‹ Dictionnaire d'histoire et de géographie ecclésiastiquesChapitre 273 sur 282 · CLÉMENT, moine de LANDÉVENNEC · texte numérisé non relu

CLÉMENT, moine de LANDÉVENNEC

au ix« s. Nommé et loué vers 880 par Wrdisten dans sa Vie de S. Guénolé comme l'auteur d'une hymne écrite entre 857 et 874 en l'honneur de ce même saint, Clément mourut jeune. Ce qui fait l'intérêt de cette hymne (Aime dignanterj, poésie alphabétique de 23 strophes, transcrite dans le même ms. que le cartulaire de Landévennec, c'est qu'elle constitue le plus ancien texte connu concernant S. Guénolé et le « roi » Gradlon. D'après certains critiques. Clément serait en outre l'auteur d'une première rédaction en prose de la Vie, que Wrdisten se serait borné à reproduire en l'amplifiant de formules pieuses, et aussi de la 1" partie de la Vie versifiée. Ces attributions sont contestables.

En complément de la bibliographie donnée par F. Duine dans son Mémento des sources hagiographiques de l'histoire de Bretagne, 1918, p. 47 et 48, consulter Jourdan de La Passardière, A propos du cartulaire de Landévennec, dans Bulletin diocésain... de Quimper et de Léon, 1922, p. 268-74.

H. Waquet.

CLÉMENT DE ROME, augustin. Voir Bar- TOLOMEi (Clémente), D. H. G. E., vi, 105L

27. CLÉMENT SCOT (1), Clemens Scottiis, évêque hérétique, vers le milieu du vm^ s. Quelques anciens historiographes (Baronius, Fabricius, etc.) l'appellent sans raison Claudius Clemens (par suite, sans doute, d'une confusion initiale avec le Clemens Scottus de l'art, suivant). Il ne nous est connu que par les démêlés qu'il eut, en même temps qu'Aldebertus (voir Adalbert, i, 442), avec S. Boniface. Son activité, sa doctrine et ses condamnations sont rapportées dans les lettres 57, 59, 60, 62, 77 de S. Boniface et de son correspondant le pape Zacharie (Epist. S. Bonifacii, éd. Dummler, M. G. H,, Ep. m, 313 sq.). Voir aussi la Vita Bonifacii de Willibald (M. G. H., SS., Il, 331-353) et les Acta du concile romain du 25 oct. 745 (Mansi, xxi, 373 et, mieux, M. G. H., Ep. III, 316-22). D'après ces documents, l'Irlandais Clément, évêque itinérant, troublait entre 743 et 747 le pays d'Austrasie, tant par ses mœurs déréglées que par ses attaques contre la discipline et la doctrine traditionnelles touchant, notamment, le célibat ecclésiastique, la descente du Christ aux enfers et la pré destination. Boniface le condamna à la réclusion dès 743 et un synode renouvela probablement cette condamnation; mais apparemment sans effet, car aussitôt Boniface réclama l'intervention du pape Zacharie auprès de Carloman. Le pape traita l'affaire en concile le 25 oct. 745 et déposa Clément en même temps qu'Aldebert. Cependant, en 747, les hérétiques troublaient toujours l'ordre et le pape conseilla à Boniface de réunir lui-môme un nouveau concile pour réexaminer leur cas. Après quoi, ajoutait-il, s'il en était besoin, praediclos ad nos dirigalis viros ut profunda inquisitione coram sede apostolica eorum inquiralur causa (Ep. LXXVii; ibid., p. 349). Nous ne connaissons pas la suite de cet épisode auquel Boniface attachait beaucoup d'importance. Mais il est possible qu'on trouve une dernière trace de notre Clemens Scottus dans le Clemens peregrinus qui adressa vers 772 une lettre au

duc de Bavière Tassilo II (publiée par Dtlmmler, M. G. H., Ep. IV. 496-97).

Outre les biographies de S. Boniface, voir A. Hauck, K irchengeschichte Deulschlands, i, 1922, p. 514-27 et J. F. Kenney, The Sources for the earlg history of Ireland, i, 1929, p. 522-23 et 526-27.

M. Cappuyns.

28. CLÉMENT SCOT i2), Clemens Scottus, professeur à l'école palatine, mort après 826. Depuis Trithème, Baie, Bellarmin et Fabricius, on l'a appelé souvent Claudius Clemens (voir, à ce sujet, M. Cappuyns, Jean Scot Érigène, Louvain, 1933, p. 62). Nous ne savons rien de sa vie sauf qu'il était irlandais et enseignait à l'école du palais sous Charlemagne et Louis le Pieux. Il s'intitule lui-même Clemens grammaticus dans la dédicace de son Ars grammatica (M. G. H., Poetae lat., n, 670). Du récit fantaisiste de Notker Balbulus (De gestis Karoli Magni, 1; M. G. H., SS., II, 731), qui lui fait jouer le rôle d'écolâtre dès avant l'arrivée d'Alcuin en Gaule, rien n'est à retenir. Il semble bien, cependant, qu'il résidait déjà à la cour, soit comme disciple, soit comme collègue d'Alcuin, au moment où celui-ci s'installa à S. -Martin de Tours (796), et qu'il lui succéda comme chef de l'école, malgré la présence de Frédégise. C'est ainsi qu'on explique le mieux les attaques de Théodulphe d'Orléans (Carmen ad Carolum, M. G. H., Poetae lat., i, 483), en 796, contre l'influence irlandaise à l'école palatine, et les plaintes d'Alcuin lui-même au sujet de la schota devenue aegijptiaca (Ep. cxlv ad Carolum de 798; M. G. H., Ep.iv, p. 231). Clément resta néanmoins à la tête de l'école après la mort de Charlemagne (814) et jusqu'en 826, comme il résulte d'un poème anonyme adressé à Prudence, futur évêque de Troyes, avant 817 (M. G. H., Poetae lat., i, 581) et du panégyrique In fionorem Ludowici d'Ermoldus Nigellus (M. G. H., Poetae lat., ii, 69) qui signale sa présence à la cour en 826. L'abbé Ratgarius de Fulda (802- 817) lui envoya plusieurs élèves, parmi lesquels le moine Modestus (Catal. abbat. Fuld.; M. G. H., SS., XIII, 272). Il forma également le jeune Lothaire, né en 795 (Ars grammatica, Carmen dedic; M. G. H., Poetae lat., ii, 670). Il est possible qu'il soit allé mourir à Wurtzbourg, centre d'émigration irlandaise, car nous trouvons son nom dans un nécrologe de cette ville : IV Kal. lunii démentis magistri palatini (éd. E. Dummler, dans Forscliungen zur deutschen Gesctiichte,

VI, 1866, p. 115).

Clemens Scottus a écrit un Ars grammatica, dédié à son ancien élève Lothaire : Principi augustissimo Hlotario filio domni Hludowici Imperaloris, ce qui suggère la période 817-820. Ce manuel couvre dans quelques mss. trois traités : un De grammatica proprement dit; un De metris; un De barbarismo. Il en existe plusieurs éditions partielles. Le texte complet a été publié par J. Tolkiehn dans Pliilologiis, Supplementband XJC, 1928 (voir à ce sujet K. Barwick, dans Gnomon, vi, 1930, p. 385-395). C'est sans doute à tort que le ms. Rouen 1409 (xii^ s.) attribue à Clemens Scottus la Solulio I d'un problème qui fait probablement partie des Aenigmata de Thomas Scottus (texte publié par M. Manitius, dans Neues Archiv, xxxvi, 1910-11, p. 68-72).

Voir M. Manitius, Geschichte der Utt. Lit. des Mitlelallers, I, 1912, p. 456-58 et .1. F. Kenney, The Sources for the early history of Ireland, i, 1929, p. 531-49. I M. Cappuyns.

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