‹ Dictionnaire d'esthétique chrétienne, ouChapitre 22 sur 168 · NS · texte numérisé non relu

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APOCALYPSE (Scènes de l'). Foy. Angbs.

APOTRES. Voy. Types, Amiens, Strasbourg.

ARCHITECTURE. Art de bâtir.

L'architecture est l'expression la plus vraie, la plus sensible des sociétés humaines. C'est sur ses pages de pierre que sont tracés en caractères ineffaçables les croyances, les mœurs, le çénie, la gloire et la décadence des peuples divers. Témoin fidèle des révolutions des empires, elle raconte aux aénérations qui se succèdent l'histoire des

f;énérations passées. Moins accessible que a peinture et les manuscrits aux injures du temps, elle conserve intact, à travers les siècles, le souvenir d'événements qui, sans elle, seraient restés ensevelis dans un étemel oubli. On ne saurait donc porter trop de respect aux monuments publics, surtout quant il s'agit de ceux qui furent érigés [lar

(131) Voir Rom. vni, 38. / Cor. iv, 9 ; xi, 10; Colou. u, 48. // Thess. i, 7. I Tim. ni, 46; v, SI; XIII, 1. Il Cor, 11, U; Cal, \, 8; m, 19; iv, 14. et les chap. i, u, \i et xniUe VEpiire <\uxHébreux,

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\« eYinslianisnie, véritable point de dénari des sociétés modernes. Comment nier rinfloence universelle de ce nouveau principe de dvilisation ? La transformation qu'il a opérée dans les arts , la littérature, la politique et la philosophie des nations eurojieeDnes, est tellement visible, que leur histoire, sous quelque rapport qu*on Tenvisage, se rattache nécessairement a celle de la religion, qui les prit au berceau de la barbarie et les éleva pneu à peu de Tétat d'enfance à rage de la virilité. Quel plus riche thème fut iamais offert b la plume de l'écrivain ou è reloauence de l'orateur, que l'action admirable de ce principe qui domine toute notre histoire 1 Cette donnée nous a valu les plus beaux livres écrits dans ces derniers temps. Elle est devenue nécessaire à tout écrivain qui veut sortir de cette ornière des préjugés aveugles que plusieurs siècles de haine et de calomnie contre le christianisme et son génie, avaient creusée de plus en plus large et profonde. Elle Test surtout pour quiconc|ue s'occupe de la philosophie de Tart chrétien. Les anciens avaient dit avec raison : Ab Jo* v€ prineipium. Ce principe qu'ils suivaient dans leurs théories, ne le perdons jamais de vue dans les nôtres. Avant de parler de lart chrétien, il faut nécessairement se ()réoccuper du principe chrétien qui l'inspire et le domine. A Chriêto frincipium ; tout est là. Tel a été aussi l'objet de notre deuxième dissertatiod préliminaire. Maintenant il ne s*agit nlus que d'appliquer les principes posés àcnacun des quatre grands arts libéraux. IVous commençons par l'architecture, qui fait le sujet de ce premier article.

Les conditions essentielles de cet art ne sont autres que celles que nous avons pré* cédement définies, en parlant de l'art en général ; c'est-à-dire , dans les détails, l'harmonie, la variété; dans l'ensemble, l'unité. Il faut y ajouter les conditions de convenance dans la distribution intérieure, dans le goût des ornements intérieurs et extérieurs , et principalement dans le caractère général du monument qui doit être facile à saisir et indiquer à première vue la destination à laquelle on a voulu le consacrer. Un monument quelconque n'est réellement beau qu'autant qu'il réunit toutes ces conditions d'harmonie , de convenance et d'unité. Les règles, sans doute, sont très-simples et paraissent de prime abord devoir être d'une lacile exécution. Et cependant , combien de fois D*ont- elles pas été violées plus ou moins ouvertement, surtout dans la construction de nos modernes édifices? La liste de ces constructions manquées , avortées , ne saurait trouver place dans cet ouvrage ; d'ailleurs» elle serait malheureusement beaucoup trop longue.

(132) Qoe diroDS-nouB de la découverte toute réeeme des raines de Nînive ? de ces teinpleB-palais dont la coDfttructloii remonte au delà de sept siècles avant notre ère, et qui eux-niéines iravaient flue remplace d^auires temples- palais érigés par les plus anciens rois d*A6syne, au moins unze ou douze ^18 ans avant Jésus-Cbrisl. Comme ces magnili*

Ce sont les monuments chrétiens, qui doivent fixer notre attention. Nous allons en étudier l'architecture au double point de vue de la pratique des règles éternelles et immuables du beau dans l'ordre naturel, qui lui est commune avec les monuments antiques, et de l'expression mystique qui lui est propre et qui constitue le beau dans l'orclre surnaturel. Pour mieux faire ressortir ces deux ))oints de ressemblance et de différence qui existent entre Tarchitecture chrétienne et l'architecture antique , nous allons d'abord tracer une esquisse rapide de celle-ci depuis l'origine de la civilisation jusque aux catacombes, premier point de départ de l'architecture chrétienne, dont la beauté nous apuaraltra toujours ancienne et toujours nouvelle, à travers les phases di* verses par lesquelles elle a passé. C'est d'ailleurs une chose des plus instructives» des plus intéressantes, esthétiquement parlant, que de mettre ainsi en regard l'expression des différents genres d'architecture des anciens , et celle tles grands monuments de l'architecture des chrétiens.

D'abord, Timmense plaine de Sennaar, théâtre des premiers grands travaqx que les hommes aient entrepris, nous offre les célèbres ruines de Babylone, et principalement le palais de Nemrod^ Tantique Babef, gigantesque terrasse de 2,083 pieds de tour et d'une hauteur de 50 à 200 pieds, de Toccident à Torient (132).

Ensuite, les rives du Gan^e et celles du Nil nous révèlent la plus ancienne architecture après celle des Babyloniens, dans ces immenses excavations souterraines, qui, eomme à Bahar, à Ellora, à Eléphantis et non loin de l'ancienne Thèbes, offrirent aux vivants un abri contre un soleil de feu, et aux morts des sépulcres aussi solides que les rocs, dans la profondeur desquels ils avaient été taillés. Plus tard, nous verrons ces peuples, à mesure ou'ils se répandront dans la plaine, occupés a élever sur la surface de la terre ces temples, ces sépulcres recelés jadis dans ses flancs. Les tours pyramidales de granit, sur le plateau du Dékan et dans les monts Gathes d'une part , et de l'autre, les célèbres pyramides de Chéops , de Chéphrem et de Mycerinus attestent cette transformation importante dans l'art et les mœurs de ces deux nations.

D'une autre côté, la Tartarie nous présente d'abord ses tentes en peaux de bètes, ensuite ses maisons, ses édifices en terre cuite, en faïence, en porcelaine. Indice certain d'un nouveau genre de vie chez ce peuple devenu sédentaire d'errant qu'il était.

Bien des siècles doivent s'écouler avant que nos voyageurs européens découvrent

ques débris d^in art aussi pandiose qu'original inleressent particulièrement a cause des admirables statuer qu ils nous ont révélées, nous nous en oc • cuperons spécialement au mot Sculpture» En auendnut, nous recommandons a nos lecteurs les Diitertations sur les monuments de A'fNtre,dcM.Lajurd, et de .HM. BoUa ci Flandin.

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dans les forêts du MoaYeftir-llMde é» rmues de vastes éciifiees, des inscriptions, qui offirent une analogie frappante avec celles des monuments indiens ou tartares; nouvelle preuve de ce grand fait d'une communauté d'ori)<ine parmi tous les habitants du globe, que 1 incrédulité moderne avait essayé de nier.

Non loin de l'Egypte, dans Tantique Idumée, aujourd'hui r Arabie Pétrée, nous admirons ces temples, ces palais étages en {paierie dans les flancs des montagnes, dont es ruines imposantes sont encore là pour attester l'accomplissement des prophéties.

Ecoutons Jéremie (c. xxix) : Lorgueil de votre cœur vota a séduits^ dit-il aux Iduméens descendants d'Esaû , vous qui habitez dans le creux des rochers y et qui tâchez de monter jusqu'au sommet des monts. Quand vous auriez élevé votre nid aussi haut que l'aigle , je ne votu en arracherais pas moins. Ce sont en effet, dit M. de Laborde, qui a visité cette contrée, des étages de marbre ou de granit superposés à [plusieurs rangs de colonnes, dont la physionomie gigantesque étonne l'œil par son caractère (f audace et de fierté. Les maghifiques ruines de Palmyre, les pylônes et les propylées de l'Egypte, s'effa* cent, malgré leur renom, devant un tel aspect.

La Grèce nous montre d'abord les ruines cyclopéennes de ses édifices pélasgiaues, monuments d'une époque et d'une école bien différentes de celles de Périclès, et qui offrent dans leur style et dans leur caractère une ressemblance frappante avec les constructions étrusques érigées vers le même temps. Mais l'art grec, tiansforméplus tard par les Hellènes, aprè3 la conquête d'Egine, nous a laissé des restes non moins importants de cette deuxième époque dans les fameuses statues éginétiçiues découvertes en 1811, par de jeunes artistes allemands, et devenues aujourd'hui un des principaux ornements du musée de Munich (133). Ceux qui les ont étudiées avouent y avoir découvert le cachet d'une beauté mAIe et d'un faire qui rappelle le caractère expressif dans sa rudesse, énergique et grandiose dans sa simplicité, de Tart assyrien ou d'origine assvrienne. Cette seconde période architecturale de la Grèce, nous montre d'abord l'ordre dorique dont les membres principaux furent empruntés à la cabane de bois, son type primitif, type sévère, qui indique les mœurs austères qui président ordinairement au berceau des nations. A mesure que ces mœurs deviendront plus polies ou plus corrompues, la molle lonie nous présentera

(133) Ces stsiues, de marbre et de 5 pieds environ de hauteur, décoraient le fronton du in.*igttifique temple de Minerve, élevé dans Tlle d'Ëgine, vers Tannée 519 avant notre ère. Au centre paraissait Minerve, debout avec le casque, le bouclier et la lance. Acquises par le roi de Bavière , elles furent restaurées à Home par le célèbre statu:.ire Thornwalsen, et placées dons la glyptolhèque de Munich, oà ou les admire encore aujourd'hui, c Le coriM

sa fOittIa cicMfiter bée, et Corinthe étalera son chaf litemi soalpté en feuilles d'acanthe. Enfin, arrivés à cette troisième période de l'architecture grecque, nous voyons l'Acropolis, le Parthénon , lo temple de Thésée et tant d'autres admirables monuments se dessiner avec leurs lignes si

fmres sous un ciel plus pur encore, et rêvé* er aux générations futures ce goût exquis pour la beauté de la forme, que la nature avait si libéralement départi aux anciens en* fants de la Grèce.

Les Romains font la conquête de ce p^ys célèbre. L'art grec survit a leur victoire; mais ce peuple de géants l'élève à la hauteur de sa taille et l'adapte à la largeur do son horizon. Il lui imprime ce cachet de solidité et de grandeur Qu'il imprimait à toutes ses œuvres. 11 le façonne, le dévelop|ie, le transforme à sa manière dans Té* rection de ses temples, de ses bains, de sea aqueducs, de ses arcs triomphaux, qu'il érige avec une profusion incroyable sur la vaste surface de son empire. Qui de nous n'en a pas admiré la majesté, la hardiesse et l'indestructible solidité dans les antiques villes d'Orange, de Nîmes, d'Arles l'impérialet comme dans celles de Saintes, de Sens ou d'Âutun, surnommée la sœur et l'émule de Rome, soror et œmula Romœ? Nous ne parlons pas ici de la basilique romaine qui trouvera sa place bientôt.

Un élément nouveau, sinon comme découverte, au moins comme application sys* tématique et universelle, la voûte, devient le caractère distinctif de l'architecture ro* maine. Plus tard , l'architecture chrétienne s'en emparera pour l'approprier merveilleusement à la structure de ses temples, en leur communiquant j parla suppression de l'architrave, cette physionomie qui les distingue des autres édifices.

Nous ne saurions termitier ces quelques lignes consacrées à l'art des Romains, sans citer au moins les merveilles architecturales de Palmyre, auxquelles ils eurent autant de part que la reine Zénobie, et les ruines magnifiques du temple que les Antonin érigèrent en l'honneur du Soleil dans la ville syrienne de Balbek.

Sans doute, les chefs-d'œuvre de styles si divers d'architecture, dont nous venons de tracer la rapide esquisse, se recommandent tous indistinctement par les qualités essentielles du beau qui sont l'unité dans Tensemble, l'harmonie et la variété dans les détails. Mais, en outre, chacun a le genre d'expression qui est propre au style architectural d'après lequel | il a été conçu et exécuté. Or, quelle étonnante variété d*ex-

des guerriers appartient à Tari le plus pur; Texpression trop naïve du visage et rarrangement de la chevelure sont un sacriflce fait à la tradition, > dit M. About, dans un récent Mémoire sur EginOt envoyé par cet élève de Pécole françaiss d*Aibèiies et par son condisciple M. Victor Guérm à racadémie des Inscriptions et Belles-Lettre ; nous revien» drons sur ce Mémoire, à rarticle Sculpture.

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fyression et de caractère dans ces types ar« chiteciuraux que Tbistoire de cent peuples divers, d*accord avec les monuments et les descriptions qui nous en sont restées, déroule a nos yeux. Elle est aussi grande, cette variété, que celle des mœurs, des coutumes, des institutions nationales dont Tarchiteclure n*est que le reflet. Et c'est là une con* dition de beauté qui consiste dans l'harmooie du caractère moral d*un })euple avec celui de ses monuments, harmonie bien plus sensible dans Fart des anciens c^ue dans celui des modernes, abstraction faite des neuves qui ont osé être franchement catholiques dans les beaux-arts, comme dans les croyances et les pratiques de leur culte. Parmi ceui-ci, de même C[ue parmi les anciens, c'est la religion qui a joué le grand, pour ne pas dire 1 unique rôle, dans Part et dans la société. Mais Tart chrétien, admirable comme Tart ancien, dans la prodigieuse variété de ses types divers et même dans ceUe non moins étonnante des motifs de chacun de ces types en particulier, Ta été encore plus par le caractère toujours mystique, toujours surnaturel, des temples qu'il a conçus et élevés au vrai Dieu. C'est ce qu'il nous sera facile de voir dans les trois grandes divisions] de l'architecture

chrétienne que nous allons parcourir» et que nous donnent les styles Basilieal ou latin. Roman ou le ^plein cintre^ Ogival ou rare aigu. ( Voir ces trois mots^ après celui de Catacombes*)

ARCS-BOUTANTS. Voy. Roman.

AREZZO (Gui d'). Célèbre didacticien de musique (x* siècle). Voy. Modes, Tonalité.

ARLES. (Eglise Sainte Trophimb. CloI- TRE.) Foy. Sculpture.

ARTS LIBÉRAUX et occupations mensuelles. Voy. Reims.

ASSOMPTION. Analyse du chfint de la messe de celte solennité. Foy. Modes bcclAsiastiques.

ASSYRIE. Etat avancé de ce peuple dani la civilisation. Foy. Statuaire,

AUGUSTIN (Saint). Voy. Coant LiTca-

GIQUE.

AURÉLIENdeReomée. Auteur d'un Traité de musique, Voy. Tonalité.

AUTEL. Voy. Catacombes, Roman.

AYE REGINA COELORUM. Caractère do cette Antienne. Foy. Modes ecclAsiastiques.

AVIGNON. Manuscrits de chant, de la bibliothèque de cette ville. Voy. Manuscrits.

AZUR. Couleur symbolique. Foy. Couleurs.

BACH ( Jban-^»astibn). Célèbre compositeur et organiste 9 né à Êisenach en 1685. foy. Musique.

BARNABA. Né en Toscane et mort en IIM, le plus ancien peintre connu, parmi ceux du moyen Age, après André Rico. Voy. Peinture..

BARTHOLOHEO (Fra). Peintre italien.

Foy. Peinture.

BASILE (Saint). Son opinion sur les anges. Voy. Anges.

BASILIQUES. Les Chrétiens ayant été rendus à la liberté par la conversion de Constantin, songèrent à substituer des temples aux catacombes où, pendant trois siècles, ils avaient dérobé leur culte aux investigations de leurs persécuteurs. Dans certaines villes ils choisirent, à cette fin, des temples païens déjà abandonnés ou affectés è cette destination par les édits des empereurs. Mais dans la plupart des cités ils témoignèrent de la répugnance à faire servir aux cérémonies de leur religion les édifices jadis consacrés au culte impur du paganisme, sans parler d'autres considérations de convenance lilurgiuue dont il sera question plus lifis. Ils s'attachèrent de préférence aux basiliques où se rendait ordinairement la justice et où se traitaient les affaires de commerce. C'est ainsi que plusieurs de ces édifices furent bientôt convertis en églises ou servirent de modèle à celles qu'on voulait bâtir, non sans avoir subi, au préalable, des modificatioos inspirées par le génie chrétien et par les nécessités du service divin,

modifications qui se développèrent sous l'influence de cette double cause et finirent par constituer pour l'architecture des églises chrétiennes un type universel qui n'a cessé d'être plus ou moins suivi jusqu'à nos jours.

Or, ces basiliques consistaient en une vaste enceinte formant un carré long terminé en hémicycle ou demi-cercle, couverte d'une charpente toute unie, ayant des galeries ou bas-côtés surmontés ordinairement de tribunes. Bientôt, sous l'empire des idées mystiques qui devaient exercer une si grande influence sur les constructions religieuses, ou voulut donner à la basilique chrétienne la forme d'une croix, en allongeant les deux extrémités de la nef transversale qui séparait l'hémicycle des trois ou des cinq nefs. En môme temps les plates-bandes qui formaient les entre-colonnements furent converties en arceaux cintrés. Ce système de voûtes ne tarda pas à remplacer en plusieurs lieux les lambris qui couvraient rédifice, auquel il prêta ainsi un caractère plus sévère, plus solennel. Avec ces modifications et plusieurs autres que nous indiquerons plus bas, la basilique romaine devint, au moins quant à ses dispositions Principales, le type obligé de toutes les églises importantes qui devaient être érigées dans la chrétienté. Les plus anciennes furent bAlies à Rome par rem)>ereur Constantin. De ce nombre était la basilique de saint Jean de Latran, cathédrale de Rome, mère et maîtresse de toutes les églises, réédifiée à plusieurs reprises, comme nous

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Texposerons eu son lieu ; celle de Saint- Paul hors les Murs, dévorée (l'abside et le Îrand portail exceptés) par un incendie en K23, et maintenant presque rétablie sur le pian primitif; enfin, celle de Saint-Pierre sur le mont Vatican, démolie au xvi* siècle et remplacée par la nouvelle basilique du même nom.

On voit par le simple exposé qui précède quel intérêt puissant s'attache^ même au seul point de vue de la pure esthétique, k la description des basiliques, et de celtes de Rome en particulier. Ces temples augustes, dont plusieurs, tels que Saint-Laurent hors les Murs, Sainte-Marie-Majeure, subsistent encore dans leur forme antique, fourniraient è robservateur chrétien un sujet. inépuisable d'études et de réflexions. Par leurs sites respectifs qui se marient si heureusement aux grandes lignes de Tborizon romain, parleur destination si opposée à'cel^ des édifices sur les ruines desquels elles ont été élevées, par le mélange de souvenirs païens et de souvenirs chrétiens qu*elles rappellent nécessairement à l'imagination de l'observateur attentif, elles offrent, à un très-haut degré, ces contrastes et ces harmonies dont la réunion forme un des principaux éléments du beau dans l'art, et principalement dans l'art chrétien. On les voit, comme on les voyait, il y a quinze cents ans, s'élever de distance en distance autour de la ville éternelle qu'elles entourent comme d'une ceinture de gloire et de protection. Elles sont disséminées au dehors de la cité sainte, parce qu elles reposent toutes sur les ossements des apdtres ou des martyrs, à l'endroit où ils répandirent leur sang [extra portam passi iunt) ou bien aux lieux où ils furent ensevelis. Elles reposent pour la plupart sur les débris des monuments les plus célèbres du paganisme, et tandis que , par exemple, la basilique de Saint-Pierre écrase de tout son poids les restes des jardins et du cirque de Néron, elle porte jusqu'aux nues sur son dôme majestueux cette croix, ignominie aux yeux des gentils, mais aux yeux des chrétiens répandus actuellement dans tout l'uniyers, la vertu, la sagesse de Dieu, Tinstrument de la régénération du monde. C'est ainsi que la Home nouvelle, comme le monde nouveau dont elle reste toujours la capitale, est la Home ancienne complètement retournée. Les mystères saints qu'elle célébrait jadis furtivement dans les catacombes se sont étalés au grand jour dans des temples splendides , élevés par enchantement autour de sa vaste enceinte, tandis que les statues des dieux et des césars qui dominaient autrefois cette fière cité, sont descendues de leurs colonnes et de leurs temples maintenant abandonnés, pour s'enseyelir éterjiellement dans les ruines et la poussière: Deposuit potentes de sede et exat^ tavit humiles. {Luc. i, 52.)

Si les Romains du siècle d'Auguste reparaissaient aujourd'hui dans leur antique capitale, de quel étonneifient ne seraient-ils

pas saisis, témoins d'un tel bouleversement dans ses édifices, et d'un tel contraste entre les anciennes et les nouvelles pratiques religieuses de ses habitants? Leur surprise serait grande, surtout à la vue des basiliques chrétiennes et des rites mystérieux qui ont lieu dans leur enceinte. Mais notre étonnement ne doit-il pas être plus grand encore, lorsqu*avec le flambeau de la foi nous envisageons un contraste aussi extraordinaire?

Quand on se figure en effet que dans ces temples magnifiques, qui surpassent en richesse et en étendue tous ceux de la gentilité, on a vu depuis quatorze cents ans les souverains pontifes successeurs d'Aaron, vicaires de Jésus-Christ, olficier dans tout l'éclat de leur dignité suprême, on a entendu jadis les homélies éloquentes'des saint Grégoire, des saint Léon, on a assisté à ces conciles célèbres où se débattirent les plus grands intérêts du monde chrétien; quand on pense à Tantiquité et à 1 illustration des chapitres qui desservent ces basiliques, aux cérémonies imposantes qui s'y déploient dans lès grandes solennités, aux chants harmonieux dont elles ne cessent de retentir; quand on les considère en un mot comme les types les plus anciens, les plus vénérables de l'art chrétien, envisagé sous ses divers aspects, on se demande s'il existe dans l'univers catholique des temples dont l'histoire et la description offrent un plus haut degré d'intérêt ? Aussi, les papes, nou contents de les avoir entretenus ou restaurés magnifiquement, ont voulu qu'ils fussent longuement décrits et splendidement figurés, il n'est pas une des sept basiliques de Rome, qui n'ait sa monographie spéciale, et même chacune des principales d*entre elles en possède plusieurs, enrichies de savantes recherches et ornées de superbes gravures. Je citerai, entre autres, le grand ouvrage de Paul de Angelis, chanoine de Sainte-Marie -Majeure, et un autre tout récent et des plus remarquables (format in-* folio), intitulé : Le quattre jMrincipali Boêiliche di Roma^ par Valentini.

Ce serait une erreur de penser que les basiliques primitives furent comme l'enfance de l'art chrétien. Nous espérons établir bientôt qu'elles furent dès le principe de parfaits modèles de nos temples chrétiens, autant sous le rapport de la distribution matérielle, que sous celui de l'expression religieuse qui doit en résulter, ou, (pour me servir d'un langage mieux en rapport avec le but de ce Dictionnaire) autant sous le rapport de la symétrie, de l'harmonie et des convenances architecturales, que sous celui du caractère mystique, symbolique qui convient aux édifices consacrés au culte liturgique. Or, ainsi que nous l'avons déjà fait remarquer, c'est dans la réunion de ces deux conditions que consiste la beauté, soit matérielle, soit spirituelle de nos temples saints qui furent construits dans l'un des trois grands stvles qui se sont succédé, c'est-k-dire, le style latin ou basilical, le style romain et le style ogi-

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TaU Sans doute ces trois grands stj'Ies chrétiens se distinguent Jes uns des autres par des différences qui ne sont ni insignifiantes, ni peu nombreuses. Toutefois, malgré ces variantes obligées que nous étudions avec soin, ils offrent des traits frappants d^une ressemblance générale quant a Tensemble de leur distribution et auant à la nature de Fimpression qu'ils proauisent. Et, pour commencer par les basiliques, nous diviserons cette importante matière en quatre parties principales. Dans la première, nous donnerons, d*aprè5! lesauteurs les plus compétents, le véritable sens de ce mot basilique ei nous énumérerons toutes celles qui existaient à Rome avant les persécutions. Dans la seconde, nous examinerons les motifs qui portèrent les chrétiens du ir* siècle à adopter la basilique latine comme type de leurs temples sacrés. Dans la troisième, nous raconterons sommairement l'histoire de la ftindation des principales basiliques chrétiennes de Rome. Dans la quatrième enfin, nous nous attacherons particulièrement à la description esthétique de quelques-unes des principales églises actuelles de Rome, telles que Sainte-Marie-Majeure , Sainte Agnès et Saiot-Paul hors les Murs, qui ont le mieux conservé la distribution et le caractère des anciennes basiliques, ce qui ne nous empêchera point de fiiire des excurs onsdans certaines autres villes d'ltalie,aui I ossédentt comme celle de Pise, par exem pie, des cathédrales du genre basilical dignes de toute notre admiration. Mais la forme de Dictionnaire que nous avons choisie pour cet ouvrage « nous forçant nécessairement a restreindre le présent article à ce que nous avons à dire des basiliques en général, nous distribuerons les deux autres parties selon J*ordredes lettres alphabétiques auxquelles eorrespondent les noms des basiliques ^que nous devons décrire.

Pénétré de la haute importance que présentent Thistoire et la description de ces célèbres églises, je n'ai rien néeligé pour me procurer les documents qui Tes concernent. Non content de les avoir étudiées sur les lieux, j'ai recherché et compulsé dans plusieurs grandes bibliothèques tous les ouvrages qui pouvaient m'éclairer sur un des sujets les plus riches, les plus intéressants dont un esthéticien ait à s'occuper. J'ai trouvé des autorités plus que suffisantes [)our étayer mes jugements et mes observations de preuves et de témoignages irrécusables. J'avoue même que les fatigues que m'ont occasionnées ces recherches, ont été plus que compensées par le charme que j'ai trouvé à parcourir les documents anciens et modernes qui se rattachent aux types primitifs de l'art chrétien.

PRBHiiRB PARTIE. — Définition de la basilique* — Enumération de cellee qui exis^ talent à Rome à la fin des persécutions.

Le mot basilique, dérivé du grec^ Ba<rc- Iccov, signifie , demeure royale. C'e>t le sens que lui donne Isidore, archevêque de Séville, dans son v* livre Des origines, lorsque, rapprochant l'ancienne destination de ces édifices de celle qu'ils avaient reçue plus tard du christianisme, il s'exprime en ces termes : « On appelait d'abord basiliques les demeures des rois, d'où leur vient le nom qu'elles portent; maintenant on appelle de ce nom les temples, demeures du vrai Dieu, parce auec'est dans leur enceinte u'on offre un culte et des sacrifices au Roi es rois, au Dieu de l'univers (134). d

Il paraît que les Romains n'inventèrent pas la basilique, et qu'ils n'apprirent à connaître ce genre de monument qu'après leur guerre avec Philippe de Macédoine et le roi â'£pire. Il est à remarquer, en effet, que le sens de ce mot qui exprime l'idée de demeure royale, indique que ces sortes de constructions tiraient leur origine d'un pays où commandait un roi. C'est le sentiment de M« Ramée, dans son excellent Manuel d'ar^ chiteeture générale^ tome 11, page 28 et 20.

On sait que primitivement les rois avaient coutume de rendre la justice dans une des salles de leur palais. Lorsqu'ils eurent fait construire plus tard des édifices séparés où les juges exerçaient ce droit en leur nom, celui de basilique ou do êalle royalt fut conservé à ces édificeset finit même parleur être exclusivement consacré. Ces basiliques, d'abord spécialement réservées aux ma^gistrats, eurent ensuite une autre destination* par la faculté accordée aux négociants et banquiers d'y traiter leurs affaires de commerce. Cette double destination de la basilique était déjà un fait établi sous lempereur Auguste, comme le prouve la définition que donne Vitruve, dans un passage du v* livre (chapitre 1") de son Traité d'architee^ ture^ ainsi conçu : « Les basiliques sont des édifices destinés au commerce et contigus aux places publiques, dans lesquels, en biver surtout, ont lieu les nlaidoiries et les réunions des magistrats (lo5}. »

Dans le nombre, il y en avait qui n'étaient destinées qu'aux juges, tribuns ou centumvirs; d'autres, qui ne Tétaient qu'aux négociants et aux banquiers; d'autres enfin qui ne l'étaient qu'à l'une de ces deux dernières professions. C'est des premières qu'il est pobablement question dans ce passage de la 21' lettre de Pline :« J'étais descendu dans la basilique Julia, pour savoir ce que Tavais à répondre à la prochaine audience ; les juges étaient assis sur leurs sièges (136). » C'est

(134) Basilicœ prius tocabaniur regum hotnlacul»^ Mnde et ttomen habeni; uunc tamen idco basUtcœ di» ma templa nominantur, quia ibi Régi regum omnium Deo cuUus ei sacrificium offerunlur.

(135) Loca tfenialium rerum foris conjuncta, in

DlCTlOTIN. D*ESTnÉTIQVE.

^ttt^iu, hieme potistimum^ publicœ concionet et negv' ciantium conventus habebantur,

(136) Oescenderam in basilicam JuUam anditurui quid proxima compertndinatione respondere debcam : iedebant judiccs,

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des secondes qu*il s'agit dans ]a lettre du poëte Ausonne a Gratien, où Ton voit ce qui suit : « Les basiliques, qui autrefois étaient pleines d'affaires de commerce, ne retentissent plus maintenant que des vœui formés pour votre conservation (137). »

Enfin, les basiligues exclusivement réservées aux banquiers et agents de change, étaient appelées pour cette raison argentaires, argentariœ. C'était dans ces dernières qu'au rapport de Quintilien (De inslitutione oratoria^ lib. xii, cap. S), les écoliers allaient se livrer à l'exercice de la déclamation^ pour se faire connaître et avoir un plus grand nombre d'auditeurs.

On vit même de simples particuliers construire à leurs frais de somptueuses basiliques, comme il résulte de ce passage d'une lettre de Cicéron à Alticus (liv. iv) ; « Le citoyen Paulus a fait ériger lui-même dans le Furum un édifice presque comparable à une basilique, par les colonnes antiques dont il est orné;» el cet autre passage plus explicite de la 18* lettre de saint Jérôme à Marcelle : « C'est là (à Rome) qu'on peut voir des basiliques de simples particuliers aussi belles que des palais (138).» Cette particularité ne nous étonnera point, si nous nous rappelons l'opulence labuleuse de certains citoyens romains.

Nous lisons dans le xu* livre de YJnêtUution oratoire de Quintilien un passage fort curieux, touchant les basiliques considérées comme trib anaux, où 1 on rendait la justice. 11 s'agit d'un célèbre avocat nommé Trimalchus, dont la voix retentissante couvrait toutes les autres, même dans les salles les plus spacieuses. Voici comment Quintilien s'exprime au sujet de cet orateur : « Je me' souviens que plaidant un jour devant l'un des quatre tribunaux qui se tiennent, selon l'usage, dans la basilique Julia, au milieu des clameurs dont retentissait tonte la salle, il se fit entendre et comprendre, et même (ce qui fut tout à fait humiliant pour les avocats qui plaidaient devant les trois autres tribunaux), il fut applaudi par tous les quatre à la fois. Mais c'est un vœu que je fais, et une aussi heureuse nature est bien rare (139). » (Traduction de M. Nisard.)

Il est facile, d'après ce passage, de se figurer l'immensité de certaines basiliques, dans lesquelles quatre tribunaux pouvaient siéger à la fois sans se gêner, nonobstant les clameurs des avocats et le bruit de la multitude qui assistait à ces séances. On se demande comment ces divers tribunaux pouvaient ainsi siéger simultanément dans la même salle ?

Il est probable qu'ils étaient tous sur la même ligne, à l'extrémité de la basilique.

(137) Boêilicœ olim negotiis plenœ^ nune votis, votî»que pro tua salute suiceptis.

^158) Ubi instar palatii^ privatorum iMiructœ 6atilicœ ut mli$ corpusculum hominis pretioshu tnant' buktf et ^uaii modo aui$quam»po$$it ornatiuê^ tecta jsa maffti telirU impicere quam cmlum.

Je m'explique. Les basiliques se divisaient, dans leur longueur, en trois ou cinq allées, dont la médiane était toujours la principale par sa hauteur. Ces allées aboutissaient è ' une galeriç^ transversale, qui s'arrondissait toujours eh demi-cercle devant l'allée principale et quelquefois aussi devant chacune des allées latérales. Or, lorsque cette dernière disposition avait lieu, chacune des allées ayant en face, dans toute sa longueur, un hémicycle ou abside, comme ralTée du milieu, on conçoit la possibilité d'établi? un tribunal dans chacun de ces hémicvcies, et d'en faire siéger trois, quatre, cinq a la fois, selon le nombre des allées et des hémicycles qui leur correspondaient.

Nous ferons remarquer, en passant, que dans les basiliques à un seul tribunal, les jurisconsultes, et, selon l'occurrence, les agents se tenaient dans le transsept, autour de l'abside centrale, les uns, pour répondre à leurs clients touchant certaines questions de droit, les autres pour négocier les transactions commerciales. Mais dans les basiliques qui réunissaient à la fois plusieurs tribunaux de justice, on avait pratiqué à chacune des extrémités du transept ou galerie transversale, des cabinets particuliers, qu'on croit être les calcbidiques dont parle Vitruve , et qui étaient destinés aux jurisconsultes et aux agents de commerce. C'est à ces sortes de cabinets que Cicéron fait allusion, dans sa ik* lettre à Atticus.

Pline nous apprend, dans son vi* livre» qu'on comptait à Rome jusqu'à dix-huit basiliçiues. En voici la liste par ordre alphabétique, tirée du grand dictionnaire de Moréri : je n'en ai trouvé nulle part d'aussi complète. J'y ajoute, autant que laire se peut» les dates de leur fondation, qui manquent dans le grand dictionnaire historique.

BAsaïQUB Alexaudrine, bAtic par Alexandre Sévère, près du Champ de Mars.

Basilique Antoniennë, érigée par Temjtereur Antonin , dans le neuvième quartier de Rome.

Basilique Argentaire , Argentaria^ parce u'on y vendait toutes sortes de vases ou e bijoux d'or et d'argent.

Basilique de Caius et Julius, bâtie par Auguste.

Basilique de Fulvib, érigée par le consul Paulus , d'autres disent par Marcus Fulvius Nobilior, 119 ans avant Jésus-Christ.

Basiuque JuLiA (une des plus célèbres), b&tie par Auguste proche le temple de Jules César, en l'an 29 avant Jésus-Christ.

Basiuque Martianne, bAtiepar la sœur de Vempereur Trajan, dans Je neuvième quartier de Rome.

Basilique de Neptune , bAtie par Abas-

(139) Certêcuminbasilica Jutia diceret primo Irtbunali^quatuor autem judicia, ul moris est, agerentur^ atque omnia clamoribue fremerent^ ut auditum et tntellectum, et quod agentibui eœterii, eontumelioeisêimum fuit^ laudatum quoque in quatuor tribunûlUme numim; $ed hoc votum est et rara feticitoê.

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D'ESTHETIQUE CHRETIENNE.

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caote^ aStanehi d'Auguste, proche du cirque de Flaminius..

B4S1UQUB Opiimb, coustruite en l*an 21 aTant Jésus-Christ, par le consul Opimius, dans la grande place publique.

Basiuque Pauli!«e, bAtie par Paul-Emile.

Basilique de Pompée.

Basilique PoRCiA^bÂtie parMarcus Porcius Caton» pendant sa censure.

Basilique Sehpronla^ b&tie par le censeur Tibérius Sempronius, en l^n 169 ayant Jésus-Christ, près du grand cirque.

Basujque de SiciNius, depuis convertie en basilique chrétienne.

Total , quinze basiliques, auxquelles il faut joindre les trois que Titus érigea sur le Forum, ce qui donne les dii-huit^basiliques dont il est question dans la lettre de Pline, sans compter celle que Domitien érigea plus tard sur le mont Palatin.

Je ne parle pas des basiliques privées,

3ui paraissent avoir été fort nombreuses ans Rome, et parmi lesquelles il faut comprendre la célèbre basilique Latérane , qui dépendait du palais du sénateur Lateranus, contemporain de Néron, et qui, transformée en église par Constantin , devint la cathédrale,, de Rome et de tout l'univers chrétien.

Ainsi, depuis Térection de la première basilique bar Marcus Porcius Caton, en Tan 20b avant Jésus- Christ, jusqu'au règiie de Domitien, c'est-à-dire pendant trois cents ans environ, ces édifices ne cessèrent de se multiplier à Rome. On en construisit aussi un grand nombre dans les provinces.

Les Chrétiens eurent donc devant les veui , au sortir des persécutions , de nombreux modèles pour Ja construction de leurs temples. Mais pourquoi s'attacbèrent-ils de préférence à Pimitation de la basilique ? Pour deux raisons principales que nous allons examiner dans une deuxième partie.

DEUXlàME partie

Pourquoi les premiers chrétiens rendus à la liberté adoptèrent-ils la forme basilicale dans rarchilecture de leurs temples ?

Ce fut : 1" A cause des convenances de

f»liis d*un genre que leur offrait , quant à 'esprit et quant à la forme de leur culte, la structure tant extérieure qu'intérieure des basiliques; 2* A cause de la facilité avec laquelle cette structure basilicale se prétait à ridée symbolique, qui commençait déjà à jouer un grand rôle, dans la coniiguratiou extérieure et dans la distribution intérieure de nos temples sacrés. 11 est facile de voir que de ces deux considérations, Tune touche à l'esthétique humaine ou à la théorie du beau, dans Tordre naturel, et r«iutre, à l'esthétique chrétienne ou à la théorie du q beau dans l'ordre surnaturel ou divin. Nous d allons ïes développer successivement.

Qu'était-ce que la basilique? C'était un bâtiment public construit superbement, où he rendait la justice et où se traitaient les affaires, à couvert, à la différence du Forum, qui était une place publiaue exposée è l'air.

Extérieurement, elle avait la forme d'un grand carré long, avec un simple mur d'enceinte dépourvu de colonnes, et dont la surface entièrement lisse n'était coupée que par de simples fenêtres cintrées. Celait pour l'intérieur au'on réservait les superbes colonnes, les riches dorures, les lambris somptueux, à la différence des temples qui, affectant un grand luxe de colonnes et d ornements à l'extérieur, étaient intérieurement d'une grande simplicité. Ce contraste de la basilique avec le temple s'explique facilement par la différence de leur dotination respective. C'était dans la basilique que ie peuple se réunissait pour assister aux débats judiciaires ou y traiter de ses affaires, tandis qu'il se tenait hors du temple pendant les cérémonies du sacriflce. C'est pourquoi la basilique, d'une si pauvre apparence à l'extérieur, était plusvaste, plus riche, plus ornée à l'intérieur; au lieu que le temple n'ayant qu'une ce//a ou enceinte fortétroite^ mais toujours suffisante pour les prêtres et (Quelques privilégiés , offrait à la foule qui 1 entourait des portiques spacieux à plusieurs rangs de colonnes et embellis de tou-' tes les magniGcences de l'art.

Cette différence radicale entre l'intérieur des temples et celui des basiliques aurait suffi pour décider les chrétiens en faveur de ces dernières, à cause de leur éloignement pour tout ce qui {)Ouvait leur rappeler la forme des sanctuaires du vice et de Terreur. Mais une autre considération non moins puissante à leurs yeux, c'est gue l'extérieur de la basilique leur rappelait par sa simplicité , Tépoque douloureuse et chère à leur piété, ou ils étaient obligés d'envelopper leurs cérémonies saintes du voile des ténèbres et de la pauvreté. Aussi les voyons* nous, longtemps après les persécutions, conserver à leurs plus belles basiliques cette enveloppe jjrossière, comme on peut le voir encore à Samt-Paul hors les Murs, dont l'extérieur si nu, si délabré, contraste si étonnamment avec la magnificence de l'intérieur. Mais pour la décoration de l'enceinte sacrée ils n'avaient pas assez de marbre, de granit, de porphyre, d'or et de pierres précieuses ; car c'était là que devaient s'accomplir, sous les yeux d'un peuple immense de fidèles, les rites les plus augustes, les plus imposants. En effet, dès lors que les conditions du culte étaient totalement changées, il fallait bien aussi que les édifices du culte revêtissent une forme différente. C'est ainsi que par une métarinophose inévitable, les temples chrétiens présentaient l'image de temples païens retournés. Ce contraste était plus que de convenance ; il était et il est encore, aujourd'hui que les mêmes motifs "ui l'ont amené existent comme autrefois, ^'une nécessité absolue. Aussi, vovez Ja triste et grimaçante figure de nos églises modernes calquées plus ou moins sur le temple grec I On a beau y prodiguer le marbre et les statues; on a beau multiplier dans leur enceinte les neintures, les fresques, les caissons dorés ; le simple fidèle, avecson

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Sros bon seos^ ou plutôt avec ee sentiment es coifivenances liturgiques qui le dirige à son insu, ne*peut y reconnaître la maison de son Dieu. II dit : «Cela est bien riche, mais ce n'est pas une église; je ne saurais y {M*ier. j»

Tels furent les principaux motifs de convenance qui portèrent les premiers architectes chrétiens à imiter la forme extérieure des basiliques. Mais la disposition intérieure de ces monuments leur offrait des convenances plus grandes encore, au point de vue du culte nouveau. Quelle était, en effet, cette disposition intérieure t Nous Tavons déjà indiqué. En avant de la basilique régnait un porche plus ou moins développé, mais tellement Hé avec le bâtiment que, vu du dehor.s, H ne pouvait en être distingué. Le corps principal deTédiBce, défigure oblongue-, se divisait en trois , quelquefois en cinq allées, séparées par des colonnes et couvertes par des lambris. L'allée du milieu était la plus large et la plus haute , parce qu'elle avait une seconde galerie servant de tribune, et dont les colonnes ou pilastres supportaient le grand lambris, comme on le voit encore aujourd'hui à Sainte-Marie-Majeure. Les deux allées latérales étaient moins hautes et moins larges. Ces trois allées aboutissaient à une galerie transversale, nommée pour cette raison transsept^ plus haute de quelques marche et réservée aux avocats et aux autres gens de loi. Ce transsept s'arrondissait en forme de tête de niche <)u de coquille , dans toute la lareeur de Tallée du milieu. En ^rec, cette niche s'appelait àt^tf, et en latin /nfrunal, parce que c'était là que siégeaient, entourés de leurs assesseurs, les tribuns et les autres magistrats chargés de rendre la justice. C'est de là qu'est venu le nom dé tribune, appliqué fréquemment, dans les premiers siècles, au rond-point de nos églises. C'est de là au'esl venu aussi le nom de tribunal, donné a nos palais de justice et à nos sisilles d^aodience en particulier. Par une coïncidence remar-

Suanle, et qui n*est pas sans doute l'effet u hasard, ces salles se terminent encore aujourd'hui, comme les anciennes basiliques, comme une abside ou demi-cercle, en forme de coquille, destinée aux magistrats. U est facile de voir combien cette ordondonnance intérieure de la basilique romaine se prêtait aux ordonnances du nouveau culte chrétien. D'abord le porche ou vestibule était naturellement la place des catéchumènes et des pénitents , qui ne devaient obtenir le droit d entrer dans l'église que par le baptême ou l'absolution. Les deux nefs latérales facilitaient la séparation , alors jugée nécessaire, des hommes d'avec les

(159*) Voici ( textaellement ) ce que nous Usons «ans les Constitutions apoitoliqws , qui , si elles ne remontent aux apôti'es , sont certainement Tun des phis anciens monuments du christianisme : c Avant tout , rédlfice sera long en forme de vaisseau , et tourné vers rOrieni, ayant de chaque c6té, dans la même direction, un appartement contigu. Au milieu siéa:era révéque ayant de part et d'autre les slgccs

femmes. Dans la grande nef, on pouvait réserver une place considérable pour les chantres et les clercs minorés, ainsi que dans les ambons et jubés, du haut desquels l'évéque prononçait ses homélies et le diacre lisait à naute voix les Ecritures. Entre cette partie du chœur et l'abside, l'autel trouvait convenablement sa place, d'autant mieux

2ue , établi au milieu du transept qui était levé de plusieurs marches, il dotninaît ainsi l'édiQce tout entier. Derrière l'autel et au centre de l'abside, à la place du magis* trat et de ses assesseurs, devait siéger l'évAque, entouré de prêtres, formant son presby-^ terium, qui ne le quittait cas, et qui fut l'o-^ rigine primitive des chapitres , comme on peut s'en convaincre par la lecture des canonistes qui ont traité cette question. Cette place était d'autant plus convenable à l'évoque qu'elle lui permettait mieux au'aucune autre de remplir les fonctions dlntendant, de surveillant, exprimées par le mot ^rec lirtcrxoTToc, saus qu'il fut gêné comme il l'est aujourd'hui par le maître-autel, qui alors était une simple table de marbre, recouvrant le corps ou les reliques d'un martyr.

Tels furent les principaux rapports de convenance que les premiers architectes chrétiens observèrent entre l'ordonnance extérieure et intérieure de la basilique romaine et celle des édifices destinés au nouveau culte. Ces rapports sont si frappants, gue Constantin n'besita point à convertir immédiatement en églises deux véritables basilitjues, la Sessorienne, aujourd'hui Sainie- Croix de Jérusalem, et celle du palais de Latran. Toutes les autres , telles que celles de Saint-Pierre et de Saint-Paul hors les Murs, furent bâties sur le même modèle, comme nous le verrons plus bas.

Mais ces rapports de convenance qui existaient entre la configuration tant extérieure qu'intérieure de la basilique romaine et les exigences du culte nouveau , ne furent pas la seule considération qui engagea les premiers architectes à adopter la forme basilicale pour les églises ; un autre motif encore plus relevé les y détermina, à savoir le besoin qu'on éprouvait déjà d'imprimer le cachet de l'expression symbolique à nos édifices saints. Ceci demande quelques explications.

Les canons apostoliques exigeaient que les églises eussent la forme du vaisseau de saint Pierre, d'où le mot navis, nef, appliquée à l'allée principale de nos temples (139*). Cette allégorie du vaisseau était trèspropre , en efiFet , à se représenter la condition de TEglise militante , poursuivant jusqu'à la fin des temps sa navigation laborieuse,

4e ses prêtres. Les diacres debout, vêtus de manière a pouvoir se porter partout, feront rolHee de matelots qui manœuvrent. Ils auionl soin que dans le reste de rassemblée, les laïques observent Tordre prescrit, et (|ue les femmes, séparées des autres fidèles, gardent le silence, » etc. (Conêtiiutions apostoUqueSf livre ii, pag. 57.)

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DESTHETIQUE CHRETIENNE.

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mus ferme, sjxt la mer oragease du monde > sanscesse ballottée par les tempêtes du schisme, de Thérésie» ae rincrédulité, et néanmoins toujours debout malgré ses contw nuelles oiicillatîons, parce qu'elle est fondée sur la* parole divinecomme sur une ancre qui rempèche de cbayirer. C*est ainsi que réglise matérielle doit représenter dans sa forme principale Tétat présent de TEglise spirituelle » pour ne parler que de ee rapport, car il en eiiste beaucoup d'autres que BOUS ferons ressortir plus tard. De là cette locutioD de navis , nef/ si fréquemment employée dans les rubriques pour désigner Fintérieurde nos églises :I>um clerus ingrediiur in navim, inststil in navi^ etc. , et qui s*est transmise jusqu'à nous , consacrée par la double autorité de l'usage et de la liturgie. Or, la basilique romaine, par sa forme allongée et par son allée principale du milieu, se prêtait parfaitement à l'expression de ce symbole, qui fut ensuite perfectionné, «omme beaucoup d'autres , par le génie de nos artistes chrétiens. Nous verrons plus loin comment ces grands artistes appliquèrent à l'ordonnance de nos cathédrales ce beau symbole du vaisseau voguant sur la mer orageuse du monde , figure sensible et désignée par les monuments de la plus haute antiquité chrétienne de l'arche de Noé, qui seule portait le salut du genre humain audessus des flots du déluge universel.

Il est un autre symbole qui ne tarda pas à se développer dans l'ordonnance générale des églises : je veux parler de la forme de la croix de Notre-Seigneur , qu'on essaya, dès les premiers ten^)s, de leur imprimer. Or, pour l'expression de ce symbole comme pour celle du vaisseau, la basilique romaine présentait plus de facilité qu'aucun autre édifice. Il ne s'agissait , en effet , que d'allonger uu peu les deux extrémités du transept, et l'on obtenait la représentation exacte de l'auguste signe de notre rédemption.

Dans cette modifacation delà basilique, l'abside conservait, même au point de vue symbolique, son ancienne prééminence ,. en représentant la tête de la croix sur laquelle reposait celle du Sauveur. C'est pourquoi elle fut désignée sous le nom de cAeve/. L'influence de ce symbole de la croix devint de plus sensible sur la disposition des principales parties de nos églises , durant toute la période romane; mais elle s'affaiblit pendant l'ère ovigale, pour des raisons que nous exposons en leur lieu. En ce qui concerne la question qui nous occupe actuellement, il suffit de faire remarquer que cette influence se manifesta, quoique timidement, dès l'origine de l'architecture chrétienne. On peut s'en édifier en considérant le plan figuré de plusieurs des églises construites à cette époque réculée.

Maintenant, pour nous résumer, rappelons les motifs principaux qui portèrent hs premiers architectes chrétiens à l'imitation de la basilique romaine dans la construction de leurs temples nouveaux. Nous avons dit que ces motifs furent l' la faculté

de développer sur une plus grande échelle le type primitif des chapelles des catacombes, fourni parla religion elle-même; 3^ les convenances de plus d'un genre que leur offrait , quant à l'esprit et quant à la forme de leur culte , la structure , tant intérieure qu'extérieure, des basiliques ; 3" la iacilité^ avec laquelle cette structure basilicale se prêtait a l'idée symbolique, qui commençait déjà à jouer un grand rôle dans la configuration extérieure et dans la dispositioo intérieure de nos temples sacrés. Je croîs avoir suffisamment, quoique brièvement, exposé ces motifs. Ils ont d'ailleurs reçu la sanction la plus respectable , la plus durable, la plus générale de la pratique de l'Eglise, qui ne s'en est jamais entièrement écartée, sauf pour quelques cas isolés. II n*a rien moins fallu que ces trois derniers siècles d'oubli des traditions liturgiques, pour faire omettre, dans quelaues pays,, cette forme antique et consacrée. Encore, dans la plupart de nos églises modernes construites à la grecque , n a-t-on pu se défendre de se conformer un peu à la forme basilico-catholique , tant son influence est profonde dans la chrétienté.

Les diverses considérations qui précèdent (sans parler d'autres que nous ferons ea leur lieu) sont d<yà une réponse péremptoire à l'objection que nos églises n'étant qu'une imitation de la basilique romaine, nous n'avons pas d'architecture chrétienne proprement dite . Ce raisonnement est inexact, et quant.aux prémisses et quant à la conclusion qu'on voudrait en tirer. En effet, il n'est point vrai crue nos églises ne soient qu'une imitation de la basilique romaine, puisque le type primitif en a été tiré des catacombes mêmes, et qu'on l'aurait trouvé également partout ailleurs où il y aurait un prêtre et des chrétiens, attendu que ce type puise, avant tout, son

{principe générateur et sa raison d'être dans es conditions essentielles du culte chrétien, toutes différentes du culte païen. Or, un type original comme celui-là n'a pu produire qu'une architecture originale, quelque importants que soient les motifs qu'il a empruntés au style basilical romain ; et cela : l*" parce que ce style n'avait rien de commua^ avec les temples païens : 2* parce qu'il a été transformé par l'art chrétien, gr&ces aux modifications successives qu*il en a re-, çues.

Il est donc vrai que de cette circonstance, d'ailleurs si remarquable , de l'imitation de la basilique dans la structure primitive de nos églises, on ne peut rien conclure contre l'existence d'un type antérieur sui generis d'architecture chrétienne. On ne le peut, car l'imitation dont il s'agit n'a été que relative , conditionnelle et (Tappropriation , et le s vmbolisme religieux, qui a fait subir des modifications importantes à nos églises, tout en leur conservant leur forme essentielle et primitive , les a élevées peu à peu à une perfection inouïe dn style et d expression, mystique et hiératique, qui se révèle principalement dans nos belles cathédrales ro-*

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mânes. du xi* siècle, comme nous Texposerons plus bas. Ceci soit dit» sans élre iniuste envers lés chefs-d'œuvre du style ogival, qui réclament à d'iautres titres notre légitime et profonde admiration. Le moment (Tailleurs n'est pas encore venu d'aborder ïa question si intéressante et si compliquée de la préséance du styfe roman sur le style ogival, et tiee vtrta^ mais uous avons & nous occuper actuellement de la fondation et de la description de quelques-unes des principales basiliques de Rome chrétienne.

Nous ne saurions prendre de meilleur guide qu'Anastase, bibliothécaire de lasainte Ëglise romaine, dans son ouvrage intitulé : Anastasii S. R. E, Bibliothecarii Bistoria de YUis Romanorum pontificum à B. Peiro apostolo usque ad Nicolaum I nunquam haetenus typis excusa^ deinde fita Adriani II et Stephani YI auetore Guitlelmo Bibliothecario.

Cette histoire renferme des détails curieux et au'on ne pourrait se procurer ailleurs, sur fa profusion incroyaole des richesses dont Constantin, ses successeurs et les souverains pontifes ornèrent ces temples augustes, trop peu connus parmi nous. Je suivrai rédition de Mayence, et prétérablement encore, quand j'en aurai la faculté, la version que Baronius a délayée dans ses Annales ,. et qui est la plus authentique, puisque le savant cardinal ne cite que d'après le manuscrit original qu'il avait fréquemment consulté. C'est de ces Annales ^tome III, pag. 32^ et suivantes), que j'ai tiré les passages suivants d'Anastase le Bibliothécaire.

« Dans le même temps (c'est-à-dire en Tannée 32i de Jésus-Christ, du pontificat de Sylvestre la 2*, et du règne de Constantin la 19*), Constantin Auguste construisit une liasilique en l'honneur du bienheureux andtre Pierre sur les ruines d'un temple d Apollon, dont il entoura l'enceinte destinée à recevoir le corps de Pierre, d'airain de Chypre (HO). Ce tombeau avait cinq pieds de hauteur et autant de longueur. Il i orna de colonnes de porphyre et d'autres colonnes qu*il avait fait venir de la Grèce. Il le surmonta d'un édicule voûté tout brillant d'or. Le Pape saint Grégoire rapportait, dans sa lettre à Constance Auguste, que son prédéces-

(140) Eodem tempore Constanlinu$ AuguBtus fecil basHtcam beato Peiro Apostolo in templo Apol* lini$, €uju$ locttlum, cum corpus S. Pétri recondi' dit undique ex Cyprio eoneluBit, quod est immobUe,

{\i\) Super os quo conclusii illud^ fecit crueem auream purissimatn, pensanlem libras cenlum quinquaginta^ ubi scriplum iioc est : Conslanlinus Augustus et Helena Augusta hanc domum regali <imili fulgore coruscantem auro circumdant.

Ji4i) Fecit autem candelabra ex aurichalco in ibus decem numéro auatuor^ argento conclusa eum sigiliis atgenteis, unae Actus apostolorum cer» nebantur, pensantia singula libras trecentas. Cali'' ses autem très eum gemmis prasinis auadraginta quiwiue pensantes singulos libras duodedm. Metretat . argenteas duas\ pensantes libras ducentus. Calices argenleos vigintit pensanlea singulos libras dcccm. Amas anreas duas pensantes s'mgntaï libras

seur ayant voulu changer Tordonnance de ce tombeau en avait été détourné par un certain signe qui l'avait rempli de terreur.

ir Au-dessus de rbuverture de cet édicule, Constantin fit placer une croix d'or le plus pur, pesant cent cinquante livres, avec cette inscription : Constantin Auguste ef Hélène Auguste ont orné ce monument d^un éclat royal, en y faisant briller for de toutes parts (Al).

ce II fit faire quatre candélabres haut de dix pieds, en cuivre revêtu d'argent, avec de» médaillons de même métal sur lesquels on avait représenté les actes desapôtres. Chaque candélabre pesait trois cents livres. Il fit don de trois grands calices ornés de quarantecinq émeraudes et pesant douze livres. U donna également à cette basilique deux grandes urnes en argent, du poids de deux cents livres ; vingt calices en argent, pesant chacun dix livres; deux vases d'or pesant chacun six livres ; cinq vases d'argent pesant chacun vin^ livres ; une patène d'or avec un tourtereau et une colombe, de l'or le plus puvy enrichie d'émeraudes, d'améthjrstes, de perles^ au nombre de deux centquinze et pesant en tout trente livres ; cinq patènes d'argent pesant chacune quinze livres ; une couronne d'or suspendue sur le corps du prince des apôtres, laquelle n'est autre chose qu'un grand lustre de forme ronde, orné de cinquante dauphins , et pesant en tout trente-cinq livres; dans l'enceinte de.>a basilique, un grand nombre de lustres ou candélabres d'argent avec des dauphins^ pesant chacun dix Uvres ; dans l'allée transversale de droite, trentre lustres d'argent pesant chacun huit livres.*Il orna le maître autel d'une enveloppe d'or et d'argent enrichie d'émeraudes , d'améthystes , de perles au nombre de deixx cent dix, et pesant trois cent oinauante livres ; une cassolette d'or pour brûler TencenSr toute garnie de pierres précieuses, du poids de quinze livres

« Tels sont les vases sacrés de labasiliaue de Saint-Pierre qui, quatre-vingt-six ans plus tard , lors de la prise de Roue par Alaric, furent cachés dans la demeure d'une vierge chrétienne; mais les Golhs les ayant découverts, furent tellement frappés dadmiratiou

decem. Amas argenteas quinque pensantes singulas libras viginti. Patenam auream cum turture et columba ex auro purissitno, ornatam gemmis pra^ sinis et hyacinthinis, et margaritis smaragdinis nu^ mero ducentis et quindecim^ pensantem libras tri" ginta. Patenas argenteas quinque^ pensantes singulas libras quindecm. Coronam auream ante corpus, quœ est pkarus cantharus cum delphinis Îuinquaginta, pensantem libras triginta quinque ^haros plures argenUos^ in gremio basilicœ cum delphinis, pensantes singulos libras decem, . Ad dexteram basilicœ pharos araenteos triginta, pensantss singulos tibras octo. Ipsum aitare ex auro et arqento clausum, cum gemmis prasinis et hyacinthtnis et albis ducentis decem pensons libras trecentas quinquaginta. Thymiamaterium aureum cum gemmis undique exornatum, pensons libras quindecim. (Ânaslasius, lac, cit.)

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D'ESTHETIQUE CHRETIENNE.

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i\avue dune si prodigieuse magnificence, qtt*ilç les replacèrent eux-mêmes avec respect dans )a basilique du prince des apôtres (lfc8). »

Quant aux revenus destinés par le pieux empereur à l'entretien de cette basilique et de ses nombreux ministres , ils étaient immenses et assignés sur des villes et des provinces entières de l'empire. Pour le seul luminaire, l'Orient devait fournir ses baumes les plus précieux 9 ses parlums, ses aromates les plus exquis et les plus rares. (Voir les détails de ces diverses fondations dans Anastase).

Constantin ne déploya pas une moindre ma^ificence dans Tes deux autres grandes basiliques qu'il érigea en même temps, je Yeux dire celle de Saint-Paul hors les Murs et celle de Latran. C'est ce qui résulte encore du témoignage d'Anastase le Bibliothécaire.

Dans le même temps , dit-il , l'empereur, se rendant au désir on Pape Sylvestre , érigea une basilique au bienheureux Paul, apôtre, et déposa son corps dans un tombeau d airain, comme il avait fait pour le bienheureux Pierre. 11 fit à cette église les mêmes présents qu'à la première, en vases sacrés d'or, d'argent et d'airain. Il plaça également sur son sépulcre une grande croix d*or pesant cent cinquante livres (lU).

De plus, il affecta pour l'entretien de cette église des domaines immenses dans toute l'étendue de l'empire. On ^n trouvera cidessous la note détaillée et copiée textuellement d'Anastase le Bibliothécaire (litô).

Un autre jour continue le même auteur, Constantin commença la construction d'une nouvelle basilique dans son palais , en déclarant par un édit spécial, qu'il voulait faire ouvertement profession de la foi chrétienne, et ériger h Jésus-Christ un temple dans son

Sropre palais pour y tenir les assemblées des dèles, afin que tous ceux qui voudraient devenir chrétiens et qui seraient pauvres fussent d'abord nourris aux dépens c^u fisc, et reçussent ensuite la robe des catéchumènes

et une somme d'arj^ent, pourvu qu'ils fussent munis d'un billet de l'évêque de Rome (IM).

C'est ce qui a inspiré au poêle Prudence les deux vers suivants :

Cœdbos aul magois Lateraoenses carrit ad «des Unde sacrum referai regali chrismate signum.

Voici comment s'exprime Ciampini sur la' fondation de Saint-Jean de Latran, dans le chapitre 2 de son bel ouvrage sur les l»asiliques constantiniennés :

« La première de toutes et la plus renommée dans l'univers, qui fut dédiée au Sauveur et qui devint si célèbre par sa grandeur et par ses richesses, doit son origine à l'empereur Constantin le Grand, d'où elle fut appelée basilique Constantinienne, bien qu'elle s'appelle à uq aussi juste^titre Latérane, à cause des b&timents immenses que cette illustre et sénatoriale famille de Latran occupait sur le mont Cœlius, et du milieu desquels cette auguste basilique , mère de toutes les églises de l'univers, éleva sa tête glorieuse : Prima hœc iaitur , peraue in universum terrarum orbem oasilica celeber-rtma, sub aiispiecUissimo nomine Salvatoris erecla, molis suœ famœque tam grandis^ exor-^ dia débet imperatori vonstantino Magno a quo et Constantinianœ appellationem sortita est^ licet visitatori eognomine Lateranensi indigitâtur^ àb œdibtis nobilissimœ olim et senatoriœ familiœ, in monte Cœlio surgentibuSf a quorum œdificiis hœc ecclesiarum parens augustissima caput extulit,

« Les temples des faux dieux, continue le même auteur, ayant été fermés et leurs sacrifices interrompus, Constantin dirigea tous ses efforts vers l'érection d'immenses basi* liques où les assemblées des fidèles pussent avoir lieu, et où le Christ pût être honoré convenablement. C'est pourquoi, vers l'an du Seigneur 323, il donna au pape Sylvestre et à l'Eglise romaine ces magnifiques bâtiments de Latran, tant*ceux qui avalent appartenu à son épouse Fausta qj^ie ^es siensi propres, et il les convertit, auxfraU du trésor

(113) Bœe suut illa ipsa batilicœ S. Pétri sacra wa, quœ po$t octoginta sex annos, cum ab Alarico urbt capta est, occuUata apud sacrant virgu nem et inventa^ ut tradit Orosius, prœ magnitudi* me, jmlchritudine^ pondère et diversitate^ Gothas reédiderutU attonitos ila ut ab eisdem^ sic numine éispoRente^ cum honore eidem basiUcœ restituta sunt, (Baron. y loco citato,)

(144) Eodem temp.re Constanlinus Augusîus /ecit batiiicam beato Paulo aposteto ex suggestione S» Svlvestri episcopi, cujus corpus sanctum ila recondidit in œre et conclusit^ sicut et beati Petri^ et dona obtuiit. Aam omnia vasa sacra aurea tel argentea vel œrea ita posuit sicut et inillam: sed crucem auream super loculum B, Pauli apostoU posuit pensaalem libras centum qninquaginta.

(145) Sub civilate Tyriœt possessionem Cûmilaiii, prœstantem solidos quingentos quinquaginta. Possessionem Formianam , prœstantem solidos septuayinta. Possessionem Tiniam prœstantem SO' lidos dmufUos qutnquaginla ; olei nardini libros septuaginta^ aromatum libras quinqunginta, caste libras quinauaginta. Sub civilate jEggpîia pos'

sessionem Ctjrcos prœstantem. solidos septinginta, decem, olei nardini libras septuaginla^ balsami libras triginta, aromatum libras, septuaginta, storacis libras triginiaj, stactis libras centum quin-. quaginta, Possessionem Basilicam , prœstantem somos quingentos quinquaginta, aromatum libras auinquaginta, olei nardini libras sexaginta, balsami libras viginti, P.ossesiionem insulœ Èlacariœ prœ-^ staniem solidos qi^ingenta decem, etc, (Auaslasius» loc^ est,)

fi46) Altéra vero die Constantinus simililer intra. paîatium suum Lateranensis basilicœ fabricare cœpit, lege pariler sanciens atque promulgans, adeo se Christianœ religionis profiteri vellc culturam, ut Christo Deo vellel intra paîatium templum erigi, ubi Christiani conventus agerent^ atque his qui Christiani péri velUnt et pauperes essent, pnt'starentur ex largilione pscali affaiim alimenta, eis" demque in primis a baptismate eandida vestimenta et solidi. viginti, dum tamen afferrent pro tessera episcopi Romani chirographum. (Anaslasius, loco citato.)

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