‹ Dictionnaire d'esthétique chrétienne, ouChapitre 126 sur 168 · LETTRE A M. VICTOR HUGO · texte numérisé non relu

LETTRE A M. VICTOR HUGO

Tous devez me permettre, Monsieur, de mettre sous la protection de votre nom mes insignifiants efforts en faveur d'une cause dont vous avez fait depuis longtemps la vdtre. Comment en effet s*occuper de notre art national, de nos monuments historiques, des sublimes débris de notre passé, sans songer tout d'abord à vous, qui, le premier en France, vous êtes constitué le champion de cetre cause. Vous êtes descendu encore enfant dans Tarène pour elle, et depuis quatorze ans, depuis votre ode sur la Bande noire jusqu'aux pages indignées qui ont marque d un ineffaçable ridicule le vandalisme officiel etjraunicipal de nos jours (MS^), vous avez lutté pour elle sans flécLir; vous )*avez prise toute petite, et elle a grandi entre vos mains; vous l'avez parée de votre talent, et dotée de votre popularité. La voilà qui prend aujourd'hui son essor; la voilà qui lait battre une foule de jeunes et nobles cœurs; la voilé qui s'intronise dans toutes les véritables intelligences d'artistes. Si la victoire lui reste un jour, vous ne serez point oublié. Monsieur, voire mémoire sera toujours bénie par ceux qui ont voué un culte à l'histoire et aux souvenirs de la patrie; et la postérité inscrira parmi vos plus belles gloires celle d'avoir Je premier déployé un drapeau qui pût rallier toutes lès ftmes jalouses de sauver l'art en France.

Vous ne pouvez pas combattre seul, je le sais, vous ne dédaignez aucun auxiliaire; vous ne demandez pas mieux, dans cette œuvre grande et sainte, que de vous associer les plus obscurs, les plus maladroits travailleurs : vous ne demandez que de l'indignation contre les barbares, de l'amour pour le passé. Je me présente à vous avec ces deux conditions. Des voyagea entrepris dans un but tout à fait étranger à l'art m'ont fait découvrir des attentats contre lui dont ie frémis encore, et que j'ai hâte de livrer à la publicité. En ce qui touche à l'art, je n'ai la prétention de rien savoir, je n'ai que celle de beaucoup aimer. J'ai pour l'architecture du moyen ftge une passion ancienne et profonde : passion malheureuse, car, comme vous le savez mieux que personne, elle est féconde en souffrances et en mécomptes; passion toujours croissante, parce que plus on étudie cet art divin de nos aïeux, plus on y découvre de beautés à admirer, d injures à déplorer et à venger; passion avant tout religieuse, parce que cet art est à mes

(843*) Voyez dans U livraison do i" mars 1832 de la Revue det Deux^Mcndesy Farticle intitulé Guerre aux démolnieurs.

yeux catholique avaqt tout^ qu'il est la manifestation la plus imposante de l'Eglise dont je suis l'enfant, la création la plus brillante de la foi que m'ont léguée mes pères. Je contemple ces vieux monuments cia catholicisme avec autant d'amour et de respect que ceux qui dévouèrent leur vie et Leurs biens à les fonder : ils ne représentent pa^ pour moi seulement une idée, une époque, une croyance éteinte ; ce sont les symboles de ce qu'il y a de plus vivace dans mon âme, de plus auguste dacs mes espérances. Le vandalisme moderne es: non-seulemeot à mes yeux une brutalité etune sottise, c'e^ de plus un sacrilège. Je mets du fanatisme à le combattre, et j'espère que ce fanatisme suppléera auprès de vous à la tiédeur d^ mon style et a l'absence complète de toute science technique.

Vous conviendrez avec moi que Fépoqne actuelle exige la réunion de tous les efforts individuels, même les plus chétifs, pour réagir contre le vandalisme, et que, parmi ceux qui s'intéressent encore à Tart, nul n'a ie droit d'invoquer sa faiblesse pour se dispenser de prêter à cet art agonisant un secours tardif. Sans parler de ce qui se passe en province, de ces arènes de Nîmes transformées en écuries de cavalerie, de ce marché aux veaux construit sur l'emplacement de l'abbaye de Saint-Rertin, de ce cloître de Soissons changé en tir d'artillerie, de la &meuse tour oeLaon, dont vous avez dénoncé la destruction à la fois cooiique et honteuse ; sans parler de tout cela , np voyons que ce qui se [tasse sous nos yeuz^ en plein Paris : c*est-à-dire les ruines de Saint-Germain -l'Auxerrois et de la chapelle de Cluuy, un théâtre inf&me installé sous les voûtes d'une charmante église gothique iSkh.)^ une autre rasée après avoir servi longtemps d'atelier de dissection (845), l'altération des Tuileries, et en face de ces ruines, le type des reconstructions officielles, ce gâchis cle marbre et de dorures qfi'on nomme le palais de la Chambre des députés. N'en voiià-t-il pas assez pour convaincre les plus incrédules? Le moment presse pour que chacun, à défaut d'autre ressourcet vienne flétrir d'une inexorable publicité tous les attentats de ce genre.

Le moment presse encore, parce qu'il est urgent de dérober ia France à la réprobation dont doivent la fiapper tous les étrangers,

3uand ils comparent le vandalisme métboique et réfléchi qui règne en France, avec

(844) Saint- Benoit.

(845) Saim-Gôiiie.

APPENDICE. — DU YAt«OALISIIE ET DU CATHOl^lCISBIE DANS L'ART.

les efforts de tous les {^eaples pour dérober aa temps les restes des siecies passés et des races éteintes. Partout ailleurs au*eo France, on entoure d'une vénération filiale ces souvenirs d'un autre Âge, ces grandes et écla* tantes pages de Thistoire de rhùtnanité, que Tarchitecture s'est chargée d'écrire, et surtout ces basiliques sublimes où les générations sont venues, l'une après l'autre, prier et reposer devant leur Dieu. Dans tous les

fmys de l'Europe et jusque sur les confins de a Laponie, on trouve partout ce culte des monuments du passé gui bonore les hommes du présent ; le désir de conserver dans leur originalité primitive ces monuments a même remplacé presque partout la manie de refaire l'art païen et de rajeunir avec son secours l'art des Chrétiens (8b6). La plus heureuse réaction s'est manifestée partout en faveur de la vérité historique et dû respect des créations anciennes. La France seule est restée en dehors et en arrière de ce mouvement. En Italiç, pa^s où le paganisme de la prétendue renaissance a rait le plus de progrès et jeté les plus profondes racines, on n'en lit pas moins sur la façade de la cathédrale de Naples, une inscriptiou où le cardinal-archevêque s'enorgueillit d'avoir fait réparer cette façade sans changer son caractère gothique : ffec Gothica deievU urbis senescentis monumenta artium perennitati. En Angleterre, il y a plus d'un siècle que toutes les églises sont restaurées et construites sur le modèle de celles du moyen âge ; si ces copies, dont plusieurs sont très-remarquables, manquent de la vie que doilne l'inspiration originale, elles ont le grand mérite de la convenance et de l'harmoiiie avec les idées q^u'ellés représentent : de l'architecture religieuse, la réaction gothique a passé dans l'architecture civile ; les riches propriétaires se font b&tir des châteaux qui reproduisent exactement les types des différents âges de la féodalité, tandis gne les particuliers, les corporations, les diocèses, les comtés, s'imposent les plus pands sacrifices, pour conserver dans leur intégrité tous les monuments originaux de œs âges, et pour leur rendre leur aspect primitif. Dans la pauvre Irlande, lorsque le paysan catholique peut dérober aux exactions du clergé protestant et aux clameurs de sa famille affamée quelque chétive offrande, pour la consacrer à élever une hum^ ble chapelle auprès des églises bâties par ses pères et que les tyrans hérétiques lui ont volées, c'est toujours une chapelle gothique. Jamais le prêtre de ce peuple opprimé n'est infidèle au type inspiré par le catholicisme, et lorsque la vieille foi du peuple est ramenée par la liberté dans ce modeste asile, elle y retrouve les formes gra-cieuses et consacrées des demeures de sa jeunesse. En Belgique, pays de véritable foi et surtout de véritable linerté, un des pre^

(816) Depuis qti^tl a écrit ees lignes, railleur » ftt occasion de se convaincre que le vandalisme était Eualheureusemcnt encore trésdooiliianl k ra-

miers soins du nouveau §ouvernement a été d'interdire, par une circulaire aux gouverneurs de province, là destruction de tout monument historique quelconque. Eu Allemagne, le culte du passé dans l'art et l'influence de ce passe sur les constructions modernes ont atteint un degré de popularité inouï, et promettent à cette contrée illustre d'être la patrie de l'art régénéré, la seconde Italie de l'Europe moderne. Ce culte est imiversel et triomphe de toutes les différences d'opinions, de religions, de mœurs, qui divisent la race germanique. Le roi de Prusse, souverain protestant et intolérant,' prélève sur tout le grand- duché du Bas-Rhin un impôt spécial, nommé impôi de la caiké-^ dralcy exclusivement consacré à l'entretien et à l'achèvement graduel de la cathédrale catholique de Cologne, métropole de l'art catholique et de l'architecture gothique. Le prince royal, son fils, a dépensé des sommes énormes pour réparer les dévastations commises par les Français à Marienbourg, ancien et célèbre chef-lieu de Tordre teutonique ; il en fait, sa résidence favorite. Au midi, le roi de Bavière, avec sa liste civile de 5,000,000 de francs, ne se contente pas de faire exécuter à vingt- six peintres, dans ses divers châteaux, des fresques qui reproduiront, en les popularisant, toutes les épopées chevaleresques et nationales du moyen âge; il remplit sa capitale d'églises vraiment chrétiennes, parmi lesmielles on remarquera surtout celle de Saint-Louis, dont l'architecture sera romane, et qui sera peinte à fresque du haut en bas, a l'instar de plu-* sieurs églises d'Italie, et surtout de la triple basilique d'Assise, par le célèbre Cornélius. Ce même souverain a profité de la découverte qu'a faite M. Franck, gui a retrouvé et perfectionné le secret de teindre les vitraux des couleurs les plus tenaces et les plus brillantes, pour doter la vieille cathédrale de Ratisbonne d'un grand nombre de verrières de la plus rare oeauté pour la composition comme pour le coloris, au prix de 20 à 25,(H)0 francs chacune. Ce prince ne fait du reste que s'associer au merveilleux élan qu'a pris l'art allemand depuis plusieurs années, élan qui date, en architecture, d» l'apuarition du grand ouvrage do ML Bois-^ serée sur la cathédrale de Cologne, et ea peinture, de l'œuvre patriotique qu'ont accomplie ce même M. Boisserée et son frère,, en conservant pour l'Allemagne la collectioa des chefs-d'œuvre de l'ancienne école belge et allemande qu'ils avaient sauvée et recueillie pendant les dévastations des guerres de Napoléon. J'espère vous entretenir un jour, plus au long, de la nouvelle école allemande, et surtout de celle de peinture, qui chaque jour jette un nouvel éclat sous la double direction d'Overbeck et de Cornélius^ Est-il besoin de vous dire qu^à cette rcac^ tion active veirs l'art antique correspond le

U'anger, surtout en Suisse et en Italie. Il faiidone ses réserves sur ce point. Voyez du rebte IMpocArdice à ce li»}^iueut à ui coJL 1141.

DICTIONNAIRE ITESTHfiTIQUE.

IMft

8oin le plus scrupuftux et le plus tendre de toutes ses beautés, de toutes ses ruines. Les invasions des Suédois et des Français, et, dans quelques contrées, la sécularisation des souverainetés ecclésiastiques ont multi* plié ces ruines; mais je ne crois pas qu*it y en ait une seule que Ton puisse imputer a la froide bart)arie ou à Tavidité de la popi;lation environnante. Un attentat de ce genre serait signalé aussitôt par les organes innombrables de la presse littéraire et scientifique; une réprobation populaire et reli» gieuse s^attacherait au nom des coupables : ils seraient mis au ban de la nationalité allemande.

11 nV a donc que la France, où le vandalisme règne seul et sans frein. Après avoir ' passé deux siècles et puis trente ans à déshonorer par d*impures et grotesques additions nos vieux monuments, le voila qui reprend ses allures terroristes et gui se vautre dans la destruction. On dirait qu'il prévoit sa déchéance prochaine, tant il se hflle de renverser tout ce oui tombe sous son ignoble main. On tremble à la seule pensée de ce que chaque jour il mine, balaye ou défigure. Le vieux sol de la patrie, surchargé comme il l'était des créatfons les plus merveilleuses de l'imagination et de la loi, devient chaque jour plus nu, plus uniforme, plus pelé. On n'épargne rien : la hache dévastatrice atteint également les forêts et les églises, les chftteaux et les hôtels de ville ; on dirait une terre conquise d'oil les envahisseurs barbares veulent effacer jusoru'aux dernières traces des générations qui ront habitée. On dirait quMls veulent se persuader que le monde est né d'hier et qu'il doit finir deipain^ tapt ils ont hiXe d'anéantir tout ce qui semble dépasser une vie d'homme. On ne sait pas même respecter les ruines qu'on a fliites^ et tandis qu'on cite en Angleterre des seigneurs qui dépensent, chaque année, un revenu considérable pour préserver celles qui se trouvent sur leur domaine ; tandis qu'en Allemagne les populations choisissent les décombres des vieux châteaux pour y tenir leurs assemblées libérales , comme pour mettre leur liberté renaissante sous la protection des anciens jours; chez nous^ nous ne laissons pas même le temps accomplir son œuvre, nous refusons à la nature son deuil de mère. Car la nature, toujours douce et aimante, l'est surtout envers les ruines crue l'homme a. faites ; .elle semble se plaire à le^ orner de ses plus belles parures, comme pour les consoler de leur abandon et de leur nudité. Et nous, nous leur arrachons leur linceul de yerdure, leur couronne de fleurs; no^s violons ces tombeaux dés siè* clés passés, (.'ancien seigneur les met à l'en* can et les vend au plus oflTrant : le BOuvea^ bourgeois les achète, et s'il ne daigne pas leur donner une place dans ses constructions nouvelles, il les recrépit et les enjolive iur place. Tous deux se coalisent pour déshonorer ces vieilles pierres.

Les longs souvenirs font les grands peuples, La mémoire du passé ne devient im^

portune que lorsque la conscience du présent est honteuse. Ce sera dans nos annales une bien triste page que ce divorcé prononcé contre tout ce que nos pères doos ont laissé pour nous rappeler leurs moBurs, leurs affections, leurs croyances. Rîea de plus nttureli que ce divorce dans le premier moment de la réaction populaire contre l'ancien ordre social et politique; mais y persévérer après la victoire , y persévérer avec récidive en face de rEarope surprise et dédaigneuse ; immoler aux préjugés les plus arriérés ce qui fait le charme d'une patrie et la gloire de l'art, c'est un crime national dont il n'y a pas d'exemple dans l'histoire. J'ignore quelle peine la postérité infligera à ce mépris stupide que nous tirons de notre nullité moderne, pour le lancer à la figure des chefs-d'œuvre de nos

gères ; mais cette peine sera grave et dure. bus la mériterons, non-seulement par nos œuvres de destruction, mais encore par les vils usages auxquels nous consacrons ce que nous daignons laisser debout. Le most Saint- Michel, Fontevrault, Saint-Augustin-iez-Limoges, Clairvaux, ces gigantesques témoignages du génie et de la patience du moyen flge, n'ont pas eu, il est vrai,pe sort de Clûny et de Cileaux, mais le leur n'est-il pas encore plus honteux, et ne vaudrait-il pas mieux pouvoir errer sur les débris de ces célèbres abbayes que les voir, toutes flétries et mutilées, changées en honteuses prisons, et devenir le repaire du crime et des vices les 5)1 us monstrueux» après avoir été l'asile de a douleur et de la science ? Croira- t-on dani l'avenir que, pour inspirer à des Français quelque intérêt pour les souvenirs d'un culte

au'ils ont professé pendant quatorze siècles, faille démentir leur origine et leur desti-^ nation sacrée ? 11 en est ainsi cependant. On ne parvient à fléchir les divans provinciaux, les savants de l'empire, qu'en invoquant le respect dû au paganisme. Si vous pouvez leur faire croire qu'une éxlise du genre anUgothique a été consacrée a quelque dieu romain, ils vous promettront leur protection, ouvriront leurs bourses, tailleront même leur plume pour honorer votre découverte d'une dissertation. On n'en finirait pas si l'on voulait énumérer toutes les églises romaines qui doivent la tolérance qu'on leur accorde à cette ingénieuse croyance. Je ne veux citer que la cathédrale d'Angoulème dont l'inappréciable façade n'a été conservée que parce au'il a été gravement établi que le bas-relief ciu Père éternel qui y figure entre les symboles consacrés des quatre évangélistes, était une représentation de Jupiter. On lit encore sur la frise du portail de cette cathédrale : Tbmplb db i^â Raison.

Et ne croyez pas que ce soit la religion seule que 1 on répudie ainsi. Ne croyez pas que les souvenirs purement historiques, les souvenirs même de poésie et d'amour échappent aux outrages du vandalisme. Tout est confondu dans la proscription. A Limoges, on a eu la barbarie de détruire le monument devenu c^èbrc sous le nomdu bonmarioffu

J0I3 APPENDICE. - DU VANDALISME ET DU CATHOLICISME DANS L'ART. 1014

C'était le tombeau de deux jeunes époux du Poitou, partis peu de temps après leurs noces, pour aller en pèlerinage à Saint-Jacques de Compostelle. La jeune femme mourut en route à Limoges ; le mari alla accomplir son vœu, puis revint mourir de douleur à Limoges. Lorsqu'on vint pour l'inhumer dans le tombeau qu'il avait élevé à sa femme, celle-ci, selon la tradition populaire, se retira d'un côté pour lui faire place. C'est ce même tombeau qui a été détruit, et pas une voix ne s'est élevée pour le sauver (84-7.) A Avignon, l'église de Sainie-Claire, où Pétrarque vit Laure pour la première fois, le vendredi saint de Tan 1328, l'église qu'il avait bénie dans ce sonnet fameux :

Benedetio sia '1 giorno, e U mese, e Tanno E la slagione, e 1 lempo, e Thora, e *1 punto, E '1 bel paëse, e H loco, ov' io fui giunto Da due begli occhi, cbe legaio m'hanno, etc.

celte église a péri avec cent autres ; elle est transformée aujourd'hui en manufacture de garance. L'église des Cordeliers, oOi reposait la dépouille de cette belle et chaste Laure, à côté de celle du brave Crillon, a été rasée pour faire place à un atelier de teinture; il n*en reste debout que quelques arceaux : la place même de ses cendres n'est marquée que par une ignoble colonne, élevée par les ordres d'un Anglais et décorée d'une inscription rîsible.

Les Goths eux-mêmes, les Ostrogothsn'en faisaient pas tant. L'histoire nous a conservé le mémorable décret de leur roi Théodoric, qui ordonne h ses sujets vainqueurs de respecter scrupuleusement tous les monuments civils et religieux de l'Italie conquise.

Ces faits que je viens de citer me rappellent que je dois vous faire connaître quelques-uns de ceux que j'ai recueillis pendant mes rapides courses dans leMidi. J'en profiterai pour justifier une sorte de classification qu'il m'a semblé naturel d'établir, eu cherchant à apprécier le caractère des ravages du vandalisme dans les provinces de France que j'ai parcourues. Je n'entends nullement la garantir pour les autres. J*y joindrai quelques détails spéciaux sur les monuments du moyen âse, à Toulouse et à Bordeaux, que j'ai eu 1 occasion de voir plus complètement.

Tout le monde doit reconnaître q^ue- le vandalisme moderne se divise en deux, espèces bien différentes dans leurs motifs, mais dont les résultats sont également désastreux. On peut les désigner sous le nom de vandalisme destructeur et de vandalisme restaurateur.

Chacun de ces vandalismes est exploité par différentes catégories de vandales, que je range dans l'ordre suivant, en assignant à chacune d'eUes le rang que lui mérjte son degré d'acharnement contre les vieilleries.

(8i7) Cet acte de vandalisme ii*a beureusemenl pas été consommé : le précieux monument a été 8;uivé, et M. Tabbé Texicr, supérieur du petit seiiûuajrc du Doiat^ruu dtt nos plus savaiita arclico-

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