PAR LE COMTE DE M ONTALEHBERT
ANCIEN I^AIR DEFtANCE, LOURDES QUARANTE DE L*ACADÉIiIE FRANÇAISE.
Deuxième édition, revoe et corrigée par i*auteur.
AVAIfT-PROPOS DE LA HOVVBLIE ÉDITION.
En résumant sous ce titre» Du vandalisme et du vatholicisme dans Fart, divers écrits et discours qui ont été livrés au public, de 1833 à iShS, et en consentant à les voir re-
Saraitre dans Tune des vastes collections oik L Tabbé Higne assemble tous les trésors de la science religieuse, on n'a pas la prétention de croire que ces essais soient dignes de Thospitalité qui leur est offerte à côté de tant d'oeuvres célèbres et de tant d'auteurs illustres. On ne se figure pas surtout y avoir résumé toutes les règles, ou résolu tous les problèmes qui constituent l'art religieux. Mais en présence de l'immense révolution qui s'est opérée de notre vivant dans les idées du clergé et des fidèles sur toui ce qui touche à Ta liturgie, à l'art, à i^arcbéologie, à l'histoire, il a paru curieux et utile de constater quels efforts il a fallu pour effectuer cette transformation, et quelles difficultés l'on rencontrait au point de départ. Aujourd'hui l'œuvre est consommée, la théorie de l'art religieui est rétablie sur ses véritables bases ; et tous les jours de généreux et salutaires efforts sont tentés pour en réaliser la pratique.
Comme on Ta dit ailleurs : < C'est une nouvelle renaissance qui s'opère sous nos yeux, renaissance qui est la contre-partie de celle du xv* et du xvi* siècles... Elle est manifeste dans Part, comme dans la littéralurci comme dans l'histoire, comme dans la
société entière. On se plaît à la nier, è la combattre. On critique telle construction» tel livre, telle tentative avortée, telle exagération puérile. On a raison dans le détail» on se trompe sur l'ensemble. Les échecs partiels, la fausse direction, les excès, les ridicules, ne changent rien au résultat général. Quoi qu'on fasse, la marée monte, le flot*marche. On ne sait pas, on ne voit pas bien ce qu'il pagne. Dans ses mouvements réguliers, mais intermittents, il semble re* culer autant qu'avancer; et cependant chaque jour il fait sa conquête imperceptible» et chaque jour le rapproche du out fixé par l'éternel le sagesse et l'éternelle justice (8^). » Ce qu il importe de ne pas oublier, et ce que démontreraient au besoin les pages qu'on va lire, c'est que cette rénovation de la science et de l'art catholique n'a été le fait d'aucun pouvoir, d'aucun prince, d'aucun pontife même. Elle est sortie spontanément de l'effort indépendant et désintéressé de quelques gens de cœur, pendant ces belles années de paix et de liberté qui ont signalé la régénération religieuse de Ja France» qui l'ont initiée à tous Tes genres de progrès , et dont les luttes fécondes et généreuses ont fait éclore toutes ces œuvres de foi» de dévouement et de charité, qui sont l'honneur et la consolation du présent.
Ch. DE MONTAJCBBIBEBIS
t5mars 1856.