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CHATEAU-LANDON

rétablit la discipline, t 25 déc. 1656 à l'abbaye de S.-Nicolas-des-Prés. — Michel Roguet, f 21 sept. 1675, et inhumé près du maître-autel de l'abbatiale. Il eut un coadjuteur à la fin de sa vie. — Jean III Grard, béni le 26 août 1676, par Gilbert de Choiseul, évêque de Tournai, f 22 juill. 1684. — Basile I" Wery, béni par l'archevêque de Cambrai, le 29 avr. 1685, t 15 avr. 1711. — Basile II de Lespierre, béni par l'abbé de Floreffe, vicaire général de l'ordre. — Gaillard Delvigne, né à Valenciennes, élu abbé au commencement de 1747. — Antoine Delvigne, nommé le 15 nov. 1787, expulsé par la Révolution, rentra un instant en possession de ses biens en 1794 pendant l'occupation autrichienne, fut expulsé définitivement, se retira à Tournai où il fut nommé chanoine, et mourut le 21 avr.

Ahchives : dép. du Nord; Paris, Bibl. nat.; Mons, arch. de l'État; bibl. de Douai. — C.-L. Hugo, Annales, i, 489; Prob., 380-82. — Gallia christ, (vêtus) m, 468. — Le Glay, Cameracum christianum, 1849, p. 338 sq.; Mémoire sur les archives du monastère de Château-V Abbage, dans Archives hist. du nord de la France, Valenciennes, 1858. — J. Van Genechten, Rond de afzetting van den abt van Châteaul' Abbaye, Hermès du Pont (1625-29), dans Analecta Praemonstratensia, ii, 1928, p. 154-72. — J. Gennevoise, L'abbaye de S.-Martin-du-Château, dans Bull. trim. de la Soc. d'études de la prov. de Cambrai, xxxvm, 1938-40, p. 57-131.

M. -A. Erens.

CHATEAU-LANDON (S.-Séverin), Castrum Nantonis, cant. et arr. de Fontainebleau (Seine-et- Marne), dioc. de Sens, auj. de Meaux. D'après l'antique Vita S. Severini (B. H. L., 7643-46), S. Séverin, abbé d'Agaune, aurait été appelé vers 507 auprès de Clovis pour le guérir d'un mal pernicieux. Sur le chemin du retour il se serait arrêté dans un petit oratoire de bois à Château-Landon pour y mourir. Childebert aurait construit une basilique à cet endroit et y aurait placé une communauté de clercs (Vita, éd. Krusch, dans M. G. H., Rer. merov. script., m, 168- 70). Mais la critique moderne ne laisse rien subsister de cette légende (M. Besson, S. Séverin a-t-il été abbé de S.-Maurice?, dans Revue d'hist. ecclés. de Suisse, V, 1911, p. 205-09). Du moins l'activité de l'hagiographe atteste-t-elle l'existence, aux viii» et ix« s., d'une communauté de clercs vénérant les reliques d'un S. Séverin et revendiquant le privilège de l'immunité, accordé selon eux par Childebert (Krusch, op. et loc. cit., 168-69).

La communauté ne réapparaît dans l'histoire qu'au début du xn» s., lorsque, en 1125, Louis VII accorde aux chanoines de S. -Victor la jouissance des annates dans plusieurs des collégiales royales, entre autres S.-Séverin (Fourier-Bonnard, i, 21). Une vingtaine d'années après, la règle de S. Augustin est introduite dans la collégiale, sinon à l'initiative, du moins avec l'approbation du roi Louis VII qui donne aux canonici régulâtes, en pleine liberté, les églises de S.-Séverin, de S.-Tuguale et les autres dépendances de l'ancienne collégiale. Le premier abbé semble avoir été pris dans la communauté régulière de S. -Jean de Sens, car il est qualifié par l'archevêque de Sens de noster Senonensisque Ecclesiae subiectus et professus, dans une charte par laquelle le prélat unit à S.-Séverin, tenera et novella religio, la communauté de Noère où la trop grande pauvreté nuit au maintien de la discipline claustrale (Gall. christ., xii, Instrum., 37-38).

Favorisée par de nombreuses donations du roi Louis VII, l'abbaye voit en outre ses droits confirmés par les papes Adrien IV en 1156, Anastase IV en 1158, Alexandre III en 1163, Lucius III en 1181. Les pontifes s'efforcent d'apaiser le conflit survenu entre S.- Séverin et S.-Victor au sujet de la perception des annates (P. L., ce, 196). Ils approuvent la fondation

d'un prieuré dans l'ancienne collégiale S. -Sauveur de Melun, celle d'un hôpital desservi par un chanoine à Château-Landon et confirment la possession de l'église Ste-Croix donnée par Philippe Auguste en 1181. La construction de tout autre sanctuaire dans l'agglomération de Château-Landon est soumise à leur permission {P. L., ce, 200).

L'abbaye où la vie régulière semble s'être maintenue durant les xiii" et xiv« s. est entièrement détruite par les Anglais vers 1450. Seules les reliques de S. Séverin échappent à ce désastre. Dans ces conditions, la vie régulière devient impossible. Un eordelier placé canoniquement à la tète des chanoines ne peut réprimer les abus car, pour lui faire pièce, ces derniers lui opposent l'un d'eux, Antoine Carin. Le eordelier résigne alors l'abbaye en faveur de Jacques d'Aubusson, protonotaire apostolique, qui, malgré la résistance de la communauté, prend possession de S.-Séverin, soumet les rebelles et relègue Carin dans le prieuré de S. -Sauveur. Abandonnant l'idée d'une réforme par S.-Victor, l'abbé commendataire, sur le conseil de Jean Standonck, fait appel au grand centre religieux des Pays- Bas, Windesheim. En 1497, six chanoines de cette abbaye, ayant à leur tête le Bruxellois Jean Mombaer, appelé en France Mauburne, se présentent à la porte de l'abbaye avec un ordre royal et la protection de l'évêque de Paris. Grâce à ces appuis, ils parviennent à triompher de l'opposition des anciens chanoines de S.-Séverin (Fourier-Bonnard, i, 447-51; P. Debongnie, Jean Mombaer de Bruxelles, abbé de Livry. Ses écrits et ses réformes, Louvain, 1928, Unio. de Louvain. Recueil de travaux, II« sér., fasc. xi).

Dès ce moment, l'abbaye devient le centre du mouvement qui, grâce à l'action de Mauburne, devenu en 1499 abbé de N.-D. de Livry, aboutit en 1503 à la formation de la « congrégation des Chanoines réguliers de l'ordre de S. -Augustin réformé au royaume de France». Elle comprend à cette date les abbayes de Livry, de Falempin, de Cisoing, de Château-Landon et le prieuré de S. -Sauveur de Melun. Le prieur Jean Goth participe à la rédaction des statuts de la nouvelle congrégation qui sont officiellement approuvés en 1508. Il séjourne en 1515 à S.-Victor pour préparer l'entrée de cette maison dans la réforme, ce qui eut lieu la même année. Les chapitres généraux de la congrégation, appelée désormais de S.-Victor, se réunissent chaque année; ils ont lieu à Château-Landon en 1533, 1563, 1575, 1580 et 1603. Le successeur de Jacques d'Aubusson, Noël Osoud, de même que Chrétien de Hert, prieur de S. -Sauveur, se distinguent par leur ferveur et leur compétence. Le premier devient général de la congrégation au moment où celle-ci gagne les abbayes de La Chaage, La Roche, La Victoire, Hérivaux, S.-Samson d'Orléans, S.-Ambroise de Bourges, S. -Jean de Sens, la cathédrale de Séez, les prieurés de S. -Lazare et de Beaurepaire (Fourier-Bonnard, i, 1-19). L'histoire de cette période particulièrement brillante serait encore à écrire à l'aide des nombreux documents conservés à la bibliothèque Ste-Geneviève : le Liber de origine canonicorum reformatorum in regno Franciae anno Christi 1496 a coniemporaneo canonico S. Severini, mss. 574 et 618 (copie du xvii» s.); la correspondance relative à cette réforme contenue dans le ms. 1149-1150 (copie du xvii= s.); les statuts de 1505-08 et les décisions des chapitres généraux tenus jusqu'au xvii« s., d'après les mss. 1641, 2963, 2967, et le Paris, Bibl. nat., lat. 15202; les textes de spiritualité contenus dans les mss. 1921 (Rosarium de Mauburne, remanié à Château-Landon), 2963 (règle de S. Augustin et varia), 1646 (textes de S. Bernard, Hugues de S.-Victor, etc.); le nécrologe du xvii« s., arch. dép., H 20.

Malheureusement, le successeur d'Osoud, Prégent

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