effet que ne le seraient da nombreuses moulures grecques et des mieux traitées qu'on pourrait y substituer. Ce qu'il y a de pire, c'est quand les détails jurent non-seulement avec le caractère général du monument, mais encore entre eux, ce qui arrive lorsqu'on en emprunte les motifs a des styles qui diffèrent les uns des au-
tres, et même qui se contredisent ouverte- • ment. C'est alors d'un désordre, d'un décousu, d'un pêle-mêle d'idées et de manières & faire baisser les veux. Et cependant, la singularité d'esprit, la vanité, la manie de Teffet à tout prix ont Jeté dans cette voie déplorable maints architectes, maints 8cul|>teurs, qui avaient véritablement du talent. Nous ne citerons que Borromini, dont le nom est resté pour désigner les excentricités de ce genre que se permettent encore un grand nombre d imitateurs de cet artiste extravagant. Malheureusement, les principales basiliques de Rome portent encore l'empreinte de ce style borrominesquey dont la rrance elle-même a subi l'influence à un certain d^ffré.
Lorsque, au bon soût quant au choix et à la distnbution des détails vient se joindre le nombre et la richesse, l'effet de l'ensenible n'en devient que plus srandiose et plus saisissant. C'est pourquoi Te splendide portail de Reims, qui réunit ces deux eondi* tiens, est encore plus beau que celui de Chartres qui en offre seulement la premiè* re. 11 serait facile de multiplier ces rapprochements et ces comparaisons. (Foy. Abchi-
TECTURB, BlSlLIQUES, ClBlCTiSB, CoNVBïlAB-
CE, DÉcoBATiON, etc.)
DETREMPE. Manière de peindre dont on faisait un grand usage, au moyen âge, et et qui consistait dans l'emploi de couleurs broyées à J*eau et è la colle (blanc d'œuf ou gomme). Elle s'exécutait sur pifltre, sur toile et principalement sur bois. Les bobines peintures à la détrempe, ont, grâce à Téclat qu'elles tirent de Tenduit qui les recouvre, toute la vigueur de la peinture k Thuile. On pense
3ue ce genre de peinture est le plus ancien e tous ceux que nous connaissons. (Voy. pour les considérations d esthétique^ qui s y rattachent^ les mots^ Fbesqub, Pbintubb, etc.) DIAPHONIE. Les Grecs entendaient par ce mot les dissonances parmi lesquelles ils comptaient les tierces et les sixtes. Plu' tard, il servit à désigner les premiers rudiments de rharmonie, qui è l'époque la plus reculée du moyen âge ne contenait que deux parties, appelées diaphonie^ h cause de l'étymologie grecque de ce nom (dta-
f\honos). A la diaphonie succéda le déchant. Voy. Habmonib.)
DIMENSIONS. Celles de nos temples chrétiens sont généralement beaucoup plus considérables que ne Tétaient celles des temples payens. A l'article Basisiqubs, nous donnons la raison de cette différence, et à celui de GBiNDBtB, nous envisageons au }>oint de vue de l'esthétique les dimensions de nos édifices sacrés. Nous nous t)ornerons donc ici k faire observer qu'il importe de ne point confondre, ainsi qu'on le lait ordinairement, la capacité d'un édifice avec ses dimensions ou sa superficie. Ce sont ddux choses bien distinctes. Un monument pourra être moins vaste qu*un autre, et cependant contenir plus de monde, et réciproquement. Cette différence provient de Tinégalité respective des pleins et des vîAri» Qutrç ^ '
so