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JDiacorde el la Concorde, la Douleur et la Joie, Do/or et Lœtitia^ comme à la cathédrale d*Auxerre, la Justice et llnjustice, n*^ sontelles pas figurées? Pourcruoi ces Vertus, , hors le Courage, sont-eiles des femmes; pourquoi, à Reims, les Vices eux-mêmes ont-ils préféré et adopté le sexe féminin ? Guillaume Durand dit , dans son Raiionale dMnorum officiorum ^ comme nous l'avons déjà fait remarquer , que les A'^ertus sont femmes, parce qu'elles allaitent de leurs seins et qu'elles réchauffent dans leur poitrine. Hais les Vices afTament et glacent, et cependant ils sont femmes ici. Il est probable que leur nom, qui est féminin en latin, H seul décidé à leur donner ce sexe. On est dans un pays classique, dans un pays 4i*étttdes latines, et qui n'écoute qu'avec :oiie certaine indifférence les lois de la sym- J>olique inventées par Guillaume Durand.
Jk Reims, à Paris aussi et ailleurs, il faut le tlire^ on a fait une exception pour le Coulage, dont le nom latin fortitudo est féminin, et qu'on a cependant figuré en homme. C*est que le Courage est surtout guerrier et ^*il se montre principalement dans les combats. Il fallait donc un homme et un -soldat pour bien le représenter.
« Créé à la rose du nord et transgressant Jes ordres de Dieu, Thomme, dans la cathé- •drale de Reims., se réhabilite à la même Dlace d'abord^ puis à la rose opposée.
L'exemple du travail et de la vertu lui est donné , non-seulement à ces deux roses du nord et du sud, à une hauteur de trente ou irente-cinq mètres, mais encore et avec plus de détails, à la portée de la main et au ni- Teau des plus faibles veux, le long des jambages qui encadrent les ventaux des trois portes de l'occident. L'enseignement est complet et en double exemplaire : d'abord •aa rez-de-chaussée , pour ainsi dire , puis à la hauteur des grandes voûtes.
< Ainsi , ayant appris à travailler des mains et de la tète , engagé à se bien conduire par le tableau des Vertus et des Vices, l'homme peut maintenant se développer dans la succession des siècles; il peut parcourir toutes les phases de Thistoire. Nous Terrons donc se dérouler sous nos yeux , CD centaines , presque en un millier de fi-
fores, que nous compterons une i une, histoire universelle de l'humanité, depuis la création du monde jusqu'à sa fin. Toutefois, car nous sommes dans une cathédrale; c*6st l'histoire religieuse proprement dite qu'on a dû représenter de préférence. C'est aortoot à l'Ancien Testament et à l'Evangile que les sujets de la scul{)ture sont empruntés (592-M).
€ VU de la Sainte-Yierge. — ïïe de Jésus-
(59i-)M) A Tarticle Strasbourg (Cathédrale de) •oiisdécrivoiis cette série de sujets a peu près dans kjnéme ordre qu'ils sont représeniés à Reiujs. Nous MeUronft doue ici, aAn d'éviter un double emploi, la descriplion de M. Didron, qui d'ailleurs n*esl ei<core que commencée, liais nous reproduirons les
Christ.' — L'ancien Testament est la figure du nouveau. Tout événement qui se manifeste dans Tancien monde est destiné à se reproduire y plus claire et plus completf dans le monde issu de Jésus-Christ. Le christianisme marche» et le bruit de ses pas retentit, par un écho anticipé» dans toute Thistoire des Juifs. Enfin le christianisme est le corps dont le judaïsme est l'ombre ; mais ici» et eu égard à l'ordre chronologique» Tombre précède le corps au lieu de le suivre.
« Ce merveilleux parallélisme se reproduit dans toute l'histoire de pierre sculptée k Reims. Ainsi ies patriarches, les juges» les rois, les prophètes de Tancienne loi ne sont là que pour expliquer la loi nouvelle. Abraham va sacrifier Isaac» parce que Dieu le Père sacrifiera son Fils Jésus ; Mo'ise porte le serpent élevé sur une colonne» et qui guérit la morsure des autres serpents» parce que l'Homme-Dieu» élevé sur la croix» guérit le mal et détruit la peine dont l'antique serpent est l'auteur, et dont nous avons hérité du premier homme. Aaron tient une branche morte» et qui cependant fleurit; Gédéon pressure une toison qui s'est remplie d'eau sur une terre sèche» parce que Marie» une Vierge, a enfanté Jésus en restant vierge. Mous pouvons donc laisser l'Ancien Testament afin de ne nous occuper que du Nouveau» sans craindre de rien oublier, car le corps» ainsi que nous venons de le dire, amènera nécessairement son ombre : inévitablement le son produira-son écho.
« La mère du christianisme est la mère , de Jésus-Christ, à laquelle «st consacrée la catliédrale de Reims. C'était donc à laVierge que devait être donnée la porte centrale, porte d'honneur, porte royale. Trois étages, comme dans tous les monuments gothiques, divisent cette porte : au bas, les parois» au milieu, la voussure; dans le haut» le tympan qui remplit le pignon. Contre les parois» huit statues colossales représentent l'Annonciation, la Visitation, la Purification. La Vierge qui reçoit la salutation de Tarchange» laVierge qui apporte l'Enfant divin au vieillard Siméon, la jeune et charmante suivante, peut être Anne, sont d'admirables statues que nous proclamons cornparables aux plus belles de l'antiquité. Mais, à la Visitation» la Vierge et sa cousine Elisabeth sont dra-
{>ées dans un style qui surprend non-seuement les détracteurs, mais encore les admirateurs du stvle gothique. La Vierge ressemble, à s*y méprendre, a Marie de Médicis, telle que Rubens l'a peinte dans la galerie du Luxembourg» aujourd'hui placée au Louvre. Mais c'est une Marie de Médicis plus jeune et certainement plus belle que celle de Rubens. Ces statues auraient-elles donc
bellf s pages qu'il a consacrées à celle du type de la Vierge Marte, si diversement et si noblement tigiire sur les parois de Notre-Dame de Reims, et c*est par là que nous terminerons cette longue et intëressauie citation. {Note de r auteur du Dictionnaire,)
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été reiaites ao temps de Louis XIIITQael-
3 lies personnes l'avaient pensé; mais cepenant les supports, qui sont parfaitement gothiques, font corps avec les statues mêmes, et détruisent une pareille supposition. D'ailleurs, è la cathédrale d'Amiens» on retrouve les mêmes types, et la châsse de saint Eleuthère, de Tournai, offre une petite statuaire où le romain et le bas-empire ont laissé des traces certaines de leur influence; les statuettes de la cbftsse de Tournai ne sont que les statues diminuées de Notre-Dame de Reims. Quoi qu*il en soit, cette statuaire défie rafiti(|uité elle-même, et la cathédrale de Reims nous offre peut-être deux cents statues ou statuettes imprégnées de cette élégance supérieure, de cette beauté vraiment suprême. Elisabeth et Marie sont dans le style romain; d'autres paraissent accuser le style grec. Notre-Dame de Reims est donc, en sculpture, un miroir où se reflète l'antiquité de Périclès et d^Auguste, comme elle est, en architecture, Tembouchure ou convergent, nous l'avons vu, les affluents de rinae, de TËgypte, de la Grèce et de Rome. « A la voussure, la vie de la Vierge, commencée sur les parois, se continue ou plutôt se reprend pour s'achever. Sous Louis XVI, cette voussure, qui comprend quatre-vingtune fleures ou groupes, a été hideusement restaurée, ou plutôt saccagée* Plus ignorants encore que nous ne le sommes aujourd'hui, persuades d'ailleurs que les statues gothi-
3 nés de nos (cathédrales étaient des magots éguisés en saints, et placés à droite et à gauche sans ordre et sans raison, les restaurateurs du xviii* siècle ont abattu une série de statues mutilées' (je veux, bien le croire), et qui représentaient en réalité ou en allégorie toute la vie de la Vierge depuis sa naissance jusqu'à son assomption et son couronnement. Sur cinq cordons concentriques qui décorent cette voussure, trois ont été refaits presque en entier; tous lescina, sans exception, ont été odieusement grattes. Il y a longtemps, il y a bien des années que je regarde et que j'étudie la cathédrale de Reims, et néamoins, tant les altérations inflis^ées à cette voussure sont graves, tant l'ininiclligcMicc quia présidé aux restaurations est grande, il n'y a pas seulement trois ans que j'ai pu entrevoir la véritable signification de ces figures. 11 s'agit, en effet, de lire un texte effacé, surchargé, tout fourmillant de contre-sens et, disons le mot, d'absurdités.
« Voici donc ce que je crois avoir vu : « A gauche, l'histoire de la Vierge ; h droUe,la même histoire complétée par l'allégorie. A gauche, la réalite ; à droite, le symtK)le : deux courants divers qui se côtoient pendant quelque temps et qui finissent par se réunir dans un centre commun, qui est le ciel où Marie triomphe.
« A gauche donc, en regardant la porte, aux cordons extérieurs de la voussure, nous vojrons la petite Marie, toute jeune. Âgée de trois ans suivant la légende. Elle monte, toute seule et sans appui, au temple de Jé-
rusalem, oix elle passa treize ans. Elle gravit les marches de l'édifice et elle joint les mains en priant. Anne et Joachim, son (lère et sa mère, la suivent. Sainte Anne tient un livre et saint Joachim un cierge : c'est le cierge de l'offrande et le livre où la jeune enfant apprendra la loi divine.
« Plus haut, des saints affreux, dTutie exécution moderne et qui fait toucher tu doigt la supériorité de la statuaire gothique sur fart actuel, ont certainement remplacé le mariage de la Vierge, ou sa vie légendaire fH celle de ses parents. Parmi ces horribles personnages, on voit un saint Roch, que les artistes gothiques, et surtout ceux de Notre- Dame de Reims, n*ont jamais sculpté, par la bonne raison qu'il n'était pas né encore lorsque se bfttissait notre cathédrale. On voit or saint Louis, coiffé d'une couronne et d*UB manteau fleurdelisé, comme en aurait pu poi^ ter Louis XVIII, comme j'en ai vu porter on à Charles X, le jour de son sacre ; ignobles fleurs de lis plates et lourdes, écrasées et poussive.H. On voit des anges langoureux et des saintes hébétées. Une adoration des magfs doit reproduire, quoique fort maladroitement, l'ancienne sculpture. Ainsi l'un des mages, coiffé d'une couronne de plumesi ressemble à un chef de sauvages, k un eicique. Il est sans doute là pour représenter les Ëiats-Unis d'Amérique, qui sont venns offrir leurs présents au Sauveur nouveau-né. Cette sculpture date vraisemt>lablement de Louis XVI et de Tépoque où le marquis de Lafayette allait partir pour aider les Américains à conquérir et consolider leur indé* pendance. C'est ainsi qu*on peut expliquer la présence de ce chef de Natchez ou de ffiminoles à la place de l'un des rois OMiges de l'Orient. L'iclée est ingénieuse, mais peu archéologique. Des bergers app<irtent au jeune Enfant divin, né dans une crèche, un vasek lait et un mouton : rien n'est plus confonne aux idées de Berquin ou de Fiorian* La moyen Age était moins pastoral que cela. Oa sent l'époque où le roi de France faisait ooa* struire des bergeries et des laiteries dans h petit Trianon.
« Plus haut encore est la Nativité. Marte, la plus lourde et la plus épaisse nourriet qui soit jamais venue d'Alsace, emmailloUa un enfant qui ne vaut guère mieux que la mère. C'est une honte pour cette admiraUt et vraiment virginale église de Reims.
« A droite, c'est tout aussi déshonoré qil gauche. Un Charlemagne matamore» qui Ui
yendant au saint Louis de gauche ; un saiat érôme h peu près nu, et tenant k la main ao rocher dont il voudrait se frapper la poitrinti ainsi que les mauvais peintres de la ranaiisance italienne l'ont représenté, mais conuie ne l'ont jamais fait les artistes du mojH âge; un portefaix, sous prétexte de saint Sébastien, et dont la peau, épaisse coaunaeelli d'un pach vderme, admet avec peine et laisM
Sénétrer diflicilement la pointe de quaut èches de métal ; un saint Laurent en tuai* que espagnole du temps de Ribeira; du saintes Agnès, Catherine, Marguerite elMtf*
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riié €i /ai7i>(596); elle remonte au berceau de Bethléem, qui est celui des sociétés modernes. Comme Ton serait alors vrai et conséquent ! comme Ton classerait avec ordre et netteté les diverses périodes de Tart et de la littérature ! Quelle belle et intéressante suite de développements historiques !
lâais telle n*est pas la Renaissance dont nous nous occupons maintenant. Il s*agit de celle qu'on a voulu voir dans Tappantion, au milieu des nobles enfants du (Jhrist, du polythéisme, contre lequel le Verbe incarné avait lutté jusqu'à la mort, laissant à ses successeurs dans le ministère de la vérité, la tâche de le combattre à outrance et au péril de leur vie. Il s'agit de savoir si, jusqu'à Tavénement des Médicis au trône pontifical, les peuples catholiques, initiés par la révélation évangélique a des idées et à des émotions de l'ordre le plus relevé et le plus intime, avaient croupi dans les ténèbres de la iMrbarie. 11 s'agit de savoir si, à celte époque, le catholicisme n'avait pas donné des preuves suffisantes de sa*puissante vitalité, |)0ur qu'il dût embrasser, comme type unique du beau, les formes d'une religion toute sensuelle, que la nôtre nous avait accoutumés à regarder comme la mère, la protectrice de Terreur , et dont les monuments s*harmonient au2>si peu avec notre climat qu*avec nos pratiques et nos croyan- 43es. Te Ile fut néanmoins! aberration incroyai)leduxvi* siècle et des deux suivants, lors- .que, dans leur engouement pour les nouvelles idées, ils appelèrent du beau nom de -Renaissance l'importation dans la société .catholique de Tantique paganisme avec sa philosophie, combattue pendant quatre siè- -clés par nos maîtres et nos |)remiers doc- 4eurs dans la foi; avec ses brillants poètes, qui exaltaient les vices proscrits par la morale évangélique; avec ses statues, images déduisantes de ses mille divinités impures (597) ; enfin avec ses historiens et ses 4ribuns , qui enseignaient les maximes les plus fausses et les plus dangereuses sur les grandes questions de la politique et du droit ues gens.
Pourquoi donc ces peintures si sombres et si souvent reproduites dans nos livres inspirés, de l'ignorance et do la corruption de la gentilité^ Pourquoi donc le Verbe d*intelligence et de vie était-il venu sur la terre enseigner et féconder de son propre sang une doctrine si fort en opposition avec celle des nations assises âi'om^bre de /a mor// La vérité serait-elle divisible^ par hasard? Kt ttQ catholique pourrait-il, sans violer les lois inexorables de la logique, préconiser 4;omme type unique du beau (qui n'est luiit^me que la splendeur du vrai) les œuvres des idolâtres que TEsprit-Saint nous représenta constamment ensevelis dans les iù-
($96) Ego ium via^êt venta$^ et vUa.(Joan. xiv, 2. )
(507) On coiinall le« termes d'iodignation 4|u*ar-
ractia au Pape Adrien \1, successeur iniméilial de
iMtoa X, la vue do toutes les statues antiques qu*iiii
avait déterrées à grands frais sots le p«>ntilicat ûu
nèbres et livrés à de honteux excès, jusqu'à ce que le flambeau de la foi soit venu briller au milieu d*eux (598)
On comprend difficilement aujourd'hui avec quelle légèreté, quel dédain, furent traités dès lors les écrits des Pères , ceux des beaux génies du moyen Âge, et ces produits admirables et divins de l'art chrétieOt que la science autant que la foi de nos ancêtres avait entassés dans leurs bibliothèques et dans leurs merveilleuses basiliques.
Ce serait ici le lieu d'examiner par quel renversement étrange d'idées, è ce principe chrétien fut substitué le principe pliien, et comment une société qui devait tout au catholicisme fut amenée k rompre avec son élément naturel et à abjurer un passé glorieux.
Mais les limites que nous nous sommes imposées dans le présent article ne nous permettent guère de nous livrer aux développements qu'exigerait cette époque importante de nos annales, qui commence d ailleurs à être mieux jugée, à mesure que la critique historique devient plus consciencieuse dans ses recherches et plus impartiale dans ses appréciations.
Bornons-nous à quelques aperçus sur la révolution architecturale introduite k cette époque. Nous verrons ensuite quel cas il faut faire du mépris que nos novateurs affichèrent dès lors envers nos é^jlises du moyen âge, expression si naïve et si sublime de notre foi.
Gardons-nous d'abord de rattacher, aa moins d'une manière absolue, la première altération du style ogival, à l'implantation de l'art païen dans les sociétés chrétiennes; ce sont deux faits distincts qu'il importe de ne pas confondre, bien qu*il existe entre eux quelque corrélation.
Dès la fin du xiv* siècle , rarcbitectora gothique avait vu ses formes se modiher» par un effet de cette inconstance et de eel amour inquiet de la nouveauté, qui travaiUi sans relâche l'esprit humain. Le style ogival avait déjà perdu beaucoup de sa grandeur, de sa hardiesse et de sa légèreté, lorsque l'imitation de l'art antique vint le détrôner. Les voûtes aiguës s étaient aplaties et tendaient vers le plein-cintre; leurs surfaces, ainsi que celles de tout l'intérieur de rédifice, étaient entièrement couvertes d'une multitude de nervures, se croisant et se coupant à bâtons rompus. Les contre-forts et les arcs-l)outanis avaient disparu sous les sculptures innombrables dont on les avait surchargés. Les flèches et les tours s'étaient abaissées avec les voûtes; l'édifice aviit perdu de sa longueur et de son immensité. lila un mot, Téglise gothique, dépouillée |e> ù peu de ses caractères les plus saillaots»
son prédécesseur : Proh idola barbarcimm ! s^éerii ce vertueux Pontife.
(598) Populu» qui ambulabat in temeèrù^ iMàH cem magnam ; habitannhu» in regioiêê imiàrv lux vria en eit. (/<a. ix, i.)
REN
DESTHETIQUE CHRETIENiNE.
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