CLINCHAMP
nom; les moines cisterciens, venus de Chiaravalle de Milan, l'occupent alors et lui donnent le nom de leur maison mère avec l'addition di Fiastra.
Ce monastère venait d'être bâti par Guarnerio III, marquis de Camerino et duc de Spolète. La charte de donation, à l'abbé Bruno de Chiaravalle de Milan, est reproduite par Ughelli {Italia sacra, i, 552). Le fondateur met son œuvre sous la dépendance directe du S. -Siège et pose la condition que chaque abbé élu recevra la bénédiction des mains du Souverain pontife. En 1150, Eugène III confirme ces dispositions (Ughelli, ibid.); le cens annuel dû au S. -Siège était une livre de cire. L'abbaye prospéra; papes et empereurs lui concédèrent des privilèges. Neuf bulles pontificales sont signalées par Kehr; Ughelli cite le texte intégral des concessions faites par Othon IV en 1210.
Témoin de cette prospérité, le monastère bénédictin de Ste-Croix, proche lui aussi du fleuve Chienti, désira entrer dans la famille cistercienne. Il se fit agréer comme maison fille de Chiaravalle de Milan, à l'égal de Chiaravalle de Fiastra. Alexandre IV approuva ce changement en 1260 (texte dans Ughelli, qui l'attribue faussement à Alexandre III). La formule pontificale ne doit pas s'entendre nécessairement d'une union extinctive : voluntarie jam se tamquam membrum capiti submiserunt sub régula et statutis ordinis cisterciensis. La dépendance de l'une à l'autre est à interpréter selon les lois cisterciennes établies entre maison mère et maison fille. Dès 1378, nous trouvons un décret du chapitre général en parfait accord avec cette interprétation. Une discussion s'est élevée entre les deux abbés voisins, celui de Fiastra et celui de Ste-Croix; les abbés de Castaneola et de Monte Favali sont chargés d'aller sur place s'enquérir des droits mutuellement discutés. L'abbaye de Ste-Croix n'était donc pas absorbée par Chiaravalle de Milan. Celle-ci, au contraire, va bientôt témoigner d'elîorts méritoires pour maintenir sa maison fille dans son intégrité d'abbaye sui juris. En 1285, un désastre ruine Ste-Croix totalement ; moines et abbés quittent les lieux pour trouvèr un refuge auprès de leur maison mère. Les diflicultés n'étaient pas faciles à surmonter; aussi, en 1290, l'abbé père obtient du chapitre général un décret établissant que les abbayes de la filiation de Chiaravalle (elles étaient 7) interviendraient pour conserver l'existence à Ste-Croix de Cliente : ne praedictam domum prae nimia paupertate conlingat ab ordine deperire. Peine perdue. L'année suivante, le chapitre de Cîteaux constate avec regret que la communauté de Ste-Croix s'est soustraite à l'obédience cistercienne (Slatuta, 1290 : 17; 1291 : 10).
Chiaravalle de Fiastra eut sous sa juridiction trois abbayes de moniales cisterciennes : celle de S. -Julien, incorporée à Citeaux par volonté pontificale (ibid., 1267 : 49); celle des SS.-Antoine-et-Mathieu dans le dioc. d'Ascoli (Reg. Nicolas IV, n. 5064); celle de Ste- Lucie, agréée à la demande de l'év. de Camerino (Staluta, 1298 : 16). Ici, comme ailleurs, le temps fit son œuvre de destruction. En 1421, l'abbaye était bien diminuée; la commende n'allait pas tarder à venir lui donner les derniers coups. Le cardinal Rodrigue Borgia, futur Alexandre VI, fut l'un des commendataires. En 1581, le pape Grégoire XIII, supprima le titre d'abbaye et donna les revenus au Collège romain. En 1623, Grégoire XV, par sa bulle Sacrosancti du 6 avr., constituait la Congrégation cistercienne de l'Italie centrale ou romaine; on y lit le nom de Chiaravalle di Fiastra au nombre des monastères (ms. 1020, Dijon, fol. 128, 129).
Arch. considérables au dépôt de Rome; cf. Kehr, II. pont., IV, 128, avec indication des publications partielles. — Reg. Grégoire IX, n. 1470, 5278, 5279. — Reg. Honoriiis IV, n. 266. — Reg. Nicolas IV, n. 5064. — Lettres comm. de Jean XXII, n. 22798, 25635, 53862, 53893. — Lettres comm. Benoit XII, n. 9066. — L. Janauschelc, Orig. cist.. Vienne, 1877, p. uxxxi, 66. — Manrique, Annales, Lyon, 1643, ann. 1141, c. x, 1, 7. — Statuta capit. gêner, ord. cist., éd. Louvain, i-viii, 1933-41, passim. — Autres références dans Cottineau, 1137 : Fiastra; 2642 : S. Croce de Chienti et dans Kelir, op. cit., 127, 143.
J.-M. Canivez.
CLIFTON, dioc. d'Angleterre, comprenant le Gloucestershire, le Somersetshire et le Wiltshire. Lorsque Innocent XI, en 1688, créa 4 vicariats, le territoire releva du Western District, qui, lors de la restauration de la hiérarchie par Pie IX en 1850, fut scindé par la création des dioc. de Clifton et de Plymouth (29 sept. 1850); d'abord suffragant de Westminster, le siège fut soumis à la métropole de Birmingham en 1911. Le dernier vicaire apostolique, J. W. Hendren, devint le l'' évêque. Le chapitre, composé d'un prévôt et de dix chanoines, fut érigé en 1852. L'évêque réside à Bristol, dont Clifton est un faubourg. En 1814, les bénédictins y établirent le monastère, devenu en 1899 l'abbaye de Downside, appelée à devenir un foyer de vie religieuse intense.
Évêques. — 1. Joseph W. Hendren, O. F. M., 29 sept. 1850, transféré à Nottingham le 22 juin 1851, t 1866. — 2. Thomas Burgess, sacré le 27 juill. 1851, t 27 nov. 1854. Pendant la vacance causée par un différend au sujet du séminaire de Prior Park, le dioc. fut administré par G. Errington, coadjuteur du card. Wiseman, archev. de Westminster. — 3. William J. H. Clifford, fils du 7« lord de ce nom, sacré le 15 févr. 1857, t 14 août 1893. — 4. William R. Brownlow. Né le 14 juill. 1830 d'un ministre anglican, il étudia à Cambridge, entra dans le clergé anglican, fut reçu en 1863 dans l'Église catholique par le futur cardinal Newman et ordonné prêtre à Rome en 1866; élu le 20 mars 1894, f 9 nov. 1901. Il est l'auteur, avec le Rév. J. Spencer Northcothe, de Roma sotteranea (Londres, 1869; trad. par P. Allard, Paris, 1872 et 1874) et d'autres travaux d'histoire. — 5. George A. Burton, 15 mars 1902, f 8 févr. 1931. — 6. William Lee, 18 déc. 1931, t 21 sept. 1948. — 7. Joseph Rudderham, 14 mai 1949.
Cath. Enc, iv, 58-59; Suppl, 212-13. — Cath. directory, 1950, IV, p. 2.
É. Van Cauwenbergh.
CLINCHAMP (Gervais Giancolet de), était flls de Marin de Clinchamp et de Jacqueline de Lavardin. Il était archidiacre du Mans en 1279 et ami de Simon de Brion, pape sous le nom de Martin IV, qui le nomma cardinal du titre de S.-Silvestre et de S.- Martin des Montagnes en 1281. Il a été considéré comme une des lumières de l'Église au xiii« s. et a écrit divers traités, mais on ne possède de lui que deux lettres publiées l'une dans le Spéculum carmelitanum, l'autre dans le Bullarium carmelitanum. Il mourut de la peste à Rome en 1287.
Contrairement à ce que dit Villani, ce n'est pas lui qui prêcha en France pour la croisade en 1284; on doit donc considérer comme fabuleux ce qui concerne son ambassade auprès de Philippe le Hardi; le légat pontifical était Jean Cholet.
Hist. un. Fr., XXI, 297-298. — Hauréau, Hist. litl. du Maine, 2' éd., m, 46-56.
M. Prévost.
Imprimé en France. — Letouzey et Ané, 87, Boulevard Raspail, Paris-VI. Dépôt légal, 1" trim. 1953; impr. n. 141, édit. n. 105.
Baudrillart, Alfred, ^5 Cardinal (ed.)
t 19 * Dict;onnc-ire d'histoire
^.J'^ et de géographie ecclésies-
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