‹ Dictionnaire d'histoire et de géographie ecclésiastiquesChapitre 10 sur 282 · CAYRON · texte numérisé non relu

CAYRON

CEAD WALA

obtint des lettres de Louis XV et de Marie Leczinsl<a en faveur de la canonisation, qui fut prononcée en 1737. Il ne cessa de travailler à répandre le culte du saint et obtint des guérisons merveilleuses par son intercession. Sa vie pleine de vertus et d'initiatives charitables lui valut la réputation d'un saint. Sa cause a été introduite.

Em. Bouniol, S. J., Le serviteur de Dieu Pierre-Jean Cayron, S. J., Toulouse, 1886. — J.-B. Couderc, S. J., Le R. P. Jean-Pierre Cayron, S. J., sa vie d'après le P. Jean Sérane, Paris, 1904. — Kempf, Die Heiligkeit der Gesellschaft Jesu, Einsiedeln, 1922.

A. De Bil.

CAZ, Casensis, Caxiensis, Katsis, couvent de moniales de l'ordre de Prémontré, situé au diocèse de Coire (Suisse), relevant de la circarie de Souabe et placé sous le patronage de S. Luzi (S. Lucius). Il fut fondé en 1154 ou 1156 et disparut au début de la Réforme au xvi« s. Il n'est pas certain qu'il ait appartenu à l'ordre de Prémontré. Quoi qu'il en soit, les sœurs suivaient la règle de S. Augustin. En 1537, leur couvent fut laïcisé; la communauté ne comptait plus alors que deux sœurs.

C. L. Hugo, Annales Praem., i, 497. — A. Brackmann, Helvetia ponlificia, 101-03. — A. Eichorn, Episcopatus Curiensis in Rhetia, S.-Blaise, 1797, p. 342-47. — H. J. Leu, Allgemeines helvetisches Lexicon, ix, 55-57 (avec liste des abbesses et prieures). — J. G. Mayer, Die Inscbrift der Stifter des Kloslers Cazis, dans Kath. Schweizer Blatter, VII, 1891, p. 504 sq. ; Geschichte des Bisiums Chur, ii, 727 sq. (avec liste des abbesses et prieures). — E. F. von MUlinen, Helvetia sacra, Berne, 1858-61, ii, 75. — A. Nucheler. Die Gotteshauser der Schweiz, i, p. 96. — J. Simonet, Geschichte des Klosters Cazis, 127-83. — R. Van Waefelghem, Répertoire, 52-53. — Diverses archives de cette maison se trouvent à l'évèché de Coire.

M. -A. Erens.

CAZALÈS (Edmond de) (1804-1876), né le 3 août 1804 à Grenade-sur-Garonne (Hte-Garonne), était le fils de l'orateur illustre qui, sous la Révolution, fut le défenseur de la monarchie et de la foi chrétienne. Il fit d'abord ses études de droit et exerça la fonction de juge auditeur à Provins (1827-29), puis s'intéressa au mouvement des idées religieuses sous la monarchie de Juillet (1830); il fut un des membres fondateurs du Correspondant en 1843 et il collabora à la Revue européenne et à l' Université catholique fondée en 1835 par Bonnetty. Nommé professeur à l'université catholique de Louvain, il publia, en partie, dans la revue de Bonnetty, ses leçons sur l'histoire générale de la littérature. Ordonné prêtre en 1843, il devint vicaire général et supérieur du séminaire de Montauban. Lorsque éclata la révolution de févr. 1848, l'abbé de Cazalès fut élu député du Tarn-et-Garonne; à l'Assemblée nationale, il fut un zélé défenseur des droits de l'Église et de la liberté d'enseignement, à côté de Falloux et de l'abbé Dupanloup. Puis il rentra dans la retraite et mourut le 21 janv. 1876.

Cazalès n'a publié que deux ouvrages personnels : Études historiques et politiques sur l'Allemagne contemporaine, Paris, 1853, in-8°, et Nos erreurs et leurs remèdes, Paris, 1876, in-8". Il traduisit de l'allemand plusieurs écrits traitant de Anne-Catherine Emmerich. Il collabora activement aux 20 premiers volumes (jusqu'en déc. 1845) de l'Université catholique de Bonnetty, et publia de nombreux articles dans la Revue des Deux Mondes et dans Le Correspondant.

Hoefer, Nouvelle biogr. générale, ix, 319-20. — Feller- Weiss-Busson, Biogr. universelle, ir, 468-69. — De Champigny. L'abbé de Cazalès, dans Le Correspondant dxi 10 févr. 1876, CH. 371-74.

J. Carrevue.

CEADDA (Saint), ou Chad, évêque de Mercia, t 672. Il naquit en Northumbrie, devint disciple de

DicT. d'hist. et de géogr. ecclés.

S. Aidan, abbé de Lindisfarne, et reçut sa formation en Irlande, au monastère de Rathmaelisa. Avec son frère S. Cedd, il travailla beaucoup à la conversion des Merciens et des Saxons de l'est de l'Angleterre. II succéda à son frère Cedd dans le gouvernement du monastère de Lastingham, près de Whitby. Sur les instances du roi Oswy, il fut promu au siège d'York, mais, après qu'il eut gouverné cet évêché pendant quelque temps, des doutes surgirent sur la validité de son sacre, ou bien parce que Wilfrid avait été élevé au même siège, ou bien — raison plus probable — parce qu'il avait été sacré par des évêques scots et bretons. A cette époque, en effet, les Scots et les Bretons s'écartaient de la discipline et de la liturgie romaines, et dès le vii« s. les ordinations, comme d'ailleurs tous les sacrements administrés par eux, étaient tenues pour suspectes en Angleterre. Pour éviter la communion avec des évêques scots, Wilfrid alla se faire sacrer en pays franc, à Compiègne. Ceadda vit la validité de son ordination contestée par Théodore, archevêque de Canterbury, à cause probablement de la part qu'y avaient prise deux évêques bretons. Ceadda fit preuve d'une grande humilité : « Si vous croyez, dit-il, que je n'ai pas été canoniquement consacré, je suis tout prêt à résigner une fonction dont je ne me suis jamais senti digne et que je n'ai acceptée que par obéissance. » Il se retira au monastère de Lastingham. A la mort de Jaruman, évêque de Mercie, Théodore transféra Ceadda à ce siège, mais le soumit à une réordination per omnes gradus. Ceadda fixa son siège à Lichfield, bâtit une cathédrale et fonda pour ses prêtres un régime de vie commune. Il mourut en 672, d'une peste qui dévastait la région, et fut enterré près de sa cathédrale. Aussitôt il devint objet d'un culte très répandu. Bède le Vénérable, presque l'unique source de nos renseignements au sujet de Ceadda, nous en a laissé un portrait génial. Sa fête tombe le 2 mars. On conserve encore à la bibliothèque de la cathédrale de Lichfield « le livre de S. Chad », que la tradition attribua au premier évêque de Lichfield. C'est un évangéliaire qui date du viii« ou du ix« s., en écriture demi-onciale scotte, mais l'attribution à Ceadda est certainement fausse.

B. H. L., n. 1716-1717. — D. N. Biogr., ix, 391-93. — R.-H. Warner, The life and legends of St Chad, Londres, 1872. — Eddius, Vita Wilfridi, dans The historians of the Church of York, éd. J. Raine, Londres, 1879, p. 18, 22, etc. — J. Kenney, Sources for the early history of Ireland, t. i, Ecclesiastical, New- York, 1929, p. 639, n. 468. — Bède, Hist. eccles., éd. C. Plummer, Oxford, 1896, passim; voir index. — F. Masai, Essai sur les origines de la miniature dite irlandaise, Bruxelles, 1947, pl. xix, etc.

F. O'Briain.

CEADWALLA, ou Cadwallon, roi des Galles du Nord, f 634, est fréquemment confondu, même par Bède dans son H. E., avec Caedwalla, roi de Wessex en Grande-Bretagne (D. H. G. E., xi, 136). Quoique chrétien, il mit plusieurs obstacles à l'évangélisation des Saxons de l'Ouest. Fils de Cadvan, Ceadwalla fut le dernier roi des Galles à réclamer le droit de régner sur la Grande-Bretagne, droit qu'il ne réussit pas à faire respecter. Il lutta contre Éduin, roi des royaumes unis de Deira et Bernicia, lui infligea une défaite à la bataille de Hatfield (632) et, menaçant de chasser tous les Anglais hors de Bretagne, il ravagea la Northumbrie, tua Éduin et ses deux flls, Osric et Eànfrid, et prit possession d'YorI<. Mais S. Oswald, rex clxristiunissimus, mit en déroute l'armée de Ceadwalla à la bataille de Denisesburn, en 634, au cours de laquelle périt le roi gallois.

Bède, Hist. eccles., éd. C. Plummer, ii, Oxford, 1896, p. 93. 114-15. 1279. — D. C. Biogr., i, 371-72.

F. O'Bhiain.

H. — XIL — 2 —

Page 1