CHRISTOPOLIS ou CHRYSOPOLIS
évêché de la province d'Asie, dépendant d'Éphèse. Ce nom est uniformément employé dans les listes conciliaires, de 451 à 879. Cependant l'évêché est ordinairement désigné sous son nom ancien de Dioshieron (voir à ce mot).
R. Janin.
3. CHRISTOPOLIS, autre nom de Tyane, métropole de la Cappadoce II". Le titre a été donné, le 17 déc. 1927, à Mélétios Loukakès, jusqu'alors évêque titulaire de Christopolis de Macédoine et directeur d"Op9o5oÇ(a, revue officielle du patriarcat grec orthodoxe de Constantinople; le 2 août 1928, le patriarche y ajouta celui d'exarque de la Cappadoce II* ("OpeoSoÇîa, n, 437; m, 248) (f 22 juiU. 1946).
R. Janin.
CHRODEGANG (Saint), évêque de Metz, viii« s. Depuis Jean de Gorze au x« s., la vie de S. Chrodegang a souvent été écrite, car le prélat fut l'un des plus glorieux évêques de la cité messine; son influence est encore prépondérante dans le domaine du chant liturgique : une revue musicale catholique se réclame de lui et une rue porte son nom. C'est dire que Metz n'a pas oublié un de ses plus célèbres pasteurs.
Né en 712, au pays de Hesbaye, en Brabant, il avait pour père Sigramme et pour mère Landrade, tous deux de noble origine. Sa nièce Ermingarde ayant épousé Louis le Débonnaire, il entra ainsi dans la famille impériale. Très tôt, il fréquenta l'abbaye de S.-Trond et son école monastique, où il puisa le goût des sciences ecclésiastiques et profanes. A peine âgé de vingt-cinq ans, il fut distingué par Charles-Martel, qui le nomma référendaire ou chancelier du royaume, puis premier ministre (737). Il passa à la cour cinq années, ne changeant rien à ses habitudes de mortification et ne dissimulant pas sa charité envers les pauvres et les orphelins. Le 30 sept. 742, il fut sacré évêque de Metz, mais Pépin le Bref, roi d'Austrasie, exigea qu'il cumulât les fonctions de premier ministre avec celles de pasteur des âmes. Ses éminentes qualités ne se démentirent pas et Pépin le Bref, au contact d'une telle personnalité, ne put, lui-même, que continuer à manifester pour la religion un zèle qui ne faiblit jamais.
Chrodegang, ne négligeant ni ses devoirs épiscopaux, ni ses devoirs politiques, donnait toutefois la préférence aux premiers. Les bénédictins, auteurs de l'Histoire de Metz, écrivent : « Il vécut toujours dans une très grande simplicité, faisant paraître beaucoup de douceur dans ses mœurs et de modestie dans toute sa conduite. Jamais on ne vit de luxe dans ses habits, ni à sa table. Il avait une charité sans bornes pour les misérables. Il nourrissait un nombre incroyable d'indigents, et protégeait les veuves et les orphelins qui le regardaient comme leur père et leur tuteur. » Il fut vraiment un autre S. Boniface, à qui il succéda d'ailleurs dans la réforme du clergé.
On lui doit, à Metz et dans le pagus MosUnensis, des créations religieuses qui ont rendu son nom célèbre. C'est lui qui fonda l'abbaye bénédictine de Gorze, dont les bâtiments existent encore, abbaye qui, en moins d'un siècle, devint une des plus importantes de Moselle, grâce aux libéralités des princes, ses bienfaiteurs. La fondation date de 748. Dans la charte originale, Chrodegang proclame formellement son intention de créer une basilique à Gorze, là où, primitivement, existait un monastère dédié à S. Pierre, que la légende voulait avoir été construit par S. Clément, le premier évêque de Metz. En rappelant le nom de S. Pierre, nous renvoyons aux remarquables travaux du chanoine Bour, qui a combattu la thèse d'une double fondation épiscopale. Le monastère de S.- Pierre, dit-il, est le même que celui de Gorze, bien que Paul Diacre, dans ses Gesta episcoporum Metlensium, déclare le contraire. Tous les auteurs, depuis le moine de Gorze qui écrivit au x« s. la Vita Chrodegangi, ont copié ce passage de la biographie du prélat, faisant les mêmes erreurs. Le chanoine Bour, ayant étudié à fond la question, conclut que Paul Diacre, Lombard d'origine, a péché par ignorance géographique.
Quoi qu'il en soit, Chrodegang a doté l'abbaye de très nombreux biens, énumérés dans la charte de fondation et confirmés par Pépin le Bref. Quelques années plus tard, l 'évêque devait agrandir et embellir la cathédrale S.-Étienne, ainsi que l'église voisine de S. -Pierre-Majeur. Dans la première, il rénova le maître autel et le chœur, fit installer des arcatures circulaires et un cancel qui séparait la partie réservée aux clercs de celle des fidèles. Ces aménagements ne peuvent dater que des années postérieures à 753, puisque le prélat se rendit à cette époque à Rome. On sait que ce voyage, comme celui qu'il effectua en 765, devait fortement marquer son existence. Chrodegang voulut adapter son église épiscopale à celles qu'il avait vues en Italie, notamment à Ste-Marie- Majeure, à Rome.
Mais il ne se contenta pas seulement de prendre Rome pour modèle de son église : il s'inspira aussi de la Ville éternelle en ce qui concernait la liturgie, le chant et la discipline du clergé. Il a laissé une Règle justement célèbre, qui fut adoptée par la majeure partie des chapitres, comme celle de S. Benoît avait été acceptée par la majorité des monastères d'Occident. Le chapitre cathédral fut astreint à suivre une vie régulière, fondée sur des constitutions semblables à celles de S. Benoît. Le règlement se composait de trente-quatre articles et d'une préface, dans laquelle l'évêque déplorait les abus qui s'étaient glissés parmi le clergé. Il recommandait l'exactitude au chœur, le silence à certaines heures, la sobriété aux repas, l'instruction des pauvres. Les chanoines n'étaient cependant pas des moines et ils ne faisaient nul vœu qui les engageât. Le chant était également mis à l'honneur et dom Cajot déclarait que son exécution était si parfaite que toute la chrétienté vantait le plainchant messin. Siméon, second chantre de l'école liturgique romaine, raconte dom Mabillon, était venu en
CHRODEGANG