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CLEMENT (CLAUDE

CLEOMENE

ciat en 1612, il enseigna les humanités et la rhétorique à Lyon et à Dole. Sa réputation d'érudit le fit appeler à Madrid pour y enseigner les antiquités grecques et latines au collège impérial fondé par Philippe II.

Œuvres : Ecdesiae Lugdnnensis christiana et humana maieslas, i, Lyon, 1623 : c'est un discours d'ouverture des classes au collège de Lyon en 1622. — Clemens JV erudilione, vitae sandimonia, rerum yestarum gloria et Pontificutu maximus, Lyon, 1624 : un panégyrique plutôt qu'une histoire. -- Miisaei sive bibliothecae tam privatae quam publicae exslruclio, cura, usus..., Lyon, 1635 : traité de l'organisation d'une bibliothèque, du classement, etc., avec description de la bibliothèque de l'Escurial et discours sur l'amour des belles-lettres prononcé à Dole en 1627. Moreri, tout en lui reconnaissant de l'érudition, lui reproche du « babil » et « du fatras », en un mot des longueurs. — Le P. de Colonia, dans son Histoire littéraire de Lyon, lui attribue encore d'autres œuvres, entre autres une Isagoge ou introduction à la rhétorique. Il collabora à la Tabula clironologica... du P. Théophile Raynaud, en faisant la table chronologique de l'A. T. — Dissertatio christiano-politica ad regem Philippum IV in qua Machiai'elismus iugulatur a sapientia Hispanica et Austriaca, Madrid, 1636 : œuvre dont on fit grand cas en Espagne, sans doute à cause de sa portée politique. C'est une violente critique de la politique extérieure de Richelieu. En 1637, on en fit une nouvelle édition latine à Alcala et une traduction espagnole qui connut de nombreuses rééditions. — Enfin : Tablas chronologicas, en que se contienen los succesos de Espana, Africa, Indius orientales y occidentales hasta et ano 1612, Madrid, 1643. Les tables furent continuées jusqu'en 1689 par le licencié Vincente José Miguel (Valencia, 1689). — Le Mémorial Espanol, Madrid, 1861, contient de nombreuses lettres du P. Clément, de 1635, 1636, 1637, dans les vol. xni, XIV, XV, XVI. — Il laissa un ouvrage ms. De genlililiis symbolis ac tesseris.

Southwell, II, 1225-28. hnc. Eaijasu et Moreri.

A. DE BiL.

30. CLÉMENT DE BIZON (Augustin- Jean-Chahles), 1717-1804, prêtre janséniste, év. constitutionnel de S.-et-O., né le 8 sept. 1717 à Créteil, d'une famille de magistrats, se vit refuser l'admission au sous-diaconat par Mgr de Vintimille, parce qu'il s'obstinait à ne pas signer le formulaire. Il s'adressa à Caylus, év. janséniste d'Auxerre, qui le nomma, le 17 déc. 1741, chan. de la cathédrale d'Auxerre, puis trésorier de l'église S. -Germain de cette ville. En 1752, (laylus l'envoya en mission en Hollande auprès des jansénistes; il y retourna en 1762. Entre temps, on l'avait vu à Rome au conclave de 1758 où il intrigua contre les jésuites.

En 1786, il se démet de' ses fonctions et se retire à Livry, près de Paris. Quand la Révolution éclate, il se montre favorable aux idées nouvelles et publie des brochures sur la Constitution civile du clergé. Le 27 déc. 1793, une perquisition est faite à son domicile et, en févr. 1794, il est enfermé à la maison des Bénédictins anglais, qui servait de prison. Il y reste jusqu'au 9 oct. 1794; dès sa libération, il s'occupe de faire élargir les autres prêtres détenus et de faire rouvrir les églises.

Il fut l'artisan de l'entente des évêques constitutionnels qui forma le « Presbytère ». Il déploya un grand zèle pour faire pourvoir les sièges vacants. Il imagina un système de vote par paroisses, pour éviter des rassemblements susceptibles de porter ombrage au gouvernement : il fut élu selon ce système év. de S.-et-O., le 28 jaiiv. 1797, sacré à Versailles le 12 mars suivant; Grégoire prêcha à la cérémonie. Clément prit

de nombreuses initiatives : par ex. en faveur de la liturgie en français, il publia en 1799 un Sacramentaire en français, pour concilier le dimanche et le décadi. Il fut combattu par une partie de son clergé. Il prit sa retraite le 16 août 1801, mais sans interrompre son activité, qui se tourna vers des travaux d'érudition : il composa un petit ouvrage sur les antiquités de Créteil, se livra à des supputations sur l'emplacement du paradis terrestre.

Il meurt à Livry le 20 mars 1804; ses obsèques à S.-Jacques-du-Haut-Pas sont l'occasion d'une manifestation janséniste : son corps est porté à bras au cimetière de Ste-Catherine.

Clément était un prêtre possédé d'un zèle dévorant. C'était un brasier; « on ne saurait s'en approcher sans être soi-même embrasé », dit un correspondant de Grégoire. Il était regardé comme un saint.

Beaucoup de ses lettres sont dans la Collection Le Page (Bibliothèque janséniste). Vingt-quatre vol. de papiers, venant de lui, se trouvent au séminaire de S.-Sulpice.

CharIes-.Jac(|ues Saillant, Mémoires secrets sur la vie de M. Clément, 1812, in-8°. — Masson, Le cardinal de Bernis, Paris, 1884, p. 284. — Pisani, L'Ëgl. de Paris et la Révol., Paris, 1910, ii et m, passim. — F. Lorin, Deux év. conslit. de S.-el-O., dans Mém. de la Sté archéol. de Bambouillet, Versailles, 191.3, p. 385 sq. — J.-M. Alliot, Le clergé de Versailles pendant la Révol. fr., Versailles, 1913 (cf. compte rendu dans R. H. Ê. F., 1914, p. 396). — Gazier, Hist. gén. du mouv. jans., Paris, n, 1922, p. 110, 163. — Ch. Porée, Cahiers des curés du bailliage d'Auxerre, Paris, 1927, passim.

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