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CHAUNY

CHAUVIGNÉ

diocèse de Langres, d'où il revient peu après pour occuper le siège épiscopal de Noyon (D. H. G. E., VI, 1420).

Dans sa première ferveur la communauté exerce une certaine attraction sur les clercs du diocèse. Tel par ex. Alulfe, archidiacre de Noyon, qui succède à Baudouin vers 1135. Désireux d'assurer plus de calme à ses religieux, il procède au transfert de l'abbaye en un lieu appelé S.-Éloi-Fontaine, à 6 km. de la ville (milieu du xii^ s.). Pendant quelque temps une partie de la communauté continue à assurer le service divin à Chauny, mais dans la suite cette église devient une simple cure desservie par un religieux (archives communales de Chauny, G G 21).

Le temporel de l'abbaye se développe rapidement aux xii« et XIII' s., grâce à la générosité des évêques de Noyon qui donnent onze églises. Les comtes de Flandre et de Vermandois imitent leur exemple, de même que les rois de France. Par le fait même les chanoines possèdent des droits très étendus sur la ville de Chauny, entre autres sur les moulins, le cours de l'Oise, les remparts et l'hôpital. La cloche de Notre- Dame est en même temps celle de la commune. Un règlement intervient dès 1213 pour fixer l'utilisation des moulins par les habitants mais, malgré cela, la commune entre souvent en conflit avec l'abbaye sur ce point comme sur beaucoup d'autres (archives de Chauny, DD 13-15; BB 32-33). Des privilèges accordés en 1139 par Innocent II, en 1147 par Eugène III, en 1155 par Adrien IV viennent renforcer la position des abbés, qui n'en restent pas moins soumis assez étroitement aux évêques de Noyon, comme le prouvent le serment de dépendance prêté en 1250 par l'abbé Albéric et la déposition de l'abbé Baudouin II par l'évêque Foucaud en 1321 (Gall. christ., ix, 1127).

Vers le milieu du xni« s., l'abbé Albéric procède à l'installation de la paroisse de Commenchon sur le territoire de l'abbaye et à celle d'une chapellenie dans l'hôpital de Chauny. Au xvii» s., l'abbaye se débarrassera de cette charge au prix de 80 livres payées à la ville (archives communales, BB 15-16). Le consentement des abbés est en outre requis pour l'installation de nouveaux couvents dans la ville. Ce fut le cas pour la communauté des frères et des sœurs de l'hôpital en 1390, pour le monastère de Ste-Croix en 1486 et pour les clarisses en 1538.

Aux xiv« et xv« s., l'abbaye souffre des guerres continuelles. La communauté doit chercher refuge à Chauny en 1472. Dans ces conditions la discipline régulière ne se maintient que difficilement. La comniende est établie en 1539, mais la réforme est introduite en 1639 par l'affiliation à la Congrégation de France.

Liste des abbés (d'après le Gall. clirisl., ix, 1126-28). — Baudouin, 1130-35. — Alulfe, 1135-61. — Renier, 1162-85. — Arnould, 1185-1200. — Simon, 1200-28.— Jean I", 1233-48. — Albéric, 1259-60. — Barthélémy, 1261-72. — Simon II, 1274-76. — Thomas, 1279. — Bauduin II, 1296-1321. — Jean Moyset, 1322-40. — Hugues, 1349. — Viard, 1361-90. — Jacques I", 1394- 97. — Robert Maillard, 1398-1420. — Simon le Bon, 1422-28. — Pierre Régnier, 1445-72. Louis le Noble, coadjuteur, 1472. — Jean de Raillancourt, 1472-77. — Jacques d'Arson, 1477-90. — Jean Caufourier, 1500-18. - Martin Baucher, 1520-32. ^ Charles le Poulchre, commendataire, av. 1539-65. - — Claude Sublet I", 1566-73. — Louis Chiconneau, 1574- 1620. — Claude Sublet II, 1620-30. — Pierre Sublet, 1630-58. — Eustache Le Secq, 1658-?. — Augustin Languet, 1662-70, en compétition avec Bernard Mainard de Belle-Fontaine. — Michel Poncet de la Rivière, 1678-1723. — X. de Chevrières, 1729-37. — Jean de Krasinski, 1738-58.

Archives : dép. de l'Aisne, série H, Inventaire sommaire, éd. J. Souchon, Laon, 1899; Paris, Bibl. nat., coll. Picardie, 193, toi. 164 et 232, loi. 60; archives communales de la ville de Chauny, Inventaire sommaire, éd. J. Souchon, Laon, 1926, passim. — J. Ramackers, Papsturtcunden Frankreictis, iv, Picardie, p. 43, 45. — Gallia christ., IX, 1125-28. — M. Gosse, Hist. de l'abbaye d'Arrouaise, Lille, 1786, p. .39 sq. — Pour plus de détails, voir Cottineau, i, 748.

Ch. Dereine.

CHAURAND (Honoré), jésuite français (1615- 97). Voir D. T. C, ii, 2350-51.

1. CHAUVIGNÉ (Christophe de), évêque de S.-Pol-de-Léon au xvi« s., naquit vers 1475 au manoir de Boisfrout, près de Lassay (Mayenne, arr. de Mayenne). Par son père René de Chauvigné et sa mère Antoinette de Scépeaux, -ses origines étaient toutes mancelles et angevines; la terre de Chauvigné est près de Craon. D'abord curé de Thorigné dans le Haut-Maine, au moins jusqu'en 1516, il avança par la faveur du cardinal Philippe de Luxembourg, évêque du Mans, qui le créa chanoine et dont il fut en 1519 un des exécuteurs testamentaires, chargé spécialement de la fondation du collège du Mans à Paris.

Nommé évêque de Léon le 3 juin 1521, il prêta serment au roi le 11 nov. suivant. Bien que n'ayant jamais cessé de s'intéresser à son pays d'origine, où il devint en 1529 archidiacre de Montfort, il résida assez régulièrement dans son diocèse où il séjournait volontiers au manoir de Goatanescop (« bois de l'évêque ») en Guimiliau. En 1539 le roi le gratifia en commende de l'abbaye cistercienne de Boquen, en Plenée- Jugon (Côtes-du-Nord, arr. de Dinan, cant. de Jugon). Il promulgua des statuts pour le chapitre de S.-Pol le 24 août 1531 et aida, semble-t-il, après 1535, au développement de la ville et du port de Roscofî. Il se heurta à de grosses difficultés pour obtenir de son clergé les doubles décimes réclamés par le roi en 1544 et ne dut qu'au mauvais état de sa santé (il était atteint de gravelle) de ne pas être incarcéré au château de Nantes jusqu'à complet paiement.

En 1554 il se démit de son évêché et de son archidiaconé de Montfort et se retira à Septforges (Orne, arr. de Domfront), au manoir de Cheviers, sur les bords de la Mayenne. Le clocher de l'église paroissiale de Septforges, témoin de sa munificence, rappelle un peu les clochers bretons. Christophe de Chauvigné dut mourir peu après 1555.

Albert le Grand, Les Vies des saints de la Bretagne armorique, éd. de 1901 (catalogue chronologique). — Marquis de Beauchesne, Ctvistoptie et Roland de Chauvigné, évêques de S.-Pol-de-Léon, dans Association bretonne, congrès de 1911, p. 97-120.

H. Waquet.

2. CHAUVIGNÉ (Roland de), évêque de S.-Pol-de-Léon, second fils de François de Chauvigné et d'Antoinette de Prunelé, n'avait que vingt-deux ans et n'était pas engagé dans les ordres quand il se vit, le 6 avr. 1554, nommer administrateur de l'évêché que venait d'abandonner son oncle. Il fit acte d'évêque au moins jusqu'au 25 nov. 1563. Son frère aîné étant mort sans enfant, Roland se maria en 1564. Sa femme, Françoise Lesné, était nièce de Bertrand de Lesné, seigneur de Torchamp, huguenot farouche. Son propre frère Claude de Chauvigné combattit dans les rangs protestants. On ignore quelle fut l'attitude définitive de Roland dans la guerre civile.

Il était né le 5 mai 1532, au manoir de Fontenailles, près d'Écommoy (Sarthe, arr. du Mans, chef-lieu de cant.); il mourut en 1572, étant déjà veuf et laissant deux filles de l'éducation de.squelles Catherine de Médicis se chargea.

Voir les ouvrages indiqués dans la notice précédente,

H. Waquet.

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