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CHILDÉRIC

son i)ère fui assassiné dans la villa de Vitry, à l'instigation de Frédégonde. Sauvé par un fidèle, le duc Gondebaud, il fut proclamé roi à Metz par les leudes d'Austrasie, le jour de Noël. Durant sa minorité, le pouvoir fut exercé par sa mère Brunehaut ; celle-ci eut d'ailleurs à endurer les pires humiliations des ducs et de l'évêque de Reims, qui dominaient au palais. Son oncle Contran, roi de Bourgogne, le prit sous sa protection et, en 577, l'adopta en lui faisant tradition symbolique de son royaume.

Les grands d'Austrasie cherchèrent à profiter de la jeunesse de leur roi pour lui imposer leurs volontés. Ils réussirent même un moment à le brouiller avec Contran. Mais bientôt l'oncle et le neveu se réconcilièrent. Le 28 nov. 587, ils eurent une entrevue, entre Langres et Toul, à Andelot. Dans le traité qui fut conclu, il était convenu que celui des deux rois qui mourrait le premier aurait, s'il n'avait point de fils, le survivant pour héritier. Ils promettaient aussi de ne pas chercher à l'avenir à se soustraire mutuellement leurs fidèles et de se livrer réciproquement les transfuges. A la suite de cet accord, les grands coupables de rébellion furent sévèrement punis; les ducs et les comtes suspects de connivence avec les rebelles furent destitués. Le royaume de Childebert jouit désormais de la paix intérieure. Mais le jeune roi restait exposé à la haine de Frédégonde, qui tenta plusieurs fois de le faire assassiner avec ses enfants. Ces entreprises n'eurent aucun succès.

Childebert, ayant atteint l'âge d'homme, reprit la politique d'extension des rois francs. En Cermanie, il remit sous le joug les Thuringiens et les Varins et soumit les Bavarois. 11 dirigea aussi, de 581 à 590, une demi-douzaine d'expéditions en Italie contre les Lombards, à la suite desquelles il garda les passages des Alpes, Suse et Aoste.

Le roi Contran étant mort le 28 mars 592, Childebert recueillit paisiblement son héritage et joignit l'Austrasie et la Bourgogne. Mais il mourut dans les derniers mois de 595, âgé seulement de vingt-cinq ans et laissant deux fils.

Grégoire de Tours, Hist. Franc, IV sq. — Krusch, Chronol. regum Francorum stirpis merovingicae, dans M. G. H., SS. rer. merov., vu, 489. — Digot, Hist. du royaume d'Austrasie, ii, 1863, p. 5-112.

A. Dumas.

3. CHILDEBERT III, peut être fils de Thierry III, fut, en 695, institué roi des Francs par le maire du palais Pépin d'Héristal, pour succéder à Clovis III. C'est un des derniers Mérovhigiens, rois fainéants, qui n'avaient qu'un titre sans aucun pouvoir. Son nom figure seulement pour la forme sur plusieurs diplômes. 11 mourut en 711 et eut pour successeur son fils, Dagobert III.

Krusch, Chronol. regum Francorum slirpis merovingicae, dans M. G. H., SS. rer. merov., vu, 500.

A. Dumas.

1. CHILDÉRIC I", roi des Francs Saliens, fils de Mérovée, né vers 436. Il succéda à son père en 458 et mourut vers 481. A son avènement, les Francs Saliens étaient encore au service de l'Empire romain en qualité de fédérés. Leur roi était sous l'autorité du maître de la milice, Aegidius, qui commandait dans le nord de la Caule.

Suivant des légendes rapportées par Crégoire de Tours et Frédégaire, les Francs chassèrent Childéric, parce qu'il débauchait leurs filles, et prirent pour roi Aegidius. Childéric se réfugia en Thuringe. Au bout de quelques années, il fut rappelé par ses anciens sujets, qui le reconnurent de nouveau pour roi. La reine des 'Thuringiens, Basine, qu'il avait séduite, vint le rejoindre et il l'épousa. De cette union naquit un fils, qu'on appela Clovis.

Il est, en tout cas, certain que Childéric resta l'allié d' Aegidius : vers 463, il combattit avec lui contre les Wisigoths. Aegidius mourut en 464. Childéric resta fidèle à son fils Syagrius qui, après lui, fut maître de la milice. 11 aida les Romains à chasser les Saxons et les Alamans, qui avaient envahi le bassin de la Loire.

Childéric ne commanda jamais qu'une petite troupe de Francs établis autour de Tournai. C'est dans cette ville, qu'il mourut vers 481. Il y fut enterré avec son cheval de guerre et ses armes. Son tombeau fut retrouvé en 1653. De nombreux objets en furent retirés : étoffes, armes, bijoux, monnaies d'or.

Junghans, Hist. critique des règnes de Childéric el de Chlodovech, trad. Monod, 1879. — Kiirth, Clovis, 2' éd., 1901.

A. Dumas.

2. CHILDERIC II, roi des Francs, né vers 650, mort en 675. Il était fils de Clotaire II, roi de Neustrie, et de Ste Bathilde (Bathilde, supra, vi, 1321). A la mort de son père (657), seul son frère aîné Clotaire III fut proclamé roi sous la tutelle de sa mère Bathilde, qui gouverna avec le maire du palais Erchinoald, remplacé en 658 par Ébroïn.

Cependant l'Austrasie était sous l'autorité du maire du palais Grimaud, qui, en 661, institua roi son propre fils Childebert, bien qu'il n'appartînt pas à la famille mérovingienne. En 662, les grands d'Austrasie renversèrent Grimaud et le livrèrent avec son fils au roi de Neustrie. Sur la proposition de la reine Bathilde, ils prirent pour roi Childéric II. Ce n'était encore qu'un enfant, qui régna sous la tutelle du duc Gonfaud (Vulfualdus), maire du palais.

En Neustrie, Clotaire III mourut en 673. Le maire du palais Ébroïn proclama roi, de sa propre autorité, Thierry III, troisième fils de Clotaire II. Bientôt les grands du royaume, à l'instigation de S. Léger, évêque d'Autun, se révoltèrent contre lui et l'enfermèrent au monastère de Luxeuil. Thierry III fut déposé et placé à S. -Denis. Childéric II accourut à l'appel des grands et fut proclamé roi de Neustrie.

Childéric, ayant réuni tous les royaumes de la monarchie franque, prétendit gouverner en prince absolu, sans prendre l'avis des grands. Il relégua à Luxeuil S. Léger, qui à un moment s'était cru toutpuissant au palais (avr.-mai 675). Mais, à l'automne suivant, il fut assassiné, quand il chassait près de Chelles, par un grand nommé Bodilon, qu'il avait fait battre de verges. L'évêque de Rouen, S. Ouen, le fit ensevelir à S. -Vincent, appelé plus tard S.-Germaindes-Prés : les bénédictins retrouvèrent, en 1656, ses ossements derrière le chœur de l'église. Childéric II fut le dernier Mérovingien qui essaya de régner.

Levillain, La succession d'Austrasie au VII' s., dans Rev. historique, cxii, 1913, p. 62-72. — H. Stein, La mort de Childéric II, dans Le Moyen Age, 1908, p. 297.

A. Dumas.

3. CHILDÉRIC III, roi des Francs. On ne saurait dire avec certitude de qui il était le fils. Depuis la mort de Thierry IV (737), le trône était vacant : le maire du palais Charles Martel, qui gouvernait le royaume des Francs avec pleine puissance, n'avait pas jugé utile de lui donner un successeur. Pourtant, en 743, ses deux fils, Carloman et Pépin, devenus après sa mort maires du palais, estimèrent encore opportun de se couvrir par un fantôme de roi; ils placèrent sur le trône le jeune Childéric III, jusqu'alors élevé dans un couvent, qui passait pour appartenir à la famille mérovingienne.

Childéric III n'eut à la vérité qu'un vain titre, le pouvoir étant exercé par les maires du palais. Un de ses diplômes débute par ce protocole significatif : « Childéric, roi des Francs, à l'éniinent Carloman, maire du palais, qui nous a établi sur le trône » (v. Carloman (1), supra, xi, 1059).

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