‹ Dictionnaire d'histoire et de géographie ecclésiastiquesChapitre 158 sur 282 · L. Van Hee · texte numérisé non relu

L. Van Hee

1. CHILDEBERT l", roi des Francs, fils de Clovis et de Clotilde, mort en 558. A la mort de Clovis (511), ses quatre fils se partagèrent comme un patrimoine les pays qu'il avait conquis. Ghildebert eut, pour sa part : Paris, les pays jusqu'à la Somme, les côtes de la Manche jusqu'à la Bretagne et aussi les cités de Nantes et d'Angers. En 524, son frère Clodomir ayant été tué dans une expédition contre les Burgondes, il s'entendit avec son autre frère, Clotaire, pour s'emparer du lot du défunt, qui pourtant laissait trois enfants (infra, Clodomir); il acquit alors les cités de Tours et de Poitiers.

Malgré des dissensions parfois sanglantes qui séparaient les rois francs, ils se concertèrent pour faire la guerre aux peuples voisins et continuer l'œuvre de Clovis. La lutte contre les Burgondes fut particulièrement acharnée : après l'échec de la campagne de 524, où périt Clodomir, ils firent, en 534, la conquête entière du royaume de Bourgogne, qu'ils se partagèrent; Childebert acquit alors les cités de Lyon, Mâcon et Genève. En 536, les Francs s'emparèrent aussi de la Provence, qu'ils prirent aux Ostrogoths : les cités d'Arles et de Marseille furent attribuées à Childebert.

Des guerres contre d'autres peuples n'eurent pas d'aussi grands résultats. Plusieurs expéditions furent entreprises contre les Wisigoths, qui dominaient l'Espagne entière et possédaient encore la Septimanie, au sud de la Gaule, sur les bords de la Méditerranée : en 531, Childebert alla guerroyer en Septimanie pour venger sa sœur Clotilde, qui, ayant épousé le roi Amalaric, était maltraitée par lui, parce qu'elle ne voulait pas se convertir à l'arianisme; en 542, aidé par Clotaire, il lutta contre le roi Theudis, franchit les Pyrénées occidentales, prit Pampelune et assiégea vainement Saragosse. C'est encore avec Clotaire que Childebert participa à des expéditions au delà du Rhin, en Saxe et en "Thuringe (555-56).

Childebert fit parfois acte de prince chrétien. Ayant rapporté du siège de Saragosse la tunique de S. Vincent, il fonda dans un faubourg de Paris, sous le vocable de ce patron, un monastère, qui plus tard devait prendre le nom de S.-Germain-des-Prés. Il publia aussi un précepte contre le paganisme, dont des fragments sont venus jusqu'à nous (Boretius, Capitularia, ii, 2).

Childebert mourut en 558. Il fut enseveli au monastère de S. -Vincent : de nos jours, son tombeau a été retrouvé dans l'église de S.-Germain-des-Prés (cf. Bull, de la Soc. des antiquaires de France, 1887, p. 109-18: Nouveaux documents sur le tombeau de Childebert au monastère de S.-Germain-des-Prés). Comme il n'avait point d'enfants, son royaume échut à son frère Clotaire, seul survivant des descendants de Clovis.

Grégoire de Tours, Hist. Franc, IV et V. — Krusch, Chronol. regum Francorum slirpis merovingicae, dans M. G. H., SS. rer. merov., vu, 487. — Voir aussi, sur ce roi et les autres rois mérovingiens indiqués dans les notices suivantes : Dahn, Urgesehichte der germanischen und romanischen Vôlker, dans Oncken, Allgemeine Geschichte; Lot, Pfister et Ganshof, Les destinées de l'Empire de 395 à S88, dans Hist. générale, publ. sous la direction de Glotz : Hist. du Moyen Age, i.

A. Dumas.

2. CHILDEBERT II, roi des Francs d'Austrasie, né en 570, mort en 595, fils de Sigebert I«' et de Brunehaut. Il n'avait que cinq ans, en 575, lorsque

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