VEN
lies dues à leur pinceau éminemment religieux, unes (jue le CouronnemefU de la vierjie au milieu du paradis » par Jean et Antoine » dans TégUse de Saint-Pantaléon ; telles que la Madone au manteau étendu^ h Sauta-Maria Formosa , et une Madone sous un baldaquin, au milieu de quatre docteurs , par les mAmes , à TÂcadémie. Ceci est d*autant plus digne de remarque, que les Vivarini sont à peu près les seuls peintres de Técole de Venise» qui aient parfaiteméht traité cet important mais dilGcile sujet.
Après les Vivarini » nous trourons Fran* çois Squarcione » né à Padoue » en 1394^ , et mort à Venise en^Vîk. 11 y réunit la plus riche collection qu'on eût encore vue des nombreux objets d'art recueillis par lui dans ses voyages en Grèce et en Italie. 11 forma jusqu'à cent trente-sept élèves ; mais il ne reste de lui au'une seule peinture authentique 9 saint Jérôme.
Elève de Squarcione « André Mantegna, peintre et graveur, né à Padoue en ikSo et mort en 1505, composa un grand nombre de tableaui ou de fresques, dans le genre historique religieux, parmi lesquels on remar- Iue, à Milan, à la Bréra,5atn^ Martin^ eaint fore : à Vérone, à Saini-Zénon le M«geur, la Madone entre trois apôtres et 'trois saints. C'est au musée du Louvre, à Paris, qu'on admire quatre des derniers et des plus beaux tableau! de ce peintre mystique. L'un, la Vierge de la victoire^ représente la Vierge assise sur un trône, tenant l'enfant Jésus sur ses genoux , accompagnée des Saints protecteurs de Mantoue; les trois autres offrent trois sujets allégoriques qui sont : le Par^ nasse ^ les fices chassés par la Vertu ^ et lo Christ entre les larrons.
Vers la môme époque , de 1421 à 1517 , florissaient les frères Bellini (Gentile et Giovanni), Vénitiens. On doit au premier la procession de la Sainte-Croix sur la place Saint-Marc^ le Miracle tiré de /'eau, à I Académie de Venise comme le précédent, et de plus, la fresque de la salle du Grand Conseil, aiu«i que plusieurs tableaux pour l'empereur Mahomet, près duquel il fut envoyé par la république ^750). On doit au second une délicieuse Madone les mains jointes pour protéger le sommeil de V enfant Jésus , et une autre non moins belle, entre sainte^ Catherine et saint Jean TEvangéliste^ toutes deux dans la sacristie de l'église du Rédempteur. A l'Age de 79 ans, u fit un de ses plus beaux tableaux, (a Vierge et V Enfant- Jésus y accompagnés de saint Pierre^ de saint Catkerine^ de sainte Agathe et de saint Jérôme. Ce tableau qui avait été possédé par le musée du Lçuvre, est maintenant dans la vaste et magnifique église de Saint-Jean et de Saint-Paul , une des plus richement ornées
(7B0) De reUmr à Venise, il y mourut en 1501. Il •ni pour éléve^le Tameux Giorgione, qui devint luimême le malire du Titien.
(751) Voy. rénuméraiit>a ratsonnée de ces ta-
DICTION!!. D*EsTaÉTlQCB.
d'œuvres d'art et de peinture èh particulier. Jean Bellini mourut en 1516.
Cima Conégliano, qu'il ne faut point confondre avec César Conégliano , peintre contemporain du Titien, eiécuta, dans le genre mystique, des chefs-d'œuvre barmi lesquels on admire, à la Bréra, saint Pierre^ martyr; à Santa-Maria del Carminé , une Nativité avec sainte Catherine et sainte Hélène; à Santa-Maria del Orto , F Incrédulité de saint Thomas^ et à l'académie des Beaux-Arts , la Vierge sur un trône^ au milieu de quelles saints.
Parmi les peintres de cette remarquable école m3?stique de Venise, brille d'un éclat tout particulier Vittore Carpaccio, de 1502 à 1522. Entre autres belles peintures sorties en grand nombre de son pinceau fécond, et
3ui sont presque toutes autant de ché£s- 'œuvre , on admire à l'académie des Beaux- Arts, ses neuf ffr.ands tableaux représentant toute la Légende de sainte-Ursule et de ses compagnes , depuis l'arrivée des ambassasadeurs du roi d'Angleterre, qui envoie demander la main de la sainte pour son fils , jusqu'à l'apothéose des onze mille vierges. A la même époque , nous remarquons Marco Basaïti , dont l'œuvre capitale est le Christ mort entre deux anges; Vincenzo Catena, mort en 1530, auteur de portraits , de tableaux de chevalet , de fresques , et dont l'œuvre principale est le Martyre de sainte Christine^ çu'on voit à Venise, dans l'église Santa-Maria Mater [Domini ; Giovanni Mansueti, Francesco Santa-Croce, Piermaria Pennachi , Francesco Bissolo , ftocco Marcone, Giovanni d'Udine, Sebastiano Florîgorio d'Udine, et plusieurs autres qui tous restèrent généralement fidèles aux célestes inspirations de la peinture chrétienne, dans les fresques et les tableaux si nombreux et si peu connus dont ils ornèrent les églises de Venise et ses palais somptueux 7751).
On ne peut pas en dire autant ae leurs contemporains, il Giorgione, Tizzano Vecei«li, Paris Bordone, Giovanoî-Antonio Pordenone, (de 1461 à 1576), qui, uar l'introduction du naturalisme dans la peinture chrétienne, ont commence la décacfencé de cet art divin. Quant à leurs successeurs directs, tels que le Titien et le Tintoret, son élève (pour ne parler ici que des peintres vénitiens) qui, durant le xvr siècle, ont consommé, cette triste décadence, nous ne craindront point d'affirmer que les brillan- ! tes qualités qui les distin^ent, sous le rapport de la grAce, du colons^ de la correctioa et de la finesse du dessin, ne sauraient n^ cheter, à nos yeux, l'absence de plus en
1)1 us sensible de l'expression mystique dans es syjets, même religieux, qu'ils ont traités, , et qui ont fini par devenir simplement pour eux un prétexte à l'expression du naturalisme le dIus charnel et le moins déguisé. Di-
bleaux dans la Table chronologique des êepin eniho» ligues de peinture en Italie^ publiée par M. de Mon* lalenibert dans son livre Du vonda/îiait $i du calÉu^ ticiime dans Carti