C. HA HT R lis
plus iionibreiix que jauiais, et tout cela malgré les i pertes en vies humaines et les ruines matérielles et morales occasionnées par les deux dernières guerres. !
m. Établissements religieux (dans les limites actuelles du diocèse). — 1" Chapitres. — S.-Étienne de ' Dreux. — (^e cha])itre paraît pouvoir rivaliser en ancienneté, sinon en importance, avec celui de Notre- Dame de Chartres. Bâtie dans l'enceinte du château, l'église qu'il desservait existait déjà sans doute ù l'époque mérovingienne. Le chapitre, dont l'existence au x« s. est bien constatée, fut l'objet des libéralités de Louis le Gros. Au xvin'' s., il comprenait treize chanoines. L'église S.-Étienne n'existe plus.
S.-.Je<in-Jiuptixle à Nogenl-le-Rotrou. - Il tut fondé en 1194. par (ieolTroy IV, comte du Perche. Il était composé au xviii<' s. de neuf chanoines, y compris le doyen. L'église S. -Jean a complètement disparu.
S. -André de Châlcaiiduii. — 11 remonte à 1211, et fut établi en partie grâce aux libéralités de l'abbaye de Bonneval. La dignité de doyen y fut instituée en 1263. Il comprenait au xviii" s. un doyen, un prévôt, un trésorier, quatre chanoines résidants et quatre chanoines honoraires. Il ne reste rien de l'église S. -André.
La Ste-Chapelle du Danois. — Le célèbre Dunois fit rebâtir, à partir de 1451, la chapelle du château de 1 Chàteaudun, qui fut dédiée à Notre-Dame et à S. Jean- Baptiste. Elle fut d'abord desservie par des chanoines réguliers de S. -Victor de Paris, qui furent remplacés en 1490 par un collège de chanoines séculiers. Au xviii« s., il y avait un prévôt, un chantre et huit chanoines. La Ste-Chapelle existe toujours.
Notre-Dame de Maillebois. — Il fut fondé en 1505 par Jeanne de Montfaucon, pour desservir la chapelle que son mari, Jean d'O, décédé depuis peu, avait fait bâtir. Au xviii« s. il n'y avait plus qu'un doyen, curé de la paroisse S. -François, érigée en 1588 d^ns la collégiale, et deux prébendés. L'église existe toujours j comme paroisse. j
S. -Nicolas de Maintenon. — Jean Cottereau, seigneur de Maintenon, rebâtit, près de son château, l'ancienne église paroissiale S. -Nicolas et y établit, en 1522, un chapitre de six chanoines dont le doyen ou chevecier était en même temps curé de la paroisse. L'église S. -Nicolas, désalTectée, existe encore. 1
Tous ces chapitres ont été supprimés à l'époque révolutionnaire.
2° Abbayes et principaux prieurés. — Nous ne pouvons mentionner ici tous les anciens établissements monastiques compris autrefois dans le territoire actuel du diocèse de Chartres. Les donations faites aux abbayes aux xi« et s. donnèrent naissance à une multitude de petits prieurés dont l'existence, en tant ! que communautés monastiques, fut éphémère. Il y en eut une centaine dans les limites actuelles du diocèse j de Chartres. A partir du xiii« s., le droit commun et le i droit diocésain firent rentrer dans leurs abbayes les \ moines dispersés dans ces petits prieurés oii la vie régu- [ lière était à peu près impossible. Nous ne ferons mention que d'un très petit nombre de prieurés exceptionnellement importants.
Bonneval, abbaye SS.-Florentin-et-Hilaire. — - Voir D. H. G. E., IX, lOCl sq.
Coulombs, abbaye Notre-Dame. Ce monastère existait au x'' s. Deux fois détruit, il fui restauré en 1028 par Odolric, évèque d'Orléans, en exécution des intentions de son oncle, Roger, évèque de Beauvais. Très éprouvé par la guerre de Cent .Ans et les guerres de religion, il fut restauré i)ar la congrégation de S.-Maur qui s'y installa en 1H48. 11 ne reste que peu de chose i des anciens bâtiments. [
Tiron, abbaye de la Ste-Trinilé. — ,\près une cxis- I lence assez mouvementée, Bernard d'Abbeville, réfor- ! mateur du clergé la lin du xt» s. et au début <lu xii",
vint se fixer avec quelques compagnons aux environs de Nogent-le-Rotrou pour y mener une vie particulièrement austère (1109). Inquiété par les moines de Cluny établis à Nogent-le-Rotrou, il dut quitter son premier établissement et se réfugier sur une terre concédée par l'évêque et le chapitre de Notre-Dame de Chartres (1114). La nouvelle fondation prit un développement extraordinaire : Tiron devint la maison mère d'une congrégation qui comprit, en France et en Angleterre, jusqu'à 14 abbayes et 86 prieurés. La décadence vint vite. En 1629 Tiron passa à la congrégation de S.-Maur qui y établit un collège, transformé un peu plus tard en école militaire. Cette école finit par se substituer à l'abbaye, dont le titre abbatial fut supprimé en 1782.
Ce qui subsiste de l'église est aujourd'hui utilisé pour la paroisse de Tiron. Il ne reste presque rien des bâtiments réguliers; ceux de l'école militaire sont aujourd'hui une habitation privée.
Josaphal, abbaye Notre-Dame. — Geoffroy, évèque de Chartres, de la puissante famille de Lèves, fonda ce monastère en 1117, aux environs de Chartres, en un site dont les pèlerins de Terre sainte avaient remarqué la ressemblance avec celui de la célèbre vallée. Les premiers moines vinrent de Fourmetot, en Normandie, après la destruction de leur monastère. Tombée en décadence, l'abbaye fut relevée par les mauristes en 1640. Elle est aujourd'hui occupée par un hospice. Des fouilles pratiquées en 1905 et 1906 ont mis à jour une partie des substructions de l'église, qui datait du xii^ siècle.
Ctiâteaudun, abbaye de la Madeleine (ordre de S.- Augustin). — Il faut considérer comme légendaire ce qui a été dit de la prétendue fondation de cette abbaye par Charlemagne. Une église dédiée à Notre-Dame fut sans doute élevée au x« s. par les comtes de Champagne. Au xii« s., elle fut remplacée par celle qui a subsisté, et confiée, entre 1118 et 1120, aux chanoines réguliers de S. -Augustin. C'est vers cette époque qu'elle changea son titre pour celui de Ste-Madeleine. L'abbaye fut réunie à la congrégation de France de Ste-Geneviève en 1634. Les bâtiments réguliers, plus récents, très endommagés au cours de la dernière guerre, étaient occupés par la sous-préfecture et la prison.
S.-Vincent-des-Bois (ordre de S. -Augustin). — En 1066, Geoffroy, évèque de Chartres, concéda à un nommé Guismond une chapelle dédiée à S. Vincent, dans le Thimerais, pour qu'il y menât, avec quelques compagnons, la vie érémitique. Vers 1130, Hugues de Châteauneuf fit de ce modeste établissement une abbaye qu'il dota et où il fit venir des chanoines réguliers. Après diverses vicissitudes, l'abbaye fut restaurée en 1667 par les génovéfains. Ce monastère passe pour avoir été, au xviii" s., le pénitencier de la congrégation. Ce qui en reste a perdu tout caractère.
S.-Avit (abbaye de femmes; ordre de S. -Benoît). — Faut-il croire que l'abbaye de S.-Avit, dans un faubourg de Chàteaudun, a succédé au monastère de Piciacus, dont il est question dans l'histoire de S. Avit? C'est un problème que nous ne pouvons examiner ici. Pour nous en tenir à ce qui est historiquement certain, nous nous bornerons à dire que l'abbaye de S.-Avit a été fondée ou restaurée en 1045. Elle a subsisté jusqu'à la Révolution, et une partie des bâtiments existe encore. Quelques objets précieux (châsses) lui ayant appartenu ont passé aux bénédictines de Verneuil.
Arcisses (prieuré, puis abbaye d'hommes, puis de femmes; ordre de S. -Benoît). — Prieuré dépendant de Tiron et fondé du vivant de S. Bernard d'Abbeville, il fut érigé en abbaye en 1225. A peu près désert, ce monastère passa à des moniales en 163(i. Il n'en reste que peu de chose.
Ahhnye de Ste- Gemme (ordre de S. -Benoît). — Mo- ' nastère de femmes, fondé en 1 148, donné à l'abbaye de i S.-Avit. Érigé dans la suite en abbaye, puis aban- ', donné, il fut attribué en 1444 à l'abbaye de Coulombs.
Abbaye de l'Eau (abbaye de femmes; ordre de Cîteaux). — Situé à quelque distance en amont de (;hartres, dans la vallée de l'Eure, ce monastère fut fondé en 122fi par Jean de Châtillon, comte de Chartres. Il a subsisté jusqu'à la Révolution. Quelques restes de l'église et des lieux réguliers sont reconnaissablés.
Nogent-le-Rotrou, prieuré S. -Denis (ordre de Cluny).
— GeolTroy III, comte du Perche, fonda, en 1028 ou 1029, un monastère à proximité du château de Nogentle-Rotrou. Son successeur, Rotrou II, y appela des moines de S.-Père de Chartres. Geoffroy III, comte du Perche, s'étanl brouillé avec S.-Père, y fit venir des moines de Cluny, qui le mirent au nombre de leurs prieurés (1081). En décadence et presque désert, le prieuré S. -Denis fut supprimé dès 1788. Il en subsiste des restes importants, dont une grande partie de l'église, bâtie avant l'arrivée des moines de Cluny.
Épernon, prieuré S. -Thomas. — Ce prieuré a succédé, au s., à un ancien monastère nommé la Trinité de Seincourt. Amaury, seigneur de Montfort et d'Épernon, le réunit, par une donation confirmée en 1052 par Henri I", à l'abbaye de Marmoutier. Les restes de l'église attestent l'ancienne importance de cet établissement monastique.
Belhomerl, prieuré Notre-Dame (prieuré de femmes; ordre de Fontevrault). — Ce monastère fut fondé, peu après 1119, par Hugues de Châteauneuf; il dura jusqu'à la Révolution. Quelques bâtiments anciens en ont subsisté, mais l'église a totalement disparu.
Éclimont (prieuré de l'ordre des Célestins). — Ce petit monastère, destiné à être peuplé de huit religieux, fut établi en 1557 par Étienne de Poncher, évêque de Rayonne, dans la propriété attenante à son château d'Éclimont. Condamné par la Commission des réguliers, il fut supprimé en 1774.
3° Commanderies (d'après le pouillé de 1738). — Citons celle de Champagne, La Boissière (près Châteaudun), La Ville-Dieu (paroisse de Manou), Sours (avec maison et hôpital à Chartres) — le pouillé ne mentionne pas une autre Ville-Dieu (paroisse de Laons) qui a été aussi le siège d'une commanderie. Tous ces établissements ont été fondés au xii<i siècle.
4° Couvents et communautés diverses (en dehors de Chartres). — Nous nous sommes servis pour en établir la liste du pouillé de 1738, en le rectifiant ou en le complétant au besoin. Nous n'osons la donner comme complète; il y a eu sans doute de petites congrégations locales qui ont disparu sans laisser autre chose que des souvenirs plus ou moins précis.
Cordeliers : Châteaudun (xiii^ s.); Anet (1582). — - Capucins : Nogent-le-Rotrou (1601); Dreux (1615). — Récollets : Châteaudun (1608).
Dames du S. -Sacrement : Dreux (1696); Nogent-le- Rotrou (prieuré de Nazareth, 1635) : à la fin du xvii« s. ce monastère comptait trente professes qui tenaient un pensionnat de jeunes flUes. — Hernardines : Courville (1643); ces religieuses qui avaient des pensionnaires consentirent, en 1748, à la suppression de leur monastère, en raison de difficultés financières.
— Religieuses de la congrégation de Notre-Dame (de S. Pierre Fourier) : Châteaudun (1643). — Ursulines : Nogent-le-Rotrou (1631). — Filles de la Charité de S.-Vincent de Paul : hôtel-Dieu de Châteaudun (1654).
— Filles de la Providence de S.-Rémy d'Auneau (1729), devenues depuis les Sœurs de Bon Secours de Chartres. — Sœurs de la Présentation de Sainville, fondées par la Mère Poussepin (1695), devenues depuis les Sœurs de la Présentation de Tours. — Sœurs de
Levesville-la-Chenard (fin du xvii» s.), devenues les Sœurs de S. -Paul de Chartres.
5" Depuis la Révolution. — Tous les établissements mentionnés ci-dessus ont disparu à l'époque révolutionnaire. Dès que la liberté religieuse a été rendue à la France, les congrégations y ont reparu, et ont connu au cours du xix^ s. une grande prospérité. Ne pouvant énumérer ici tous leurs établissements dans le diocèse de Chartres, nous nous bornerons à donner un aperçu de leur statistique d'après La Voix de Notre- Dame de Chartres de 1895. Nous laissons de côté les établissements de la viUe de Chartres, dont il a été question plus haut, ainsi que les congrégations purement enseignantes dont nous parlerons ci-dessous.
Trappistines, venues de Mondaye à la Cour-Pétral en 1845 : 1 établissement. — Visitandines : 1 ét. (Dreux). •— Sœurs de S. -Paul de Chartres : environ 80 ét. — Filles de la Charité : 3 ét. — Sœurs de Bon Secours de Chartres : 3 ét. — Sœurs de la Providence de Ruillé-sur-Loir : 7 ét. — - Sœurs de Notre-Dame de Chartres, fondées à Berchères-l'Évêque et autorisées par décret du 23 mars 1857 : 27 ét. — Sœurs de la Présentation de Tours : 4 ét. — Sœurs de l' Immaculée- Conception, fondées à Nogent-le-Rotrou en 1808 : 3 ét. — • Sœurs d'Évron : 3 ét. • — Sœurs de la Charité de Besançon : 2 ét. — Sœurs de la Providence de Langres : 1 ét. — Sœurs de Champigneul : 1 ét.
La loi du 1" juill. 1901 contre les congrégations a été cause de la disparition d'un certain nombre de ces établissements. D'autres modifications sont également survenues. Ainsi les trappistines de la Cour- Pétral ont été remplacées en 1935 par les servantes du S. -Sacrement et l'ancien prieuré d'Épernon a été occupé, en 1936, par les filles de la Croix. Les Pères de Picpus se sont établis à Châteaudun en 1927; les rédemptoristes, à Dreux en 1946. Les Pères du S.- Esprit dirigent depuis 1946 l'orphelinat Notre-Dame au château des Vaux, et les dominicains depuis 1945 l'œuvre Ste-Madeleine à La Ferté-Vidame.
IV. Enseignement. — « La première trace certaine que l'on trouve de l'enseignement primaire en Eure-et- Loir, écrivait Lucien Merlet vers 1874, est une ordonnance capitulaire du chapitre de Chartres de l'année 1324. Dans la séance tenue le mercredi après la S.- Vincent, le chapitre recommande aux curés soumis à sa juridiction d'avoir dans leur paroisse une école primaire... » Même recommandation adressée à tout le diocèse dans les statuts synodaux de 1489, 1526 et 1636. Aux xvii« et xviiie s. se multiplient les fondations, par testament ou par contrat, pour l'établissement ou l'entretien des écoles. Partout où on le peut, les garçons ont leur école et les filles la leur. Il n'y a pas encore pour les filles de congrégations vouées uniquement à l'enseignement, tel du moins qu'on le conçoit aujourd'hui, mais un certain nombre de communautés ont des pensionnaires qu'elles instruisent, et reçoivent même des élèves du dehors. Les frères des écoles chrétiennes de S. -Jean-Baptiste de la Salle ouvrent pour les garçons des écoles à Chartres (1699), à Nogent-le-Rotrou (1723) et à Dreux (1740).
Avant la Révolution, il existe plusieurs collèges. Celui de Dreux remonte à 1536, celui de Chartres à 1572, celui de Bonneval à 1611, celui de Nogent-le- Rotrou à 1654. Quant au collège de Châteaudun, on sait seulement qu'il est antérieur à 1590, date de sa destruction au cours des guerres de la Ligue. Nous avons déjà mentionné l'école militaire de Tiron; il faut aussi ajouter à la liste des collèges l'abbaye des génofévains de S.-Chéron-lès-Chartres où des pensionnaires étaient reçus et instruits.
Pour la formation des clercs, il n'y eut pas d'établissements spéciaux avant le xvii» s. Après quelques essais infructueux auxquels furent mêlés Bourdoise et
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Olier, le premier séminaire fut établi en 1659, dans la banlieue chartraine, au prieuré de Beaulieu, ancieime léproserie. Dirigé d'abord par des prêtres du diocèse, il fut confié, en 1680, aux lazaristes. A la tin du siècle, en 1699, Godet des Marais fonda quatre petits séminaires : un à Chartres, le séminaire S. -Charles, le plus important, où les lazaristes furent appelés en 1719; un à S.-Cyr; un à Fresnes (Ecquevilly), dans le diocèse actuel de Versailles, comme le précédent; un à Nogentle-Rotrou, qui, de fait, paraît s'être confondu avec le collège.
.\près la Révolution, l'enseignement chrétien a passé dans le diocèse de Chartres par les mêmes vicissitudes que dans les autres diocèses de France. Depuis la laïcisation de l'enseignement public, on a cherché à multiplier les écoles congréganiste.s, surtout pour les lilles. Les religieuses du Sacré-Cœur ont ouvert des maisons d'éducation à Chartres et à Châteaudun. Mentionnons aussi celles qui sont tenues par la société fondée par Mlle Delfeuille à Nogent-le-Rotrou (1832), à Chartres et à Dreux. Bénéficiant des dispositions de la loi de 1850, l'institution Notre-Dame de Chartres, collège secondaire pour les garçons, a pris sa forme actuelle en 1854.
Le grand séminaire a été rétabli à Chartres, en 1821, dans les bâtiments de l'ancien petit séminaire S.- Charles; quelques années plus tard, en 1825, un petit séminaire était fondé dans l'ancienne abbaye de S.-Chéron. Dès avant le rétablissement de l'évêché, il y avait eu un petit séminaire, peu important, à Terminiers (1819-33). Un autre petit séminaire fut fondé à Nogent-le-Rotrou en 1853.
Les lois antireligieuses du début de ce siècle (loi contre les congrégations en 1901, loi de Séparation en 1905) ont gravement atteint l'enseignement religieux, et les fidèles ont dû s'imposer de lourds sacrifices pour le sauvegarder. Voici l'état actuel des établissements d'enseignement relevant de l'autorité diocésaine.
Les écoles primaires de garçons sont au nombre de 6 ; 2 sont tenues par les frères des écoles chrétiennes. Il y a 46 écoles de filles, dont 26 tenues par des congréganistes.
Il existe deux établissements secondaires pour les garçons : l'institution Notre-Dame de Chartres et le pensionnat S.-Pierre de Dreux, tenu par les frères des écoles chrétiennes. Il y en a également deux pour les filles : l'institution Jeanne-d'Arc à Chartres, et l'institution Delfeuille à Nogent-le-Rotrou. Il y a en plus deux cours secondaires rattachés à des établissements primaires (institution Guéry à Chartres, institution Delfeuille à Nogent-le-Rotrou).
Deux établissements relèvent également de l'autorité diocésaine : l'école d'agriculture de Nermont, pour les jeunes gens, et l'école ménagère des sœurs de S. -Paul de Chartres pour les jeunes filles.
Pour la formation du clergé, le diocèse dispose actuellement des établissements suivants : du grand séminaire, qui occupe, à Chartres, les bâtiments de l'ancienne abbaye S. -Jean; de la maîtrise, école cléricale fondée en 1853, qui a recueilli les élèves du .séminaire S.-Chéron, et est aujourd'hui le principal petit .séminaire; du petit séminaire de Nogent-le-Rotrou, qui a pu être rétabli en 1934; enfin de l'école cléricale de Mézières-en-Drouais, fondée en 1941 et dirigée par la communauté sacerdotale des Prêtres du (<hrist- Moi, dont les élèves sont conduits jusqu'au sacerdoce.
Outre les ouvrages mentionnés à C.hartrbs (Ville), on pourra consulter :
LiMiTE.s uu DIOCÈSE : Haye, Martyrologe Je l'Église de Chartres, précédé d'une étude sur les liitiiles du diocèse, s. d. [1890J.
Histoire sommaikk : Lehr, Jm Kéforine et les Églises réfornifes dans le départ, actuel d' Eure-et-Loir, 1912.
lÎTABi.rsSKMRNTS RELIGIEUX : Vilbcrt, Dreux... Abrégé hist. de cette ville et de son comté, par le président Eu.^tache de Rotrou, 1879. — • Bordas, Hist. sommaire du Dunois, 1884, 2 vol. — Comte de Souancé, Nogent-le-Rotron, 1916. — Guérard, Cartulaire de l'abbaye S.-Père de Chartres, 1840, 2 vol. — L. Merlet, Cartulaire de l'abbaye de Tiron, 188.'^, 2 vol. — Bigot, Hist. de l'abbaye de S.-Florentin de Bonneval, 1875. — Mêlais, Cartulaire de Notre-Dame de Josapliat, 1911-12, 2 vol. — L. Merlet-L. .Tarry, Cartulaire de la Madeleine de Châteaudun, 1896. — R. Merlet, Cartulaire de S.-Jean-en- Vallée de Chartres, 1906. — C. Lemenestrel- M. Boudet, Annales du couvent des capucins de Dreux, dans Archives du dioc. de Chartres, xxiv, 1914-35. — Métais, Les TempUer.t en Eure-et-Loir, ibid., vu, 1902.
Enseignement : L. Merlet, De l'instruction primaire en Eure-et-Loir avant 1790, dans Mémoires de la Soc. archéol. d'Eure-et-Loir, vi, 1876. — Renard, Le séminaire du Grand- Beaulieu-lès-Chartres, 1890-1908; [,e séminaire S.-Charies de Chartres, 1908.
Y. Delaporte.
CHARTRES (Renaud, oumieux Regnault de), archevêque de Reims et chancelier de France. Il était fils d'Hector de Chartres, seigneur d'Ons-en-Bray, connu par l'établissement du célèbre Coutumier des forêts de Normandie. Destiné à l'Église, il obtint le décanat de Beauvais en 1404, fut nommé archevêque de Reims en 1414 par le pape Jean XXIII, cependant que l'université de Paris écrivait à la municipalité et au chapitre pour tenter de faire élire Jean Canart. Il fut chargé de missions politiques et diplomatiques, assista au concile de Constance et figurait en 1415 parmi les ambassadeurs du roi de France qui conseillaient à Jean XXIII d'abdiquer et lui offraient des garanties de sécurité. Toutes ses occupations firent qu'il résida peu à Reims et il nomma Jean Raimond vicaire général pour l'administration du diocèse. Le 3 oct. 1416 il assistait à la conférence avec les ambassadeurs bourguignons qui réussit seulement à conclure une trêve et, en 1417, à celle de Barneville en face des délégués du roi d'Angleterre; c'est lui qui prit la parole, mais sans rien obtenir et, en avr. 1420, il partit pour l'Écosse où il fit un long séjour et d'où il ramena une armée de 4 000 à 5 000 hommes qui contribua à la victoire de Baugé en mars 1421. Il fut nommé chancelier de France par lettres du 28 mars 1425, mais les sceaux furent rendus au mois d'août à Martin Gouge et il reçut en dédommagement une pension de 2 500 livres. L'année suivante, il fut député à Rome pour chercher une solution à la collation des bénéfices. Il demeurait un des conseillers les plus influents et ses richesses lui permettaient de faire des avances au trésor. En 1427 il accompagna le roi en Poitou et, au mois d'avr. suivant, il faisait partie de l'ambassade envoyée en Écosse en vue du renouvellement des alliances et afin de demander la main de Marguerite d'Écosse pour le dauphin. Les sceaux lui furent rendus par lettres du 8 nov. 1428 et il devait garder son poste jusqu'à sa mort; c'est lui qui dirigeait le Conseil et il fut chargé des pays nouvellement soumis à l'autorité royale.
Il assista en 1429 au couronnement de Charles VII à Reims, étant arrivé dans cette ville peu de jours avant le roi et, après le sacre, le souverain lui fit don des tapisseries qui avaient servi pour la cérémonie. Ce n'est pas sans un sentiment de honte qu'on le voit dans la suite annoncer aux habitants de Reims, qui avaient vu Jeanne dans sa gloire, la prise de l'héroïne devant Compiègne et qu'elle « ne voulait plus croire conseil mais faisait tout à son plaisir •> et que Dieu l'avait i)uiiie « [lour ce qu'elle s'était constituée en orgueil ». Il continue ensuite ses missions diplomatiques; au mois d'oct. 1431 il est envoyé pour traiter de la paix avec le duc de Bourgogne, puis à Auxerre avec les délégués anglais. Il prit part ensuite au congrès qui aboutit au traité d'Arras avec Philippe le Bon, le 21 sept. 1435, les négociations antérieures n'ayant
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amené qu'une trêve. 11 présida eu 1436 la séance d'ouverture du Parlement, nouvellement rétabli à Paris et, en juin 1438, il accompagnait à Cambrai Catherine, fille de Charles VII qui allait épouser Charles le Téméraire. En 1439 il était à la conférence de Gravelines, rompue parce qu'il exigeait la renonciation du roi d'.\iigielerre à ses prétentions sur la France.
11 avait revu l'évêché d'Orléans en conimende, le 17 mars 1439 d'après les registres du Vatican; il y fit son entrée le 2.5 oct. suivant, pendant la tenue des lîtats généraux. Le 18 déc. de la même année, il était créé cardinal au titre de S.-Étienne-du-Mont-Cœlius. En 1442 II confirma par ordre du roi l'établissement du conseil de ville de Reims et rétablit le collège de Reims en l'université de Paris. Il était à Tours avec le loi quand il mourut, le 8 avr. 1444, semble-t-il. Un sceau de lui, sur une charte de 1441, lui attribue le titre de premier pair de France.
F. Duchesne, Hisl. des chanceliers, 483-88. — Marlot, Hist. de Reims, JV, 160-8.5. — N. Valois, La France et le Grand Schisme d'Occident, iv. , — De Beaucourt, Hist. de Charles VII et les autres histoires et chroniciues de l'époque.
M. Prévost.
CHARTREUSE (Grande-) et CHAR- TREUX (Ohdrk des). Voir Grande-Chartreuse.
CHARTREUVE, Curiovornm , Carthooonim , Car- Ihophorum, abbaye de l'ordre de Prémontré, dioc. de Soissons, à 10 km. de Fismes (Aisne), de la circarie de France et filiale de Beaulieu. Abbaye fondée par Odon de Bailleul (de Balliolo), seigneur de Chéry, en 1133 (le Trésor des chron. donne vers 1100 [?], et U. Chevalier, 1200). Cependant, ses origines restent obscures : il semble en effet que le monastère existant sous la règle de S. Augustin, et peut-être occupé par des moniales, remonte à 1122. D'après les documents de Beaulieu, ce monastère ne passa à l'ordre de Prémontré qu'en 1140 ou 1145. Les chroniqueurs se plaignent des pertes subies par les archives de Chartreuve. Le passé de ce monastère reste fort incomplet.
Liste des abbés. — Girelm ou Girlem, 1134, 1150 et 1158. — Robert, venu de Vicoigne, vers 1179. — Willerm, 1178 et 1 185. — Pierre, 1192. — Baudouin de Chartreuve, passa en 1201 à Prémontré. — Louis, 1213. — Gilles. — Eustache. 1244. ■ — Robert des Cosses, 1265. — Hugues. — Jean. — Manassès, 1300, t le 9 mai. — Bernard, 1315. — Jean II Chaudroy, 1338. — Thibaut. — Jacques, résigna, f 23 déc. — Hugues II, venu de Braine. — Théodéric. — Gervais.
— Bertrand de Cury, 1409. — Jean III, vivait en 1426. — Thomas le Fèvre, 1465. — Radulphe de Lannois, 1516, f 7 déc, après 1616. — Antoine Parent, élu le 2 févr. 1517, f 4 juin 1530; fut le dernier abbé régulier. — Guillaume le Petit, premier abbé commendataire. — Nicolas Guerrin, docteur en médecine et professeur, obtint l'abbaye en 1545, et fut forcé, par sentence du parlement de Paris, d'abandonner une \ part des revenus de l'abbaye pour l'entretien des ' religieux. — Jean Panyer, f 2 janv. 1578. — Henri { Nidet, t 1582. — Théodéric Moët, f 1582. — François Brulart, archidiacre de Reims, abbé de 1588 à 1601. — ! François le Picard, conseiller et aumônier de la reine.
— Simon de Gras, évêque de Soissons, f 28 oct. 1656. - — Cliarles de Bourbon, évêque de Soissons, f 26 oct. 1685. — René de Morlay, t 1710. — N. de Clairembault, t 1718. — Nicolas Hubert de Mongaut, duc de Chartres puis d'Orléans, eu possession en 1726, et après cette date.
Archives : dép. de l'Aisne; bibl. de Reims. — C.-L. Hugo, Annales, i, 475; Proh., 377.5-78. — Galliu citrisl. netiis, IV, 224; nooa, ix, 483-85.
M. -A. Erens.
C II ASSAC. NI'. r>76
CHASCH, Kâsh, Kâs, Khûsh, Qas, localité du Ségestan située au sud-est de Farah. Est mentionnée dans le synode de Mâr Abâ (544) comme constituant, avec Farah et Zarang, le territoire soumis à la juridiction de l'évêque Yazd-Aphrïd.
O. Braun, Das Buch der Synhados, Stuttgart, 1900, p. 117.
— J.-B. Chabot, Synodicon orientale, dans Notices et extraits, xxxvii, Paris, 1902, p. 343 sq., 680. — G. Le Strange, The Lands of the Eastern Caliphate, Cambridge, 1905, 342 sq. — E. Sachau, Ziir Ausbreitung des Christenlums in Asie/1, dans Ahh. der preiiss. Akad. der Wiss. (1919), phil.-liist. Kl., I, Berlin, 1919, p. 67. — A. Mingana, The early Spread of Christianity in Central Asia and the Far East, dans Bull, o/ the .John Rylands Library Manchester, IX. 1925, p. 319 sq.
Akn. Van Lantschoot.
CHASES (Les), Casae, abbaye de bénédictines sous le patronage de S. Pierre, dioc. de S.-Flour, auj.du Puy, comm. de S.-Julien-des-Chazes (Hte-Loire), sur l'Allier. Ce monastère, le plus renommé de l'Auvergne, fut fondé vers 800 par la femme de Claude, seigneur de Chanteuges. Au xi« s., il reçut la direction de S. Pierre de Chavanon. Il se soumit, en 1637, à la juridiction et à la visite du prieur de La Chaise-Dieu, puis, en 1670, s'unit à l'ordre de Cluny, après que les religieux de S.-Maur eurent refusé de le diriger.
Liste des abbesses. — Blanche de Seissac, 1213. — ■ Laure, 1221. — Guillemine P« de Gravier, 1255. — Guillemine II de Petra, 1263, 1272. — Marguerite I" de AUegria, 1282, 1311. — Isabelle de Langeac, 1322, 1362. — Marguerite II de Prunet, 1375, 1390. — Beatrix de Vergerac, 1403, 1421. — • Marie I'« de Aubeyra, 1431, 1457. — Marie II de Langeac, 1462, 1475. — Isabelle, 1482. — Blanche de Langeac, 1482.
— Antoinette de Chalançon, 1494, démissionna, t 1533. — Gabrielle de la Fayette, 1531, f 1541. — Isabelle II de la Fayette, 1543, t 1563. — Catherine de Rivoyre, 1566, f 1609. — Jeanne de Beauvergier Montgon, 1613, t 1662. — Françoise de Beauvergier Montgon, sa nièce, coadj. 1642, t 1675. — Charlotte de Beauvergier Montgon, coadj. 1665, f 1715. — • Marie- Louise de Beauvergier Montgon, 1715. — Élisabeth- Henriette de Beauvergier Montgon, coadj. 1721.
Beaunier-Besse, Abbayes et prieurés..., v, 270. — Chabrier. L'abbaye de S.-Pierre-des-Chazes en Auvergne, dans Annales de la Soc. d'agric. du Puy, xxxv, 1889-97, p. 159- 69. — Cottineau, 719. — Gall. christ., ii, 452. — J. Pouget, Les Chazes, dans Alin. de Brionde, iv, 1923, p. 111-12. — Spicil. Brivat., 549-5.58.
R. Van Doren.
CHASSAGNE, Cassania, La Chassaigne, ancienne abbaye cistercienne située sur la comm. de Crans, dans les Dombes (Ain), dioc. de Belley, jadis de Lyon. Étienne II de Villars, sur le point de partir à la croisade, avait fait don à Ainard, abbé de S.-Sulpice en Bugey, de plusieurs propriétés : Chassagne et autres lieux. L'abbé mit quelque lenteur à créer une maison filiale; ce n'était d'ailleurs pas une condition apposée dans les actes de 1145. La croisade terminée, le donateur revint et exigea la fondation d'une abbaye; elle commença le 1" nov. 1162. Les années qui suivirent furent marquées par des donations et acquisitions; la famille de la Palud fut noblement généreuse. En 1314, l'abbé de Hautecombe se déchargea sur Chassagne du soin de refaire le fameux pont du Rhône; lourde tâche qui absorba les belles forêts de l'abbaye. Trente ans après, Jean de Lay, abbé démissionnaire, voulut s'emparer d'une ferme dépendant du monastère, sous prétexte qu'une pension lui était due. Le chapitre de Cîteaux dut le menacer d'excommunication. Les difficultés furent plus graves en 1548 quand, au lieu d'un abbé régulièrement élu, le pouvoir civil voulut imposer un commendataire, Pierre de Gondy, futur cardinal et évêque de Paris. Les elTorts des