NOTICE
StlR LE BIENHEURECX FRÈRE ANGÉLIQUE DE FIËSOLE (951).
Le nom du moine Jean de Fiesole, peintre de l'école catholique de Florence (Fra Giovatini Angelico da Fiesole), surnommé rAngélîijpief et communément appelé en Italie il BtatOy ne se trouve presque dans aucun des ouvrages c[ui ont traité de l'art pendant les trois derniers siècles. On ne saurait ni
(95t) Cette notice est extraite de la seconde livraison des MonumenU de V Histoire de tainle Eli-
s'en étonner, ni s'en plaindre. Lit gloire de celui qui a atteint Fidéal de Fart chrétien méritait de n'être pas confondue avec celle qu'on a décernée à des artistes 'comme Jules Romain, le Duminiquin, les Carraches et autres de ce genre : mieux valait pour lui être totalement oublié que d'être placé sur
gabeth de Hongrie f publiés par A. Boblet, Paris»
APPENDICE. — DIT YÂNDAUSME ET DU CATIIOL.CISME DAI^S L'ART.'
iMO^
la même ligne qn'eux. Peu de temps après sa mort, le paganisme fit irruption dans toutes les branches de la société cnréti«nne : en politique, par rétablissement des monarchies absolues ; en littérature, par Tétude exclusive des auteurs classiques ; dans Tart, par le culte de la mythologie, de la nudité et du naturalisme qui signale Tépoque de la renaissance. Devenu rapidement vainqueur et maître, il eut soin de discréditer et les hommes et les choses qui portaient lempreinte ineffable du génie chrétien : Fra An-
Î;elico eut l'honneur d'ôlrc confondu dans a proscrifitioa qui enveloppa à la fois et les constitutions sociales du moyen âge, et cette poésie pieuse et chevaleresque dont TEurope avait éié si longtemps charmée, et enfin cet art si glorieusement et si heureusement inspiré par les mystères et les traditions de*la foi catholique. Tout cela fut déclaré barbare^ digne d'oubli et de mépris, et, pendant trois siècles, on Ta oublié et méprisé, conforinénient au décret des maîtres. Aujourd'hui que Fesprit humain, arrivé peut-être au terme de ses longs é^aremonts, s*arrôte in- ■certain, et semble jeter un regard d*envie et d'admiration vers les âges catholiques, on recommence à étudier Tart qui était la parure de cette époque si complète; et le peintre béatifié a repris peu à peu la place que
paix du cloître. La peinture n'a été évidemment pour lui qu un moyen de réunion avec Dieu : c'était sa manière de gagner le ciel, son humble et fervente offrande à celui qu'il aimait [)ar-dessus tout; c'était la forme du culte spécial et intime qu'il rendait à son Rédempteur. Jamais il ne prenait ses pin- Cfiaux sans s'être livré à l'oraison en guiso de préparation (952). Il restait à genoux pendant tout le temps qu'il employait à ()eindr6 les figures de Jésus et de. Marie (953); et chaque fois qu'il lui fallait retracer la crucifixion, ses joues étaient baignées de larmes (954). Son art était si bien à ses yeux une chose sacrée, qu'il en respectait les produits comme les fruits d'une inspiration plus haute que son intention; il ne retouchait ni ne perfectionnait jamais ses travaux, et se bornait au premier jet, croyant, à ce qu'il disait sans détour, que c'était ainsi que Dieu les voulait (955). Il ne faut rien moins que le témoignage précis de son biographe sur ce fait pour y croire, quand on examine l'incroyable perfection, le fini, la délicatesse de toutes ses œuvres. Mais on comprend qu'avec ses dispositions, son dévouement à l'art ne pouvait nuire en rien à l'exercice de toutes les vertus monastiques. Aussi toute sa vie fut-elle marquée par une fidélité touchante aux trois vœux sacrés qui le
lui avait assignée le jugement de ses con-. liaient à Dieu par la règle du çrand saint
temporains. Encore étrangement méconnu en Italie, il est admiré avec enthousiasme en Allemagne, et la France, qui possède un de ses chefs-d'œuvre, s'habitue, à son tour, à le voir compter parmi les grands maîtres. Comme il occupe, par sa vie, aussi bien que par ses œuvres, le premier rang entre les
f peintres vraiment dignes du nom de cathoiques, .des lecteurs catholiques nous pardonneront h coup sûr quelques courts détails sur cette vie.
Né en 1387 dans les environs de Florence, i vingt et un ans il prit à Fiesole l'habit de l'ordre des Frères- Prêcheurs , fondé par saint Dominique; il porta désormais le nom de l'endroit ou il s'était consacré à Dieu. On dit qu'auparavant dans le monde il s'appelait Guido ou Santi Tosini. Il vint peu après à Florence, où il entra au couvent de Saint- Marc, dans cette illustre maison qui devait f)roduire le grand âavonarole et Fra Bartoommeo, mais dont notre bienheureux peintre devait être la première et la plus pure Illustration. Ce fut là qu'il commença à se livrer à la pratique de la peinture. On ne connaît pas son niailre; quelque soit c^lui dont il ait reçu les premières leçons, il faut bien admettre que Dieu seul a pu inspirer un génie comme le sien et animer cette vitalité puissante, fruit du silence et de la
(95S) Non Iravrebbe messo mano ai peiieUi se prima non liavesse fuUo orazione. (Vasari.)
(955) Voy. le Houronnemenl delà Vierge de Fra Angelico, par A. "W. de Sciili-jgel.
(954) Non fece mat crociiisso, clienon si bagnasse le Kotc (!i t-tgrimc. (Vasabi.)
(055) Haveva pcr costume «on riloccare, ne raccouirar mai alcuna sua dipintura, ma bsciarle
Dominique. Quanta sà pureté^ il suffit de contempler au hasard une fiçure quelconque sortie de son pinceau, et 1 on restera convaincu que jamais une pensée indigne de Jésus et de Marie n*a pu s'arrêter dans une Ame capable de se reproduire par des reflets semblables. Sa pauvreté monastique lui était si chère qu'il refusait toujours de sti-
Euler un prix pour ses o&uvres » et distriuaitaux malheureux la totalité des sommes qu'elles lui rapportaient; il aimait les pauvres pendant sa vie, dit Yasari, « aus^i tendrement que sou Ame peut aimer aujourd'hui le ciel où il jouit de la gloire des bienheureux (956). » Enfin l'habitude de Vobéissance lui était si naturelle qu'il ae voulait même recevoir de commandes pour son art que par l'intermédiaire de son supérieur spirituel, le prieur de Saint-Marc ; et lorsqu'on venait lui demander un travail, il répondait simplement qu'il fallait en convenir avec le Père prieur, et qu'il ferait tout ce ({in lui serait ordonné (9i57). Un jour qu il était à dîner chez le Pape Nicolas V, il ne voulut pas manger de la f iande, parce que son prieur n'était pas là pour le lui permettre, oubliant, dans sa douce simplicité, qu'il y était convié par le Pontife, dont l'autorité était plus que suffisante pou? le dispenser. Mais toutes ces choses extérieures lui
eempre in quel modo, che erano veiiatî a fK*ima velia, per creder, secundo ch'egli iliceva, che cosi Cosse la volontà di Dio. (Yasabi. )
(956) Viveodofii de' jftoveri laiiio amico, (|oanlo penso, che sia «ra Tamnia sua de( cielo. (Yasari.)
(957) A chiunque ricereava opère da ini diecva^ die ne facesse ewer couiento il priore , c che pot nuii mancberebbe. (Yasari.)
DICTIONNAIRE D*ESTHCT!QUE.
étaient étrangères et indifférentes; il disait sans cesse : « Celui qui veut peindre a befKoin de tranquillité et de vivre sans pensées; celui qui s'occupe des choses du Christ doit être toujours avec le Christ (958). » C'était là sa théorie de Tart , et Dieu lui permit de la mettre en pratique avec un t)onneur et un éclat dignes de ces hautes pensées. Il débuta par des chefs-d'œuvret dès sa première jeunesse : ancor giovineUo^ dit Vasariy beniisimo (are xapeva. Ses premiers travaux furent consacrés è orner de minia* tures admirables les livres de chœur de son monaslère, en société avec son frère al né » moine et peintre comme lui. Bientôt il se livra à la peinture sur fresque , dans des proportions considérables, sans renoncer toutefois h ces charmantes miniatures dont les reliquaires donnés par lui à Santa-Maria* f^ovella peuvent nous donner une idée. £n^ core aujourd'hui , ce célèbre monastère de daint-llarcy illustre par tant de titres , offre au vojrageur catholique la plus complète collection des oeuvres du saint artiste, dans les grandes et sublimes fresques de la salle du chapitre» le crucifix et les lunettes du cloître» et enfin la ^érie d'histoires de la vie de Marie, qu'il voulut peindre dans la cellule de ses frères. Mais on n'y retrouve plus sur le grand autel cette Madone, qui, selon Yasari, par- son exquise simplicité, excitait à la dévotion tous ceux qui la regardaient (059). Dans un siècle ou les inspirations a*un art encore tout imprégné du christianisme constituaient une narlie essentielle de la vie religieuse et publique, un génie comme celui du frère Jean ne pouvait rester longtemps caché dans son cloître. Aussi fut- }\ recherché avec avidité, et célébré avec eaihousiasnie; ses œuvres, en se multipliant, acquirent une imrpense popularité dans toute ritalie. Vasari, dont le goût classique 0t matérialiste ne pouvait certes sympathiser Hvec celui du mystique de Fiesole, nous a
(958) Usando spesse flate dî dire, che chi faceva f ueftU arte , liaveva bisogno di quille , e di vivere sema pensieri ; e che chi fa cose di Christo, con Ctiristo deve slare senipre. (Vasàsi.)
(959) Muove a divosiioiiç cli( la go^rda per la Sinipltcilà kua.
(9e0) On appelle fre4eU^ pu gra^hio le petit cadre longitudinal qui se trouve au-dessbqs de la plupart des grands lable^ux d^apréai des anciens maîtres, et où ils représentaient divers traits de la vie des sidnts qu'ils avaient peints en pied dans la partie supcriei^re dq tableau. C'est ainsi qne dans le chef- U'œuvrç de Fr^ Angeliço au Couvre, le aradino représente la vie de s^nt pommiaue que Ton voit en Eiêd t(i^ns le Ceuroimenicut de Nutre-P^me qui fait ) sujet du tableau m-niôiue.
(90lj Can un prb^lo di vise tante deyoïo, delicato e lien latto clie ftor veranuiiite iion da uo uomo»uia fatlo in paradiso.
(963) Qoa moltîtudineipttoitadisantl e santé, ti^ti ta numerot t^to ben T^tti, a coii si varie attitudlnet p diverse i^ie di teste, cbe inçredibide piacere^ e dolçessa s^ sente in guardacie* ausi pare ciie quel splriti baatl, us^ poasino essere in cie|jO i^llrimeiite^ u par negUo oirevsç ^aveasem eorpow iiun p(|Hreb- \pMil Iti^orohe.... non S0I9 sona vivi ^coii arie
wmffi% « 4^çu m tuua U f^XwW^ di ^ueU u|)çi a
conservé, dans Tartide qu'il lui a consacré, récbo de cette exaltation pieuse et tendre qu'inspiraient les œuvres de notre moine, et que venait ratifier le iugement des plus fins connaisseurs. « Ce tableau, dit-il en parlant d'une prede//a (960) qui représentait la lé* gende de saint Côme et saint Damien, est si parfait, qu'il est impossible de s'imaginer un travail plus diligent, ni des figures plus délicates, mieux entendues que celles qu*oa y voit. • — « Cette anntin^ta^a, dit-il encore à propos d'une Madone recevant le message divin, a un profil si pieux, si délicat et si parfait, qu'on la dirait vraiment peinte non par des mains d'homme , mais dans le para* dis (961). Les saints qu'il a peints, ressemblent plus è des saints, que ceux d'aucun autre peintre. » Enfin, parlant du magnifique Couronnement de Vierge^ que l'on peut vov au Louvre, le biographe lyoute : « On y volt une quantité de saints et de saintes, si nom* breux, si parfaits, daps des attitudes si variées, et avec des airs de tète si gracieux, que l'on éprouve une douceur incroyable à les regarder; on sent que les esprits biea« heureux, s'ils avaient aes corps, ne pour^ raient être autrement dans le ciel qu'il n» les a représentés ; ils ne paraissent pas seulement vivants, mais la douceur et la déli<* catesse de leur expression est telle qu'on les dirait peints de la main d'un ange et d'un saint, comme ils le sont en effet; car c'était un bon ange que ce t)on religieux, et on l'a toujours surnommé frère Jean l* Angélique... Pour moi, j'avoue que je ne nuis jamais contempler cette muvre sans qu elle me paraisse nouvelle, et je n'en suis jamais rassasié quand je m'en sépare (962). »
Si la vue de ce tableau arracnait au maté« rialiste Vasari d'aussi précieux aveux, quels trans|)orts ne doit-il pas exciter dans une Ame prédisposée par I étude et l'amour de la véritable poésie chrétienne ! Nous avons le bonheur de le posséder à Paris (963). Hais
par che sia di mano d'un santo , o d'un angelo, corne sono, onde a ^ran ragione fù seuipre cbiamalo queslo da ben rcligiQso, F rate Giovanni Angeliço...
10 per me posso con veriià afferroare, cbe non veggio niiti questo opéra che non mi para cosa nuova^ ne nje ne parlo mai sazio*
(9t»5) Après avoir subi toutes sortes d*épreiivcs et avoir été longtemps dérobé aux regards du public, ce trésor, enlevé à réglise Saint Dominique de Fiesole pendant les guerres d*ltaUe, vienl d'éire e!i^posé dans la nouvelle galerie des desbius que le roi a fait disposer dans laile occidentale de la oo«r du j^ouvre. flous coii^ïUqiis à tous ceux qui aiment ou veulent connaître Part cbréiicn, d'aller oobtempler et étudier ce tableau , qui en est un des
Îlus merveilleux produits. L^e coloris en a été trèslalheureusement affaibli, |)Àrce <|u*U a faUu enlever un vernis dont (es mains grossières el ignorantes Tavaienl affublé il y a quelques années. U eft en outre placé à une fauteur qui ne |iermei point d'en saisir tous (es détails. Espérons enla qu*o« fçra disparaître le cadre aflkvpx qui Ip déshmioce» et où deux grotesques renon^mées semblent placées à deshçin pour figurer (a dégénération de |>r| moderne.
11 a été gravé et publié avec un texte explicatif, par le ccièbrv À.-W. de Scblegd, Pans, 1816, in-felio : ti^ie (luUivaU^Hl c^^ excessivem^i^t r^n% (t899.>
APPENDICE. — DU VANDALISME ET DU CATHOLICISME DANS L*ART
c*e$t encore à Florence, dans les fresques de Saint-Marc et è racadémie des Beaux- Arts» qu*il faut aller, pour apprécier toute l'étendue et toute la profonaour du génie de ce peintre Angélique. Nous avons cherché à décrire ailleurs le tableau que nous regardons comme son chef-d'œuvre, son Jugement dernier f96&). Ne pouvant donner ici une idée, même superficielle, de ses divers travaux, nous citerons l'excellent résumé qu'^n a donné Pécrivain qui jusqu'ici a le mieux parlé de la peinture chrétienne. « La componction du cœur, » dit M. Rio, «ses élans vers Dieu, le ravissement extatique, l'avant-goût de la béatitude céleste, tout cet ordre d'émotions profondes et exaltées que nul artiste ne peut rendre sans les avoir préalablement éprouvées, furent comme le cycle mystérieux que le génie de frère Angélique se plaisait à parcourir, et qu'il recommençait avec le même amour quand il l'avait achevé. Dans ce genre, il semble avoir épuisé toutes les combinaisons et toutes les nuances, au moins relativement à la qualité et à la quantité de l'expression ; et pour peu qu'on examine de près certains tableaux où semble régner une fatigante monotonie, on y découvrira une variété prodigieuse qui embrasse tous les degrés de poésie que peut exprimer la physionomie humaine. C'est surtout dans le Couronnement de la Vierge au milieu des anges et de la hiérarchie céleste, dans la représentation du Jugement dernier, au moins en ce qui concerne les élus« et dans celle du Paradis, limite suprême de tous les arts d'imitation; c'est dans ces sujets mystiques, si parfaitement en harmonie avec les pressentiments vagues, mais infaillibles de son flme, qu'il a déployé avec profusion les inépuisables richesses de son imagination. On peut dire de lui, gue la peinture n'était autre chose gue sa lormaie favorite pour les actes de loi, d'espérance et d'amour (%5). »
Ce n'est pas seulement Florence qu'il enrichit de cette parure chrétienne. Sa gloire, en se répandant au loin, le fit appeler dans diverses villes de la Toscane et de l'Ombrie. On voit encore quelgues débris de ses travaux à Cortone, a Perouse et surtout à Or- Tieto. Enfin le Pape Nicolas Y, si ami des arts, le fit venir à Rome, où il peignit à fresque la chapelle du Saint-Sacrement , que Paul 111 fit détruire pour élargir un escalier, et la chapelle dite de Saint-Laurent, si complètement oubliée par la barbarie des XVII* et xyiu* siècles, que le savant Bottari ne put y entrer qu'en escaladant la fenêtre, les cleis de la porte ayant été perdues, c Cette œuvre si simple, dit M. Rio^ si Dure, si dégagée de tout alliage profane,. n'était pais cependant ce qui avait fait la plus forte impression sur l'esprit du Pape. IL
(96i) Voyez coL !07l.
(9t>5) De la hoésie chrétienne, par U. Rio, tonne de tari ; p. 193.
(9€ifî) PiTocebe non si seuitiva atto « govcrnar.
s'était aperçu que l'âme de l'artiste valait encore mieux que son pinceau. » L*archevèché de Florence ayant vaaué sur ces en trefaites, il le Jugea digne d en être revêtu. Mais Fra Angelico, en apprenant l'intention du Pontife, le supplia instamment de lui faire grflce de ce fardeau, parce qu'il ne se sentait nullement propre à gouverner les: peuples (966). Mais il ajouta qu'il y avait dans son orare un moine, nommé Antonin^ très-amoureux des pauvres, très-habile dansla conduite des &mes, craignant Dieu (967)^. et beaucoup mieux fait que lui pour être revêtu de cette dignité. Le Pape, |>lejn de confiance dans sa recommandation, lui accorda la nomination qu'il sollicitait (968)^ et l'humble peintre eut ainsi la gloire d'ap* peler au siège de Florence celui qui devait y briller d'un éclat si pur, et que J'Ëglise vénère aujourd'hui sous le nom de saint Antonin (969).
Fra Angelico mourut à Rome en lWi5, à l'Age de soixante-huit ans. 11 fut enterré dans l'église de son ordre, la seule gothiques qui soit restée à Rqme, et dont le nom est comme le symbole de la victoire élerneite du christianisme sur le paganisme au>sein de la capitale du monde, Sania-Maxidriopru" Minerva, On y voit encore sa tombe, .avec sa figure en pied et les mains jointes, gravée au trait, et on y lit cette épitaphe :
Non mihî sît laudi,quod eraoLvolut aller Apeltcsi.
Sed quod lucra luis omuia, Cliriste, dabsim : Altéra nam terris opéra ejistftiii, altéra .coelo ;
Urbsme Joannem flos tulit iËlruriae..
« Qu'on ne me loue pas de ceque j'aipOMit comme un autre A pelle,, mais de ce que j'ai donné tout ce que ^ gagnais.è tes pauvres,^ 6 Christ ! J'ai travaillé pour le ciel en. même temps que pouc la> terrot; je m'appelais Jean ; la ville qui esti la fleur de.i'£trurie a été ma patrie. ik>
Après sa mort, an sucnom d* Angélique vint se joindre celui de JStenftmrsiur, il Beato, C'est ainsi qu'il est principalement désigné encore aujourd'hui à Florence eL dans toute l'Italie.- Toutefois cette expression de la. pieuse admiration des Chrétiens n'implique nullement un culte public et autorisé par l'Eglise.
Au premier rang de ses élèves on voit figurer Benozzo fiozzcUi, qui continua fidèle^ ment la ligne tracée par son maître, et dont la gloire est inscrite sur les nuus da plus bel édifice de l'Italie, le Campo-Santo^ de Pise-; puis encore Gentile da Fabriano, le père deeette dynastie sublime des peintres de l'école^ d'Ombrie qui devait finir avec la défection de. Raphaël, en laissant à Tart chrétien^ comme pour le consolée^ Francia de Bologne. On peut ainsi regarder Fra Angelico comme la souche des trois grandes 'branc^s de l'école mystique, celle de 'Florence, d'Ombrie et de Bologne..
(907) Havemlo la sna religiene un traire auiorevole de poverr» douîBsimo di governo e timorato di Dio. (Vasaki.)
(968) Glt recela grazta lit)cr»iieiUe. (Vambi.) «
(969) Il a été canonisé par Adrien VI.
ii7û