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CHATEAU- L'ERMITAGE

de Moustier, va compromettre l'œuvre de la réforme. En 1547, les chanoines obtiennent la séparation des menses afin de se libérer de l'autorité de leur abbé tombé dans l'hérésie. Au début du xvii« s., l'abbé général de S. -Germain n'arrive pas à faire reconnaître son autorité et bientôt, en 1636, sous l'abbé Pierre II, une nouvelle réforme est introduite par l'afFiliation à la congrégation de Ste-Geneviève ou congrégation de France {Gall. christ., xii, 201; Fourier-Bonnard, II, 121-25).

■ Malgré cette dernière mesure, l'abbaye ne retrouve plus une grande vitalité. .\ la fin du xviii"' s., les revenus sont répartis de la manière suivante : 4 762 livres pour la mense conventuelle et 6 360 pour le commendataire. A la veille de la Révolution on n'y trouve qu'un prieur-curé, Jacques-François Feucher, et un chanoine faisant fonction de procureur, Jean- Antoine Robert. Le premier prêtera le serment constitutionnel et deviendra curé de la seule paroisse admise par le gouvernement, Notre-Dame. La vente des biens rapporte 102 514 livres. Les bâtiments sont divisés entre plusieurs acquéreurs. Au cours du xix« s., la maison claustrale est transformée en asile d'aliénés (A. BafToy, Les derniers jours de l'abbaye S.-Séverin de Château-Landon, dans Annales de la Soc. hist. et archéol. du Gâtinais, xxviii, 1910, p. 75 sq.).

Liste des abbés (d'après Gall. christ., xiii, 200). — Bérard, 1125. — Garnier, 1151-55. — Godefroid, 1156.

— Garnier, 1157-66. — Jean I", 1173-78. — Hugues, 1180-85. — Étienne I", 1188-1209. — R..., 1213. — Jean II, 1215-21. — André, 1227. — Remy, 1233-39.

— Gautier, 1244-53. — Philippe de Soisy, 1261-79. — N..., 1279. — Guillaume, 1282-88. — Pierre I", 1308.

— Jean III, 1310. — Clément, 1310-12. — Étienne II, 1322-27. — Jacques I", 1345. — Jean IV, 1410-36. — Robert Junain, 1442-68. — Antoine Cabrin, 1469-76.

— Jacques II d'Aubusson, commendataire, 1476- 1519. — Nicolas I" Osoud, 1519-40. — Prégent du Moustier, 1540-72. — Nicolas II Faverel, 1572-86. — Charles Fougeu d'Escures? — Pierre II Fougeu, 1621-37. — Pierre III de Poussemothe, 1638-61. — Jean-Édouard de Poussemothe, 1661-65. — Pierre IV de Poussemothe, 1666-67. — Pierre-François Seguier, 1667-89. — Henri de la Grange-Trianon, 1689-1730. — N. d'Aigreville de Millancourt, 1731.

.\rchives : nat., Q 1402; dép. de Seine-et-Marne, H 51-71; Inventaire somniaire, par L. Lemaire, Paris, 1864, p. 13-18; outre les mss. cités, Paris, Bibl. nat., lat. 13886.

— Beaunier-Besse, Abbayes et prieurés..., vi, 38. — Gall. christ., XII, 200-02; Instrum., 37-38. — Dorvet, Château- Landon et l'abbaye S.-Séoerin, Fontainebleau, 1877. — A. Préaux, Notes et souvenirs. Tulle, 1910. — Fourier-Bonnard, Hist. de l'abbaye royale... de S.-Victor de Paris, Paris, s. d., 2 vol. — A. BafToy, Les derniers jours de l'abbaye S.-Séverin de Château-Landon, dans Annales de la Soc. hist. et archéol. du Gâtinais, xxviii, 1910, p. 75 sq.

Ch. Dereine.

CHATEAU-L'ERMITAGE, Casletliensis ou Caslelliensis in heremo, arr. de La Flèche, dép. de la Sarthe, dioc. du Mans. D'après une tradition incontrôlable, des solitaires se seraient succédé depuis le x« s. dans un ermitage situé parmi les ruines d'un camp romain, sur la butte S. -Thibaut, à l'orée de la forêt de Douvre. Les documents attestent en tout cas leur présence au début du xiF s. Ils se rattachent très probablement au mouvement ascétique lancé dans cette région par les prédicateurs errants tels que Robert d'Arbrissel et Bernard de Tiron. Comme tant d'autres, l'ermite Gilbert et ses disciples adoptent, après un certain temps, la règle de S. Augustin. La communauté bénéficie des largesses d'Hélie de la Flèche, de Foulque d'Anjou et de Geoffroy, son fils. En 1146, l'église est consacrée par l'évêque du Mans, Guillaume, qui dans

une charte rappelle les origines érémitiqueset confirme le statut de la fondation.

Au xiii" s., la discipline conventuelle se maintient et le monastère s'enrichit par acquisitions ou par donations. Un lien de fraternité est établi à cette époque avec l'abbaye de Beaulieu au Mans. Mais l'invasion anglaise arrête cet essor et, en 1356, le prieur est obligé de solliciter la charité des fidèles pour maintenir la vie conventuelle. Un peu plus tard un conflit s'élève entre les prieurs qui prétendent à l'exemption et les évêques du Mans. Malgré les interventions de Grégoire IX, l'autorité diocésaine est maintenue sur la communauté. Le début du xv« s. marque le retour des dévastations. Une bulle d'indulgence accordée par Eugène IV et les largesses du roi René permettent une restauration provisoire car, en 1491, le prieuré est ruiné de fond en comble. Il comptait à cette époque au moins huit religieux.

Malgré les efforts faits par les religieux pour maintenir les élections régulières, suivant l'antique coutume, la commende est introduite à la fin du xv« s. Les élus de la communauté et les commendataires nommés par le roi et le pape entrent en compétition en 1549-52, en 1573-76 et en 1578-80. En outre, durant l'année 1589, la vieille fortification est occupée par les ligueurs. Dans ces conditions, la vie régulière est impossible et les chanoines jouissent de pensions personnelles servies par le prieur commendataire qui détient tous les droits sur le patrimoine.

Mais la réforme qui s'étend progressivement en France au xvii« s. gagne aussi Château-l'Ermitage. En 1637, P. Gallet, prieur de la Toussaint d'Angers, arrive en qualité de visiteur et, en 1652, l'affiliation à la congrégation de France est chose faite. Seuls deux des plus anciens religieux refusent de s'y plier et une pension leur est servie jusqu'à la mort. Malgré cette restauration de la vie régulière, les commendataires continuent à occuper le priorat, mais il est spécifié qu'ils ne peuvent intervenir dans la discipline intérieure. A la veille de la Révolution, le prieuré compte 6 profès et 5 novices. Tous les profès manifestent leur désir de persévérer dans leurs vœux et, en qualité de curé, le prieur revendique la possession de la cure et d'une pension adéquate. Les revenus sont évalués à 32 500 livres. La communauté est dispersée et les biens sont acquis le 28 juin 1791 par G. Joulin.

Liste des prieurs (d'après H. Roquet) : A..., 1175. — ■ Matthieu, 1188. — Aucher, 1189-1203. — Gervais, 1225-29. — Jean, 1245. — Pierre, 1290. — Thibaut, 1293. — Thomas de Sablé, 1328-39. — Foulques Guillon, 1365-71. — Denis Bélier, 1378-1411. — Jean Bourgeois, 1411-35. — Jacques du Verger, 1435-45.

— Adam More l", 1445-77. — Payen de Brie (commendataire), 1477-1504. — Adam More II, 1504-20.

— Louis de Taillye, 1520-49. — Jacques^de Taillye, 1549-73. — François Quanette, 1573-76. — Martin de Beaume, 1576-78. — René Daillon, 1578-1600. — Charles Guilloteau, 1604-12. — Gaspard de Daillon, 1612-76. — Louis de Monlezun de Busca, 1684-92.

— Antoine-François de Monlezun de Busca, 1692- 95. — René de Boufilers, 1695-1721. — Adrien des Champs, 1721-41. — J.-B. Benoît d'Hélyot, 1745-86.

— René-Henri de Carbonnieure de S.-Brice, 1786-90. Archives nat., Paris, MM 894 ; Inventaire des arch.

dép. de la Sarthe, i, 224-53; arch. du Cogner, H 223-26; bibl. de Reims, coll. Tarbe, n. 154; Paris, Bibl. nat., ms. lat. 9067, fol. 2.''j2 sq.; bibl. Ste-Geneviève, ms. 608, fol. 296; 675, fol. 272-98. — De Mailly, Documents hist. sur le prieuré conventuel de Château-l'Ermitage, Le Mans, 1869. — E. Bûcher, Anniversaires de Château-l'Ermitage, dans Le manuscrit, 1895, p. 88-91. — H. Roquet, Le prieuré conventuel de Château-l'Ermitage, dans La province du Maine, 1937-40, passim.

Ch. Deheine.

CHATEAUBRTA ND

- CHATE AUVILLAIN

CHATEAUBRIAND (François-Rknk, vicomte i)K), homme d'État et écrivain français (17ti8- 1H4.S). Voir D. T. C, ii, 2331-39.

CHATEAUDUN, Caslrodunum, Castellum Ihinum, Casiriim Dimense, etc., ville située dans la partie méridionale du dioc. actuel de Chartres, sur une ])osition dominant la vallée du Loir. Cette ville a eu autrefois une certaine importance au point de vue ecclésiastique comme ayant été deux fois la résidence d'un évêque.

Après la mort de l 'évêque de Chartres Flavius, Solenne fut désigné par le roi Clovis 1" pour lui succéder, mais il se cacha et ne reparut que lorsque Aventin eut été ordonné à sa place. Ayant reçu malgré lui la consécration épiscopale, il envoya Aventin à Châteaudun pour administrer le pays dunois. Aventin succéda à Solenne, mais continua peut-être de résider à Chàteaudun. Il prit part au concile d'Orléans de .'ill.

Un peu plus tard, Sigebert, à qui appartenait Chàteaudun, essaya d'y fonder un évêché pour la partie austrasienne de la civitas Carnotum; son choix tomba sur un clerc nommé Promotus. Pappolus, évêque de Chartres, protesta, et le concile de Paris de 573 lui donna gain de cause ; cependant, protégé par Sigebert, Promotus se maintint quelque temps à Chàteaudun.

Nous n'avons pas à revenir sur ce que nous avons dit à propos de Chartres (diocèse) au sujet des monastères, chapitres et congrégations de Chàteaudun. Avant la Révolution, pour une population où l'on comptait 3 240 communiants, Chàteaudun possédait six paroisses : La Madeleine, S.-Aignan, S.- Lubin, S.-Médard, S. -Pierre, S.-Valérien, plus la paroisse suburbaine de S.-Jean-de-la-Chaîne. Aujourd'hui Chàteaudun est une ville d'un peu plus de 7 000 âmes réparties en trois paroisses : La Madeleine, S.- Valérien et S.-Jean-de-la-Chaîne. Les religieux de la congrégation de Picpus y ont un établissement depuis

La ville de Chàteaudun a été, à plusieurs reprises, cruellement éprouvée; elle a été incendiée pendant les guerres de la Ligue (1590), en 1723 et en 1870. Les événements de 1940 ont causé l'incendie de l'église de La Madeleine qui, actuellement (1950), n'est pas encore entièrement restaurée.

On conçoit qu'après de telles vicissitudes les monuments religieux ne soient plus très nombreux à Chàteaudun. L'église S.-Valérien, des premiers temps de l'art gothique avec un beau clocher flamboyant, est la mieux conservée. La Madeleine possède de belles parties dont les plus anciennes remontent à l'époque romane; S.-Jean-de-la-Chaîne date en grande partie des XI" et xii« s. La chapelle du château, œuvre charmante du xv" s., possède de très belles statues. Désaffectée, elle a servi au culte ]>lusieurs années après l'incendie de La Madeleine en 1940. L'ancienne chapelle du Champdé, du début du xvi" s., sur la paroisse S.-Valérien, détériorée par un incendie en 1878, mais réparable, a été regrettablement démolie; il n'en subsiste que la façade.

A. S., sept., VII, 68-70. — Bordas, Hist. sommaire du Dunois, ouvrage du xviii' s., publié seulement en 1884. — Duchesne, ii, 422-23. — Gall. christ., vni, 1744, col. 109.5, 1098. — Lepinois-Merlet, Cariulaire de Notre-Dame de Chartres, 1862, p. xxxi. — Outardel, Chàteaudun, Monuments religieux, dans Le XCIII' congrès archéol., de la Soc. française d'archéol. -- Soc. danoise, Bulletin, passim.

Y. Dklaportf..

CHATEAUNEUF (Bertrand de). Voir Bertrand, archevêque d'Embrun, vin, 1056.

CHATEAUROUX (S. -Sauveur -et- S.- Gil- DAs), Caslrum Kodulfi, S. Gildasius ad Indrum, cheflieu de l'Indre. Abbaye de bénédictins fondée vers 913

par Kbbes, seigneur de Déols, pour les moines de Rhuys fuyant devant les Normands avec leurs reli-: ques. Elle fut sécularisée en 1623, à la demande d Henri de Bourbon-Condé. On voit encore les vestige des bâtiments claustraux.

Liste des abbés. — Dajocus. — Durand, 1040. Vital, 1067. — Nicolas, 1178. — S..., 1202. — Geoffroy, 1206. — Emeno, 1210. — P..., 1219. — Théobald, 1231. — Pierre, 1234. — Guillaume Warmaul, 1235. — Guidon, 1256. — Geoffroy, 1263. — Jean, 1409, envoya un délégué au concile de Pise. — Thomas de Leffe, 1456, f 1462. — Jean de Montalembert, prieur de S.-Martin-des-Champs, devint en 1470 évêque de Montauban. — ■ François Guerin, 1512. — Jean II Niquet, 1571. — François de Chenevières, conseiller et aumônier du roi, abbé commendataire, t 1616.

Beaunier-Besse, Abbayes et prieurés..., v, 31. — Chevalier, T. B., 2706. — Cottineau, 733. — Fauconneau-Dufresne, Hist. de Déols et de Chàteauroux, i, 153-168. — Gall. christ., II, 153. ~ Mabillon, Ann. O. S. B., i, 23, 151 ; iv, 440.

R. Van Doren.

CHATEAUROUX-LES-ALPES, Caslrum Rodulphi, dioc, cant. et arr. d'Embrun, auj. dioc. de Gap (Htes-Alpes). Une abbaye de bénédictins, de l'ordre de Chalais, y fut fondée en 1124, sous le titre de la Ste-Croix. En 1293, elle fut unie à Boscodon {D. H. G. E., IX, 1309), ainsi que son monastère dépendant, S. -André des Baumes, et fut réduite au rang de prieuré. Après sa suppression, ses biens furent attribués en 1584 au séminaire d'Embrun.

A. Albert, Hist. du dioc. d'Embrun, i, 139-40. — Beaunier-Besse, Abbayes et prieurés..., ii, 165. — Chevalier, T. B., 2791. — Cottineau, 733. — D. H. G. E., xii, 266. — Gall. christ., m, 1107.

R. Van Doren.

1. CHATEAUVILLAIN (Jean de). Issu de Jean I", seigneur de Châteauvillain et d'autres lieux, et de Jeanne de Luzy, il était chanoine de Châlons-sur-Marne et diacre quand l'épiscopat à Chàlons même lui échut (24 avr. 1285). Honorius IV lui permit de retarder la réception de la consécration épiscopale jusqu'au 1<"' nov. (M. Prou, Les registres d'Honorius IV, Paris, 1889, n. 21). Jean assista à la translation du chef de S. Louis à la Ste-Chapelle, le mardi 17 mai 1306 (É. Baluze, Vilae paparum Avenionensium, éd. G. Mollat, m, 63-64). Il eut de longs démêlés avec le chapitre de sa cathédrale au sujet de la juridiction spirituelle et temporelle. On trouve son nom parmi les évêques qui se rendirent au concile de Vienne (1311-1312) (E. Millier, Das Konzil von Vienne, Munster-en-W., 1934, 76). Mort le 2 avr. 1313.

A. Duchesne, Hist. généalogique de la maison de Chasteauuillain, 42 et Preuves, 37-40, dans Hist. généalogique de la maison royale de Dreux, Paris, 16.31. — Gall. christ., ix, 889-90.

G. Mollat.

2. CHATEAUVILLAIN (Simon de). Il eut pour père Simon II et pour mère Marie de Flandre. Le 5 mai 1325, Jean XXII lui conféra un canonicat à Tournai et l'autorisa à cumuler les canonicats de Langres et de S. -Servais de Maëstricht en Hollande (G. Mollat, Lettres communes de Jean XXi/. v, 22271). Le 6 avr. 1328, le pape lui donnait l 'évêché de Chàlons-sur-Marne et lui permettait de recevoir le diaconat, la prêtrise et la consécration épiscopale des mains d'un évêque de son choix. La cérémonie eut lieu tardivement, car le 30 avr. 1330 seulement le canonicat et la prébende qu'il possédait à Langres étaient attribués à un candidat pontifical. Simon assista au concile de Compiègne (1329) et à l'assemblée du clergé tenue la même année à Vincennes. Il se décida à prendre la croix et à suivre en Orient Philippe VI de

CHATEAUVILLAIN

C HATILLUiX

\ alois (bulle du 20 sept. 1333 lui accordant la permission) (G. iMoUat, op. cit., vu, 40813, 40988 et 41110; IX, 49442; xm, 61455). Il n'exécuta pas son projet et mourut le 8 janv. 1335.

Gall. chrisliana, ix, 891. — A. Duchesne, Hist. généalogique de la maison de Brojes et de Cliasteauvillain, 45 et Preuves, 40-41, dans Hist. généalogique de la maison royale de Dreux, Paris, 1631.

G. AlOLLAT.

CHATEL (F'erdinand-François), prêtre français, fondateur de 1' « Église catholique française », t 1857. Voir D. T. C, ii, 2339-50.

CH ATELLIER (Charles-Louis oeSalmon du), 1761-1841, évêque d'Évreux, né le 24 août 1761, au château du Chàtellier, fut tonsuré à douze ans et chanoine du Mans à vingt et un ans. La Révolution l'oblige à s'exiler dans les Pays-Bas, puis en Angleterre où il prêche et compose divers écrits. Rentré en France en 1814, il est nommé aumônier du comte d'Artois. Désigné en 1817 pour l'évêché de Laon qu'il est question de rétablir, puis, en 1821, pour celui de Mende, il se trouve dans une situation pécuniaire difficile, car sa nomination a eu pour premier effet la suppression de son traitement d'aumônier. Cette nomination est d'ailleurs rapportée et c'est à Évreux qu'il sera finalement envoyé : sacré le 2 juin 1822 par Mgr de Quélen, il prendra possession de son siège le 17 juillet.

A Évreux, il rétablit l'oHice canonial, récupère l'évêché, où la préfecture s'était installée, et fonde un petit séminaire. Le 5 déc. 1824 il est gratifié du titre de comte et appelé à siéger à la Chambre des pairs. Quand paraissent les ordonnances de 1828, il adresse à Mgr Feutrier des observations si véhémentes que celui-ci en mourut, j)araît-il, de chagrin. De 1827 à 1829 il procède à une réforme de la liturgie pour faire disparaître les « bigarrures liturgiques » consécutives à l'annexion au diocèse d'Évreux de régions appartenant naguère aux diocèses de Rouen et de Lisieux. L'une de ses dernières créations fut la fondation d'une caisse de secours pour les jjrètres âgés et infirmes. En 1828 il perd la vue, mais il continue d'officier aux quatre grandes fêtes de l'année : il apprend plusieurs messes par cœur. La chute de Charles X l'affecte beaucoup et, quand le monarque partant pour l'exil passe à Verneuil, il va le saluer. Il mourut le 8 avr.

Abbé Uelanoë (vicaire général et confident de Mgr du Chàtellier), Éloge hist. de Mgr Charles-Louis de Salmon du Chàtellier, Évreux, 1842. — Répertoire de l'épiscopat concordataire. — Chan. Bonnenfant, liist. générale du dioc. d'Évreux, ii, Paris, 1933, p. 136, 203-05, 208, 221, 245.

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