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CHESTER-LE-STREET

embellissements, notamment Geoffrey et Hugh (fin du xw-xiw s.), Simon de Whitchurch (fin du xiii" s.), Richard Sainsbury (milieu du xiv» s.), Simon Ripley et John Birchenshaw (fin du xv^ et début du xvi" s.). Extérieurement la cathédrale, remaniée au xix"' s., est décevante : l'aspect moderne qu'on lui a donné répond mal à son intérieur. On trouve du normand dans le mur du bas côté nord, le transept nord, les bâtiments claustraux et la tour; de l'anglais primitif dans le chœur, le chapitre et le réfectoire; du « décoré » dans la nef, une partie du transept sud, et le portail de l'abbaye; du « perpendiculaire » dans la tour, le clerestory de la nef, partie des bas côtés du chœur, la façade ouest et le porche sud, et un bon nombre des fenêtres. Il faut citer, parmi le mobilier, de magnififiques stalles de la fin du xv« s. (48 sièges). Ce n'est pas ici le lieu d'entrer dans les détails (excellente description dans Raymond Richards, Old Cheshire Churches, Londres, 1947, p. 93-101, avec plan dépliant et de très bonnes photographies; cf. Fr. Bond, The Cathedrals of England and Wales, Londres, 1912, p. 52-64, et Ch. Hiatt).

Liste des abbés de Ste-Werburge: Richard du Bec, 1092-1117; William, 1121-40; Ralph, 1141-57; Robert I" Fitz-Nigel, 1157-74; Robert II, 1174 ou 75-84; Robert III of Hastings, 1186-résigna en 1194; Geoffrey, 1194-1208; Hugh Grylle, 1208-26; William Marmion, 1226-28; Walter de Pinchbeck, 1228-40; Roger Prend, 1240-49; Thomas de Capenhurst, 1249- 65; Simon de Whitchurch (de Albo Monasterio), 1265-91; Thomas Burchells, 1291-1324; William de Bebington, 1324-49; Richard Sainsbury, 1349-résigna en 1362; Thomas de Newport, 1363-85; William de Merston, 1386-87; Henry de Sutton, 1387-1413; Thomas Erdeley ou Eardesley, 1413-34; John de Salghall, 1435-55; Richard Oldham, 1455, évêque de Sodor et Man en 1481, f 1485; Simon Ripley, 1481 ou 85-93; John Birchenshaw, 1493; durant des contestations avec le maire de Chester, il fut remplacé par Thomas Highfleld, 1524-27, et Thomas Marshall, 1527-29; il se démit en 1537; John (ou Thomas) Clark, 1537, qui rendit l'abbaye.

The Chartulary or Register of Ihe Abbey of St. Werburgli, Cliesler, éd. avec introd. et notes par James Tait (Clietliam Society, nouv. sér., lxxix et lxxxii, Manchester, 1920-23) : la façon très poussée dont l'éditeur étudie chaque pièce aide à écarter bien des légendes; nous lui devons beaucoup pour le début de la présente notice. — Annales Cestrienses, or Ctironicle of tlie Abbey of St. Werburg at Chester, éd. avec introd., trad. et notes par Richard Copley Christie (The Lancashire and Cheshire Record Society, xiv, 1887). — Liber Luciani « De laude Cestrie », éd., avec Some Obits of Abbots and Founders of St. Werburgh's Abbey, Chester, par M. V. Taylor (The Lanc. and Chesh. Rec. Society, LXiv, 1912, p. 35-74, 90-103). Cet obituaire est important en raison des notes critiques qui l'accompagnent. — G. Ormerod, The Hislory of the County Palatine and City of Chester, 1' éd., revue et augm. par T. Helsby, 1882, 2 vol. — W. Dugdale, Monasticon Anglicanum, ii, éd. de Londres, 1846, p. 370-83 (histoire des abbés), 384-401 (documents). — R. H. Morris, Chester (Diocesan Historiés), Londres, 1895. — C. Hiatt, Tlie Calhedral Church of Chester : a description of the fabric and a brief history of the episcopal See, Londres, 1897. — Liste des abbés dans R. Richards, Dugdale, Morris.

H. Dauphin.

CHESTER-LE-STREET, Cunungaceasler, Kuncacester, petite localité à six milles au sud-est de Durham, siège épiscopal de 883 à 995. Comme on le sait, le moine irlandais S. Aidan, invité par le roi Oswald à venir prêcher la foi chrétienne dans son royaume de Northumbrie, fixa son siège épiscopal à Lindisfarne (plus tard appelé Holy Island), qui devint non seulement un centre d'évangélisation, mais un foyer de culture littéraire et artistique très intense.

Parmi ses successeurs, S. Cuthbert fut sans contredit le plus illustre. Moine d'abord, prieur ensuite, du monastère même de Lindisfarne, il fut sacré évêque en 685 et mourut, peu après s'être démis de sa charge, le 20 mars 687. Sur son lit de mort, ainsi que nous l'apprend S. Bède {Vita pros. S. Culhb., c. xxxix, éd. B. Colgrave, Two Lives of St. Cuthbert, Cambridge, 1940, p. 284), il dit à ses confrères du monastère : Sciatisque et memoria relinealis quia si vos unum e duobus adversis eligere nécessitas coegerit, multo plus diligo ul eruentes de tumulo toUenlesque vobiscum mea ossa recedatis ab his locis, et ubicumque Deus providerit incole manealis, quant ut ulla ratione consenlientes iniquitati schismalicorum iugo colla subdatis. Paroles qui auront une importance décisive dans l'histoire de l'église et de la communauté de Lindisfarne.

A deux reprises Holy Island devint victime des invasions dévastatrices pratiquées par les Danois sur les côtes d'Angleterre. En 793 ils arrivèrent subitement, dispersèrent la communauté, massacrèrent quelques-uns de ses membres, mirent le feu aux bâtiments et repartirent. Higbald, l'évêque, et les moines survivants eurent la joie de constater en revenant que leur trésor le plus précieux, le corps de S. Cuthbert, avait échappé aux mains des spoliateurs. Presque un siècle plus tard une seconde invasion s'annonçait, cette fois plus menaçante. Devant le danger, l'évêque Eardulf se souvint des paroles de S. Cuthbert citées ci-dessus et il se décida en 875 à quitter son église et son monastère de Lindisfarne, lui et toute sa communauté, pour chercher ailleurs (ubicumque Deus providerit) la paix et la liberté menacées. On vit alors le spectacle peu commun, l'histoire monastique en enregistrera de semblables même au xx« s., d'une communauté entière s'exilant volontairement pour le bien de la paix et par amour de leur vocation. Emportant avec eux les reliques de S. Cuthbert, ces moines ne cessèrent pendant sept ans de traverser le pays en tous sens, cheminant de village en village (sans jamais manquer de propager le culte de leur grand saint) et fuyant toujours l'envahisseur danois. Ce ne fut qu'en 883 que, grâce aux victoires d'Alfred le Grand, la paix fut rendue à l'Église en Northumbrie. La communauté exilée venait alors de quitter Craike et se trouvait au village de Chester-le-Street. Pour des raisons qui nous restent inconnues, Eardulf, au lieu de revenir à Lindisfarne, décida d'y fixer son siège épiscopal. Il fit construire une belle église en bois (qui subsista jusqu'au xi«^ s.) et y déposa le corps de S. Cuthbert. D'accord avec Alfred, le roi danois Guthred fit cadeau à l'évêque de ce terrain étendu qui devint dans la suite le célèbre palatinat de Durham. Des dons affluèrent de toutes parts, particulièrement des maisons royales d'Angleterre. Des voyageurs ne manquèrent jamais de venir faire leurs dévotions au tombeau de S. Cuthbert. Ce fut lors d'un voyage dans le Nord que le roi Athelstan enrichit l'église de Chester-le-Street de précieux dons et offrit à la bibliothèque cinq codices dont un — contenant la Vie métrique et la Vie en prose de S. Cuthbert par S. Bède — est parvenu jusqu'à nous et se trouve au Corpus Christi Collège, Cambridge (ms. 183; voir M. R. James, Descriptive Catalogue, i, 426-441 ; B. Colgrave, op. cit., 20). Un autre codex, un évangéliaire, faisait partie de la Cottoniam Collection (Otho R IX) quand celle-ci fut détruite par un incendie en 1731 (Arnold, Symeon of Durham, p. 211, dans Rolls Séries).

On vivait ainsi depuis cent treize ans, lorsqu'une nouvelle bourrasque vint en 995 arracher l'évêque Aldhune et sa communauté à leur retraite paisible pour les obliger derechef à se mettre en route. A l'approche des Danois qui avaient fait irruption sur la côte, on enleva les reliques de S. Cuthbert et on se

dirigea coiiveiituellement, comme par le passé, à Ripon. Sans le savoir, les moines quittèrent Chesterle-Street pour n'y jamais revenir. Quatre mois plus tard, en effet, la paix régna de nouveau et l'on prit le chemin du retour. Le moine chroniqueur Syméon de Durham, écrivant bien plus tard, nous raconte comment et par quels signes Dieu fit connaître à l'évéque Aldhune qu'il devait se fixer non pas à Chester-le-Street mais à Durham. Ainsi fut fait et S. Cuthbert y trouva son repos définitif.

A partir de ce moment, l'église de Chester-le-Street n'offre guère d'intérêt pour l'historien. De simple église rectorale, elle devint collégiale par l'entremise d'Antony Beke, évêque de FJurham (9 nov. 1286), et fut desservie par un doyen et sept prébendiers (voir la charte dans Dugdale). En 1547, elle fut saisie par la Couronne, et en 1608 le roi Jacques l" disposa des bâtiments en faveur de laïcs. Aujourd'hui il n'en subsiste rien.

Liste des évêques: Eardulf, f 900; Tilred, f 928; Wigred, t 944; Uhtred, f 947; Sexhelm, déposé en 957; Aldred, 957-68; Elfig, f 990; Aldhune, t évêque de Durham en 1018.

Dugdale, Monasticon Anglicanum, i, Londres, 1846, p. 221-23; VI, part. III, 1337-39. — F. Arnold, Symeon of Durham, 2 vol. (Rolls Séries). — W. Stubbs, Registrum sacrum Anglicanum, Oxford, 1897, p. 243. — C. Plummer, Bedae opéra historica, Oxford, 1896.

J. Warrilow.

CHEVALIER (Jean-Jui.es), fondateur et premier supérieur général de la congrégation des Missionnaires du S. -Cœur de Jésus d'Issoudun. Né le 15 mars 1824 à Richelieu, dioc. de Tours, il fit ses études au petit séminaire de S. -Gaultier et au grand séminaire de Bourges. Ordonné prêtre le 14 juin 1851, il remplit la charge de vicaire successivement à Ivoyle-Pré, Châtillon-sur- Indre, Aubigny-sur-Nère et enfin à Issoudun (22 oct. 1854). Vivement impressionné par les ravages que causent dans les âmes le sensualisme et le rationalisme de son époque — ce qu'il appelle « le mal moderne » — il cherche à y porter remède, et croit trouver celui-ci dans la dévotion au S. -Cœur de Jésus. « L'Église et la société n'ont d'espérance que dans le Cœur de Jésus, c'est Lui qui guérira tous nos maux »; ces paroles, qu'il entendra un jour de la bouche de Pie IX, donnent le résumé de sa vie et de son œuvre. Le 8 déc. 1854, de concert avec le second vicaire d'Issoudun, l'abbé Maugenest, il jette les premiers fondements de la congrégation des Missionnaires du S. -Cœur, afin que « la dévotion au S. -Cœur soit propagée plus largement, et porte de plus amples fruits dans la société chrétienne » (constit. de 1869). Le décret d'approbation définitive sera donné par la S. Congr. des Évêques et des Réguliers, en date du 20 juin 1874. L'objectif du P. Chevalier est plus vaste que la France seule; en effet, après des débuts plutôt lents, sa congrégation s'étendra rapidement à plusieurs pays d'Europe et aux autres continents. En 1881, à la demande de Léon XIII, il envoie ses premiers missionnaires en Mélanésie et en Micronésie. L'évangélisation des infidèles sera désormais une des grandes œuvres de la congrégation.

En 1864, il construisit à Issoudun une nouvelle église, dédiée au S. -Cœur, qui sera élevée à la dignité de basilique mineure. Considérant les rapports intimes qui existent entre la Ste Vierge et le S.-C^œur de Jésus, et voulant honorer particulièrement l'inefïable pouvoir de N.-D. sur le Cœur de son Fils, il proposa à la piété des fidèles la dévotion à N.-D. du S. -Cœur, et fonda l'archiconfrérie de ce nom (premier décret d'érection, 29 janv. 1864), qui en moins de cinquante ans compta vingt millions d'associés inscrits à Issoudun.

Le R. Père érigea d'autres associations : l'archiconfrérie de S. -Joseph, modèle et patron des amis du S. -Cœur; l'archiconfrérie du Culte perpétuel d'honneur et de réparation envers le S. -Cœur de Jésus. Il voulut associer à son œuvre les prêtres et les pieux laïcs; ainsi naquirent l'œuvre des Prêtres séculiers du S.-Cœur et la Société des âmes vouées au culte du S.- Cœur. De concert enfin avec la R. Mère Marie-Louise Hartzer, il fonda les Filles de N.-D. du S.-Cœur, congrégation qui, « à la suite et sous la protection de la Ste Vierge, se consacrerait au service du Cœur de Notre-Seigneur ».

Le R. Père eut aussi sa part dans ce grand mouvement de foi qui a déterminé Pie IX à ordonner la consécration de tous les fidèles au S.-Cœur de Jésus, le 16 juin 1875. Il fit recueillir 2 800 000 signatures pour solliciter du S.-Siège cette consécration. Léon XIII y fait allusion dans son encyclique pour la consécration du genre humain au S.-Cœur. Il inaugura aussi un nouveau genre de recrutement de vocations sacerdotales et religieuses avec l'aide du R. P. Vandel, en fondant des écoles apostoliques, afin de permettre aux jeunes gens moins fortunés d'accéder au sacerdoce : « Petite Œuvre du S.-Cœur j. En 1872, sur les instances de l'archevêque de Bourges, il accepta de diriger la paroisse d'Issoudun et fut nommé archiprêtre, ce qui lui permit de rester à Issoudun lors de l'expulsion de sa congrégation en 1880.

Il écrivit plusieurs livres de piété, dont les principaux sont : Le Sacré-Cœur de Jésus (1900, 512 p.), et Notre-Dame du Sacré-Cœur, d'après la Ste Écriture, les saints Pères et la tradition (1895, 634 p.). Il faut y ajouter l'Hist. religieuse d' Issoudun (1899, 444 p.). — En 1900, il demanda d'être relevé de la charge de supérieur général. On lui donna un vicaire. En 1907, quelques mois avant de mourir, il fut expulsé de son presbytère et vit la basilique du S.-Cœur d'Issoudun et les dépendances du pèlerinage de N.-D. du S.-Cœur vendues aux enchères. Ces propriétés purent être récupérées plus tard par les Missionnaires du S.-Cœur.

Il mourut saintement à Issoudun, le 21 oct. 1907. Doué de qualités exceptionnelles d'organisateur et de chef, patient à toutes les épreuves, d'une charité et d'un zèle infatigables, il a été l'un des grands apôtres du S.-Cœur au xix« siècle.

Anatecla societatis Missionariorum Sacratissimi Cordis Jesu, Rome. — Ch. Piperon, Le T. R. P. Jules Chevalier, Paris, 1912. — P. C. Keiilers, Jules Chevalier, een Levensbeeld, Tilbourg, 1924.

A. BUNDERVOET.

CHEVALIER (Ulysse), bibliographe et historien (24 févr. 1841-27 oct. 1923). Voir i). A. C. L., ix, 1743-44.

Pour la liste de ses publications, v. M. le chanoine Ul. Chevalier, son œuvre scientifique, sa Bio-bibliographie, nouv. éd. publiée par la Soc. d'archéol. de la Drôme, Valence, 1912. — Pour la controverse suscitée par son Reperlorium hymnologicum, v. A. Boll., xxi, 1902, p. 405-16.

CHEVENON (Bernaro de), fut évêque d'Amiens de 1411 à 1413, après l'avoir été de Lavaur, d'Agen, de Saintes. L'année même de son installation, il tint un synode dont les décrets, les premiers de ce genre que l'on ait conservés, furent imprimés en 1848 par Mgr Mioland, Actes de l'Église d'Amiens, i, 22. Il faisait partie du Conseil royal; il assista en 1412 à l'assemblée du clergé de France, fut avec Pierre d'Ailly de l'ambassade à Rome où Simon de Cramaud, patriarche d'Alexandrie et archevêque de Reims, reçut le chapeau de cardinal. On lui reproche de n'avoir pas, en Cour de Rome, travaillé à exonérer l'Église de France des lourdes contributions exigées par le pape, mais d'avoir demandé en faveur du roi

CnESTEI{-LF.-STRERT CIIEVRNON

(i4y CHEVENUN

et des princes du sang des induits pour nommer aux plus gros bénéfices.

En souvenir de leur mariage célébré dans la cathédrale, le 17 juin. 1386, Charles VI et Isabeau de Bavière offrirent au chapitre un moulin qui porte encore aujourd'hui le nom de « moulin du Roi ». Le 4 avr. 1413, Chevenon fut nommé évêque de Beauvais.

Berthier, Hisl. de l'Église gallicane, xv, I. XLV, p. 390. — Gall. christ., x, 1198. — La MolUère, Les antiquités de la ville d'Amiens, Paris, 1642, p. 222. — Ed. Soyez, Notices sur les évêques d'Amiens, 110. — Actes de l'Église d'Amiens, I, p. Li. — Decourt, Mémoires chronol., mss. 802-03, de la blbl. d'Amiens, i, 512.

A. MOLIEN.

CHEVERUS (Jean-Louis Lefebvre de), évêque de Boston, de Montauban, archevêque de Bordeaux, cardinal. Né à Mayenne, le 28 janv. 1768, il étudie à Louis-le-Grand et à S.-Magloire; ordonné prêtre à Paris le 18 déc. 1790, vicaire puis successeur de son oncle à la cure de Mayenne, chassé de là par les révolutionnaires et interné à Dol, il s'évade et arrive à Paris le 25 juin 1792. Lors des massacres de Septembre il gagne l'Angleterre, où il est précepteur et où il s'occupe d'œuvres. C'est là que vient le trouver une lettre d'un autre émigré, ancien professeur du collège de Navarre, Fr. A. Matignon, qui dès 1792 s'était mis à la disposition de l'évêque de Baltimore, John Carroll. Il accepte d'aller partager ses travaux missionnaires et arrive à Boston le 3 oct. 1796. Destiné d'abord à l'église Ste-Marie de Philadelphie, il obtient de rester avec Matignon et se voit confier l'évangélisation des Indiens du Maine. Il gagna bientôt la sympathie non seulement de ses ouailles, mais aussi des classes dirigeantes puritaines. Il construisit la première église de Boston (Ste-Croix) en 1803. A ce moment sa famille et ses confrères du Mans le supplient de rentrer; après quelques hésitations il décide de rester. Nommé premier évêque du diocèse de Boston, érigé le 8 avr. 1808 (supra, ix, 1396-97), il ne fut sacré que le 1"^ nov. 1810. Il continua à travailler à l'évangélisation de la Nouvelle-Angleterre, dans des conditions particulièrement difficiles : le manque de prêtres surtout. Il semble bien, quoi que l'on en ait dit, que ce ne fut pas l'appel de son compagnon d'enfance, le roi Louis XVIII, mais une charge trop lourde pour sa santé et son âge qui décida Cheverus à rentrer en France. Le 3 mai 1824, le roi le nomme évêque de Montauban, où il réorganise le chapitre et le séminaire et s'attache à gagner les protestants. Le 30 juill. 1826, il est transféré à Bordeaux, par ordonnance royale, préconisé le 2 oct. suivant et élevé à la pairie. Comme à Montauban, il s'attache à organiser partout des œuvres, se dépensant sans compter. Le roi Louis- Philippe venait à peine d'obtenir la pourpre romaine pour Cheverus, lorsque celui-ci mourut, frappé d'apoplexie, le 19 juill. 1836.

Dès l'année suivante, M. Hamon, curé de S.-Sulpice, publiait, sous le pseudonyme de J. Huen-Dubourg, la Vie de Cheverus, qui connut de nombreuses éditions (la septième, de 1883, porte le nom réel de l'auteur) et traductions.

P. Guilday, Life and times of J. Carroll, archb. of Bail. (1735-1815), II, New-York, 613-25. — L'épiscopat franç. (1802-1905), Paris, 1905, p. 143-44 ; 363-64. — Cath. Enc, lii, 650. — Dicl. of American biogr., iv, 61-62, Londres, [1930].

É. Van Cauwenbergh.

CHEVREUX (Dom Ambroise-Augustin), né en 1728, fait profession à l'abbaye bénédictine de S.- Florent de Saumur, qui appartenait à la congrégation de S.-Maur, le 14 mai 1744. Il séjourne ensuite à S.- Germain-des-Prés. A partir de 1763, il occupe d'importantes fonctions dans son ordre. Élu supérieur

général à l'unanimité en 1783 et 1788, il soutient les droits de son ordre contre les prétentions de la Commission des réguliers, et essaie de maintenir l'idéal monastique contre les abus qui s'étaient glissés à l'intérieur des maisons. A la visite des commissaires de la municipalité de Paris à S.-Germain-des-Prés (9 mai 1790), il déclare sa volonté de continuer la vie religieuse tant qu'il lui sera possible. Arrêté, il est conduit aux Carmes, où il tombe parmi les victimes du 2 sept. 1792. Il fut béatifié le 18 oct. 1926.

H. Mollière, Le Bx dom A. Chevreux, dernier supérieur général de la congrég. de S.-Maur, Ligugé, 1936. — J. Grente, Les martyrs de sept. 1792 à Paris, Paris, 1919. — F. Rousseau, Moines bénédictins martyrs et confesseurs de la foi pendant la Révolution, Maredsous, 1926, 101-03.

R. Van Doren.

CHEVRIER (Vénérable Antoine), fondateur de la Providence du Prado, à Lyon. Né à Lyon, le 16 avr. 1826; reçut sa première éducation chez les frères des Écoles chrétiennes, puis à l'école latine de S. -François, entra à dix-sept ans au petit séminaire de l'Argentière et passa de là au grand séminaire de S.-Irénée; ordonné prêtre le 25 mai 1850, il fut nommé vicaire à S. -André de la Guillotière, à Lyon; en 1857, il devint aumônier de la Cité Rambaud (Enfant-Jésus), qui s'était proposé un double but : promouvoir la ijremière communion des enfants délaissés et i)rocurer un logement aux vieillards et aux pauvres. Le P. Chevrier, laissant à M. Rambaud le soin de cette dernière œuvre, veut, avant tout, « l'amélioration de la société par l'amélioration de l'enfance ». Il ouvre, en 1860, sur l'emplacement de l'actuelle basilique de Fourvière, une maison pour les enfants, mais trouve bientôt le moyen d'acquérir un ancien lieu de divertissement, appelé le Prado et situé à la Guillotière; la nouvelle maison est inaugurée le l'"' avr. 1861. Tout en continuant de s'occuper de son œuvre, il accepte, en 1866, de fonder la paroisse de Moulin-à- Vent (Vernissieux), située à 2 km. du Prado, où il reste quatre ans. Reprenant un projet conçu dès 1859, le P. Chevrier ouvre au Prado une école cléricale, qui lui permettra d'entrevoir la continuation de son œuvre; ruinée par les événements de 1870, l'institution sera réorganisée dès l'année suivante. Le 26 mai 1877, les quatre premiers diacres du Prado, qui après leurs études au séminaire de Lyon avaient été autorisés à les achever à Rome, y furent ordonnés prêtres. Bientôt l'archevêque de Lyon accorda au P. Chevrier de rester à la tête de ses nouveaux prêtres. Souffrant d'un ulcère à l'estomac, le fondateur tomba gravement malade en 1878 et s'éteignit au Prado le 2 oct. 1879; il fut inhumé dans sa chapelle. Sa cause a été introduite à Rome le 11 juin 1913.

Le P. Chevrier a exposé son idéal sacerdotal dans Le prêtre selon l'Évangile ou le véritable disciple de J.-C. (2^ éd. par C. Chambost, Lyon, 1924).

.I.-M. ViUefranche, Vie du Vén. P. Chevrier, 21' éd., Lyon-Paris, 1919. — A. Delaserre, Vie du P. Chevrier, Lyon, 1892. — C. Chambost, Vie du P. Chevrier, Lyon, 1920; Lettres du P. Chevrier, Lyon, 1927. — A. A. Sedis, 1913, p. 309-11.

É. Van Cauwenbergh.

CHEVROT (Jean), évêque de Tournai et Toul, xv» s. Fils de Jean Chevrot, il naquit aux environs de l'an 1400 à Poligny, en Franche-Comté. Son oncle Simon, abbé de Goailles, conseiller du duc de Bourgogne et chef de son conseil, travailla à son éducation. Entré dans les ordres, il devint de bonne heure chanoine de Besançon. En 1417, il étudiait à Paris et il obtenait la licence en décret. Il revenait dans sa ville natale et cumulait les bénéfices : chapelain de la chapelle S. -Jean de Salins, archidiacre de Rouen (1429), chanoine de N.-D. de Beaune (1435). L'évêché

651 CHEVROT — C

de Tournai étant venu à vaquer, Philippe le Bon, duc de Bourgogne, le recommanda au pape, cependant que Charles VII, roi de France, appuyait Jean d'Harcourt. Celui-ci fut nommé par le chapitre mais dut s'incliner devant la décision pontificale. Le 2 nov. 1436, le prélat fit prendre possession par procureur et il entra lui-même solennellement le 12janv. 1440.

J. Chevrot, conseiller du duc, chef du conseil en l'absence du chancelier Rolin qui était son ami intime, joua un grand rôle à la cour. En 1448, il fit partie d'une ambassade auprès de la cour de France; en 1453, ambassadeur en Angleterre, il rétablit la paix entre les deux États et il réconcilia les Gantois révoltés contre le souverain. Ami des artistes, notamment de Roger Van der Weyden, il commanda à celui-ci le fameux triptyque des « Sept sacrements » pour sa cathédrale de Tournai (au musée d'Anvers) et d'autres tableaux pour l'église de Poligny dont on ignore aujourd'hui le sort.

En 1460, il échangea l'évêché de Tournai pour celui de Toul dont le titulaire était Guillaume Fillastre. En allant prendre possession, il mourut à Lille le 22 sept. Il fut inhumé à Tournai, sous la châsse des reliques de S. Hippolyte qu'il avait fait venir de Franche-Comté. Son cœur fut déposé à Poligny dans la chapelle dite de Tournai qu'il avait fondée, sous une statue de pierre ornée de ses armes : d'or au chevron d'azur chargé en cime d'une croisette ancrée d'or. Une statue en bronze fut également érigée à sa mémoire en la cathédrale de Toul.

J. Chevrot qui avait gardé une particulière prédilection pour sa province natale lui fit de multiples dons, notamment au prieuré de Vaux-lès- Poligny dont il fut prieur commendataire de 1449 à 1458; à la cathédrale de Besançon qui reçut sa chapelle pontificale; à la collégiale de Poligny qui fut dotée de tableaux, de statues et de tapisseries de grande valeur. Il y fit également construire une chapelle consacrée en 1455, où il établit trois chapelains et une maîtrise de musique. J. Chevrot fit également des dons généreux aux cathédrales de Tournai et de Toul.

Archives : du Jura, séries G et H; de la Côte-d'Or, séries B et G; du Nord, série B. — .1. Cousin, Hist. de Tournai, 1619, p. 217-19. — Chevalier, Mémoires hist... sur la ville et la seigneurie de Poligny, i, il, 1769. — Rousset, Dict. hist... des communes du Jura, v, 1854, p. 254-62. — Chronique d'Enguerran de Monstrelet, éd. de la Soc. de l'hist. de France, v, 1861, p. 59-60. — Biogr. nat. de Belgique, IV, 1873, p. 74. — A. Benoit, Notice sur les monuments funéraires de Toul, dans Mém. de la Soc. d'archéol. lorr., 1877, p. 373-74. — S. Pidoux, Mon vieux Poligny, i-ii, 1932.

T. DE MOREMBERT.

CHEYENNE, dioc. des États-Unis d'Amérique, érigé le 9 août 1887 et comprenant l'État de Wyoming et le parc national de Yellowstone. La cathédrale est consacrée à la Ste Vierge.

Évêques: 1. Maurice F. Burke, 1887-93. — 2. Thomas M. Lenihan, 1897-1901. — 3. James J. Keane, 1902-11. — 4. Patrick A. Me Govern, 1912.

Catholic Directory, New-York, 1950, p. 288-89

É. Van Cauwenbergh.

CHEZAL-BENOIT, Casale Benedicti, anciennement Casale Malanum, au territoire d'Issoudun, cant. de Lignières, arrond. de S.-Amand-Mont-Rond (Cher), sur un affluent de l'Arnon, abbaye de bénédictins dédiée à S. Pierre. Ce monastère fut fondé en 1093 par le Bx André, prieur de Vallombreuse (f 1112). La vie régulière y était fort déchue au xv^ s. L'abbé Pierre du Mas rétablit la communauté des biens, en unissant les bénéfices claustraux et les prieurés à la mense conventuelle. Il renonça aussi à la perpétuité de la dignité abbatiale. En 1488, à l'intention des

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monastères affiliés à Chezal-Benoit, Du Mas publia des statuts qui s'inspiraient des usages de la congrégation de Ste-Justine de Padoue, tout en laissant plus d'autonomie aux maisons dont les représentants assistaient régulièrement à des chapitres généraux. Cette nouvelle congrégation, qui comprenait treize monastères, fut approuvée par le cardinal d'Amboise en 1508; Léon X, en 1516, lui accorda les privilèges de Ste-Justine et, en 1555, Paul V lui donna l'exemption. Le concordat de 1516, qui attribuait au roi la nomination à la plupart de ses abbayes, sauf les cinq primaires, compromit son expansion, sans nuire à sa régularité. Celle-ci déclina après les troubles qui suivirent l'an 1560.

A l'intervention de Richelieu, qui s'était fait attribuer le titre de chef général, administrateur de la congrégation, avec une pension de 30 000 livres, les supérieurs demandèrent leur union avec S.-Maur, qui fut réalisée le 28 mars 1636; Richelieu renonça à sou titre, mais garda la pension. La congrégation de S.-Maur nomma aux abbayes de Chezal-Benoît jusqu'en 1763; à cette date le roi en disposa. Tous ces monastères disparurent à la Révolution.

Parmi les moines de Chezal-Benoît, retenons les écrivains : Guy Jouveneaux (t 1507); les frères Charles Fernand (t 1517) et Jean Fernand (f 1531), originaires de Bruges; Jean Boudonnet (t 1664). — De l'église, achevée en 1093, subsiste la nef avec ses sculptures remarquables.

Liste des abbés: Bx André I*"' Orderic, t 1112. — Gérard, 1117, 1119. — Isenibert. — Rodulphe, 1145, 1151. — Guillaume l". — Arnulphe l" de S. -Loup, 1168. — Arnulphe II de S. -Benoît, 1170. — Rainald Gremius, 1 171. — Garnier de Linier, 1 185. — Pierrel" de Limoges, 1191. — Humbald de Castellulus, 1195, 1200. — Thomas I" de la Charité, 1201. — Jean I", ! 1210. — Étienne I" de Condet, 1213. — Hugues, 1229.

— Rogier, 1241, 1245. — Joserlin, 1254. — Étienne II, 1255. — Thomas II, 1259. — Réginald de Quarta, 1263. — Pierre II, 1269. — Guillaume II, 1271. — Rainaud I" de Messa, 1274. — Benoît. — Jean II, 1284. — Jean III de Brulon. — Rainaud II de Messa, t 1318. — Jean IV Pilours, 1329. — - Guillaume III Flandrin, f 1344. — Guillaume IV de Champbon, 1347. — Pierre III de Launay, 1372, 1386. — Guillaume V Auvignon, 1394, 1409. — Jacques I^"^ Laterie, 1430. — Philibert de la Verne, 1470, résigna en faveur du suivant en 1479. — Pierre IV de Mas, 1479, 1491.

— Martin Fumée, 1491-1500. — Jean V le Roy, premier abbé triennal, 1500-05. — Étienne III Pinon, 1505-08, t 1541. — Michel I" du Puy, 1514-17. — Yves Morisson, 1520. — Jean VI Habon, 1524. — Jean VII Gombault, 1526, qui abdiqua en 1527. — Jean VIII Chaussé, 1527-30. — André II le Moulnier, 1537. — Yves Morisson, 1539, f 1546 (47). — Léonard du Vergier, 1542, f 1555. — Placide Léger, 1548. — André le Moulnier, 1554, 1559. — Jean VIII Caigre, 1560. — André le Moulnier, 1561. — Égide Marchant, 1564. — François d'Amour, 1569. — Michel II Jondio, 1572. — Égide II Auctet, 1577. — SébastienI" Guerret, 1578, t 1603. — Denys des Vignes, 1584, t 1586. -— Michel Jondio, 1590. — Guillaume VI du Puy, 1593. — Pierre V Roger, 1596. — Sébastien II Guerret, 1597-1600. — Jacques II Morel, 1601. — Thomas III Berdreaux, 1603. — Pierre VI du Peyrat, 1609. — Catien le Roy, 1615, t 1627. — Antoine Sotereau, 1622, t 15 févr. 1628. — Bernard Melon, 1627. — Louis I" Rouillard, 1630. — Gautier, 1636. — Louis II Doulay, 1639.

Abbés depuis l'union avec S.-Maur: Humbert Jamet, 1645. — Michel Pirou, 1651. — Sixte Mousnier, 1657. — Placide Hamelin, 1660. — Louis Janet, 1666.

— Antoine Savy, 1669. — François de Montclar, 1672.

CHEZAL-BENUIT

CHKZY-SUR-MARNE

— Adéodat Buisson, lt)75. — Jean Villatel, 1681. — Jean Blenie, 1684. — Gabriel Gérentes, 1687. — Gilbert la Porte, 1693. — Maur Marcland, 1696. — Augustin Collet, 1702. — Marcellin Pinel, 1705. — Mathurin Tranchant, 1708. — Guy Buisson, 1711. — Nicolas Lanne.

D'Achéry, Spicil., m, 462-64. — Beauiiier-Besse, Abbayes et prieurés..., introd., 62-72; v, 24. — Berlière, La congr. bénédict. de Cliezal-Benoîl, dans Mél. d'hist. bénéd., III, 1901, p. 97-198. — Chevalier, T. B., 689. — Cottineau, 766. — F. Deshoulières, L'abbaye de Chezal-Benoit, Bourges, 1910; L'église abbatiale de Chezal-Benoît, Gaen, 1908.

— Gall. christ., ii, 162. — Mabillon, Annales O. S. B., table, VI, 258. — Martène-Charvin, Hist. de la congr. de S.-Maur,

11, 93-99. — E. Michael, Ueber geistliche Baumeister im Mittelalter, dans Zeilschr. f. kath. TheoL, xxxil, 1908, p. 213-29. — l'h. Schmitz, Hist. de l'ordre de S.-Benoît, III, 210.

R. Van Doren.

CHÉZERY, Chesiriacum, ancienne abbaye cistercienne sur la commune de ce nom, fondée par Amédée III comte de Savoie, au dioc. de Genève, aujourd'hui de Belley (Ain). L'emplacement appartenait au prieuré clunisien de S. -Victor de Genève, qui le céda à S. Bernard et à Moyse, abbé de Bonmont, en Suisse. Fontenay, fille de Clairvaux, y envoya ses moines (1140). Le premier abbé, le Bx Lambert, était frère de S. Pierre, abbé de Tamié, puis archevêque de Tarentaise. L'un des moines de la première heure, Roland, jouit d'un culte dans l'église paroissiale de Chézery, l'ancienne abbatiale, et dans le diocèse de Belley. Ce sont les deux gloires de l'antique abbaye qui, par ailleurs, n'a guère laissé de souvenirs bien marquants. Les capitulants de Cîteaux eurent parfois à s'occuper de Chézery : en 1398, la mauvaise administration d'un abbé l'avait réduite à la pauvreté extrême; en 1433, l'abbé Jean de l'Hoste dut être déposé; de même en 1453 Antoine de Vicedogny, pour dilapidation. Quand Nicolas Cotton, docteur en théologie, fut élu en 1560, des lettres rédigées au nom du chapitre général le présentèrent respectueusement à la maison de Savoie.

Série des abbés: 1. Lambert, 1140. — 2. Étienne, 1155. — 3. Roland (certains auteurs l'identifient avec le saint). — 4. Guillaume, 1180. — 5. Anselme, 1236. — 6. Girard, 1281. — 7. Raoul, 1324. — 8. Nicolas I", t 1357. — 9. Richard, 1357. — 10. François, 1424. — 11. Jean II de l'Hoste, déposé en 1433. —

12. Antoine Vicedogny, déposé en 1453. — 13. JeanlII de Campeys, commendataire, év. de Turin, puis de Genève, archev. de Tarentaise, t 1492. — 14. Jean d'Amancier, 1493. — 15. André d'Amancier, 1538-52.

— 16. Antoine du Saix. — 17. Jacques Bourgeois, 1584. — 18. Nicolas de Meuillon, 1600. — 19. Louis Perucard de Ballon. — 20. Gaspard Perucard de Ballon, t 1629. — 21. Laurent Scotti, 1632. — 22. Christophe Duc, 1670. — 23. Louis Gros, 1678. — 24. Joseph de Savoie, 1693. — 25. Joseph-Nicolas Deschamps de Chaumont, 1728, év. de Genève, 1741. — 26. Jean-Pierre Briord, év. de Genève, 1764. — 27. Joseph-Marie Paget, év. de fienève, 1787.

Archives : départ, de l'Ain, où l'inventaire de 1891 signale // 20S : 30 pièces (1632-93); // 209 : 29 pièces (1711-77); H 210 : 12 pièces (1772-74). — Besançon, bibl. municipale, ms. 74, toi. 286 : extr. du cartulaire. — Bourg, bibl. munie, ms. 53 (43), fo\. 101-03 : 5 chartes publiées par Vuy, dans Mém. Inst. nat. genev., xii; ms. 5, fol. 63 : franchises... à Ballon... 1326. — Dole, bibl. munie, ms. 137 : cartulaire, copie par Perrenot (chartes 1175-1361). — A. S., mai, ii, 322. — Burlet, Le culte de Dieu et des saints en Sauoie, 1916.

— Cottineau, 767. — Gall. christ., xvi, 495. — Janauschek, Orig. cisterc. Vienne, 1877, 61. — Manrique, Ann. cisterc, Lyon, 1642, année 1140, x, 1; xi, 1, 2, 12. — Statuta cap. gen. ord. cisterc, i-viii, éd. de Louvain, 1933-41, passim. — Stein, Cartulaires français, Paris, 1907, n. 939.

J.-M. Canivez.

CHÉZY-SUR-MARNE, Cariacum, abbaye dont on trouve mention au milieu du ix« s.; on l'a fait, sans preuve, remonter à Charlemagne. Elle était fondée sous le vocable de S. Pierre, sur le bord de la Marne, à 6 km. environ au sud de Château-Thierry, en un lieu pouvant présenter de l'intérêt au point de vue militaire, mais peu favorable à une existence paisible. Elle aurait été détruite vers 887 lors d'une invasion normande, et ne se releva pas facilement. Elle était, en 980, sous l'obédience de l'Église de Paris. Les norbertins y étaient établis vers le milieu du xi» s. et, en 1063, Thibaud de Champagne donna à Rodolphe, sixième abbé, l'église de Charleville, près Montmirail, et l'abbaye reçut bientôt dix-sept églises paroissiales. En 1140, les religieux, en raison des attaques possibles, s'établirent dans l'enceinte même du bourg de Chézy dont ils étaient seigneurs et qui avait été fortifié par l'abbé Simon, représenté comme un homme de grand mérite et que S. Bernard défendit dans son conflit avec l'évêque de Soissons. L'établissement d'un monastère dans une place fortifiée nuisait à l'état religieux : au siècle suivant, l'abbé Robert avec la majeure partie de la communauté retourna à S.-Pierrele- Vieux. Sous l'abbatiat de Philippe, la détresse était absolue; il fut déposé en 1356, à la suite d'une visite de Jean de Craon, archevêque de Reims. En 1414, Nicolas Graibert, évêque de Soissons, trouva les religieux réduits à la mendicité; cette même année la forteresse fut détruite par les Anglais et l'abbaye, tombée en commende, ne paraît pas s'être relevée avant le xvi" s., où trois abbés de la famille de Langeac (1503-62) firent effectuer quelques travaux, mais la pauvreté était telle que l'abbé Antoine, « quoique commendataire, fut contraint d'y résider ».

En 1662, François de Nesmond, fils du président au parlement de Paris, y appela les bénédictins de S.- Maur, qui s'y établirent en dépit de quelque opposition. Cette maison, connue surtout par ses malheurs, demeura dans une situation précaire; en 1766 elle fut unie à S.-Crépin de Soissons; il n'y avait que cinq moines. En 1792, les bâtiments conventuels et l'église furent démolis et les ruines disparurent également; il n'apparaît pas que cette disparition ait fait éprouver à l'art une perte notable. Aucun des abbés n'a laissé de grand nom dans l'histoire; parmi les commendataires on relève les noms de Louis de L'Espinasse (1481-1501), de Nicolas de Neuville de Villeroi (1582- 1602), de Guillaume Fouquet de La Varenne, évêque d'Angers, de Charles de Balzac, évêque de Noyon, de Louis de Bassompierre, évêque de Saintes, de Henri de Nesmond, archevêque de Toulouse, d'Antoine de Montazet, archevêque de Lyon.

Liste des abbés: Jean I^'. — Théobald I". — Aibert.

— Gilon. — Robert I". — Rodulphe, 1063. — Pierre, 1108, 1112. — Simon, 1134, démissionna en 1156, t 27 juin. 1163. —-Élie, t 6 juin 1171. — Ebolus, 1176, t 21 janv. 1190. — Gaufred I", 1193, 1199. — Gaufred II, 1210. — Odon I", 1214, 1217. — Renald, 1222, 1230. — Robert II de Troies, f 4 déc. 1243. — Drogon, 1244, 1246. — B..., 1247. — Odon II, 1269. — Gautier, 1270. 1288. — Robert III, 1293, 1329. — Guillaume I" de Nourenoult, 1349. — Philippe, 1356.

— Jean II de Lintelles, 1358, 1392. — Pierre de Meudon, 1392, 1403. — Henri I" de Beaulieu, 1409, 1427.

— Théobald II. — Nicolas II Lentier, 1436, 1444. — Nicolas III Grainoti, 1444, 1454. — Jean III. — Michel. — Nicolas IV Richard, 1459, 1463. — Maur du Mas, 1469, 1480. — Louis de Lespinasse, premier commendataire, 1481, f 2 nov. 1501. — Jean IV de Langheac, moine élu, f 8 mars 1503. — Antoine de Langheac, commendataire nommé en 1503, malgré l'élection de Guillaume Gouffler, f 1519. — Gabriel de Langheac, moine de Cluny, élu le 16 août 1519,

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