CHIETI
Montauban, impliqués dans la révolte des princes; l'aide accordée aux chapitres rebelles contre les évêques nommés par le S. -Siège, et d'une façon générale l'immixtion des juges laïcs dans les causes d'ordre ecclésiastique. Chieregato et Flores, se conformant 'd'ailleurs à leurs brefs de rappel, finirent par solliciter leur congé sans avoir obtenu satisfaction sur aucun de ces points, et quittèrent la France au mois de sept.
L'évêque de Concordia reprit dès lors sa vie de Curie en qualité de prélat palatin et de référendaire domestique d'Innocent VIII. Il prononça le 28 juill. 1492, devant le collège des cardinaux, l'oraison funèbre de ce pape.
Sous Alexandre VI, il prit part à de nombreuses cérémonies et prononça, lors du mariage de Lucrèce Borgia avec Jean Sforza, un sermon resté inédit, sur le sacrement de mariage.
L'invasion de l'Italie par Charles VIII, en sept. 1494, l'empêcha de se rendre dans son évêché de Concordia comme il l'avait souhaité. Le 26 oct. 1495, alors que le fils de Louis XI, après avoir conquis le royaume de Naples, était rentré en France, Chieregato reçut du pape les pleins pouvoirs de légat a latere auprès de l'empereur Maximilien. Le légat était chargé de protester, auprès du souverain et de l'Empire, contre la descente de Charles VIII en Italie et son entreprise contre Naples. Il devait aussi exprimer les griefs du S. -Siège pour le refus de Charles VIII de recevoir le cardinal Piccolomini en qualité de légat a latere. Chieregato avait pour mission principale d'obtenir l'adhésion de l'Allemagne à la ligue conclue en Italie contre Charles VIII; il requit, par conséquent, l'aide militaire de l'Empire contre les Français, toujours maîtres du royaume de Naples ainsi que des villes d'Asti et d'Ostie. On connaît les difficultés suscitées aux entreprises de Maximilien dans l'Italie du Nord par les Vénitiens. Le nonce Chieregato, sujet de la séréiiissime République, se trouva de ce fait dans une situation particulièrement délicate vis-à-vis du souverain allemand. En 1497, il désirait vivement rentrer en Italie pour se rendre enfin dans son évêché, mais il dut prolonger son séjour dans l'Empire, pendant deux ans encore. Il est inexact qu'il se soit trouvé à Florence, comme on l'a quelquefois affirmé, pour y prendre part, par ses prédications, à la lutte du S.- Siège contre Savonarole. Il fut chargé en 1498 d'exhorter Maximilien à maintenir la paix avec Louis XII et par conséquent à renoncer à donner suite aux projets belliqueux qu'il avait formés à la diète d'Ulm. En 1499, Chieregato, toujours nonce en Allemagne, conseillait au pape de conclure avec Maximilien un traité semblable à celui que le S. -Siège avait conclu avec les souverains espagnols.
La carrière diplomatique de l'évêque de Concordia prit fin dans la seconde moitié de l'année 1499. Le prélat put dès lors se consacrer à l'administration de son diocèse. En 1503, le pape conçut cependant le dessein de faire appel à lui pour une nouvelle mission diplomatique à la cour de l'empereur, mais la mort d'Alexandre VI, le 19 août 1503, réduisit ce projet à néant, et l'évêque de Concordia ne quitta plus le Frioul. Presque constamment atteint par la maladie après son retour d'Allemagne, Leonello Chieregato mourut au siège de son évêché, le 19 août 1506. Ce prélat intègre et érudit conserva, à travers toutes les vicissitudes de son existence, l'amour des lettres et fut à un moment donné en relations épistolaires avec Angelo Poliziano. La plupart des nombreux discours qu'il prononça au cours de sa carrière ecclésiastique et diplomatique eurent les honneurs de l'impression.
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