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livres, enfin fit appel à des séminaristes espagnols et à des ordres religieux. Il ordonna 36 prêtres, originaires d'Espagne, et obtint du gouvernement (26 nov. 1852) l'autorisation d'établir des communautés religieuses. Mais, à part les scolopes établis à Puerto- Principe, ce ne fut qu'après son départ que celles-ci y furent fondées (Pères de la Mission, sœurs de la Charité, jésuites et capucins); cependant une religieuse de Tarragone, Antonia Paris Riera, arrivée le 26 mai 1852 à Cuba avec quatre consœurs, y fonda une nouvelle congrégation ayant pour but l'instruction des petites filles et l'entretien des ornements d'église. Cette congrégation fut canoniquement établie le 25 août 1855, sous le nom d'Institut apostolique de Marie-Immaculée; elle adopta la Règle de S. Benoît et des coutumes propres.
Comme en Espagne, Claret organisa à Cuba la propagande écrite. Il publia : Modificacinn de tos estatulos del seminario tridentino de Cuba; Pronluario para la adminislraciôn de los santos Sacranientos; Alocuciôn para el ofertorio de la Misa; Ejercicios espiriluales preparatoria para la primera comuniùn de los ninos, 1859; Novena al Smo Corazôn de Maria, 1855; Asociôn de Hijas de la Concepcion, 1855; Instrucciôn qué debe iener la mujer. Bâlsamo e/lcaz, 1856; Anolaciones al Evangelio de San Mateo y a los dos primeras cupilulos de los Hechos de los Apôstoles, 1856; El viajero recién llegado, 1856. Outre ces plaquettes, il publia cinq lettres pastorales, de nombreuses circulaires, des rééditions de son Manâ del cristiano, etc.
Son zèle réformateur valut à Claret de violentes oppositions. Sous la conduite de Wenceslas Callejas, > un groupe de clercs mécontents dénigrèrent son activité et celle de ses collaborateurs; ils exploitèrent contre lui le sentiment nationaliste du peuple; ils calomnièrent ses mœurs, etc. Claret fut victime de quatre attentats; lors du second, à Holguin, le 1'^'' févr. 1856, il fut sérieusement blessé; quelques jours après on brûla la maison où il devait se loger. Cette persécution ébranla Claret au point qu'il présenta au pape sa démission. Une lettre de Pie IX (fin 1856) lui redonna du courage. Cependant, le 18 mars 1857, il fut rappelé à Madrid par la reine Élisabeth II, dont il fut nommé confesseur (5 juin). Il renonça alors au siège de Cuba et devint archevêque titulaire de Trajanopolis.
III. Le confesseur royal. — Grâce à son tact, Claret parvint à inspirer à la reine une certaine ferveur . pour la religion. Il s'occupa aussi de l'instruction religieuse des infants. Pendant ses loisirs, fort longs, il se livra au ministère de la prédication et de la confession, par ex. en l'église des Italiens, à l'hôpital S.-Jean-de-Dieu, en l'église et à l'hôpital de N.-D. de Montserrat. Le 5 août 1859, la reine le nomma président d'une communauté d'ecclésiastiques établie à l'Escurial. Claret restaura le temporel de cette communauté; il donna en outre aux ecclésiastiques une règle de vie, inspirée en i)artie des règles monastiques. Cette réforme aboutit à la fondation d'un séminaire, dépendant de celui de Tolède. Claret rédigea le règlement et fonda, au prix d'énormes dépenses, une riche bibliothèque. Cette nouvelle institution devint bientôt le premier séminaire d'Espagne, malgré les difficultés que lui créait le cardinal de Tolède. A côté du séminaire, on installa un collège d'études moyennes; la révolution de 1868 empêcha d'y adjoindre un institut d'études supérieures. Au cours de ces années, Claret publia quelques ouvrages relatifs à la pédagogie : El colegial inslruido; La vocaciôn de los niilos: Bâlsamo eficaz... L'institut de l'Escurial fut combattu par le parti libéral, soutenu en cela par le P. Pages, ancien hiéronymite et vice-président de l'Escurial. Claret fut obligé de démissionner (juin 1868) et eut comme suc-
cesseur R. Salvado, O. S. B., évêque de Puerto- Victoria et abbé de la Nouvelle-Nurcie (Australie).
Claret entretint de bonnes relations avec les religieux (dominicains, Pères de la Mission, mercédaires, jésuites, passionistes et rédemptoristes) et travailla au rétablissement des ordres supprimés (bénédictins, hiéronymites, capucins). Il eut surtout des rapports suivis avec les congrégations de religieuses, spécialement avec les carmélites de la Charité, les adoratrices — dont la fondatrice, la .M. Sacrement, fut dirigée par lui — les esclaves de l' Immaculé-Cœur de Marie et les religieuses de l'Enseignement, fondées par lui à Cuba.
Comme confesseur royal, il fut obligé d'accompagner les rois dans leurs voyages à travers la péninsule. II profita de cette circonstance pour se faire entendre dans un grand nombre de villes. Entre temps il n'oublia pas sa i)ropagande par la presse. D'après les comptes de la Libreria religiosa, cette maison imprima pour Claret, en 1862, 102 368 volumes, et 224 000 en 1863. Ajoutons les livres imprimés pour lui à Madrid et ailleurs et nous aurons une idée de la diffusion extraordinaire de ses ouvrages. Pour intensifier cet apostolat, il fonda, en 1858, l'Académie S. -Michel, groupant artistes et littérateurs. Pendant les neuf ans de son existence celle-ci édita 24 ouvrages et 15 estampes; elle distribua gratuitement 1 071 003 volumes,
I 734 022 estampes, 25 311 médailles, etc. Entre temps la production littéraire de Claret prit des proportions considérables. Il composa des dizaines d'ouvrages, dont quelques-uns comportaient plusieurs volumes.
II s'adressa par eux à toutes les classes de la société en vue de leur inculquer la piété et l'esprit surnaturel. Claret, d'accord avec le nonce, s'efforça de faire nommer de bons évêques et d'obtenir la protection du gouvernement pour l'enseignement religieux. Il puisait la force de son activité débordante dans une expérience mystique qu'il avait éprouvée à Cuba le \" sept. 1855 et qu'il mettait en relation. avec les six premiers chapitres de r.\pocaly])se. La nature et la signification de cette expérience nous échaijpenl. Quoi qu'il en soit, Claret fut accusé, à tort, de se mêler de la politique. Il fut attaqué dans des pamphlets, dans des chansons populaires; on publia sous son nom des brochures irreligieuses, etc. En réponse à ces accusations, il publia en 1804 : Consitelo de un aima calumniada.
La reconnaissance du royaume d'Italie par le gouvernement espagnol (15 juill. 1865) obligea Claret à abandonner sa charge de confesseur royal. Il se rendit à Rome (oct.-nov.) consulter Pie IX, qui lui conseilla de retourner en Espagne et d'essayer de reprendre son poste moyennant l'obtention de quelques concessions imposées par le Vatican. INIais la révolution de 1868 vint interrompre brusquement toutes ses activités. Le 30 sept, il quitta l'Espagne pour ne plus la revoir. Il suivit la famille royale à Paris, où il continua ses fonctions de confesseur de la reine et de précepteur des princes. Voulant quitter définitivement la cour, il prétexta un voyage à Rome (30 mars 1869) où il arriva le 2 avr. et le 24 il fut reçu en audience par Pie IX. Il fut l'hôte des mercédaires, mena la vie d'un simple religieux et continua son apostolat en publiant : Triduo a S. José; Refutacion de Renan; Vie de S. Pierre Nolasco, etc. Il assista au concile du Vatican, sans y jouer un rôle en vue. Déjà gravement atteint par la maladie, il quitta Rome vers le 20 juill. 1 870 et se retira du 23 au 6 août chez ses missionnaires à Prades (Pyr.-Orient.). Accusé de fomenter un mouvement monarchique contre la république, il se retira dans l'abbaye cistercienne de Font froide où il resta jusqu'à sa mort (24 oct. 1870). Il fut enterre le 27, et le 13 juill. 1897 ses restes furent transportés en l'église de la Merced de Vich, résidence des missionnaires. En oct. 1887 corn-