V. Grumel
CHRYSOGONE, martyr, 23, 24 nov., d'après le martyrologe romain, après avoir subi un long emprisonnement, fut envoyé par Dioclétien de Rome à Aquilée, où il fut décapité et son corps précipité à la mer. Ces détails proviennent de la Passion fabuleuse de Ste Anastasie, appelée aussi Passion de S. Chrysogone (B. H. L., 1795). En réalité, il y eut à Aquilée un martyr Chrysogone, mais qui n'eut aucun rapport avec Rome. Il faudrait l'identifier avec l'évêque qui occupa le siège d'Aquilée après Théodore (f avant 314) et qui, confesseur, aurait pourtant reçu le titre de martyr. Son culte était fort répandu. Il fut vénéré à Milan et à Ravenne et fut représenté sur plusieurs mosaïques antiques.
A Rome, au quartier du Transtévère, existait au IV' s. un titre presbytéral, remontant sans doute au iii« s. et dont la dédicace se place également au 24 nov.; son fondateur était un Chrysogone. Ce dernier, au v^ s., fut identifié avec le martyr d'Aquilée et vénéré comme saint. De là la légende qui fait de Chrysogone un prêtre romain, conseiller de Ste Anastasie. — En dessous de la basilique actuelle, datant du xii« s., on a découvert un édifice du iv^^ s..
H. Delehaye, Étude sur le légendier romain, 48, 151-71. — J. P. Kirsch, Die rômische Tilelkirchen, 108-18. — Lanzoni, 870. — L. T. K., ii, 949-50. — Mart. Hier., éd. Delehaye, 618-19. — Mart. Rom., 542.
R. Van Doren.
CHRYSOLE (Saint), Chrysolius, martyr honoré le 7 févr., était, d'après la légende, prince arménien et archevêque. Il s'enfuit devant la persécution de Dioclétien, et, sur l'ordre du pape Caius ou Marcellin, avec Denis, Quentin et Platon, se rendit dans les Gaules. Il fut décapité à Verlinghem (Flandre franç.). Mais il porta sa tête, ainsi que la châsse contenant les reliques de S. Pierre, qu'il avait reçues du pape, 2 lieues plus loin, à Comines, où il fut enterré. De ces détails et d'autres relatés par la Passion (B. H. L., 270), on ne retiendra de certain que le nom du saint. — S. Éloi de Noyon procéda à une invention des reliques, dont une partie est conservée à Bruges.
A. S., févr., il, 11-13. — .1. Ghesquière, Acta sanct. Belgii, i, 108-09. — H. L. Fr., xv, 622. — H. Gunter, Die christl. Légende des Abendlandes, 153 sq. — L. T. K., ii, 950. — M. G. H., SS. rer. merov., iv, 697.
R. Van Doren.
CHRYSOLOGUE (Pierre). Voir Pierre Chrysologue (Saint).
CHRYSOLORAS ^ CHUET
CHRYSOLORAS (Démétrius), théologien grec (xive-xve s.). Voir D. T. C, ii, 2420-22 et L. T. K., II, 951.
CHRYSOLORAS (Man uel) , humaniste byzantin (t 1415). VoirD. T. C, ii, 2422-23 et L. T. K.,u,
CHRYSOPOLIS (Asie). Voir Christopolis.
1. CHRYSOPOLIS (XpuCTÔ-TToXiç), évêché de la province d'Arabie, dépendant de Bostra. On n'a pas encore identifié cette localité, qui se trouvait certainement dans le massif montagneux du Hauran. On ne lui connaît aucun évêque; Jean, que Le Quien signale au concile de Chalcédoine (451), appartenait sans aucun doute à Chrysopolis (Dioshieron) de la province d'Asie. On ignore à quelle époque disparut le siège. Ce fut probablement peu de temps après l'invasion arabe qui submergea tout le pays (632-33).
Le titre de Chrysopolis a été conféré très souvent dans l'Église romaine depuis le xiv« s., mais une confusion a dû s'établir avec Chrysopolis d'Asie, car il y a parfois deux titulaires en même temps au xv« s. : Jean, 1346, sufîragant à Osnabrûck. — Thomas Sakeld, 1349-58, sufïr. à York. — Thomas, vers 1401, en Angleterre. — Conrad, O. P., 1403-t 1414, auxiliaire à Mayence. — André, O. F. M., 1410-11, auxil. à Brindisi. — Rupert, ?-t 1414. — Marc, O. F. M., sutïr. à Strasbourg. — Gebhert, O. P., 1415-t 1420, auxil. à Mayence. — Marc, O. P., 1435, auxil. à Strasbourg. — Martin de Sotomayor, O. Carm., 23 sept. 1440-?. — Jean Isembard, O. P., 11 mai 1450-?, auxil. à Metz. — Martin de Soleta, O. P., vers 1454, sufl'r. à Bâle. — Jaime Perez, O. S. A., 1468-t 1490, auxil. à Valencia.
— Mathieu Perez, O. S. A., 1491, auxil. à Valencia.
— Pierre Estana, O. Carm., élu après 1509, auxil. à Valencia. — Antoine-André Carbonell, O. Carm., 1525-t 1530, auxil. à Valencia. — Pierre Tassarus, O. P., 13 avr. 1524-? — André Whytmay, O. S. A., 15 sept. 1525, auxil. à Worcester. — Galcerand Ceffarach, 11 févr. 1534-?, sufïr. à Majorque. — Raphaël Limas, 27 juin 1527-t après 1557, suffr. à Majorque.
— François Panicarola, O. F. M., 4 juill. 1586- 28 sept. 1587, suffr. à Ferrare. — Melchior Pelleta, 9 mars 1588-?, suffr. à Turin. — Fr. Beer, 1594t 1611, auxil. à Bâle. — Bernard Angelok, 1613-t 1646, auxil. à Bâle. — Mathurin de Castro, orat., 1636t 1669, vicaire apostolique de Bombay (?). — Th. Henrici, O. F. M., 1648-t 1660, vicaire apost. de Bombay (?). — Gaspar Schmorff, 1662-t 1704, auxil. à Bâle. — Bernard Mayer, ?-t 1748, auxil. à Bâle. — François-Antoine Mayer, 6 mai 1748-?. — Gaétan Guinta, 1822. — André Ktougiewicz, 15 mars 1830- 14 déc. 1840, suffr. à Wilna. — Pierre de Souza, O. Carm., 1" mars 1841-t 6 mai 1864, auxil. à Rio de Janeiro. — Claude Dépommier, M. E. P., 17 févr. 1856t 8 déc. 1875, vicaire apost. de Coïmbatour. — Édouard Jean-Horan, 18 juin 1874-t 15 févr. 1875.
— Jean-Yves Coadou, M. E. P., 11 juill. 1880-25 nov. 1886, vicaire apost. de Mysore. — Pierre-Marie Gendreau, M. E. P., 26 avr. 1887-t 6 févr. 1935, vicaire apost. du Tonkin occidental.
Le Quien, n, 867-69. — Ann. ponl., 1916, p. 390. — C. Eubel, I, 193; ii, 143; m, 182; iv, 1.50.
R. Janin.
2. CHRYSOPOLIS (XpuaôiroÂiç), évêché de Macédoine II'', dépendant de Philippes. Le nom ancien de la ville était Amphipolis, comme cela est nettement indiqué dans un appendice aux listes épiscopales de G. Parthey (Hieroclis synecdemus et Notitiae Graecae episcopaiuum, 312 : 'AijçîttoXiç f) vOv XpuaÔTToAiç). C'est aujourd'hui la petite ville d'Orphano, au fond du golfe du même nom. Dans les listes
conciliaires, on ne rencontre que le nom d'Aniphipolis, preuve que celui de Chrysopolis est tardif; il ne figure même sur aucune liste épiscopale et on ne lui connaît aucun titulaire grec.
Le titre a été conféré dans l'Église romaine : Louis de Courrèges d'IIstou, 16 nov. 1935-8 sept. 1947, auxiliaire à Toulouse. — Florentin Sanz Esparza, lazariste, ancien év. de Cuttack, 4 mars 1948.
Le Quien, ii, 83-86.
R. Janin.
CHRYSOSTOME (Jean). Voir Jean Chrysos- TOME (Saint).
1 . CHRYSOSTOME DE EVORA, ainsi appelé du lieu de son origine, cistercien à Alcobaça. Il s'attacha particulièrement à l'étude de la liturgie et composa un Ordinarium de officio divino secundum usum cislerciensem, resté ms.; de même une Hist. de la fondation d' Alcobaça (xvi« s.).
Biu-bosa, BfW. Liisitana, i, Lisbonne, 1759, p. 573.
J.-M. Canivez.
2. CHRYSOSTOME DE LA SERNA, cistercien du monastère de Nogalès, au royaume de Léon. Né à Villacafias, il revêtit l'habit religieux en nov. 1691. Il fut abbé de Ste-Anne de Madrid, deux fois déflniteur général et historien de sa congrégation, ce qui le mit aux prises avec le P. Pien, bollandiste, au sujet de la Vie de S. Bernard, f à Madrid le 24 sept. 1751. Ses travaux imprimés sont : Judicium ciijusdam humilis monachi supra notas Antuerpiensium, in-4">; Conflidus spectabilis humilis provocati, monachi videlicet cisterciensis authoris judicii supra notas Antuerpiensium, in-4<'; Pro auréola S. Bernardi actiones indices contra novas detraciiones duorum tesfium primae historiae Vitae S. Bernardi, doctoris egregii et melliflui. Coram D. D. Judicibus S. R. E. bajo el nombre de D. Juan
j Lisabe de Seraos, in-4».
! R. Muniz, Bibl. cislerc. espafiola, Burgos, 1793, p. 318.
J.-M. Canivez.
3. CHRYSOSTOME DE LA VISITA- TION, cistercien d'Alcobaça, en Portugal. Docteur en théologie, durant quinze ans il fut procureur général de sa congrégation, à Rome. Pour maintenir les droits et privilèges qui lui étaient confiés, il dut lutter contre Philippe II et se cacher durant un temps à l'abbaye S. -Martin, près de Parme. Il fut ensuite comblé de faveurs par Clément VIII. Il vécut ses dernières années à Valdeiglesias, en vrai contemplatif, fervent et pénitent; t 'e 17 oct. 1604. Il a laissé quelques ouvrages : Privilégia congr. S. M. de Alcobaça, cisterc. ordinis... per Rom. pont, a Pic IV ad Clementem VIII, Venise, 1593, in-4<'; De verbis Dominae, hoc est... ad Angelum et Elisabeth..., Venise, 1600; De verbis Dominae ad Filium..., Venise, 1600.
Barbosa, Bibl. Lusiiana, i, Lisbonne, 1759, p. 565. — R. Mufiiz, Bibl. cisierc. espafiola, Burgos, 1793, p. 350. — Ch. de Visch, Bibl. script, ord. cisterc, Cologne, 1656, p. 70.
J.-M. Canivez.
CHUET (Barthélémy). Originaire du Dauphiné, il fut nommé au siège de Nice le 15 avr. 1462. En 1469, on lui confia l'administration du diocèse de Lausanne. Sur l'intervention de Yolande, duchesse de Savoie, dont il était le protégé, il obtint en 1473, de Sixte IV, de recevoir l'abbaye de S. -Pons (Nice) en commende. La même année (5 mai), il consacra l'église des Mineurs de l'observance à Nice, et, en 1482, celle des Frères Prêcheurs. Chuet mourut en 1501 et fut enseveli dans la chapelle de S. -Barthélémy, qu'il avait fait construire à l'extérieur de la cathédrale de Nice, contre le mur sud de celle-ci.
Gall. christ., m, 1290. — Cappelletti, xiii, 712. — E. Tisserand, Hisl. civile et religieuse de la cité de Nice..., i, Nice,