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CHRYSIPPE

Austrasie pour y former des élèves. Ses succès furent très incomplets et, le pape Paul I" l'ayant rappelé, Chrodegang se trouva dans l'obligation d'envoyer à Rome avec lui les chantres dont il avait commencé l'éducation musicale. Ces artistes, à leur retour, établirent une école de chant qui devint très célèbre, car Amalaire cite l'antiphonier messin comme étant le modèle sur lequel on corrigeait les autres. L'évêque de Metz est bien le principal promoteur de l'établissement de la liturgie romaine dans l'Église franque.

C'est encore S. Chrodegang qui introduisit à Metz une coutume romaine, ou du moins qui lui donna une grande extension : celle des stations, c.-à-d. la célébration de la liturgie dans les différentes églises de la ville. La liste des églises stationnales de carême nous a été conservée par un manuscrit du ix« s., aujourd'hui à la Bibliothèque nationale.

En 753 donc, Chrodegang était à Rome — une année après le couronnement de Pépin comme roi des Francs — envoyé précisément par celui-ci vers le pape pour le prier de fuir Rome où, en butte aux attaques incessantes d'Astolfe, roi des Lombards, il n'était plus en sécurité. Il quitta la Ville éternelle le 14 oct., se rendit à Pavie auprès de son ennemi et put, avec bien du mal, mais accompagné de Chrodegang et d'une suite peu nombreuse, gagner les Alpes et le monastère de S. -Maurice, en Valais. Pépin vint accueillir Étienne II à Ponthion, en Champagne (6 janv. 754), et le conduisit lui-même à S. -Denis, où il résida en attendant des jours meilleurs. C'est à cette occasion que le Souverain pontife conféra à Chrodegang le pallium, avec le titre d'archevêque des Gaules et la charge de légat pontifical pour le royaume des Francs. En 754, l'évêque assista au concile de Quierzysur-Oise, au cours duquel il agit auprès des seigneurs francs pour les décider à entreprendre la guerre d'Italie et à faire rendre au S. -Siège les domaines injustement ravis. Chrodegang fut alors désigné pour tenter une ultime démarche auprès d'Astolfe, à qui il remit | une lettre du pape. Tout le zèle et l'habileté du prélat devaient échouer devant ce prince intransigeant. En 755, Chrodegang présida le concile provincial de Verneuil, en 757, celui de Compiègne, et en 765, celui d'Attigny, où furent réunis vingt-sept évêques. La même année, il retourna à Rome et il obtint du pape Paul I" les corps de trois martyrs repris aux catacombes romaines : Nazaire, Nabor et Gorgon. Il les plaça dans des coffrets de prix et, en grande pompe, les conduisit dans son diocèse. Lors de la translation des reliques de S. Gorgon, les moines de S. -Maurice en Valais, chez qui elles avaient été déposées pour une nuit, s'emparèrent de la châsse et ne voulurent pas la rendre. Le prélat réussit à reprendre le glorieux corps et le déposa, en mai 765, à Gorze. Les reliques de S. Nabor furent déposées le 5 juill. à Hilariacum, monastère réformé par son prédécesseur Sigesbaud, qui devait prendre le nom de son nouveau patron et devenir, par allitération, S.-Avold. Enfin S. Nazaire fut confié aux religieuses de Lorsch (Lauresheim), près de Worms.

Chrodegang devait mourir le 6 mars 766, peu de temps par conséquent après avoir fait la translation des reliques romaines. Le martyrologe de Metz célèbre sa fête le 6 mars, sous le rit double majeur. Les restes du pieux prélat furent inhumés, selon son désir, à Gorze, puis transférés au monastère de S.-Symphorien de Metz, où ils demeurèrent jusqu'à la Révolution qui les dispersa on ne sait où. Une seule paroisse du diocèse, celle d'Althorn, près de Bitche, l'a choisi comme patron. Théodulphe, évêque d'Orléans,' a composé son épitaphe en vers.

Paul Diacre, Liber de episcopis Metlensibus, dans [ M. G. H., SS., II, 267 sq. — Jean de Gorze, Vita Chrode- \

gangi episcopi, ibid., x, 552 sq. — Meurisse, Hisi. des évesques de Metz, 1634, p. 154-73. — Dom Calmât, Biblioth. lorraine, 1751, p. 314-15. — Hisl. de Metz par les Bénédictins, I, 1769^ p. 454-516. — E. Bégin, Hisi. des se., des lettres et des arts... dans le pays messin, 1829, p. 148-51; Metz depuis 18 siècles, 1843-1844, ii, 242-59. — Ch. Abel, Étude sur le pallium et le titre d'archevêque jadis porté par les évêques de Metz, 1867, p. 33. — A. Prost, Caractère et signification de quatre pièces liturgiques composées en latin et grec au IX" s., dans Mém. de la Soc. nat. des antiq. de France, 1876, p. 220. — Prost, La cathédrale de Metz, 1885, p. 299-307. — W. Schmitz, S. Chrodegangi Meltensis episcopi régula canonicorum, 1889. — F. Chaussier, L'abbaye de Gorze, 1894. — Léon Germain, Du titre d'archevêque porté par S. Chrodegand, dans Journ. de la Soc. d'archéol. de la Lorraine, 1896, p. 85-88. — D'Herbomez, Cartulaire de Gorze, dans Mettensia, ii, 1898-1901. — Kahl, Der ht. Chrodegang, Bischoj von Metz, in der Geschichte der Padagogik, dans Mitteilungen der Ges. fur deutsche Erziehungs-und Schulgeschichte, 1901. — Reumont, Zur Chronologie der Gorzer Urkunden aus Karolingischer Zeit, dans Ann. de la Soc. d'hist. et d'archéol. de la Lorraine, 1902, p. 270-89. — Marichal, Remarques... sur le cartulaire de Gorze, dans Mettensia, m, 1902. — Otto Hannemami, Die Kanonikerregeln Chrodegands von Metz und der Aachener Synode von 816 und das Verhàltnis Gregors VII. — U. Chevalier, B. B., 921. — F.-A. Weyland, Vies des saints du dioc. de Metz, II, p. 1-21 (bibliogr.). — L. Duchesne, m, 1915, p. 57. — Grimme, Die Kanonikerregel des hl. Chrodegang, dans Ann. de la Soc. d'hist. et d'archéol. de la Lorraine, xxvii-xxviii, 1915-1916, p. 1-44. — R. Parlsot, /fis/, de Lorraine, 1924, table. — Ph. de VigneuUes, Chronique, éd. Bruneau, ii, 1927, p. 242-59. — Klauser et Bour, Notes sur l'ancienne liturgie de Metz et sur ses églises antérieures à l'an mil, dans Ann. de la Soc. d'hist. et d'archéol. de la Lorraine, xxxviii, 1929, p. 6-7, 31-34, 42-43. — L. T. K., II, 944. — R.-S. Bour, Un passage très discuté de Paul Diacre, dans Ann. de la Soc. d'hist. et d'archéol. de la Lorraine, XLiv, 1935, p. 137-46 (bibliogr.).

T. DE MOREMBERT.

CHRYSANTHE ET DARIA (Saints). Voir n. A. C. L., III, 1560-68.

I CHRYSANTH lus, Clirysantianus, que l'on retrouve au 17 févr. dans le martyrologe hiéronymien sous des formes variées : Crisanti, Crisentiani, Criscenti, comme martyr d'Aquilée, est une mauvaise lecture de Chrys(ogonus).

A. S., févr., III, 9. — Mart. Hier., éd. Delehaye, 102-03.

R. Van Doren.

CHRYSANTHOS NOTARAS, théologien, patriarche de Jérusalem (f 1731). Voir D. T. C, ii, 2419-20.

CHRYSANTHUS ET FORTUNATUS,

martyrs vénérés à Pavie, le 15 mai, sont, d'après les Actes de S. Syr, compagnons de ce saint, premier évêque de Pavie, qui leur conféra l'ordination sacerdotale. Or ces Actes constituent un tissu de fables. Les corps des martyrs furent transférés, le 1" nov. 1626, à l'église S.-Gervais de Pavie.

A. S., févr., II, 152-55; mai, m, 443. — B. H. L., 7976, 4619. — Lanzoni, 983-86. — Mart. Rom., 393, 574. — F. Savio, Gli aniichi vescovi d'Italia, La Lombardia, II, II, 340-345.

R. Van Doren.

CHRYSIPPE DE CAPPADOCE ou de Jérusalem, écrivain du v<^ s. Nous sommes renseignés sur sa vie par Cyrille de Scythopolis, qui le signale parmi les disciples de S. Euthyme. Originaire de la Cappadoce, il fut élevé en Syrie, peut-être à Antioche, où il ' fit de fortes études. Vers 428, il vint avec ses deux frères, Cosmas et Gabrielius, à Jérusalem : tous trois désiraient se mettre sous la conduite de S. Euthyme, qui venait précisément de s'installer au Sahel. Il devint économe de la laure; et, vers 456, sur le désir I de l'impératrice Eudoxie qui, peu après 440, avait I établi sa résidence à Jérusalem, il fut ordonné prêtre

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