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CAYLUS — CAYRON

et fit appel de la bulle. A cette occasion, il eut de vives discussions avec sou chapitre et il devint désormais un des plus ardents adversaires de la Constitution Unigenitus : il refusa de signer raccommodement de 1720 et, en 1727, fut l'un des douze prélats qui s'élevèrent contre la condanniation de l'évêque de Senez par le concile d'Embrun. Gallican convaincu, il protesta contre la légende de Grégoire VII et, en 1730, contre la déclaration royale qui regardait la bulle Unigenitm comme une loi de l'Église universelle. Il engagea de longues disputes contre son métropolitain Languet, archevêque de Sens, et condamna plusieurs propositions enseignées par les jésuites de son diocèse. 11 fut partisan des miracles de S.-Médard, mais rejeta le fanatisme de certains convulsionnaires. Il mourut à Rennes le 3 avr. 1754.

Principaux écrits. — Harangue au roi, pour la clôture de l'assemblée du clergé le 13 avr. 1707, et le 30 oct. 1715. A partir de 1717, les œuvres de Caylus se rapportent toutes, plus ou moins directement, aux polémiques soulevées en France par la publication de la bulle Unigenitus le 8 sept. 1713; il avait d'abord accepté cette bulle, mais il en fut bientôt l'adversaire le plus ardent : Lettre à un chanoine de son église cathédrale au sujet d'une conclusion du chapitre du 14 mai 1714, pour la réception de la Constitution « Unigenitus »,

17 avr. 1717; Réponse à Mgr l'évêque de..., qui lui avait écrit au sujet de son mandement du 4 oct. 1718, Paris, 1719, in-4"; Lettre à Son Éminence Mgr le cardinal de Noailtes, archevêque de Paris, où il lui expose les motifs pressants qui l'obligent à partir pour son diocèse sans prendre congé de S. É. et à ne point prendre part à l'accommodement de 1720, 6 juill. 1720, s. 1., in-4°; Lettre ù Mgr l'évêque de Soissons [Languet], à l'occasion de ce que ce prélat dit de lui dans sa première lettre à Mgr l'évêque de Boulogne, 1722, s. 1., in-4°; Seconde lettre ù Mgr l'évêque de Soissons au sujet de l'infaillibilité que ce prélat attribue aux jugements de Rome, 1722, s. 1., in-4° (lettre condamnée par un décret du S.-OfTice, du 14 juill. 1723); Lettre au roi au sujet du refus que lui a fait M. le Garde des sceaux d'une continuation de privilège pour l'impression des livres ù l'usage de son diocèse, 12 déc. 1729, s. 1. n. d. ; Lettre au roi au sujet du bref qui condamne son mandement sur la légende de Grégoire VII, 11 févr. 1730, s. 1., 111-4°; Lettre à Mgr l'archevêque de Paris, président de l'assemblée générale du clergé de France,

18 août 1730, et Lettre à Messeigneurs les archevêques et autres députés de l'assemblée générale du clergé de France, 18 août 1730, s. 1. n. d., in-4'>; Lettre à M. Chambon, 4 mai 1732, s. 1. n. d., in-4o; Lettre pastorale adressée au clergé et aux fidèles de son diocèse au sujet de la seconde lettre pastorale que M. l'archevêque de Sens [Languel] lui a écrite en date du 25 déc. 1732, s. 1. n. d., in-4o; cette lettre est la première des six lettres qu'il écrivit, de 1732 à 1750, à son métropolitain, rarchevêque de Sens Languet de Gergy, ancien évèque de Soissons, et toujours pour des questions soulevées par le jansénisme.

Avec les jésuites de son diocèse, Caylus eut des discussions plutôt vives qui durèrent assez longtemps. Voir l'Ordonnance et instruction pastorale portant condamnation de plusieurs propositions extraites des cahiers dictés au collège d'Auxerre par le P. Le Moyne, de la Compagnie de Jésus, 18 sept. 1725; une Réponse à cette ordonnance fut publiée, Cologne, 1725, in-4'', et une Remontrance au sujet de cette ordonnance, Paris, 1726, in-4''. Caylus répliqua par une Instruction pastorale au sujet des remontrances que les jésuites lui ont adressées pour la défense des propositions extraites des cahiers du P. Le Moijne, que ce prélat a condamnées par l'ordonnance du 18 sept. 1725, Paris, 1727, in-4°. Plus tard, Caylus publia une Ordonnance

au sujet des entreprises de quelques jésuites, régents du collège d'Auxerre, contre la hiérarchie et les droits des curés, 25 avr. 1733, in-4''.

Caylus fut également mêlé à des questions liturgiques qui intéressaient le jansénisme; il publia, en 1729, un Rituel qui souleva quelques discussions, mais c'est surtout l'afïaire de la légende de Grégoire VII qui eut un grand retentissement, même en dehors du diocèse : Mandement qui défend de suivre l'office imprimé dans une feuille volante qui commence par ces mots : Die XSV maii, in festo S. Gregorii VII, 24 juill. 1729, in-4''. Ce mandement, où Caylus distingue les deux puissances et s'élève contre la Cour de Rome, provoqua de vives polémiques; il fut condamné par un bref du 17 sept. 1729; Caylus publia une longue Requête au Parlement contre ce bref avec une consultation de plus de cent avocats (14 févr. 1730), une Lettre au roi (17 févr. 1730) et une Lettre à l'assemblée générale du clergé de 1730 (8 août 1730); enfin une Lettre à l'archevêque de Paris, le 3 mars 1733, lorsque fut imprimée la déclaration de l'assemblée du clergé.

Les curés du diocèse d'Auxerre s'élevèrent aussi contre leur évêque dans les Très humbles remontrances au sujet de la doctrine du catéchisme qu'il vient de donner dans son diocèse, 29 mai 1735, in-4''; Caylus répondit par une Instruction pastorale, 30 déc. 1735, et publia les Très humbles et très respectueuses remontrances au sujet d'un arrêt du Conseil d'État du 18 déc. 1735 qui supprime son catéchisme, 27 avr. 1736, in-l". Un anonyme publia les Lettres d'un théologien à M. d'Auxerre au sujet de sa dernière Instruction pastorale; les quatre lettres portent les dates des 9 avr., 9 mai, 17 juill. 1736, et 9 févr. 1737, in-4o.

A M. de Charancy, successeur de son ami Colbert de Croissy, évêque de Montpellier, Caylus écrivit deux lettres assez vives : la première, à l'occasion de ce que ce prélat dit de lui dans son mandement du i'"' juill. 1742, 1743, in-4''; et la seconde à l'occasion de sa réponse à ce prélat, 1" avr. 1744, 1745, in-4''. Les ouvrages de Caylus ont été publiés de 1750 à 1752, en 10 vol. in-12.

Les dernières années de ce prélat batailleur furent plus calmes; d'ailleurs tous ses amis qui avaient combattu la bulle Unigenitus étaient morts les uns après les autres.

La Constitution « Unigenitus » déférée à l'Église universelle ou Recueil général des actes d'appel interjetés au futur concile, ii, Cologne, 1757, p. 613-76, 4 vol. in-fol. — Abbé Dettey, Vie de M. de Caylus, Paris, 1765, 2 vol. m-12, et Nouvelles ecclésiastiques des 26 juin et 14 août 1766, p. 105-08, 134-36. — Tous ces écrits sont remplis d'éloges et les Nouvelles ecclésiastiques en particulier ont cinq pages recensées à la Table des matières, i, 155-60.

J. Carreyre.

CAYRON (Pierre-Jean), jésuite, né à Rodez en 1672, t à Toulouse le 31 janv. 1754. Entré au noviciat de Toulouse le 7 déc. 1687, il enseigna la philosophie à Carcassonne, à Tournon et à Rodez, la rhétorique à Toulouse; il fut recteur du noviciat de cette ville et maître des novices, recteur du collège de Toulouse, supérieur de la maison professe et instructeur du troisième an. Grand dévot de S. François Régis, il se fit le promoteur infatigable de son culte; il adressa en 1708 un mémoire aux États du Languedoc réunis à Narbonne pour promouvoir l'introduction de la cause du saint, et un rapport à l'assemblée générale du clergé; il fut vice-postulateur de la cause introduite à Toulouse et à Rome. Après la béatification, il poursuivit ses démarches en vue de la canonisation, s'adressant à la cour, au clergé et aux assemblées des États et des provinces ecclésiastiques avec lesquelles François Régis avait eu des rapports, et

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