‹ Dictionnaire d'histoire et de géographie ecclésiastiquesChapitre 39 sur 282 · CERNE · texte numérisé non relu

CERNE

évêque Wulfsige de Sherborne (999), Homélies sur Eslher, Judith el les Rois (vers 1001), De septiformi Spiritu (vers 1001), le Colloquium (manuel à l'usage de ses écoliers, 1003) (voir Marguerite-Marie Dubois, Aelfric, sermonnaire, docteur et grammairien, Paris, 1943, oïl l'on trouvera une bibliographie très complète).

En 1005 Aelfric quitta Cerne pour assumer la charge d'abbé à Eynsham où Aethelmar venait de fonder un nouveau monastère. Encore une fois l'histoire de Cerne s'entoure d'obscurité. Il ne nous reste aucune trace de changement survenu au moment de la conquête normande (1066). Quelques années plus tard, au plus fort de la querelle des Investitures, un concile tenu à Londres (29 sept. 1102) déposa neuf abbés bénédictins, dont Haimo, abbé de Cerne, accusé de simonie (Eadmer, Hist. nov., P. L., clix, 438).

D'autres indices encore nous révèlent que l'état du monastère laissait à désirer dans cette première moitié du xri" s., notamment que Gilbert Foliot, alors abbé de Gloucester, plus tard évêque de Londres, soutint de son autorité un essai de réforme dans la communauté. Il lui envoya un de ses moines, Bernard, qui devint prieur et ensuite abbé. D'après les lettres que Gilbert lui adressa et qui nous ont été conservées (P. L., cxc, 745, 758, 761, 768), il est clair que la tâche était dure et réclama une patience héroïque. Ses efforts échouèrent et il dut quitter Cerne (1160). Dans la suite, il devint abbé de Burton.

A partir du xiii« s., la documentation devient plus riche. Un cartulaire du monastère ( The Red Book of Cerne) nous est conservé pour la période 1216-1377; la liste des abbés est complète (cf. infra); diverses chartes témoignent de donations de terres, privilèges accordés, fondations de messes (chantries), litiges, etc. Cerne ne devint jamais une abbaye puissante ni riche et semble avoir exercé peu d'influence. Un ms. de la fm du XIII» s. provenant du scriptorium de Cerne (Bodl. ,Ms. Aud. D, 4, 13) nous démontre que les moines n'ont pas abandonné la bonne tradition d'Aelfric et que le travail intellectuel, et même théologique, garda tous ses droits dans la vie de la communauté. Nous y trouvons l'œuvre d'Amalricus ou Aimeric, vraisemblablement moine de l'abbaye, dont voici le détail : De principiis et partibus theologiae... (1276); Distinctiones Evangeliarum; Tabulae nonaginta theologicae; une Confession en latin, inc. : Conftteor tibi Domine... (cf. Madan, Craster et Denholme-Young, Summ. Catalogue, ii, I, 1922, p. 431-32).

On attendra ici un mot au sujet du célèbre Book of Cerne. Ce livre ne fut ni composé ni écrit dans l'abbaye de Cerne. Selon dom B. Kuypers qui l'a savamment édité (The Book of Cerne, Cambridge, 1902, introd., p. xiv), ce recueil de prières privées provient du royaume de Mercie (au centre de l'Angleterre) où il j fut écrit entre 818 et 830 pour Aedelwald, évêque de Lichfield. Nous ne sommes même pas sûr qu'il a appartenu à la bibliothèque monastique de Cerne. On le suppose; car, dès 1697, date où Bernard dressa ses Catalogi, une collection de plus de 40 chartes de Cerne était attachée au recueil de prières dont nous parlons, et le ms., tel que nous l'avons, contient un recueil de séquences liturgiques parmi lesquelles plusieurs furent propres à cette abbaye. On en a conclu que le tout appartint, à un moment donné, à la bibliothèque de Cerne.

D'après les procès-verbaux et autres documents relatifs aux chapitres généraux tenus régulièrement en Angleterre par les moines noirs à partir de 1215, il faut conclure que Cerne n'a jamais exercé une grande influence. Pourtant son abbé, Robert de Symondsbury 1 (1382-1411), semble bien avoir joui de la confiance de ses confrères et de l'estime des capitulants qui lui confièrent à diverses reprises la mission de visiteur

de certains monastères importants. Son successeur également, John Wede (1411-27), fut élu au chapitre général de 1423 visiteur pour tous les monastères du diocèse de Salisbury. Trois ans plus tard, au chapitre suivant, le prieur de Bath rendit compte aux capitulants de la visite canonique qu'il avait faite à Cerne, et il témoigna que tout y était digne et régulier. (Cf. W. Pantin, Chapters of the English Black Monks, 1215-1540, III, 1937, passim.)

C'est le dernier témoignage qui nous soit parvenu de la vie monastique à Cerne. Un peu plus d'un siècle plus tard, le monastère fut supprimé et la communauté dispersée par Henri VIII dans les circonstances tragiques que l'on sait. Le dernier abbé, Thomas Corton, essaya dès 1538 de négocier pour qu'on laissât son monastère en paix. Ses efforts n'aboutirent à rien, et par un acte formel (Act of Surrender, reproduit par Dugdale) daté du 15 mars 1539, lui et les quinze moines qui formaient la communauté livrèrent leur abbaye au roi dans la personne de John Tregonwell. De l'église abbatiale et des bâtiments claustraux, rien ne subsiste sauf le grand portail. Suivant Hutchins. il serait de la fm du xv» ou du début du xv!» s. Dugdale reproduit les armoiries de l'abbaye (d'après Reyner et Tanner).

Plusieurs sceaux nous sont parvenus. Le sceau conventuel (xiii» s. reproduit par Page, Vid. Counl. Hist., Dorset, ii, 62 et Dugdale, Mon. Angl., t. ii, pl. XVI); le sceau d'un abbé (xv« s. reproduit par Page, ibid.); un morceau du cachet de l'abbé Roger Bemyster attaché à un document daté de 1475.

Liste des abbés. — (?) Alfric Puttoc. — • Withelmus (c. 1085). — Haimo (déposé en 1102). — William (c. 1121). — Bernard (se démit de sa charge, 1160). — Robert (c. 1166). — Dionysius (se démit, 1220). — R., élu 1220. — WiHiam de Hungerford, élu 1232. — Richard de Suwell ou Sawel, élu 1244, mort 1260. — Philip, élu 1260. — Thomas de Ebblesbury, élu 1274. — Gilbert de Minterne, élu 1296, mort 1312. — Ralph de Cerne, élu 1312, mort 1324. — • Richard de Osmington, élu 1324. — Stephen Sherrard, élu 1356. — Thomas Sewale, élu 1361, mort 1382. — John de Hayle, élu 1382, mort la même année. — Robert Symondsbury, élu 1382. — John Wede, élu 1411, mort 1427. — John Winterbourne, élu 1427, mort 1436. — ■ John Godmanston, élu 1436, mort 1451. — William Cattistoke, élu 1451, mort 1454. — John Helyer, élu 1454, démis 1458. — John Vanne, élu 1458, mort 1471. — Roger Bemyster, élu 1471, mort 1497. — Thomas Sam, élu 1497, mort 1509. — Robert Westbury, élu 1510, mort 1524. — Thomas Corton, élu 1524, livra son abbaye au roi 1539.

Dugdale, Monasticon anglicanum, ii, 621-50. — • Hutchins, History of Dorset, 1861-70, iv. — W. Page, F. S. A., Victoria County History, Dorset, ii, 1908, p. 53-58. — D. M. Knowles, The monasiic order in England, Cambridge, 1940, passim.

Joseph Warrilow.

CERNEUF (Saint), ou Sirénat, patron de la collégiale de Billom (arr. de Clermont), est habituellement identifié avec le martyr de Sirmium en Pannonie, Sinerotes (Sinorus, Serenus), mentionné le 23 févr. au martyrologe hiéronymien, dont le nom se retrouve dans deux inscriptions de Sirmium et est cité probablement au bréviaire syriaque. Le martyrologe romain, après Usuard, dit qu'il était moine et fut décapité sous Maximien. Mais dom Morin croit que le saint de Billom est ce Seronatus, haut fonctionnaire de l'empire romain dans les Gaules, qui fut exécuté vers 472, grâce aux poursuites des Arvernes, pour s'être montré trop favorable aux Barbares.

A. S., févr., ni, 364-66. — B. H. L., 7595. — C. I. L., m, n. 10232-33. — Mort. Hier., éd. Delehaye, 111. — Mari. Rom., 73. — G. Morin, La formation des légendes proven-

CERNEUF —

CERQUEIRA

çales, dans Reo. bénéd., 1909, p. 25. — Sidoine Apollinaire, Episiulae, éd. Luetjohann, 438.

R. Van Doren.

CERNIKÈ ou CERNITZA (KEpviKti, Kepvt- T3a), évêché du Péloponèse H", dépendant de Fatras. On ignore à quelle date il fut créé, car il ne se rencontre pas dans les listes épiscopales avant la fin du XV* s. (H. Gelzer, Ungedmckle und ungenûgend verOffentliche Texte der Notitiae episcopatuum, Abhandl. der k. bayer. Akademie der Wiss., I. Cl., xxi. Bd, m. Abth., 634). Cependant il peut avoir existé depuis le xiii^ s., puisqu'il semble prouvé qu'il y avait déjà un titulaire latin en 1213. Le premier évéque grec connu de Cernikè est un certain Malotaras en 1316. En juin 1380, le patriarche Nil approuva le décret de l'empereur Jean V Paléologue érigeant Cernitza en métropole en faveur du titulaire, un certain Mathieu. Celui-ci ayant été transféré à Janina, Cernitza fut ramenée au rang de simple évêché, à la demande de son ancien supérieur, le métropolite de Fatras (mars 1381) (Miklosich et Muller, Acla et diplomata graeca medii aevi, ii, 8-11, 23-24). En sept. 1654, elle devint archevêché (Sathas, MECTaicoviKf) piêXio6r|KTi, m, 590). C'est sans doute vers la fin du xvii« s. que lui fut uni l'évêché de Calabryta. (Voir ce mot.) On a la preuve que cette union était faite en 1711. Les deux diocèses unis de Cernitza et de Calabryta devinrent en nov. 1833 le diocèse d'Aegialée, à la suite de la réorganisation de l'Église de Grèce. Tandis que le nom de Calabryta a reparu plus tard et se maintient encore de nos jours, uni à celui d'Aegialée, celui de Cernitza ne figure plus sur les listes épiscopales. La localité de ce nom n'est d'ailleurs qu'un petit village qui compte tout juste 111 habitants (1928). Il ne dut sa relative importance qu'à la forteresse byzantine du même nom construite non loin de là. En 1725, l'évêque logeait au village de Diacopto.

Du XI v« au xix« s. on rencontre dix-neuf titulaires grecs de Cernitza ou de Cernitza et Calabryta. Le premier est Malotaras, 1316 (Miklosich et Muller, op. cit., I, 52). — Mathieu, 1380-mars 1391 {ibid., ii, 9-11, 23-24). — Jean, 1510, connu par une inscription du monastère du Mégaspiléon. — Néophyte, 1555 (Sp. Lampros, Catalogue of the Mss. on the mount Athos, p. 47, n. 575/19). — Théodose, 1570 (Miklosich et Muller, op. cit., v, 178). — Arsène Pachyioannès, déposé en 1594 (Sathas, BioypaçiKÔv (7XÉ5iaa(jia TTEpl ToO TTOCTpiapxoO 'lepE|i(ou B', 172-73). — Nectaire, 1594-? (ibid., 196). — Léon, vers 1600. — Élie, vers 1610. — Farthénios, 1622-3 janv. 1639 (Sathas, MEaaicoviKT) pigÂtoÔTiKTi, III, 573-74). — Arsène, 1639-déposé en sept. 1640 (ibid., 575). — Constantius ou Constantin, sept. 1654-? (ibid., 590). — Léonce, 1690. — Élie Méniatès, 1711-1^* août 1714 (biographie dans MEyôAri êXXiiviKf) èyKUKXoiraiSEfa, xvii, 140- 41). — Daniel, 1725 (Revue de l'Orient latin, i, 319). — Daniel, 1770, un des chefs de l'insurrection grecque à cette époque (St. Thomopoulos, 'Icrropia nocrpwv, 392). — Farthénios, 1776, d'après une inscription du Mégaspiléon. — Cyrille, 1785. — Frocope, déjà en 1801-t 1824. Depuis lors le diocèse fut administré successivement par Germain, métropolite de Fatras, 1824-26 ; Grégoire, évêque d'Eudoxiade, 1826-28 ; Mélétios, évêque de Métrae, 1828-30, et Barthélémy, évêque de Moschonis.sia, 1830-33 (Mansi, xl, 145 AB).

Le titre de Cernitza a été décerné au moins sept fois dans l'Église romaine. Le premier prélat qui l'a porté a effectivement gouverné ce diocèse. On a en effet une lettre du pape Innocent III, datée du 26 août 1213, à l'évêque d'Amyclon, nommé à Cernica, à propos de biens ecclésiastiques. Le nom de ce prélat est resté inconnu (P. L., ccxvi, 898-899). Ce prélat était peutêtre un grec uni. Lequien, qui parle du document,

déclare ignorer l'évêché de Kernica, mais il conjecture qu'il devait se trouver dans le Féloponèse ou dans une région voisine (Oriens christianus, m, 953-54). Cela ressort, en effet, du texte même de la lettre pontificale. Aussi doit-on s'étonner qu'on ait pu faire de Cernitza un évêché de l'Épire et même l'identifier (A. Battandier, Ann. pont., 1916, p. 385). Dans les années plus récentes, cette publication a rectifié la situation exacte de Cernitza.

En dehors de l'évêque anonyme de 1213, d'autres prélats catholiques ont porté le titre de Cernitza. Voici la liste donnée par VAnn. pont, de 1916, 385 : Barthélémy, 1318. — Thomas, 1340-54, sufïragant à Eichstaett, à Augsbourg, à Freising et à Trente. — Rochard, 1370-99, suffragant à York — Pierre, O. P., 1404-t 1424, auxiliaire en divers diocèses. — Alermus, O. F. M., 9 avr. 1434-50. — Jacques, O. S. A., 14 janv. 1451-?.

En dehors de la bibliographie donnée au cours de l'article, cf. G. Papandréou, "laTopiaTÛv KaAagpûrcou, 1928, p. 137-40.

CERNITORI (GiusEPPE), jésuite né à Civita- Vecchia le 19 janv. 1749, mort à Rome le 7 févr. 1821. Entré au noviciat de la province romaine le 26 janv. 1766, il suivait le cours de physique au Collège Romain en 1772. Après la suppression de la Compagnie, il resta en relations intimes avec le P. Zaccaria et rentra dans la nouvelle Compagnie dès son rétablissement.

Œuvres. — Délia letteraria e cristiana istitutione délia prima Gioventu, 2 vol., Rome, 1788; Biblioteca polemica degli scrittori che dal 1770 sino al 1793 hanno 0 difjesi o impugnati i dogmi délia callolica romana Chiesa, Rome, 1793. Cette dernière œuvre est intéressante par les renseignements qu'elle fournit.

Sommervogel, ii, 999-1000. — Caballero, Bibliothecae scriptorum Soc. Jesu, Suppl., ii, 25.

A. De Bil.

CEROSICUS, Cupsicus, qu'on lit au martyrologe hiéronymien au 10 sept, comme martyr à Césarée, est une mauvaise lecture pour S. Eupsychius (Eufepia) de Césarée (Cappadoce) au 8 sept.

A. S., sept., ni, 493. — Mort. Hier., éd. Delehaye, 499; cf. 498.

R. Van Doren.

CERQUEIRA (Luiz de), jésuite, cinquième évêque titulaire du Japon, né à Alvito en 1552, mort à Nagasaki le 15 févr. 1614. Entré dans la Compagnie à Evora le 14 juill. 1566. Il enseignait la théologie à l'université d'Evora quand il fut désigné comme coadjuteur de l'évêque du Japon Pedro Martins et confirmé par Clément VIII le 20 janv. 1592 avec le titre d'évêque de Tibériade. Il fut sacré à Evora par l'archevêque Don Theotimo de Bragance en 1594 et s'embarqua la même année pour les Indes. Il se rencontra avec l'évêque Pedro Martins à Macao et aborda au Japon le 5 août 1598. Il gouverna seize ans, au milieu des plus grandes difficultés, l'Église confiée à ses soins, dont il était devenu titulaire depuis la mort de Pedro Martins le 18 févr. 1598. Tour à tour accueilli avec honneur par les rois du Japon ou condamné au dernier supplice, il visita les plus lointaines chrétientés du Japon et les organisa avec une rare prudence. II ordonna quelques Japonais qu'il préposa aux églises de Nagasaki érigées en paroisses; il publia les décrets du concile de Trente sur le territoire de Tacaco, entièrement christianisé. Il mourut à Nagasaki peu de temps avant la persécution de Daifusama. On possède de lui une relation en portugais du martyre de six chrétiens japonais les 8 et 9 déc. 1603. Elle fut traduite en diverses langues : en allemand, français, italien, latin, néerlandais; deux ouvrages en latin : Manuale

CERQUEIRA

— CERVETERI

ad sacramenta Eçclesiae minisiranda, etc., Nagasaki, 1605; Manuale casuum conscientiae, traduit en japonais à l'usage des curés indigènes; deux lettres au T. R. P. général Claude Aquaviva, relatant des martyres de chrétiens (8 mars 1606-6 oct. 1613). On les trouve dans les Lettere annue del Giappone, 1603- 1606, et 1612 sq.; une lettre ms. à la bibliothèque d'Evora (Catal. des mss., I, 422) ; une autre à la p. 186- 191 du ms. 4156 de la Bibl. royale de Bruxelles.

Sommervogel, ii, 1001-1002; ix, 23. — Franco, Imagem da virlud em o noviciado de Evora, 461-77. ■ — Bartoli, Giappone, 1. II, § 41, 67; 1. III, 26-71. — Nieremberg, Honor del Gran Pairiarca..., m, 694. — Charlevoix, Hist. et descript. du Japon, ii, passim. — A. F. Cardim, Balalhas, 6. — Patrignani, Menol. (Borro), n, 274.

A. De Bil.

CERREDO, Ceretum, S. Maria in Cerelo, SS. Petrus et Paulus de Cerelo, ancienne abbaye bénédictine, puis' cistercienne, située en Lombardie, diocèse de Lodi, près de Pandino, le long du fleuve Adda. D'après les documents étudiés par Kehr, l'église de Cerredo aurait été érigée dès le xi« s. par le comte Albéric et son épouse Erlinde; leur fils Bennon aurait fait bâtir le monastère en 1084. Des bénédictins, ayant à leur tête l'abbé Bernard, l'occupèrent. Au siècle suivant, les moines paraissent avoir embrassé le parti de l'antipape Anaclet; ce fut assez pour qu'Innocent II voulût les remplacer par des cisterciens, et ce fut Brunon, l'abbé de Chiaravalle près Milan (fondation de S. Bernard de Glairvaux), qui vint en personne occuper Cerredo avec ses religieux. Comblée de faveurs par les papes et les empereurs, l'abbaye devint l'une des plus notables parmi les maisons cisterciennes. Kehr donne lui-même les preuves de cette affirmation, en particulier le procès intenté par le S. -Siège à Lanfranc, l'évèque obstiné de Lodi. Cerredo d'ailleurs était comme un fief de Rome, lui versant annuellement, en témoignage de sa dépendance, la somme de douze deniers.

En mars 1231, Cerredo avait accepté comme maison-fille Ste-Madeleine de Gava; en oct. de la même année, Honorius III lui fit accepter de plus S.-Étienne de Cornu. En 1247, il fut encore question d'un autre établissement. La série des abbés commendataires débute en 1439; parmi eux figure Julien de la Rovere, le futur pape Jules 11. Désormais c'est bien fini de l'antique prospérité. Cerredo fit partie dans la suite de la Congrégation de S.-Bernard d'Italie, Toscane et Lombardie. Elle disparut en 1798.

Archives décrites dans Kehr, It. pont., vi, pars I», 251. — G. AgnelH, Monographia dell' abbazia cist. di Cerrelo, Lodi, 1884; S. Pietro di Cereto, dans Arch. stor. di Lodi, 1911, 1912. — Cottineau, 658. — Janauschek, Origines cisterc. Vienne, 1877, vin, lxviii, lxxxii, 43. — Lubin, Abbatiar. Italiae, Rome, 1693, p. 185. — Manrique, Ann. cisterc, Lyon, 1642, ann. 1136, viii, 9; ix, 1. — Potthast, Reg., n. 608, 1975, 9071, 11120. — R. Riva, L'abbadia di Cerreto, Crema, 1889. — Statuta cap. gen. ord. cisterc, édit. Louvain, 1933-41, i-viii, passim. — Ughelli, iv, 665; m, 137.

J.-M. Canivez.

CERRETO SANNITA. Voir Telese.

CERVANTES (Gonzalve), théologien espagnol (xvi<= s.). Voir D. T. C, ii, 2168.

CERVANTES DE LORA (Juan). La chronologie de ce cardinal a été diversement proposée par les différents auteurs; celle de Flôrez (Esp. sagr., xxn, 213-20) paraît la plus acceptable : C. naquit à Séville en 1382, fit ses études ecclésiastiques à Salainanque, n'était encore qu'archidiacre de Séville lorsqu'il fut promu cardinal du titre S.-Pierre-aux-Liens par Martin V' le 24 mai 1426 et proclamé le 27 mai 1426. Le 10 nov. 1430, il était déjà en possession de

l'évêché de Tuy comme administrateur apostolique, tout en restant à Rome. C. intervint à plusieurs reprises au concile de Bâle; il informa Eugène IV des décisions de la xix" session (1434); conjointement avec Albergati, il fut désigné comme légat du pape à Bâle et reçut pleins pouvoirs pour désigner le lieu de réunion du futur concile, pour démontrer aux Pères du concile qu'en s'écartant du pape, ils suivaient une politique dangereuse, enfin pour résoudre la question des bénéfices et autres problèmes qui divisaient alors le S. -Siège et le concile (bulles du 17 févr. 1437, session xxiv). Les légats rencontrèrent à Bâle une vive opposition. Avec l'approbation d'Eugène IV, ils s'opposèrent au transfert du concile à Avignon (sess. xxv). Ils s'eïTorcèrent aussi, mais en vain, d'empêcher les Pères du concile d'envoyer à Eugène IV le Monitorium et le Ciiaiorium. On ignore à quelle date exacte C. put revenir en Espagne; toutefois il est certain que le 25 nov. 1437 il était déjà nommé évêque d'Avila, quoi qu'il ne pût en prendre possession qu'en j mars 1438. En 1442, il échangea l'évêché d'Avila contre celui de Ségovie. On ignore aussi à quelle date il devint évêque d'Ostie : si l'on accepte la date du 17 mars 1446, il y fut promu par le pape Eugène IV; s'il ne fut nommé que le 27 mars 1447, il dut cette nomination à Nicolas V. Enfin, à partir de 1449 (ou mieux déjà avant le 20 août 1448) jusqu'au 25 nov. 1453, date de sa mort, il gouverna le diocèse de Séville. Sa mort fut édifiante comme sa vie. Parmi ses œuvres les plus remarquables, citons l'hôpital S.-Herménégilde qu'il dota de revenus suffisants pour l'entretien de 80 malades pauvres; il fonda la chapelle du même saint martyr avec quatre bénéfices, érigea une confrérie de la Passion, etc.

Ciaconio, Hist. pontif. Rom. et S. R. E. card., il, 860. — A. Morgado, Prelados Sevillanos..., Séville, 1906, p. 348-57. 1 — M. Carramolino, Hist. de Avila..., ii, Madrid, 1872, 423-25. — E. Flôrez, Esp. sagr., xxii, 213-20. — Biografias eclesiasticas, m, Madrid-Barc, 1850, p. 758. — Hefele- Leclercq, vi, 753, 880, 924-49. — Joh. HaUer, Conc. Basiliense, i, Bâle, 1896, passim. — • U. Chevalier, B. B., i, 840. — Fr. J. Muiiana, O. P., écrivit la vie de Cervantes au commencement du xvm" siècle.

F. PÉREZ

CERVARA (S. HiERONYMi Silvariae), abbaye de bénédictins au diocèse de Gênes, à 20 milles de Porto- Fino (Ligurie). En 1159, l'empereur Frédéric donna l'église de Cervara à l'évèque de Turin, Charles. Quand elle eut passé au diocèse de Gênes, l'évèque Guy (t 1368) y établit un monastère où, en 1377, Grégoire XI reçut l'hospitalité. La discipline qui y régnait invita Martin V à lui adjoindre plusieurs monastères, dont le plus important était S. Bénigne de Capofaro. Unis en congrégation, ils eurent des chapitres généraux annuels, des supérieurs temporaires et des visites fréquentes. Mais déjà enl460. Pie II unit Cervara et ses monastères à la congrégation de Ste-Justine de Padoue. L'abbaye fut supprimée à la Révolution française (1798-1810) et les édifices eux-mêmes détruits en 1877.

Annales O. S. B., Subiaco, 1909, p. 48-57. — Cottineau. 659. — S. Hilpisch, Geschichte des Benediktinischen Mônchtums, Fribourg, 1929, p. 264-265. — G. Salvi, La badia di S. Benigno di Capofaro, dans Riv. stor. Bened., ix, 1914, p. 339-60; x, 1915, p. 50-71; 204-24; xi, 1916, p. 59-82. — Ph. Schmitz, Hist. de l'ordre de S.-Benoît, m, 168-69. — Ughelli, 2» éd., iv, 1049.

R. Van Doren.

CERVERA (Pierre), trinitaire espagnol, théologien polémiste (t 1590). Voir D. T. C, ii, 2168.

CERVETERI, ville d'environ 2 000 habitants, située non loin de la mer entre Civitavecchia et Rome, à 44 km. de cette dernière, sur l'emplacement d'un

CERVETERI

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